Coucou tout le monde,
Nous sommes arrivés en Australie il y a 2 jours et nous avons récupéré les parents de Natacha.
Nous venons de mettre en ligne un nouveau post sur le volcan Kawah Ijen.
Nous mettrons bientôt en ligne les photos de Bali.
Les photos de Singapour sont maintenant accessibles... Merci aux informateurs !
A +
mardi 28 avril 2009
Le volcan Kawah Ijen, Java, par Ju
Après les volcans du parc national "Bromo-Tengger-Semeru'', nous nous dirigeons vers le volcan Kawah Ijen. Mais cette fois-ci, accéder au volcan est un véritable parcours du combattant. Le volcan Kawah Ijen se situe à environ 200 km de Cemoro Lawang. Dans l'ordre il faut prendre un bémo pour Probolinggo, puis un bus pour Bondowoso, puis un bus pour Garduatak, puis un bémo pour Sukosari, puis un bémo pour Sempol et enfin un moto-taxi pour Paltuding où se trouve le départ de la randonnée pour le Kawah Ijen. Impressionnant ? Les possibilités d'hébergement étant pratiquement nulles une fois que l'on a quitté Bondowoso, on comprendra pourquoi presque personne ne s'aventure au Kawah Ijen sans une bonne agence de voyage ! Nous décidons malgré tout de tenter le coup, en faisant étape à Bondowoso pour la nuit. A partir de là nous verrons ce que nous pouvons faire, au pire nous échouerons dans une agence de voyage ! Il faut de plus prendre en compte les perturbations des transports publics du fait de l'organisation des élections législatives le 9 avril (nous quittons Cemoro Lawang le 7). Mais rien de ce qui s'est passé par la suite n'aurait pu être prévu.
Dans le bus qui nous mène à Bondowoso, nous faisons la connaissance de 2 jeunes étudiantes indonésiennes qui nous invitent à manger chez elle, à Bondowoso justement. Dans de telles circonstances, le touriste prudent reste toujours méfiant... car il sait qu'ici, qu'il le veuille ou non, qu'il soit déguisé en hippie ou habillé en Quechua (on voit peu de sac de rando Louis Vuitton dans ce type de transport), il est avant tout un porte-monnaie avec des jambes et des bras. Mais bon, cette fois-ci, la rencontre fut aussi belle qu'espérée. Ce fut l'occasion de parler, d'échanger, de rire, d'apprendre et surtout de beaucoup manger ! Le repas, préparé par la mère de l'une d'elles, fût un vrai délice. Du coup, nous leur proposons de venir le lendemain avec nous au Kawah Ijen. Elles acceptent et se chargent de nous trouver un taxi à un bon prix. Nous prenons ensuite une chambre dans un des rares hôtels de la ville. A notre arrivée, nous avons un peu peur: cela ressemble à un palace, avec porteurs de bagages, immense piscine et grand restaurant ! Heureusement la gamme de prix des chambres est énorme et il y a de quoi satisfaire les petits budgets. D'ailleurs nous faisons la rencontre d'un suisse très sympa qui a lui aussi atterri dans une des chambres bon marché de l'hôtel et cherche à aller au Kawah Ijen ! Du coup, le lendemain, il se joint à nous. Nous voilà 5 !
La route qui mène au Kawah Ijen est superbe. Nous traversons de nombreuses cultures: riz, canne à sucre, légumes divers, pins, hévéa, café... La route serpente dans les montagnes et il nous faut quand même presque 4h pour atteindre le départ de la rando pour le volcan. En bémo il nous aurait fallu une journée complète dans le meilleur des cas.
Ce volcan est le principal centre d'exploitation du soufre de toute l'Indonésie et vous devez surement connaître ses photos d'hommes transportant sur leurs épaules plusieurs dizaines de kg de soufre. Et bien c'est ici, au Kawah Ijen ! Un lac occupe le fond du cratère du volcan. Un lac dont la couleur bleu turquoise signale qu'il ne s'agit pas d'un lac comme les autres: difficile d'aller y faire une brasse ou deux, car c'est un lac acide (l'acide sulfurique contenu dans les gaz volcaniques émis par le volcan se dissout continuellement dans l'eau du lac). Des tuyaux ont été installés afin de canaliser une partie des gaz volcaniques. En se refroidissant, le soufre contenu dans ces gaz cristallise sur les bords du lac. Les porteurs de soufre extraient alors le minerai de soufre par blocs de plusieurs kg qu'ils chargent dans des paniers et transportent sur leurs épaules (entre 60 et 80 kg). Ils doivent ensuite remonter en haut du cratère puis redescendre dans la vallée (soit 4 km à pied, avec 200 m de dénivelé positif puis 500 m de dénivelé négatif). Ils font en général 2 aller-retour par jour. Au bout du chemin, une balance leur indique le prix de leur sueur: 600 Rp le kg (4 centimes d'Euro). Ils peuvent ainsi espérer gagner entre 5 et 6 Euros par jour. Cependant, les conditions de travail étant évidemment à la limite du supportable, ils ne travaillent qu'un jour sur 2. L'ironie du système est que l'entreprise qui traite ce soufre gère à la fois l'amont (installation et maintenance du système de canalisations dans le cratère du volcan, ces canalisations permettant d'augmenter considérablement le rendement naturelle du système) et l'aval (camions transportant le soufre du bas du volcan jusqu'aux usines de traitement), mais pas la partie transport du soufre depuis le cratère jusqu'au bas du volcan puisque les porteurs sont indépendants. Le drame est que le facteur humain n'est malheureusement pas un élément limitant la productivité du système: il y a suffisamment de porteurs pour que la quantité de soufre descendue satisfasse les besoins industriels de l'entreprise et surtout pour que le prix de la sueur humaine reste dérisoire... Et en cas de besoin, les candidats supplémentaires à cette marche funèbre se trouvent facilement malgré les conditions de travail inhumaines: les revenues des porteurs, bien que dérisoires, restent attractifs par rapport à ceux des paysans.
Le Kawah Ijen a été médiatisé en France par un reportage de Nicolas Hulot (toujours lui !). Hulot et son équipe avaient traversé le lac dans une petite embarcation pour mesurer le pH de l'eau au milieu du lac. Résultat un pH autour de 0.2 !
Après une petite heure de marche nous arrivons au niveau du cratère du volcan. La vue est spectaculaire avec en contrebas le lac acide bleu turquoise, la zone de récupération du soufre aux couleurs jaunâtres et verdâtres et les épaisses fumées blanches qui montent haut dans le ciel. Très rapidement nous avons un violent aperçu des conditions de travail abominables des porteurs de soufre: les fumées arrivent à notre niveau, l'air devient irrespirable, nos gorges nous grattent et nos yeux nous piquent. Nous ne nous éternisons pas au sommet et redescendons rapidement.
Le lendemain, jour d'élection, nous quittons Java et ses volcans pour Bali !
