vendredi 19 juin 2009

Test match France - Nouvelle-Zélande, par Ju

Samedi 13 juin, 19h. Nous entrons dans un pub à Coromandel, un petit port de pêche sur l'île du nord de la Nouvelle-Zélande. Coromandel, 1200 habitants, est la capitale néozélandaise de la moule. L'endroit est isolé et tranquille... Mais ce soir, dans le pub, c'est l'effervescence car l'équipe nationale de rugby, les All Blacks, véritable fierté nationale, va affronter l'équipe de France à Dunedin, sur l'île du sud. Hommes et femmes s'installent bruyamment, bières à la main, les bottes encore dégoulinantes de vase, prêts à assister à la revanche de la coupe du monde 2007. Pourtant ils ne sont pas sereins. Depuis 15 jours, les journaux néozélandais expliquent en effet que la plupart des cadres de l'équipe des All Blacks sont absents pour blessures et que c'est donc une équipe jeune et inexpérimentée qui va affronter les français. D'ailleurs, plusieurs néozélandais supportent avec nous les français car ils ont parié gros sur une défaite de leur équipe fétiche ! Ici les paris sportifs sont très populaires. Quelques moules, une bonne soupe de poissons et quelques bières plus tard, la France gagne après un match très intense. Le lendemain, un journal neo-zélandais titre: All Blacks have been french fried, again !


Test match France All Blacks

Ca c'est fait !, Nouvelle-Zélande 2/5, par Ju

J'en avais parlé quelques fois avant de partir, mais nous n'avions rien prévu. Alors lorsque l'occasion s'est présentée sur l'île du sud en Nouvelle-Zélande, je n'ai pas hésité. Faire un saut en parachute au-dessus de l'une des plus belles régions de Nouvelle-Zélande ça ne se rate pas. Nous nous rendons donc à l'aérodrome de Wanaka un matin. Je choisis un saut à 3600 m du sol. Cela autorise 45 secondes de chute libre avec une vue imprenable sur le lac Wanaka, les montagnes et les glaciers du parc national du Mont Aspiring. Il s'agit d'un saut en tandem, le novice est devant face au vide et au sol qui approche, l'instructeur derrière et gère la chute. Après un rapide briefing, je suis prêt. Mais au dernier moment le saut est annulé en raisons des mauvaises conditions météos: le vent est trop fort en altitude ! Ce n'est que partie remise. Nous revenons 2 jours plus tard. Cette fois-ci il fait très beau. Les conditions sont parfaites. Le saut peut avoir lieu. Tout se passe finalement très vite. Le petit avion monte rapidement en décrivant des cercles, l'instructeur installe les harnais, l'altimètre indique 12000 pieds au dessus du niveau du lac, la porte s'ouvre, nous nous approchons de l'ouverture, nous sommes prêts, une grande inspiration et c'est parti ! Après quelques tours sur nous-mêmes, nous nous stabilisons, bras écartés, jambes repliées et sourire jusqu'aux oreilles !


Parachute


Rajout de Nat:
Non je n'ai pas voulu me débarrasser de Juju en lui offrant un saut en parachute de 12000ft pour son anniversaire. Il avait effectivement émis cette idée à plusieurs reprises avant notre départ et cette activité étant très développée en Nouvelle-Zélande, c'était l'occasion de tenter l'aventure. Vous vous imaginez bien que j'étais tout de même un peu stressée à l'idée de le voir sauter dans le vide. J'ai bien demandé à son instructeur de me le ramener entier à l'arrivée! En Nouvelle-Zélande, le saut en parachute attire pas mal de jeunes en quête d'un petit coup d'adrénaline. Le jour du saut en parachute de Juju, il y avait énormément de filles qui attendaient avec impatience de sauter dans le vide en tandem. Inutile de vous dire que je me suis sentie bien seule à ne pas vouloir tenter l'expérience. J'ai toujours dit que je ne ferais jamais de saut en parachute de ma vie mais j'avoue qu'après être passée dans ce club j'avais presque envie de tenter l'expérience.

Ile du Sud, Nouvelle-Zélande 1/5, par Ju

Nous avons quitté Sydney le 25 Mai. A peine arrivés à Christchurch nous avons pris possession du campervan réservé quelques jours auparavant sur internet. On est loin du confort du tank que nous avions loué en Australie mais c'est le grand luxe comparé à notre Jumpy ! Nous avons fait un rapide tour de la ville. Premier constat: il fait très froid ! Les nuits en camping sauvage s'annoncent inoubliables ! Nous avons également acheté de nouvelles chaussures de rando, les nôtres, qui avaient déjà quelques années, n'ont pas résisté aux 5 mois d'utilisation quotidienne en Asie et en Australie. Nous étions fin prêts pour parcourir l'île du Sud.

