Nous avons quitté Sydney le 25 Mai. A peine arrivés à Christchurch nous avons pris possession du campervan réservé quelques jours auparavant sur internet. On est loin du confort du tank que nous avions loué en Australie mais c'est le grand luxe comparé à notre Jumpy ! Nous avons fait un rapide tour de la ville. Premier constat: il fait très froid ! Les nuits en camping sauvage s'annoncent inoubliables ! Nous avons également acheté de nouvelles chaussures de rando, les nôtres, qui avaient déjà quelques années, n'ont pas résisté aux 5 mois d'utilisation quotidienne en Asie et en Australie. Nous étions fin prêts pour parcourir l'île du Sud.
Après quelques dizaines de km seulement, nous découvrons les paysages qui ont fait la renommée de l'île: imposantes chaînes de montagnes, sommets enneigés, rivières aux eaux cristalines, forêts épaisses aux couleurs d'automne, fougères arborescentes, immenses vallées glacières, pâturages couverts de moutons... grandiose !
Il est assez difficile de définir un itinéraire en Nouvelle-Zélande tellement il y a de choses incroyables à voir: tout le pays pourrait être classé au patrimoine mondial de l'humanité ! Nous décidons de commencer par le Mont Cook, le point culminant de la Nouvelle-Zélande (3755 m), et les nombreux glaciers qui l'entourent. Le 14 décembre 1991, le Mont Cook a brutalement perdu 10m de haut ! Son sommet ainsi qu'une partie de sa face est se sont en effet effondrés et ont dévalé plusieurs km !
Puis nous avons fait cap au sud pour visiter le fjord de Milford Sound. Les conditions météo étaient parfaites mais les risques de chutes de neige pour les jours suivants pouvaient nous interdire l'accès de cette région. Il fallait donc la faire en priorité. Sur la route nous avons fait un arrêt rapide dans une petit ville appelée Queenstown.
Queenstown est une ville assez connue en Nouvelle-Zélande car c'est en quelque sorte la capitale néo-zélandaise des sports extrêmes: saut à l'élastique, saut en parachute, parapente, rafting... Notre arrêt à Queenstown, bien que bref, nous a laissé un très mauvais souvenir ! Un souvenir qui nous a coûté 40 NZD (environ 20 €) ! Nous avons pris une amende pour stationnement à contre-sens ! Nous nous sommes garés parallèlement à la route sur une place autorisée mais à contre sens de la circulation, c'est-à-dire du côté droit de la route alors que l'on roule à gauche en Nouvelle-Zélande. Nous sommes restés stationnés moins de 20 minutes, le temps de récupérer une carte à l'office du tourisme juste en face, et au moment de repartir une néo-zélandaise s'est arrêtée pour nous montrer le petit papier glissé sous un essuie-glace et que nous n'avions pas vu ! Mais le plus étonnant c'est que sur ce morceau de papier il n'y avait pas écrit 'police nationale', mais 'Lake Environmental'... Nous avons découvert que l'on pouvait privatiser l'exécutif ! Lake Environmental, en plus d'avoir un joli nom et de faire plein de trucs trop biens pour sauver la planète, est en charge de la gestion des parkings dans la ville de Queenstown et est également responsable des contraventions ! C'est donc l'entreprise la plus rentable au monde (après Total évidemment !): un mec avec une casquette Lake Environmental se balade dans les rues et aligne sans relâche... Pour payer il faut se rendre au bureau de Lake Environmental. Là on nous a proposé de payer immédiatement ou de discuter notre cas avec un 'conseiller'. Nous avons tenté de discuter mais ce fut peine perdue. Notre statut de touriste n'a pas été retenu comme une circonstance atténuante. Nul n'est sensé ignorer la loi, ailleurs comme ici !
La première fois que nous avions vu des images du fjord de Milford Sound c'était lors d'un reportage de Nicolas Hulot (toujours lui, à croire que nous suivons ses pas). Ce fjord, en plus de présenter un paysage époustouflant (le fjord, très étroit, est bordé par des montagnes culminant à plus de 2000m !) présente une particularité assez étonnante: en raison des pluies très abondantes (plus de 8 000 mm par an, à titre de comparaison, à Toulouse c'est environ 700 mm par an), une couche d'eau douce de plusieurs mètres se constitue au-dessus de la couche d'eau de mer. L'eau douce étant moins dense que l'eau salée, la couche d'eau douce reste à la surface et la couche d'eau de mer reste isolée. Nous avons fait un tour en bateau dans ce fjord magnifique. Un très grand moment de notre voyage.