Dans le bus qui nous mène à Bondowoso, nous faisons la connaissance de 2 jeunes étudiantes indonésiennes qui nous invitent à manger chez elle, à Bondowoso justement. Dans de telles circonstances, le touriste prudent reste toujours méfiant... car il sait qu'ici, qu'il le veuille ou non, qu'il soit déguisé en hippie ou habillé en Quechua (on voit peu de sac de rando Louis Vuitton dans ce type de transport), il est avant tout un porte-monnaie avec des jambes et des bras. Mais bon, cette fois-ci, la rencontre fut aussi belle qu'espérée. Ce fut l'occasion de parler, d'échanger, de rire, d'apprendre et surtout de beaucoup manger ! Le repas, préparé par la mère de l'une d'elles, fût un vrai délice. Du coup, nous leur proposons de venir le lendemain avec nous au Kawah Ijen. Elles acceptent et se chargent de nous trouver un taxi à un bon prix. Nous prenons ensuite une chambre dans un des rares hôtels de la ville. A notre arrivée, nous avons un peu peur: cela ressemble à un palace, avec porteurs de bagages, immense piscine et grand restaurant ! Heureusement la gamme de prix des chambres est énorme et il y a de quoi satisfaire les petits budgets. D'ailleurs nous faisons la rencontre d'un suisse très sympa qui a lui aussi atterri dans une des chambres bon marché de l'hôtel et cherche à aller au Kawah Ijen ! Du coup, le lendemain, il se joint à nous. Nous voilà 5 !
La route qui mène au Kawah Ijen est superbe. Nous traversons de nombreuses cultures: riz, canne à sucre, légumes divers, pins, hévéa, café... La route serpente dans les montagnes et il nous faut quand même presque 4h pour atteindre le départ de la rando pour le volcan. En bémo il nous aurait fallu une journée complète dans le meilleur des cas.
Ce volcan est le principal centre d'exploitation du soufre de toute l'Indonésie et vous devez surement connaître ses photos d'hommes transportant sur leurs épaules plusieurs dizaines de kg de soufre. Et bien c'est ici, au Kawah Ijen ! Un lac occupe le fond du cratère du volcan. Un lac dont la couleur bleu turquoise signale qu'il ne s'agit pas d'un lac comme les autres: difficile d'aller y faire une brasse ou deux, car c'est un lac acide (l'acide sulfurique contenu dans les gaz volcaniques émis par le volcan se dissout continuellement dans l'eau du lac). Des tuyaux ont été installés afin de canaliser une partie des gaz volcaniques. En se refroidissant, le soufre contenu dans ces gaz cristallise sur les bords du lac. Les porteurs de soufre extraient alors le minerai de soufre par blocs de plusieurs kg qu'ils chargent dans des paniers et transportent sur leurs épaules (entre 60 et 80 kg). Ils doivent ensuite remonter en haut du cratère puis redescendre dans la vallée (soit 4 km à pied, avec 200 m de dénivelé positif puis 500 m de dénivelé négatif). Ils font en général 2 aller-retour par jour. Au bout du chemin, une balance leur indique le prix de leur sueur: 600 Rp le kg (4 centimes d'Euro). Ils peuvent ainsi espérer gagner entre 5 et 6 Euros par jour. Cependant, les conditions de travail étant évidemment à la limite du supportable, ils ne travaillent qu'un jour sur 2. L'ironie du système est que l'entreprise qui traite ce soufre gère à la fois l'amont (installation et maintenance du système de canalisations dans le cratère du volcan, ces canalisations permettant d'augmenter considérablement le rendement naturelle du système) et l'aval (camions transportant le soufre du bas du volcan jusqu'aux usines de traitement), mais pas la partie transport du soufre depuis le cratère jusqu'au bas du volcan puisque les porteurs sont indépendants. Le drame est que le facteur humain n'est malheureusement pas un élément limitant la productivité du système: il y a suffisamment de porteurs pour que la quantité de soufre descendue satisfasse les besoins industriels de l'entreprise et surtout pour que le prix de la sueur humaine reste dérisoire... Et en cas de besoin, les candidats supplémentaires à cette marche funèbre se trouvent facilement malgré les conditions de travail inhumaines: les revenues des porteurs, bien que dérisoires, restent attractifs par rapport à ceux des paysans.
Le Kawah Ijen a été médiatisé en France par un reportage de Nicolas Hulot (toujours lui !). Hulot et son équipe avaient traversé le lac dans une petite embarcation pour mesurer le pH de l'eau au milieu du lac. Résultat un pH autour de 0.2 !
Après une petite heure de marche nous arrivons au niveau du cratère du volcan. La vue est spectaculaire avec en contrebas le lac acide bleu turquoise, la zone de récupération du soufre aux couleurs jaunâtres et verdâtres et les épaisses fumées blanches qui montent haut dans le ciel. Très rapidement nous avons un violent aperçu des conditions de travail abominables des porteurs de soufre: les fumées arrivent à notre niveau, l'air devient irrespirable, nos gorges nous grattent et nos yeux nous piquent. Nous ne nous éternisons pas au sommet et redescendons rapidement.
Le lendemain, jour d'élection, nous quittons Java et ses volcans pour Bali !
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| Ijen |
dimanche 12 avril 2009
Au pays des volcans, Java, par Ju
Voici l'une des étapes les plus marquantes de notre voyage: le parc national Bromo-Tenger-Semeru. Ce parc est constitué d'un massif volcanique d'un périmètre d'environ 40km. Il est situé dans la partie est de Java, à quelques centaines de km de Yogyakarta.
Tout a commencé à Yogyakarta, où plusieurs personnes, travaillant généralement pour des agences de voyage, ont essayé de nous dissuader de rejoindre ce parc national par nous-mêmes: trop long, trop dur, trop compliqué, nous a-t-on répété. Mais maintenant que nous avons fait l'impasse sur Sumatra, nous pouvons nous permettre de perdre un peu de temps dans les transports locaux (mais est-ce vraiment perdre du temps ??), beaucoup moins chers et surtout incontournables pour aller au contact des populations locales (comme dirait le Guide du Routard !!) et faire des rencontres. C'est donc un peu inquiet, mais assez excités, que nous quittons Yogyakarta un soir, sous la pluie.
Trois bus, un bemo (taxi collectif local) et une nuit plus tard, nous arrivons à Cemoro Lawang, minuscule village aux portes du parc national, sans avoir rencontré la moindre difficulté sérieuse. Le voyage a même été plus rapide qu'avec une agence de voyage puisque nous avons voyagé de nuit et que les agences n'organisent des départs que le matin. Comme toujours il faut se méfier des agences de voyage ! Et cela va devenir le leitmotiv de la suite de notre voyage à Java ! A peine arrivés, nous nous rendons compte que nous venons de pénétrer dans un monde totalement différent. Tout d'abord il fait froid ! Ensuite Cemoro Lawang se trouve au bout d'une vallée qui vaut à elle seule le déplacement: le paysage agricole y est d'une rare beauté. La fertilité exceptionnelle de cette vallée saute aux yeux: il y a une très grande variété de cultures (riz, légumes divers, fruits) et la vallée est parsemée de petites parcelles de quelques centaines de mètres carrés et de petits bouts de forêts qui s'étendent jusqu'aux pentes les plus abruptes.