Après quelques dizaines de km seulement, nous découvrons les paysages qui ont fait la renommée de l'île: imposantes chaînes de montagnes, sommets enneigés, rivières aux eaux cristalines, forêts épaisses aux couleurs d'automne, fougères arborescentes, immenses vallées glacières, pâturages couverts de moutons... grandiose !

Il est assez difficile de définir un itinéraire en Nouvelle-Zélande tellement il y a de choses incroyables à voir: tout le pays pourrait être classé au patrimoine mondial de l'humanité ! Nous décidons de commencer par le Mont Cook, le point culminant de la Nouvelle-Zélande (3755 m), et les nombreux glaciers qui l'entourent. Le 14 décembre 1991, le Mont Cook a brutalement perdu 10m de haut ! Son sommet ainsi qu'une partie de sa face est se sont en effet effondrés et ont dévalé plusieurs km !


Mont Cook


Puis nous avons fait cap au sud pour visiter le fjord de Milford Sound. Les conditions météo étaient parfaites mais les risques de chutes de neige pour les jours suivants pouvaient nous interdire l'accès de cette région. Il fallait donc la faire en priorité. Sur la route nous avons fait un arrêt rapide dans une petit ville appelée Queenstown.
Queenstown est une ville assez connue en Nouvelle-Zélande car c'est en quelque sorte la capitale néo-zélandaise des sports extrêmes: saut à l'élastique, saut en parachute, parapente, rafting... Notre arrêt à Queenstown, bien que bref, nous a laissé un très mauvais souvenir ! Un souvenir qui nous a coûté 40 NZD (environ 20 €) ! Nous avons pris une amende pour stationnement à contre-sens ! Nous nous sommes garés parallèlement à la route sur une place autorisée mais à contre sens de la circulation, c'est-à-dire du côté droit de la route alors que l'on roule à gauche en Nouvelle-Zélande. Nous sommes restés stationnés moins de 20 minutes, le temps de récupérer une carte à l'office du tourisme juste en face, et au moment de repartir une néo-zélandaise s'est arrêtée pour nous montrer le petit papier glissé sous un essuie-glace et que nous n'avions pas vu ! Mais le plus étonnant c'est que sur ce morceau de papier il n'y avait pas écrit 'police nationale', mais 'Lake Environmental'... Nous avons découvert que l'on pouvait privatiser l'exécutif ! Lake Environmental, en plus d'avoir un joli nom et de faire plein de trucs trop biens pour sauver la planète, est en charge de la gestion des parkings dans la ville de Queenstown et est également responsable des contraventions ! C'est donc l'entreprise la plus rentable au monde (après Total évidemment !): un mec avec une casquette Lake Environmental se balade dans les rues et aligne sans relâche... Pour payer il faut se rendre au bureau de Lake Environmental. Là on nous a proposé de payer immédiatement ou de discuter notre cas avec un 'conseiller'. Nous avons tenté de discuter mais ce fut peine perdue. Notre statut de touriste n'a pas été retenu comme une circonstance atténuante. Nul n'est sensé ignorer la loi, ailleurs comme ici !
La première fois que nous avions vu des images du fjord de Milford Sound c'était lors d'un reportage de Nicolas Hulot (toujours lui, à croire que nous suivons ses pas). Ce fjord, en plus de présenter un paysage époustouflant (le fjord, très étroit, est bordé par des montagnes culminant à plus de 2000m !) présente une particularité assez étonnante: en raison des pluies très abondantes (plus de 8 000 mm par an, à titre de comparaison, à Toulouse c'est environ 700 mm par an), une couche d'eau douce de plusieurs mètres se constitue au-dessus de la couche d'eau de mer. L'eau douce étant moins dense que l'eau salée, la couche d'eau douce reste à la surface et la couche d'eau de mer reste isolée. Nous avons fait un tour en bateau dans ce fjord magnifique. Un très grand moment de notre voyage.


Milford Sound


Nous sommes ensuite revenus dans le centre de l'île du Sud et nous nous sommes basés quelques jours à Wanaka, une petite ville au bord d'un lac entouré de montagnes, où nous avons enchaîné plusieurs randonnées superbes. Difficile de décrire avec précision et de façon succincte tous ces endroits. Etant plutôt habitués aux paysages pyrénéens, ce qui nous a le plus impressionné dans les paysages de montagnes de Nouvelle-Zélande c'est l'échelle spatiale: falaises vertigineuses, vallées glacières de plusieurs km de large, glaciers de plusieurs km de long...