Nous sommes ensuite revenus dans le centre de l'île du Sud et nous nous sommes basés quelques jours à Wanaka, une petite ville au bord d'un lac entouré de montagnes, où nous avons enchaîné plusieurs randonnées superbes. Difficile de décrire avec précision et de façon succincte tous ces endroits. Etant plutôt habitués aux paysages pyrénéens, ce qui nous a le plus impressionné dans les paysages de montagnes de Nouvelle-Zélande c'est l'échelle spatiale: falaises vertigineuses, vallées glacières de plusieurs km de large, glaciers de plusieurs km de long...
Après Wanaka nous avons rejoint la côte ouest. Au programme, deux glaciers très impressionnants, une colonie d'otaries et des paysages toujours époustouflants.
Les deux glaciers, Fox et Franz Joseph, sont spectaculaires et ne sont qu'à quelques km de la mer. Malheureusement la face terminale du glacier Fox n'est plus accessible sans guide. En raison du retrait très rapide du glacier ces dernières années, la zone est très dangereuse: éboulements et effondrements y sont fréquents. Deux jeunes touristes australiens sont d'ailleurs morts dans cette zone en janvier dernier. Le glacier Franz Joseph est en revanche facilement accessible à pied. Sur la côte ouest nous avons également fait une rando de plusieurs heures pour voir une colonie d'otaries difficilement accessible. Entre deux averses, nous avons aussi visité le site de Punakaiki, un endroit très étonnant du point de vue géologique.
Puis direction Kaikoura, sur la côte est, où nous espérons voir des cachalots. Pour cela il faut faire un tour en bateau. C'est un peu cher mais bon, c'est incontournable et c'était prévu dans notre budget ! A l'office du tourisme il suffit de choisir: bateau pour voir des dauphins, bateau pour voir des cachalots, kayaks pour voir des otaries, hélicoptères pour tout voir (bien plus cher)... Kaikoura est un endroit assez unique dans le monde. Un canyon sous-marin arrive jusqu'à la côte. Il y a donc plus de 1000m de profondeur à quelques centaines de mètres du bord seulement ! Résultat, de nombreux mammifères marins viennent se nourrir très près des côtes: baleines bleues, baleines à bosse, orques, dauphins... Mais les stars de Kaikoura ce sont les cachalots, qui eux sont présents toute l'année. C'est pour eux que nous sommes là. Les cachalots ne sont pas aussi photogéniques que les baleines à bosse qui peuvent être de vrais acrobates, mais ce sont les mammifères marins peut-être les plus fascinants. Ce sont ceux qui peuvent plonger le plus profond (jusqu'à 2000m !). Vus de la surface ils n'ont pas l'air très agile (ils ressemblent à de gros troncs d'arbre !), mais une fois sous l'eau ils deviennent de redoutables prédateurs. Pourvus de dents et non d'évents comme les baleines, leur proie favorite est le calmar géant qu'ils vont chercher entre 1000 et 2000 m de profondeur ! Nous avons donc embarqués à bord d'un bateau pour un tour de 2h30. Lorsqu'ils chassent, les cachalots effectuent plusieurs plongées successives (généralement entre 300 et 800 m de profondeur) et restent entre 5 et 15 minutes à la surface entre chaque plongée. Il faut donc être rapide pour pouvoir les approcher. Pour savoir si un cachalot est dans les parages, les membres de l'équipage utilisent un sonar pour écouter les sons émis par les cachalots. Ils sont capable de reconnaître les sons que les cachalots émettent lorsqu'ils remontent à la surface. Il faut alors scruter la surface de l'eau pour repérer le jet d'eau trahissant la respiration d'un cachalot. Et nous avons eu beaucoup de chances: 5 cachalots, des albatros, quelques dauphins (dusky dolphins) et des otaries !
Etape suivante l'île du nord !