Nous avons à peine le temps de nous installer dans l'un des 2 hôtels bon marchés de Cemoro Lawang qu'un épais brouillard envahit le village. Nous avons vraiment l'impression d'être au bout du monde. Mais avec ce brouillard il va falloir attendre un peu avant de pouvoir admirer les volcans. Nous tentons de glaner quelques informations sur les randos à pied que l'on peut faire dans la région. Encore une fois nous nous heurtons au lobby des agences de voyage: soit il n'y a aucun chemin de rando, soit il y en a mais ils sont dangereux et impossible à suivre sans guide... Et évidemment impossible de trouver la moindre carte précise du parc national! En fait il y a 2 étapes incontournables dans le parc: l'ascension du volcan Bromo, qui se fait sans trop de difficulté, et un point de vue sur tous les volcans de la région du sommet de la montagne Penanjakan, le lever du soleil à ces 2 endroits étant annoncé comme étant extraordinaire. En très grande majorité, les touristes qui viennent à Cemoro Lawang sont dans des tours organisés: ils arrivent le soir en minibus depuis Yogyakarta ou l'est de Java, sont déposés dans un hôtel, font un tour en jeep de quelques heures le lendemain matin pour assister au lever du soleil depuis le point de vue du Penanjakan et monter au sommet du Bromo, puis quittent Cemoro Lawang dans la matinée en direction d'un autre site touristique. Sacré programme ! Même ceux qui comme nous ont préféré venir avec les transports locaux ne semblent pas pouvoir échapper au tour en jeep, seul moyen, semble-t-il, de faire le Bromo et le Penanjakan dans la même journée. Pourtant ces 2 lieux ne sont pas très loin de Cemoro Lawang. Après une recherche d'informations plus intense et surtout plus subtile (en particulier auprès de guides locaux) nous commençons à y voir plus clair. Le volcan Bromo semble facilement accessible à pied depuis Cemoro Lawang. En revanche, bien qu'il existe un sentier qui mène au point de vue du Penanjakan, celui-ci semble difficile à suivre et on nous déconseille de nous y aventurer sans guide (bizarrement les agences de voyages sont très réticentes à nous proposer un guide, et c'est souvent aussi cher que le tour en jeep). Pourtant pas question de faire un tour en jeep dans un tel paysage. Nous n'avons pas fait tout ce chemin pour consommer du volcan comme dans un supermarché ! Le point de vue du Penanjakan on veut le mériter ! La solution est simple. Demain matin on fait le Bromo avec un départ de nuit pour assister au lever du soleil. Dans l'après-midi on repère le chemin qui mène au Penanjakan et le lendemain on monte à pied au Penanjakan de nuit pour assister au lever du soleil. C'est ambitieux mais jouable. Le repérage préalable du chemin est indispensable: nous n'avons rencontré que 4 personnes à avoir tenté cette excursion de nuit (4 jeunes anglais et canadiens), et ils se sont perdus au bout de 45 minutes de marche, en étant parti à 2h du matin ! Pas drôle !
Le 6 avril, nous nous levons donc à 3h3O du matin pour assister au lever du soleil depuis le volcan Bromo. Normalement il faut à peine 1h de marche. Mais bien que le chemin soit sensé être évident à suivre nous rencontrons plusieurs difficultés: n'ayant pas vu le volcan la veille, nous avons du mal à nous orienter dans l'immense plaine de sable au milieu de laquelle se trouve le Bromo, ensuite nous devons suivre des piquets blancs mais ceux-ci vont dans 2 directions différentes, enfin il y a des panneaux indiquant Cemoro Lawang, Penanjakan et même des toilettes (!!) mais jamais Bromo. En cherchant notre chemin, nous rencontrons d'autres personnes dans la même situation que nous. Finalement nous nous retrouvons à 7 un peu perdus dans l'immense plaine de sable (2 allemands, 2 autrichiens, 1 espagnol et nous). Heureusement un groupe d'indonésiens arrivent et semblent avoir l'intention de monter au sommet du Bromo. Malheureusement ils ne se montrent pas très coopératifs, et bien qu'une allemande parle parfaitement indonésien, ils refusent de nous indiquer clairement le chemin sans être payés ! Ce n'est pas grave, nous attendons un peu puis nous les suivons tout simplement ! La fin de l'ascension est assez difficile car nous sommes plongés dans un nuage un peu particulier: ça sent l'oeuf pourri, ça pique les yeux et ça gratte la gorge... Nous arrivons enfin au sommet du volcan Bromo juste avant le lever du soleil. Dans l'obscurité nous distinguons juste devant nous les fumées du volcan qui s'échappent du fond du cratère et expliquent ce que nous avons ressenti à la fin de la montée. Un grand moment ! Nous ne sommes que 7 au sommet (le groupe d'indonésiens n'étant finalement pas monté jusqu'en haut). Petit à petit le jour se lève et un paysage extraordinaire que nous étions loin d'imaginer s'offre à nous: l'immense plaine de sable désertique autrefois le cratère d'un gigantesque volcan, le volcan Batok à côté du Bromo, le grand volcan Semeru au loin (3680m), les falaises vertigineuses qui entourent la plaine et débouchent sur des vallées fertiles... Petit à petit nous faisons le tour du volcan. Superbe ! Nous rentrons au moment où des dizaines de jeeps déversent leurs cargaisons de touristes. Nous retrouvons brutalement la civilisation ! Et dire que c'est la basse saison !
A peine rentrés à l'hôtel, nous repartons repérer le chemin qui monte au Penanjakan, tandis que nos acolytes, tous au même hôtel que nous, se posent tranquillement au restaurant de l'hôtel. Après environ 45 minutes de marche au milieu des champs, nous arrivons au pied du Penanjakan. Nous découvrons alors un sentier très mal entretenu et clairement impossible à suivre de nuit sans repérage préalable. A quelques endroits clefs, nous disposons d'ailleurs des branchages sur le sol pour ne pas rater la nuit prochaine les bifurcations soudaines du sentier sous la végétation. Nous faisons demi-tour au milieu de l'ascension, les nuages commençant à envahir la vallée.