Wanaka


Après Wanaka nous avons rejoint la côte ouest. Au programme, deux glaciers très impressionnants, une colonie d'otaries et des paysages toujours époustouflants.
Les deux glaciers, Fox et Franz Joseph, sont spectaculaires et ne sont qu'à quelques km de la mer. Malheureusement la face terminale du glacier Fox n'est plus accessible sans guide. En raison du retrait très rapide du glacier ces dernières années, la zone est très dangereuse: éboulements et effondrements y sont fréquents. Deux jeunes touristes australiens sont d'ailleurs morts dans cette zone en janvier dernier. Le glacier Franz Joseph est en revanche facilement accessible à pied. Sur la côte ouest nous avons également fait une rando de plusieurs heures pour voir une colonie d'otaries difficilement accessible. Entre deux averses, nous avons aussi visité le site de Punakaiki, un endroit très étonnant du point de vue géologique.


Cote ouest


Puis direction Kaikoura, sur la côte est, où nous espérons voir des cachalots. Pour cela il faut faire un tour en bateau. C'est un peu cher mais bon, c'est incontournable et c'était prévu dans notre budget ! A l'office du tourisme il suffit de choisir: bateau pour voir des dauphins, bateau pour voir des cachalots, kayaks pour voir des otaries, hélicoptères pour tout voir (bien plus cher)... Kaikoura est un endroit assez unique dans le monde. Un canyon sous-marin arrive jusqu'à la côte. Il y a donc plus de 1000m de profondeur à quelques centaines de mètres du bord seulement ! Résultat, de nombreux mammifères marins viennent se nourrir très près des côtes: baleines bleues, baleines à bosse, orques, dauphins... Mais les stars de Kaikoura ce sont les cachalots, qui eux sont présents toute l'année. C'est pour eux que nous sommes là. Les cachalots ne sont pas aussi photogéniques que les baleines à bosse qui peuvent être de vrais acrobates, mais ce sont les mammifères marins peut-être les plus fascinants. Ce sont ceux qui peuvent plonger le plus profond (jusqu'à 2000m !). Vus de la surface ils n'ont pas l'air très agile (ils ressemblent à de gros troncs d'arbre !), mais une fois sous l'eau ils deviennent de redoutables prédateurs. Pourvus de dents et non d'évents comme les baleines, leur proie favorite est le calmar géant qu'ils vont chercher entre 1000 et 2000 m de profondeur ! Nous avons donc embarqués à bord d'un bateau pour un tour de 2h30. Lorsqu'ils chassent, les cachalots effectuent plusieurs plongées successives (généralement entre 300 et 800 m de profondeur) et restent entre 5 et 15 minutes à la surface entre chaque plongée. Il faut donc être rapide pour pouvoir les approcher. Pour savoir si un cachalot est dans les parages, les membres de l'équipage utilisent un sonar pour écouter les sons émis par les cachalots. Ils sont capable de reconnaître les sons que les cachalots émettent lorsqu'ils remontent à la surface. Il faut alors scruter la surface de l'eau pour repérer le jet d'eau trahissant la respiration d'un cachalot. Et nous avons eu beaucoup de chances: 5 cachalots, des albatros, quelques dauphins (dusky dolphins) et des otaries !

Etape suivante l'île du nord !


Kaikoura

Rarissime !

Juste avant de quitter l'Australie, nous avons eu la chance incroyable de voir un ornithorynque, en plein centre Sydney, juste après le coucher du soleil !


lundi 15 juin 2009

Vidéos Australie

Voici quelques vidéos d'Australie:









jeudi 11 juin 2009

Melbourne et Sydney, Australie 4/4, par Ju

Et voici le quatrième et dernier volet de notre voyage en Australie.

Melbourne

Après plusieurs mois passés sous les tropiques, nous retrouvons à Melbourne un climat tempéré qui nous est familier. Ici c'est l'automne et nous ressortons les polaires que nous avions enfouies au fond de nos sacs après l'Inde. Après avoir sué pendant des mois, nous éprouvons un certain plaisir à lutter contre le froid matinal ! Nous sommes accueillis par Anna et Erminio, un couple adorable que nous avions rencontré dans un train en Inde. Lui est italien et elle australienne. Ils sont à l'image de cette Australie cosmopolite qui, à défaut d'avoir pu régler le problème de l'intégration des aborigènes (la question de l'intégration des colons européens dans les sociétés aborigènes n'ayant jamais été d'actualité !), a su se construire intelligemment à partir des grandes vagues d'immigration des années 50 (notamment italienne et grecque). Cette immigration massive fut une réponse au traumatisme engendré par l'isolement de l'Australie pendant la 2nde guerre mondiale: le slogan était alors «peupler ou périr». Anna et Erminio habitent justement dans un quartier où de nombreux nouveaux australiens venus d'Italie et de Grèce sont venus s'installer en masse dans les années 50. Résultat: aujourd'hui il est plus facile d'y trouver du prosciutto que du steak de kangourou !