7 avril. Nous nous levons cette fois-ci à 2h du matin ! Il faut normalement compter 2 ou 3h pour atteindre le point de vue du Penanjakan. Le soleil se levant vers 5h, nous préférons prévoir large. Alors que la veille il commençait à y avoir un peu d'activité dans les rues dès 3h30 du matin (conducteurs de jeep, personnel de l'hôtel, gardes du parc national), aujourd'hui nous sommes bien seuls ! Le village est tranquillement endormi, plongé dans un épais brouillard. Au bout d'une heure de marche dans l'obscurité (à cause des nuages on ne voit ni les étoiles ni la lune), nous atteignons le point où nous avions fait demi tour la veille. Il nous faut maintenant continuer le chemin dans l'inconnu. Ca grimpe sérieusement et, dans l'obscurité et à travers l'épais brouillard, je devine par moment les profonds précipices qui encadrent le sentier... heureusement, Nat est concentrée sur le faisceau de sa frontale et ne regarde pas trop sur les côtés ! Finalement, nous ne rencontrons pas de difficultés majeures et arrivons au sommet vers 4h du matin. Il faut maintenant attendre que le soleil se lève, et ça caille ! Au début seuls, nous sommes rapidement envahis par des dizaines de touristes arrivés en jeep et encore profondément endormis quand nous commencions notre ascension. Malheureusement, les nuages recouvrent tout ! On ne voit rien ! Vers 6h, les touristes commencent à partir, les guides les exhortant à les rejoindre rapidement dans les jeeps, les programmes minutés des tours organisés ne pouvant souffrir le moindre retard. Et là, miracle de la nature, alors qu'il ne reste plus que nous et un groupe de jeunes indonésiens, le brouillard se dissipe, la mer de nuage descend d'un cran et le volcan Semeru apparaît, majestueux ! Incroyable ! Puis, petit à petit, les autres volcans apparaissent et finalement nous pouvons voir toute la vallée et la plaine de sable ! Spectacle époustouflant !
Nous quittons le point de vue vers 8h, et commençons la descente. Nous découvrons alors que le chemin était parfois délicat: végétation envahissante, précipices. En revanche nous avons l'agréable surprise de voir que ce chemin fournit une série de points de vue fantastiques sur les volcans. Nous rentrons à l'hôtel vers 10h: déjà 8h que nous sommes levés ! Le temps de prendre une douche froide rapide et nous sautons dans un bus, direction un autre volcan, le Kawah Ijen.
Tout a commencé à Yogyakarta, où plusieurs personnes, travaillant généralement pour des agences de voyage, ont essayé de nous dissuader de rejoindre ce parc national par nous-mêmes: trop long, trop dur, trop compliqué, nous a-t-on répété. Mais maintenant que nous avons fait l'impasse sur Sumatra, nous pouvons nous permettre de perdre un peu de temps dans les transports locaux (mais est-ce vraiment perdre du temps ??), beaucoup moins chers et surtout incontournables pour aller au contact des populations locales (comme dirait le Guide du Routard !!) et faire des rencontres. C'est donc un peu inquiet, mais assez excités, que nous quittons Yogyakarta un soir, sous la pluie.
Trois bus, un bemo (taxi collectif local) et une nuit plus tard, nous arrivons à Cemoro Lawang, minuscule village aux portes du parc national, sans avoir rencontré la moindre difficulté sérieuse. Le voyage a même été plus rapide qu'avec une agence de voyage puisque nous avons voyagé de nuit et que les agences n'organisent des départs que le matin. Comme toujours il faut se méfier des agences de voyage ! Et cela va devenir le leitmotiv de la suite de notre voyage à Java ! A peine arrivés, nous nous rendons compte que nous venons de pénétrer dans un monde totalement différent. Tout d'abord il fait froid ! Ensuite Cemoro Lawang se trouve au bout d'une vallée qui vaut à elle seule le déplacement: le paysage agricole y est d'une rare beauté. La fertilité exceptionnelle de cette vallée saute aux yeux: il y a une très grande variété de cultures (riz, légumes divers, fruits) et la vallée est parsemée de petites parcelles de quelques centaines de mètres carrés et de petits bouts de forêts qui s'étendent jusqu'aux pentes les plus abruptes.
Nous avons à peine le temps de nous installer dans l'un des 2 hôtels bon marchés de Cemoro Lawang qu'un épais brouillard envahit le village. Nous avons vraiment l'impression d'être au bout du monde. Mais avec ce brouillard il va falloir attendre un peu avant de pouvoir admirer les volcans. Nous tentons de glaner quelques informations sur les randos à pied que l'on peut faire dans la région. Encore une fois nous nous heurtons au lobby des agences de voyage: soit il n'y a aucun chemin de rando, soit il y en a mais ils sont dangereux et impossible à suivre sans guide... Et évidemment impossible de trouver la moindre carte précise du parc national! En fait il y a 2 étapes incontournables dans le parc: l'ascension du volcan Bromo, qui se fait sans trop de difficulté, et un point de vue sur tous les volcans de la région du sommet de la montagne Penanjakan, le lever du soleil à ces 2 endroits étant annoncé comme étant extraordinaire. En très grande majorité, les touristes qui viennent à Cemoro Lawang sont dans des tours organisés: ils arrivent le soir en minibus depuis Yogyakarta ou l'est de Java, sont déposés dans un hôtel, font un tour en jeep de quelques heures le lendemain matin pour assister au lever du soleil depuis le point de vue du Penanjakan et monter au sommet du Bromo, puis quittent Cemoro Lawang dans la matinée en direction d'un autre site touristique. Sacré programme ! Même ceux qui comme nous ont préféré venir avec les transports locaux ne semblent pas pouvoir échapper au tour en jeep, seul moyen, semble-t-il, de faire le Bromo et le Penanjakan dans la même journée. Pourtant ces 2 lieux ne sont pas très loin de Cemoro Lawang. Après une recherche d'informations plus intense et surtout plus subtile (en particulier auprès de guides locaux) nous commençons à y voir plus clair. Le volcan Bromo semble facilement accessible à pied depuis Cemoro Lawang. En revanche, bien qu'il existe un sentier qui mène au point de vue du Penanjakan, celui-ci semble difficile à suivre et on nous déconseille de nous y aventurer sans guide (bizarrement les agences de voyages sont très réticentes à nous proposer un guide, et c'est souvent aussi cher que le tour en jeep). Pourtant pas question de faire un tour en jeep dans un tel paysage. Nous n'avons pas fait tout ce chemin pour consommer du volcan comme dans un supermarché ! Le point de vue du Penanjakan on veut le mériter ! La solution est simple. Demain matin on fait le Bromo avec un départ de nuit pour assister au lever du soleil. Dans l'après-midi on repère le chemin qui mène au Penanjakan et le lendemain on monte à pied au Penanjakan de nuit pour assister au lever du soleil. C'est ambitieux mais jouable. Le repérage préalable du chemin est indispensable: nous n'avons rencontré que 4 personnes à avoir tenté cette excursion de nuit (4 jeunes anglais et canadiens), et ils se sont perdus au bout de 45 minutes de marche, en étant parti à 2h du matin ! Pas drôle !