Anna et Erminio nous ont hébergés chez eux pendant une semaine. Avec eux nous avons visité la ville et fait de nombreux parcours gastronomiques, de la dégustation de vin rouge dans la Yarra Valley aux restos malaisiens de Melbourne en passant par l'inévitable mais succulente gastronomie italienne.

Le centre-ville de Melbourne est assez petit: difficile de croire que la ville compte presque 4 millions d'habitants. Il y a beaucoup de bars et de petits restaurants, souvent d'inspiration italienne. L'architecture est très variée (bâtiments victoriens, gratte-ciels, bâtiments à l'architecture contemporaine) et de nombreux espaces verts entourent le coeur du centre-ville. Dès que l'on s'écarte de ce centre, on découvre des banlieues résidentielles qui s'étendent sur des dizaines de km.

A partir de Melbourne, nous avons visité la région de la Great Ocean Road à l'ouest, la région viticole de la Yarra Valley en compagnie de Anna et Erminio au nord-est, et le parc national du Wilson's Promontory et l'île Philip Island au sud-est.

Comme son nom l'indique la Great Ocean Road est une route qui longe la côte sur plusieurs centaines de km. Les paysages y sont superbes et la côte très variée: plages de sables, falaises, forêt d'eucalyptus, dunes de sable... Mais ce que nous retiendrons le plus ce sont les koalas ! Sur les conseils de Toby et Anna (des amis d'Anna et Erminio qui nous ont prêté leur matériel de camping) nous avons campé dans un parc national infesté non pas de crocodiles mais de koalas ! Génial ! Et le plus incroyable c'est que le premier koala a été aperçu par Nat ! Si si ! Nat ! Elle qui raterait un éléphant dans un jardin, a réussi à voir, depuis notre voiture roulant à plus de 100 km/h, une boule grise à travers le feuillage d'un eucalyptus. Mais c'était le jour de mon anniversaire... Nous retiendrons également une visite épique du site ultra photographié des Douze Apôtres, en pleine tempête.

La visite du parc national du Wilson's Promontory a également été un grand moment. Le camping du parc est un véritable zoo: wombats, phalangers renard et perruches se baladent tranquillement autour des tentes. Et, suivant les conseils de Bertrand et Armelle (2 français expatriés chez qui nous avons dîné et qui nous ont donné plein de bons conseils sur l'Australie et la Nouvelle Zélande, Bertrand était l'un de mes rapporteurs de thèse), nous avons fait le guet dans une petite clairière, et avons vu des émeus et des kangourous.

Aparté scientifique
Les phalangers renard, appelés possums en anglais, n'ont en fait rien à voir avec les opposums nord-américains. On se demande même comment les premiers explorateurs britanniques ont pu les confondre: tandis que l'opposum a une queue de rat (revoyez l'Age De Glace), le possum a une jolie queue poilue. Quoiqu'il en soit, les premiers explorateurs leur ont donné le même nom. Ce n'est que plus tard que les deux espèces furent clairement distinguées. Mais les habitudes étant tenaces, les australiens ont préféré ne pas changer totalement leur nom et ont décidé de les appeler possums.

Une histoire similaire est arrivée aux crocodiles australiens. Lorsque les explorateurs sont arrivés dans le nord de l'Australie, ils ont cru reconnaître les alligators de Floride et ont ainsi nommé certaines rivières du parc national du Kakadu, South Alligator River, West Alligator River et East Alligator River. En effet, les alligators et les crocodiles, c'est caïman la même chose (blague copyright George S.). En fait pas tout à fait. Certaines différences sont même évidentes: par exemple, les dents de la mâchoire inférieure du crocodile viennent se positionner à l'extérieur de sa mâchoire supérieure lorsque le crocodile ferme les mâchoires, tandis que celles de l'alligator restent à l'intérieur. C'est d'ailleurs cette caractéristique qui donne au crocodile une allure bien plus terrifiante que celle de l'alligator.


Melbourne


Sydney

Après Melbourne, notre dernière étape en Australie a été Sydney. Sydney est une ville assez difficile pour les piétons. De grosses avenues traversent la ville, la circulation y est dense et les feux tricolores pour piétons ont un fonctionnement étrange: lorsque qu'ils passent au vert, on a à peine le temps d'attaquer la traversée de la chaussée qu'ils repassent au rouge... un comportement que nous avions également remarqué à Melbourne. La traversée des rues est donc une course contre la montre, ponctuée par de longues attentes devant les feux tricolores. Heureusement l'immense jardin botanique est un véritable havre de paix en plein coeur de la ville. Quant à l'opéra, c'est effectivement un chef d'oeuvre d'architecture, que l'on peut admirer sous tous les angles en se baladant le long de l'immense baie de Sydney. Malheureusement nous n'avons pas été très gâtés par le temps avec 3 jours de pluie sur 5. Du coup nous avons visité beaucoup de musées les jours de pluie: le musée d'art contemporain, la galerie d'art du New South Wales (avec des peintures très diverses, des peintres italiens de la renaissance aux peintres aborigènes contemporains), le musée maritime (génial) et le museum d'histoire naturelle (génial aussi). Les musées australiens sont en général très bien faits: très didactiques et interactifs, on y passe facilement plusieurs heures. Nous avons également tenté une excursion dans le parc national des Blue Mountains (à 2h de train de Sydney) malgré des conditions météo difficiles. Ce fut un désastre ! Le brouillard et les nuages nous ont empêché de profiter du paysage, et nous sommes rentrés trempés après avoir tenté une petite balade sous la pluie.

Et puis une petite anecdote pour la route. Nous voulions profiter d'être à Sydney pour échanger ou revendre nos guides de voyages (Australie, Malaisie) et éventuellement en acheter d'autres d'occasions (Nouvelle-Zélande notamment). Nous avons donc cherché sur internet les adresses de librairies spécialisées dans la vente et l'achat de livres d'occasions. Nous en avons trouvé une dizaine dans le centre-ville de Sydney, la majorité étant dans la même rue. Chouette ! Avec toute cette concurrence, nous pensions pouvoir mettre en application toutes les leçons de marchandage apprises en Asie ! Mais arrivés sur place nous avons découvert les enseignes lumineuses de ces librairies, dans les tons roses: «Adult bookshop – forbidden under 18»... Résultat, nous sommes maintenant en Nouvelle-Zélande et nous avons toujours nos guides avec nous !


Sydney

mercredi 10 juin 2009

Parcours Australie

On avait oublie la carte...

Cairns, Australie 3/4, par Ju

Voici le 3eme volet de nos aventures en Australie.

Après notre périple luxueux en camping-car dans le centre de l'Australie, nous arrivons à Cairns, dernière étape de notre voyage à 4. Nous posons nos sacs dans une auberge de jeunesse, un peu à l'écart du centre ville. En Australie, les auberges de jeunesse ne ressemblent pas vraiment à ce que l'on connait en Europe. Ici les services et les facilités mis à la disposition des pensionnaires sont innombrables: salle TV, DVD, billard, piscine, cuisine, frigo, machine à laver, bars, agence de voyage, internet... Nous sommes restés 3 jours à Cairns.
Malheureusement le temps n'a pas été clément avec de la pluie tous les jours.

Nous avons passé une journée à Cap Tribulation, un endroit réputé pour sa forêt humide (c'est humide, on confirme), des rivières infestées de crocodiles et ses plages paradisiaques (elles ont malheureusement moins de charme sous la pluie).

Le lendemain, journée incontournable sur la grande barrière de corail. Mais nous fûmes très loin de la carte postale de coraux multicolores baignants dans des eaux limpides et turquoises...

On nous avait prévenus: la traversée va être un peu mouvementée. Après 1h de bus pour rejoindre l'embarcadère, certains membres du quatuor étaient à point, notre chauffeur ayant adopté une conduite «dynamique». Le vent, la pluie, les embruns, la houle allaient finir la besogne. Nous partîmes donc 4 mais nous n'arrivâmes qu'1 en bon état: Yasmine et Nat ont abondamment contribué à la malnutrition des poissons, Georges a également été malade mais il a fait preuve de l'abnégation d'un marathonien en conservant son petit déjeuner, bien que les reflets concombres de sa peau aient plusieurs fois laissé penser qu'il rendait les armes. Après une 1h de bateau, je me suis donc retrouvé seul sur le pont face aux éléments déchaînés, le vent sifflant dans les haubans de notre frêle esquif, des vagues énormes venant se fracasser sur le récif à fleur d'eau, les requins tournants autour du bateau en attendant des proies faciles et les cubo-méduses déployant leurs réseaux de filaments mortels... Et puis soudain mes 3 acolytes sont apparus, cramponnés aux rampes du bateau, l'oeil terne et le teint blafard, décidés à en découdre avec les éléments. Ni une ni deux, nous avons enfilé nos combinaisons de protection anti-cubo-méduses (à cause de la tempête des cubo-méduses peuvent être emportées sur la barrière de corail par les courants), nos palmes, nos masques et nos tubas et nous avons sauté à l'eau. Après avoir tenté l'impossible, Yasmine a abandonné, la houle et le froid ayant eu raison de sa volonté. Georges s'est transformé en torpille, fouinant dans tous les recoins du récif et rendant la navigation sous marine en binôme impossible. Pourtant le capitaine du bateau nous avait bien prévenu: aujourd'hui il y a beaucoup de courants, vous devez donc impérativement rester en binôme. Nat a résisté tant qu'elle a pu, le froid devenant son ennemi numéro un, la houle ayant déjà brillamment remporté la bataille de la digestion. Au moment d'effectuer notre 2ème plongée, mes acolytes m'ont définitivement lâché, le froid étant pour eux un facteur rédhibitoire.
Le manque de soleil nous a empêché de profiter pleinement des couleurs des coraux mais les fonds sous-marins nous sont malgré tout apparus spectaculaires: diversité des coraux, nombreux poissons, immensité du récif corallien...