Le 6 avril, nous nous levons donc à 3h3O du matin pour assister au lever du soleil depuis le volcan Bromo. Normalement il faut à peine 1h de marche. Mais bien que le chemin soit sensé être évident à suivre nous rencontrons plusieurs difficultés: n'ayant pas vu le volcan la veille, nous avons du mal à nous orienter dans l'immense plaine de sable au milieu de laquelle se trouve le Bromo, ensuite nous devons suivre des piquets blancs mais ceux-ci vont dans 2 directions différentes, enfin il y a des panneaux indiquant Cemoro Lawang, Penanjakan et même des toilettes (!!) mais jamais Bromo. En cherchant notre chemin, nous rencontrons d'autres personnes dans la même situation que nous. Finalement nous nous retrouvons à 7 un peu perdus dans l'immense plaine de sable (2 allemands, 2 autrichiens, 1 espagnol et nous). Heureusement un groupe d'indonésiens arrivent et semblent avoir l'intention de monter au sommet du Bromo. Malheureusement ils ne se montrent pas très coopératifs, et bien qu'une allemande parle parfaitement indonésien, ils refusent de nous indiquer clairement le chemin sans être payés ! Ce n'est pas grave, nous attendons un peu puis nous les suivons tout simplement ! La fin de l'ascension est assez difficile car nous sommes plongés dans un nuage un peu particulier: ça sent l'oeuf pourri, ça pique les yeux et ça gratte la gorge... Nous arrivons enfin au sommet du volcan Bromo juste avant le lever du soleil. Dans l'obscurité nous distinguons juste devant nous les fumées du volcan qui s'échappent du fond du cratère et expliquent ce que nous avons ressenti à la fin de la montée. Un grand moment ! Nous ne sommes que 7 au sommet (le groupe d'indonésiens n'étant finalement pas monté jusqu'en haut). Petit à petit le jour se lève et un paysage extraordinaire que nous étions loin d'imaginer s'offre à nous: l'immense plaine de sable désertique autrefois le cratère d'un gigantesque volcan, le volcan Batok à côté du Bromo, le grand volcan Semeru au loin (3680m), les falaises vertigineuses qui entourent la plaine et débouchent sur des vallées fertiles... Petit à petit nous faisons le tour du volcan. Superbe ! Nous rentrons au moment où des dizaines de jeeps déversent leurs cargaisons de touristes. Nous retrouvons brutalement la civilisation ! Et dire que c'est la basse saison !
A peine rentrés à l'hôtel, nous repartons repérer le chemin qui monte au Penanjakan, tandis que nos acolytes, tous au même hôtel que nous, se posent tranquillement au restaurant de l'hôtel. Après environ 45 minutes de marche au milieu des champs, nous arrivons au pied du Penanjakan. Nous découvrons alors un sentier très mal entretenu et clairement impossible à suivre de nuit sans repérage préalable. A quelques endroits clefs, nous disposons d'ailleurs des branchages sur le sol pour ne pas rater la nuit prochaine les bifurcations soudaines du sentier sous la végétation. Nous faisons demi-tour au milieu de l'ascension, les nuages commençant à envahir la vallée.
7 avril. Nous nous levons cette fois-ci à 2h du matin ! Il faut normalement compter 2 ou 3h pour atteindre le point de vue du Penanjakan. Le soleil se levant vers 5h, nous préférons prévoir large. Alors que la veille il commençait à y avoir un peu d'activité dans les rues dès 3h30 du matin (conducteurs de jeep, personnel de l'hôtel, gardes du parc national), aujourd'hui nous sommes bien seuls ! Le village est tranquillement endormi, plongé dans un épais brouillard. Au bout d'une heure de marche dans l'obscurité (à cause des nuages on ne voit ni les étoiles ni la lune), nous atteignons le point où nous avions fait demi tour la veille. Il nous faut maintenant continuer le chemin dans l'inconnu. Ca grimpe sérieusement et, dans l'obscurité et à travers l'épais brouillard, je devine par moment les profonds précipices qui encadrent le sentier... heureusement, Nat est concentrée sur le faisceau de sa frontale et ne regarde pas trop sur les côtés ! Finalement, nous ne rencontrons pas de difficultés majeures et arrivons au sommet vers 4h du matin. Il faut maintenant attendre que le soleil se lève, et ça caille ! Au début seuls, nous sommes rapidement envahis par des dizaines de touristes arrivés en jeep et encore profondément endormis quand nous commencions notre ascension. Malheureusement, les nuages recouvrent tout ! On ne voit rien ! Vers 6h, les touristes commencent à partir, les guides les exhortant à les rejoindre rapidement dans les jeeps, les programmes minutés des tours organisés ne pouvant souffrir le moindre retard. Et là, miracle de la nature, alors qu'il ne reste plus que nous et un groupe de jeunes indonésiens, le brouillard se dissipe, la mer de nuage descend d'un cran et le volcan Semeru apparaît, majestueux ! Incroyable ! Puis, petit à petit, les autres volcans apparaissent et finalement nous pouvons voir toute la vallée et la plaine de sable ! Spectacle époustouflant !
Nous quittons le point de vue vers 8h, et commençons la descente. Nous découvrons alors que le chemin était parfois délicat: végétation envahissante, précipices. En revanche nous avons l'agréable surprise de voir que ce chemin fournit une série de points de vue fantastiques sur les volcans. Nous rentrons à l'hôtel vers 10h: déjà 8h que nous sommes levés ! Le temps de prendre une douche froide rapide et nous sautons dans un bus, direction un autre volcan, le Kawah Ijen.
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| Bromo |
Yogyakarta, Java, par Nat
Cela fait déjà 3 mois que nous parcourons l'Asie du sud-est et notre dernier mois en Asie, avant de rejoindre l'Australie, est consacré à la découverte de l'Indonésie. Nous sommes arrivés à Yogyakarta (île de Java) le 31 mars, en fin d'après-midi, après un petit vol de 2h30 depuis Kuala Lumpur. Cette fois-ci, nous avons choisi de nous poser un peu plus et finalement nous ne visiterons que les îles de Java et de Bali. Nous avons déjà éliminé l'île de Sumatra de notre programme et nous abandonnons l'idée d'aller voir les varans du Komodo (ouf nous en avons vu au zoo de Singapour): ce n'est pas les histoires horribles de varans mangeurs d'hommes qui nous font renoncer mais bien les longs trajets consommateurs de temps. En Indonésie, dès qu'on sort des grands axes routiers, le moyen de transport le plus répandu est le bemo: minivan qui ne part que lorsqu'il est plein i.e. 20 personnes. Autant dire que certains trajets s'annoncent compliqués!