Après ces 3 jours passés à Cairns nos routes se sont séparées. Georges et Yasmine sont allés à Sydney, dernière étape de leur voyage. Quant à nous, nous avons modifié notre trajet au dernier moment. Au lieu de descendre la côte Est jusqu'à Sydney, nous avons pris un avion pour Melbourne pour aller faire un petit coucou à quelques personnes installées là-bas que nous connaissions (après nos 3700 km en camping-car ultra consommateur d'essence, nous avons donc définitivement explosé notre quota carbone... on plantera des arbres au retour sur la place du Capitole pour compenser). A ce moment là nous ne savions pas grand chose de la région de Melboune. Nous n'avions en tête que quelques images de la Great Ocean Road et nous ne nous doutions pas des merveilles qui se trouvaient cachées dans les bois...


Cairns

Le centre rouge, Australie 2/4, par Nat

Cela fait déjà une semaine que nous voyageons dans le camping-car et que nous enchaînons les bons petits plats maisons, les petits apéros le soir et même des crêpes. Nous nous sommes arrêtés presque tous les soirs dans de vrais campings afin d'utiliser les nombreux appareils électriques du camping-car qui nous semblaient superflues au départ mais se sont révélés très appréciables: air-conditionné pour les nuits suffocantes dans le Kakadu, grille-pain... et oui, comment peut-on imaginer un petit déjeuner sans tartine grillée? En plus, dans les campings il y a souvent des piscines et des animaux qui se baladent en quête de nourriture... comme des wallabies.


Nous arrivons à Alice Springs le 4 Mai au soir, mais notre route ne s'arrête pas là. Nous avons fait toute cette route pour découvrir des paysages désertiques mais surtout pour visiter les sites touristiques des environs d'Alice Springs. Il nous reste encore 500 km à parcourir avant d'atteindre le site d'Uluru/Kata-Tjuta. En chemin, nous faisons un petit A/R de 30 km sur une piste non goudronnée en “tôle ondulée” pour aller voir des cratères de météorites. Un véritable supplice pour les 2 passagers arrières (surtout mes parents) qui subissent en tout une bonne heure de tape-cul. Mais bon la petite balade de 20 min autour des quelques cratères valait bien de souffrir un peu ! Ce n'est pas tous les jours que nous avons l'occasion de voir des cratères de météorites.
Nous arrivons enfin au parc national d'Uluru/Kata-Tjuta dans l'après-midi du 5 mai. Ce parc national, regroupe en fait 2 sites d'intérêt géologique qui par ailleurs sont des sites sacrés pour les aborigènes: le rocher d'Uluru (Ayers Rock en anglais), et Kata-Tjuta, un ensemble de gros rochers en forme de dômes plus connu sous le nom de Monts Olgas.

Le rocher d'Uluru est une de ces images (avec l'Opéra de Sydney) qui nous viennent à l'esprit quand nous évoquons l'Australie. Nous ne sommes pas déçus. Ce gros rocher de grès rouge (348m de haut, presque 4 km de long) marque par sa présence incongrue au milieu d'une immense étendue de désert sans relief. Nous avons fait une petite balade autour du rocher et avons découvert les fameuses mouches du désert. Fini les moustiques des zones tropicales, voici de nouveaux enquiquineurs! Une véritable horreur! Nous en avions entendu parler et nous vous confirmons que c'est insupportable: elles se collent sur nos vêtements par dizaines, se posent sur nos visages, tentent de rentrer dans les yeux et même dans la bouche... sisi... j'ai expérimenté en personne l'ingurgitation d'une mouche sans l'avoir vue venir...et ne me dites pas que c'est parce que j'ai trop parlé ! Puis nous avons rejoint le point d'observation d'Uluru au soleil couchant. Uluru est célèbre pour ses changements de couleurs au cours de la journée (du orange au rouge puis au violet)en fonction de la lumière du jour et comme beaucoup de touristes, nous avons donc passé plus d'une heure à admirer le rocher sous le soleil couchant... bien installés dans nos superbes chaises de camping! Le spectacle est très beau ! Et en cette fin d'après-midi, nous ne sommes plus embêtés par les mouches.

Le lendemain matin, nous sommes allés faire une petite randonnée aux Monts Olgas (Kata Tjuta), qui se trouvent à 40km d'Uluru mais que nous pouvons déjà voir au loin depuis Uluru. La célébrité d'Uluru occulte un peu les Monts Olgas et certains touristes zappent complètement ce site. Pourtant, selon nous, les Monts Olgas méritent autant d'être visités qu'Uluru. C'est un endroit époustouflant. Nous avons fait une balade au milieu de ces dômes de grès rouge en traversant des gorges et des petites vallées. C'est splendide et dans un tel paysage nous oublions presque que nous nous trouvons en plein désert.

Nous avons ensuite pris la route vers notre dernière étape avant de rentrer sur Alice Springs: Kings canyon qui se trouve à 350km du site d'Uluru! Et c'est reparti pour plusieurs heures de route et de surveillance accrue de notre réservoir d'essence! Nous avons oublié de vous dire que notre gros tank est un gros buveur de diesel...en moyenne 17L/100km! Notre réservoir de 100L se vide très rapidement et comme il arrive qu'il n'y ait pas de station essence sur plus de 100km, il faut vraiment être vigilant pour éviter la stupide panne d'essence en plein désert...

Le 7 mai, nous avons fait une balade très agréable à Kings canyon : canyon au fond duquel ruisselle un petit cours d'eau. La balade a encore été l'occasion de découvrir de nouveaux oiseaux.

Les australiens sont des habitués des barbecues en plein air et la plupart des aires de pique-nique sont dotées de barbecues au gaz, en libre service et gratuits! Nous avons sauté sur l'occasion pour nous faire une bonne pièce de boeuf grillée! C'est déjà notre dernière journée et nous avons à peine le temps de faire une petite sieste après notre grillade qu'il faut déjà repartir sur Alice Springs.

Le 8 mai, nous avons la matinée pour visiter la ville d'Alice Springs avant de rendre notre camping-car et de prendre notre avion pour Cairns. La ville est entourée de collines et n'est pas très intéressante à visiter. Nous avons fait un petit tour dans le jardin botanique qui à cette saison est plutôt un cimetière de plantes. Il n'y a pas eu de pluie à Alice Springs depuis le mois de décembre et la rivière qui traverse la ville est à sec.

Notre aventure en camping-car est terminée mais il nous reste 3 jours de voyage tous ensemble à Cairns, sur la côte nord-est de l'Australie.


Alice Springs et les alentours

vendredi 5 juin 2009

Australie 1/4, par Nat

Coucou tout le monde ! Nous venons de passer 1 mois en Australie (du 26 avril au 24 mai). Nous avons fait beaucoup de camping et avons eu peu souvent accès à internet. Nous avons donc condensé tous nos posts en 4 posts Australie. Pour ceux qui n'ont pas le courage de tout lire, nous avons essayé de mettre suffisamment de commentaires aux nombreuses photos.


De Darwin à Alice Springs

Nous étions sensés quitter Bali le 26 avril mais nous avons appris à 3 jours du départ que notre vol avait été reporté au 27 avril. Le drame! Au lieu d'arriver à Darwin 1h avant mes parents nous arriverions 1 jours après ! Heureusement, nous avons pu changer notre vol, sans frais, pour partir le 25 avril et arriver un jour avant eux! Ouff!

Notre vol ne dure que 2h30 et nous atterrissons à Darwin le 26 avril à 3h du mat. Complètement crevés, nous dormons dans le hall de l'aéroport et rejoignons Darwin en fin de matinée. A peine arrivés, nous filons dans le premier supermarché pour acheter de quoi manger un bon petit déjeuner comme à la maison (céréales, lait, yaourt... le rêve!), une énorme pièce de boeuf et un poulet rôti entier! Nous n'avons pas vraiment visiter Darwin, c'était surtout le point de départ idéal pour visiter les parcs nationaux de la région avant d'entamer une longue route vers Alice Springs, dans le centre de l'Australie. Un rapide tour dans le centre ville de Darwin permet cependant de constater la réalité de l'exclusion de la communauté aborigène: ici tous les SDF sont aborigènes.

Mes parents, Georges et Yasmine, arrivent un jour après nous à l'issue de plus de 30h de voyage! Nous leur laissons une petite journée pour récupérer mais pas plus! Nous louons un camping-car le 28 avril et nous voilà partis pour un périple de 3700 km en 10 jours!