Nous commençons notre séjour par 4 jours à Yogyakarta. Yogyakarta est une grande ville très agréable où les bâtiments dépassent rarement les 2 étages. Au milieu du trafic incessant des voitures, des scooters et des bus, nous trouvons des calèches tirées par des chevaux et des dizaines et des dizaines de cyclo-pousses (becak en indonésien). Nous sommes dans le 1er pays musulman par son nombre de pratiquants (270 millions) et le nombre de mosquées que nous croisons ainsi que les muezzins qui nous réveillent la nuit ne manque pas de nous le rappeler. Ici, comme en Malaisie, la quasi totalité des femmes porte le voile, mais ce qui est le plus frappant c'est que beaucoup sont voilées dès leur plus jeune âge: nous avons vu un nombre impressionnant de bébés filles de quelques mois qui sont déjà voilées!
Nous avons trouvé une petite auberge très sympathique dans le quartier Sosro qui rassemble un bon nombre d'auberges pour routards et autour duquel gravite inévitablement un sacré lot d'agence de voyages et de cyber café. Nous logeons à deux pas de la rue "Malioboro", rue principale de Yogyakarta le long de laquelle s'étendent de nombreux magasins de vêtements et de tentures réalisées en batiks (processus d'application des teintes où seuls les motifs non recouverts de cire sont teints). Dès qu'on débouche sur Malioboro, c'est le harcèlement (ça nous rappelle même l'Inde) : cela commence par un "Where do you come from?" et cela embraye dans un français impeccable (nous avons été très surpris de voir autant d'indonésiens parler le français dans cette ancienne colonie néerlandaise!) pour vous inciter à visiter les magasins de batik pour faire quelques achats car évidemment les magasins ne seront pas ouverts le lendemain...comme par hasard!
A Yogyakarta, nous visitons le palais du sultan (le kraton) qui est petit et intéressant même si on est loin de la dimension et de la richesse des palais chinois (cité interdite, palais d'été et temple du ciel de Pekin), vietnamiens (cité impériale de Hue) ou thaïlandais (Palais royal et Wat Phra Kaeo de Bangkok). Nous visitons le quartier du kraton: marché aux oiseaux où nous ne nous sommes pas attardés à cause de la grippe aviaire, le Taman Sari qui est un palais qui abritait la piscine privée du sultan, de sa femme et de ses concubines, la mosquée souterraine qui était exclusivement réservée au sultan et à sa famille.
En nous baladant dans les rues, nous sommes tombés sur un défilé de "motards" qui brandissaient des drapeaux aux couleurs du PDI, un des principaux partis politiques indonésiens. Les rues sont remplis de drapeaux aux couleurs de nombreux partis politiques indonésiens (apparemment il y a une 40aines de partis) et il y a même des T-shirts aux couleurs de certains partis qui s'entassent sur les trottoirs en attendant que des militants les récupèrent. Et oui, nous le savions mais nous l'avions oublié: le 9 avril se sont les élections législatives qui précèdent les présidentielles du mois de juillet.
Notre découverte culinaire a été le "Nasi Gudeg" (riz avec du tofu, et apparemment du fruit jaquier cuit dans de la noix de coco), une spécialité de Yogyakarta que nous avons tellement aimé que nous sommes allés à la même gargote les 5 soirs passés à Yogyakarta!
Dans les alentours de Yogyakarta, nous avons visité 2 sites classés au patrimoine mondial de l'humanité: l'ensemble des temples hindous de Prambanan et le site bouddhiste de Borobudur. Le site hindou de Prambanan a été fragilisé par le gros tremblement de terre de 2006 mais nous pouvons toujours admirer les monuments. Nous avons fait une bonne partie de la visite en poncho, sous la pluie. Voilà ce qui arrive aux touristes qui veulent faire des visites l'après-midi. Nous ne sommes plus en pleine saison des pluies mais à Yogyakarta, chaque jour, nous avons eu un beau soleil le matin et des pluies torrentielles autour de 14h! C'est incroyable! On a l'impression que le temps est réglé comme un métronome! Pour la visite de Borobudur, nous optons pour un transport organisé par une agence de voyage: l'avantage est que le départ est à 5h du mat' et donc nous serons sur le site dès l'ouverture. Nous n'aurions pas pu arriver si tôt avec les transports locaux. Et quelle bonne idée d'y être pou 6h du mat'. Le soleil est à peine levé et nous bénéficions d'une vue dégagée sur le volcan Merapi (très actif et en alerte rouge depuis 2006, c'est un des volcans les plus redoutés d'Indonésie). A partir de 7h, impossible de voir le volcan Merapi car il est caché derrière la brume et les nuages !
Nous commençons notre séjour par 4 jours à Yogyakarta. Yogyakarta est une grande ville très agréable où les bâtiments dépassent rarement les 2 étages. Au milieu du trafic incessant des voitures, des scooters et des bus, nous trouvons des calèches tirées par des chevaux et des dizaines et des dizaines de cyclo-pousses (becak en indonésien). Nous sommes dans le 1er pays musulman par son nombre de pratiquants (270 millions) et le nombre de mosquées que nous croisons ainsi que les muezzins qui nous réveillent la nuit ne manque pas de nous le rappeler. Ici, comme en Malaisie, la quasi totalité des femmes porte le voile, mais ce qui est le plus frappant c'est que beaucoup sont voilées dès leur plus jeune âge: nous avons vu un nombre impressionnant de bébés filles de quelques mois qui sont déjà voilées!
Nous avons trouvé une petite auberge très sympathique dans le quartier Sosro qui rassemble un bon nombre d'auberges pour routards et autour duquel gravite inévitablement un sacré lot d'agence de voyages et de cyber café. Nous logeons à deux pas de la rue "Malioboro", rue principale de Yogyakarta le long de laquelle s'étendent de nombreux magasins de vêtements et de tentures réalisées en batiks (processus d'application des teintes où seuls les motifs non recouverts de cire sont teints). Dès qu'on débouche sur Malioboro, c'est le harcèlement (ça nous rappelle même l'Inde) : cela commence par un "Where do you come from?" et cela embraye dans un français impeccable (nous avons été très surpris de voir autant d'indonésiens parler le français dans cette ancienne colonie néerlandaise!) pour vous inciter à visiter les magasins de batik pour faire quelques achats car évidemment les magasins ne seront pas ouverts le lendemain...comme par hasard!
A Yogyakarta, nous visitons le palais du sultan (le kraton) qui est petit et intéressant même si on est loin de la dimension et de la richesse des palais chinois (cité interdite, palais d'été et temple du ciel de Pekin), vietnamiens (cité impériale de Hue) ou thaïlandais (Palais royal et Wat Phra Kaeo de Bangkok). Nous visitons le quartier du kraton: marché aux oiseaux où nous ne nous sommes pas attardés à cause de la grippe aviaire, le Taman Sari qui est un palais qui abritait la piscine privée du sultan, de sa femme et de ses concubines, la mosquée souterraine qui était exclusivement réservée au sultan et à sa famille.