Nous commencons par visiter le Litchfield National Park (le plus proche de Darwin). Nous avons pu y voir de nombreuses termitières dont certaines atteignaient presque 6m de haut. Le Litchfield National Park est notamment connu pour son immense champ de termitières magnétiques (magnetic termites mound), construites dans une direction Nord/Sud afin de limiter leur insolation. Le parc offre plein de possibilité de balades dans les forêts d'eucalyptus et jusqu'à de nombreuses cascades. Il fait très chaud en journée et parfois un petit bain dans une rivière ne serait pas de refus. Mais voilà, nous sommes dans le nord de l'Australie et la présence de crocodiles n'est pas un mythe. Il y a 2 espèces de crocodiles, le crocodile d'eau douce (freshwater crocodile, surnommé le freshy) et le crocodile d'estuaire (saltwater crocodile, surnommé le salty). Le premier (le freshy) qui ne dépasse pas les 3m de long n'est normalement pas agressif et ne présente pas de véritable danger pour l'homme. Le deuxième, le salty, peut atteindre 7m de long et toute être vivant est pour lui une proie potentielle... il a une réputation de mangeur d'hommes! Dans la région, la dernière mort humaine imputable à un salty remonte au mois de mars 2009. Pendant la saison humide, le niveau des rivières est très haut et les plaines sont inondées, permettant aux crocodiles d'estuaire de remonter les rivières jusque dans des endroits très éloignés de leur habitat naturel. Nous sommes au tout début de la saison sèche, et avec la baisse du niveau des eaux, quelques salties se retrouvent coincés dans des zones normalement ouvertes à la baignade. C'est pourquoi de nombreux pièges sont posés dans ces endroits afin de les capturer et réouvrir les lieux à la baignade.

Le deuxième parc national que nous avons visité est le célèbre Kakadu National Parc, destination touristique principale de la région de Darwin. En pleine saison des pluies, la plupart des sites majeurs du Kakadu sont inaccessibles à cause du niveau élevé des eaux. Lors de notre passage, la plupart de ces accès étaient réouverts depuis à peine 2 semaines. Les paysages du parc sont magnifiques: grandes plaines humides avec de nombreux marais, forêts d'eucalyptus, sites de peintures rupestres aborigènes (Ubirr et Nourlangie rock). Nous avons fait plusieurs petites balades en faisant bien attention à ne pas nous écarter des chemins balisés, surtout près des rivières et marécages à cause de la présence de crocodiles! Nous avons pu observer de nombreux oiseaux parmi lesquels les célèbres cacatoès à crête jaune, des wallabies et même des dingos! La nuit, ces chiens sauvages se mettent à hurler: c'est très impressionnant. Nous avons fait une petite excursion en bateau sur le Yellow Water Billabong, un étang où nous avons pu enfin voir des gros crocodiles d'estuaire. Conformément à la loi, il y a des gilets de sauvetage dans le bateau... mais notre pilote nous a signalé leur inutilité car si notre embarcation venait à couler, les salties ne feraient qu'une bouchée de tous ces petits touristes que nous sommes! Sympa!

Après le Kakadu National Park, nous avons fait une balade en bateau aux Katherine Gorges, dans le Nitmiluk National Park au sud du Kakadu. C'est un endroit parfait pour faire du canoë mais malheureusement la saison n'est pas encore ouverte, le niveau des eaux étant encore trop haut et tous les salties n'ayant pas encore été capturés.

Dans cette partie de l'Australie, il n'est pas recommandé de conduire de nuit, d'une part à cause des animaux qui traversent (principalement des wallabies/kangourous) d'autre part, à cause des road trains, ces monstres de camions de 3 ou 4 remorques qui traversent l'Australie et que l'on croise inévitablement sur la seule route Darwin/Alice Springs. Afin de voir quelques animaux le soir, nous avons néanmoins tenté un peu de conduire de nuit dans les parcs nationaux en redoublant de vigilance. Notre grand conducteur de tank ayant des yeux de tigres, nous avons pu voir nos premiers wallabies de nuit et une petite vipère très venimeuse (common death adder) en plein milieu de la route.

Le Nitmiluk National park, a été notre dernière étape avant d'entamer notre longue route vers Alice Springs. La route est longue mais les paysages sont superbes, les forêts d'eucalyptus laissant progressivement la place à un désert de sable rouge. Nous parcourons des centaines de km sans voir personne. En chemin, nous faisons un arrêt au site géologique des Devil's marbles, de gros blocs de granits en forme de billes.



Darwin et les alentours



De Darwin a Alice Springs