En nous baladant dans les rues, nous sommes tombés sur un défilé de "motards" qui brandissaient des drapeaux aux couleurs du PDI, un des principaux partis politiques indonésiens. Les rues sont remplis de drapeaux aux couleurs de nombreux partis politiques indonésiens (apparemment il y a une 40aines de partis) et il y a même des T-shirts aux couleurs de certains partis qui s'entassent sur les trottoirs en attendant que des militants les récupèrent. Et oui, nous le savions mais nous l'avions oublié: le 9 avril se sont les élections législatives qui précèdent les présidentielles du mois de juillet.
Notre découverte culinaire a été le "Nasi Gudeg" (riz avec du tofu, et apparemment du fruit jaquier cuit dans de la noix de coco), une spécialité de Yogyakarta que nous avons tellement aimé que nous sommes allés à la même gargote les 5 soirs passés à Yogyakarta!
Dans les alentours de Yogyakarta, nous avons visité 2 sites classés au patrimoine mondial de l'humanité: l'ensemble des temples hindous de Prambanan et le site bouddhiste de Borobudur. Le site hindou de Prambanan a été fragilisé par le gros tremblement de terre de 2006 mais nous pouvons toujours admirer les monuments. Nous avons fait une bonne partie de la visite en poncho, sous la pluie. Voilà ce qui arrive aux touristes qui veulent faire des visites l'après-midi. Nous ne sommes plus en pleine saison des pluies mais à Yogyakarta, chaque jour, nous avons eu un beau soleil le matin et des pluies torrentielles autour de 14h! C'est incroyable! On a l'impression que le temps est réglé comme un métronome! Pour la visite de Borobudur, nous optons pour un transport organisé par une agence de voyage: l'avantage est que le départ est à 5h du mat' et donc nous serons sur le site dès l'ouverture. Nous n'aurions pas pu arriver si tôt avec les transports locaux. Et quelle bonne idée d'y être pou 6h du mat'. Le soleil est à peine levé et nous bénéficions d'une vue dégagée sur le volcan Merapi (très actif et en alerte rouge depuis 2006, c'est un des volcans les plus redoutés d'Indonésie). A partir de 7h, impossible de voir le volcan Merapi car il est caché derrière la brume et les nuages !
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| Yogyakarta |
samedi 11 avril 2009
Malacca, par Ju
Après notre escapade à Singapour, nous retournons en Malaisie. Notre dernière étape avant l'Indonésie est Malacca.
Autrefois carrefour majeur des routes maritimes reliant l'océan indien à la mer de Chine, Malacca est annoncé comme un lieu incontournable de tout voyage en Malaisie. Pourtant, alors que nos guides de voyage étaient dithyrambiques à son sujet, nous avons été de façon générale assez déçus. Comme partout il y a un quartier chinois et un quartier indien. On commence à connaître ! Il ne reste plus grand chose de l'époque portugaise. En revanche il y a encore quelques bâtiments intéressants de l'époque hollandaise. Quant aux britanniques, ils n'ont pas laissé grand chose, et ont même, à l'époque, plutôt brillés par leur politique de destruction de ce que leurs prédécesseurs avaient bâti !
Parmi les monuments remarquables, nous avons retenu la mosquée du quartier chinois (encore un exemple étonnant et réussi de syncrétisme architectural), les anciens bâtiments de l'administration coloniale hollandaise et les petites maisons hollandaises construites le long de la rivière Malacca.
Nous avons également visité un immense centre commercial flambant neuf qui valait vraiment le détour et où nous avons craqué pour un petit ordi portable... de quoi plomber notre budget pendant plusieurs mois !!
A Malacca nous avons également fait preuve d'une audace certaine, en modifiant totalement notre parcours en Indonésie au dernier moment. Nous voulions prendre un ferry à Malacca pour rejoindre l'île de Sumatra, visiter le nord et le centre de Sumatra puis rejoindre Java. Mais au moment de réserver nos billets pour le ferry à l'embarcadère de Malacca, nous apprenons que le prix des billets a augmenté par rapport à nos indications et nous n'avons pas assez d'argent sur nous. Ce contre temps nous permet de nous plonger un instant dans notre itinéraire provisoire en Indonésie. Les trajets de bus à Sumatra s'annoncent interminables et ce temps passé dans les transports ne se justifie pas au regard du peu de jours que nous avons prévu de passer sur cette île. Nous changeons alors nos plans. Nous décidons de faire l'impasse sur Sumatra et de privilégier Java et Bali. Plus de ferry donc, mais retour à Kuala Lumpur où nous prenons un avion pour Yogyakarta sur l'île de Java le 29 mars (billets achetés 2 jours avant le vol). Nous évitons ainsi un séjour peu recommandé à Jakarta et atterrissons directement dans le centre de Java.
Autrefois carrefour majeur des routes maritimes reliant l'océan indien à la mer de Chine, Malacca est annoncé comme un lieu incontournable de tout voyage en Malaisie. Pourtant, alors que nos guides de voyage étaient dithyrambiques à son sujet, nous avons été de façon générale assez déçus. Comme partout il y a un quartier chinois et un quartier indien. On commence à connaître ! Il ne reste plus grand chose de l'époque portugaise. En revanche il y a encore quelques bâtiments intéressants de l'époque hollandaise. Quant aux britanniques, ils n'ont pas laissé grand chose, et ont même, à l'époque, plutôt brillés par leur politique de destruction de ce que leurs prédécesseurs avaient bâti !
Parmi les monuments remarquables, nous avons retenu la mosquée du quartier chinois (encore un exemple étonnant et réussi de syncrétisme architectural), les anciens bâtiments de l'administration coloniale hollandaise et les petites maisons hollandaises construites le long de la rivière Malacca.
Nous avons également visité un immense centre commercial flambant neuf qui valait vraiment le détour et où nous avons craqué pour un petit ordi portable... de quoi plomber notre budget pendant plusieurs mois !!
A Malacca nous avons également fait preuve d'une audace certaine, en modifiant totalement notre parcours en Indonésie au dernier moment. Nous voulions prendre un ferry à Malacca pour rejoindre l'île de Sumatra, visiter le nord et le centre de Sumatra puis rejoindre Java. Mais au moment de réserver nos billets pour le ferry à l'embarcadère de Malacca, nous apprenons que le prix des billets a augmenté par rapport à nos indications et nous n'avons pas assez d'argent sur nous. Ce contre temps nous permet de nous plonger un instant dans notre itinéraire provisoire en Indonésie. Les trajets de bus à Sumatra s'annoncent interminables et ce temps passé dans les transports ne se justifie pas au regard du peu de jours que nous avons prévu de passer sur cette île. Nous changeons alors nos plans. Nous décidons de faire l'impasse sur Sumatra et de privilégier Java et Bali. Plus de ferry donc, mais retour à Kuala Lumpur où nous prenons un avion pour Yogyakarta sur l'île de Java le 29 mars (billets achetés 2 jours avant le vol). Nous évitons ainsi un séjour peu recommandé à Jakarta et atterrissons directement dans le centre de Java.
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| Malacca |
Singapour, par Ju
Après avoir passé quelques jours à Kuala Lumpur, nous prenons un train de nuit pour Singapour le jour du départ de mes parents (25 mars). Nous arrivons à Singapour au petit matin. Nous sommes immédiatement frappés par certaines caractéristiques de la ville qui ont fait sa renommée: gratte ciels, propreté, nombreuses interdictions, centres commerciaux immenses et spécialisés, organisation ultra-efficace des transports. Habituellement nous ne raffolons pas des grandes villes, surtout quand elles ressemblent à des immenses supermarchés, temples de la consommation, et qu'elles ne présentent que peu d'intérêt historique. Pourtant nous devons avouer que nous avons beaucoup aimé Singapour: il y a énormément de coins de verdures, de petits jardins et d'arbres blottis entre les gratte ciels, de lieux de culture (théâtres, salles de concert), de bars et de restaurants. C'est une ville qui semble avoir été créée pour travailler le jour et se divertir sagement le soir. Malgré ses immenses avenues et ses grattes ciels à perte de vue, c'est très agréable de découvrir la ville à pied. Certainement un choix judicieux pour ceux qui veulent s'expatrier quelques temps en Asie du sud-est...
Nous restons 3 jours à Singapour dans une auberge assez originale: le dortoir est situé sur le toit, à peine protégé de la pluie par des tôles et donne directement sur une immense avenue. Mais à Singapour, aucune inquiétude à avoir: la nuit, les avenues sont très calmes: pas le moindre klaxon. Aucun problème pour dormir. En plus le petit déjeuner est gratuit (avec une super bonne confiture à l'ananas) !
Nous avons également visité le fameux zoo de Singapour (de jour et de nuit). C'est également une réussite: sa réputation n'est pas volée ! Moi qui n'aime pas trop les zoos, j'ai été agréablement surpris: les enclos sont vastes et bien intégrés à la jungle naturelle environnante, certains animaux sont en totale liberté (certains lézards par exemple), on peut se balader dans certains enclots (papillons, chauve souris, tortues, paresseux, certains singes). La visite de nuit est particulièrement intéressante, bien que très touristique.
Nous restons 3 jours à Singapour dans une auberge assez originale: le dortoir est situé sur le toit, à peine protégé de la pluie par des tôles et donne directement sur une immense avenue. Mais à Singapour, aucune inquiétude à avoir: la nuit, les avenues sont très calmes: pas le moindre klaxon. Aucun problème pour dormir. En plus le petit déjeuner est gratuit (avec une super bonne confiture à l'ananas) !
Nous avons également visité le fameux zoo de Singapour (de jour et de nuit). C'est également une réussite: sa réputation n'est pas volée ! Moi qui n'aime pas trop les zoos, j'ai été agréablement surpris: les enclos sont vastes et bien intégrés à la jungle naturelle environnante, certains animaux sont en totale liberté (certains lézards par exemple), on peut se balader dans certains enclots (papillons, chauve souris, tortues, paresseux, certains singes). La visite de nuit est particulièrement intéressante, bien que très touristique.
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| Singapour |
samedi 4 avril 2009
Ca y est nous avons la tête en bas, par Ju et Nat
Coucou tout le monde,
Nous venons d'arriver à Java en Indonésie (le 31 mars). C'est la première fois que nous sommes dans l'hémisphère sud !
On vient de mettre en ligne 3 posts (Thailande, Malaisie et notre parcours pour ces 2 pays). On essaie de rattraper notre retard du mois de mars ! On a d'ailleurs un nouveau jouet qui nous aide beaucoup : un petit ordi que nous avons acheté en Malaisie il y a quelques jours !
A plus,
Ju et Nat
Nous venons d'arriver à Java en Indonésie (le 31 mars). C'est la première fois que nous sommes dans l'hémisphère sud !
On vient de mettre en ligne 3 posts (Thailande, Malaisie et notre parcours pour ces 2 pays). On essaie de rattraper notre retard du mois de mars ! On a d'ailleurs un nouveau jouet qui nous aide beaucoup : un petit ordi que nous avons acheté en Malaisie il y a quelques jours !
A plus,
Ju et Nat
La Malaisie, du 15 au 25 mars, par Ju
A mesure que nous sommes descendus dans le sud de la Thaïlande, nous avons vu les mosquées prendre progressivement la place des temples bouddhistes. La transition d’une société à majorité bouddhiste à une société à majorité musulmane s’est faite assez progressivement, et à notre arrivée en Malaisie, où l’Islam est religion d’Etat et où la majorité de la population est musulmane, nous n’avons pas observé de véritable rupture culturelle par rapport au sud de la Thaïlande (zone que nous n’avons fait que traverser : en raison du conflit entre musulmans et bouddhistes, elle est fortement déconseillée aux touristes, 3000 morts depuis 2004).
La société malaisienne est particulièrement complexe et intéressante : plusieurs communautés vivent ensemble depuis plusieurs siècles (indiens, chinois, malais) sans qu’un réel métissage n’ait eu lieu, chaque communauté ayant gardé sa langue, ses croyances religieuses et ses traditions. Chaque ville présente ainsi un quartier chinois et un quartier indien bien séparés, ainsi qu’une juxtaposition étonnante de mosquées, temples bouddhistes et temples hindous. Dans les villes ayant "accueillis" des colons portugais, néerlandais ou britanniques, il faut rajouter les églises et les anciens bâtiments coloniaux à ce paysage. Si les gens ne semblent pas particulièrement enclins au métissage, l’architecture et la cuisine ont elles largement bénéficiées de l’association de ces différentes influences culturelles : certains minarets ont la forme de pagodes bouddhistes, de nombreuses maisons chinoises présentent des colonnes corinthiennes caractéristiques de l’architecture coloniale et la cuisine est un savant mélange de différentes saveurs, indiennes, chinoises, thaïlandaises. Mais ce qui aura marqué notre voyage en Malaisie, ce n’est ni la cuisine malaisienne, ni l’architecture, ni la gentillesse des gens…
Ceux qui ont déjà regardé la chaine TV américaine Discovery Channel sont certainement tombés au moins une fois sur l’un des programmes phares de la chaine, celui retraçant des drames survenus au cours de randonnées ou de balades en "milieu hostile" (les protagonistes racontent leurs mésaventures, mésaventures qui sont illustrées par des reconstitutions d’un incroyable réalisme). Dans la série, il y a par exemple “Lost in the jungle”, “Lost in the storm”, “Lost in the Himalaya”… Souvent il s’agit d’une poignée d’abrutis qui partent faire une randonnée en tong et en short, sans carte, sans boussole, sans eau, sans nourriture, et qui décident de suivre la trace d’un mulot dans la forêt et finissent par se perdre ou se blesser. Mais ce genre de mésaventure peut aussi arriver à des gens très bien et bien organisés… comme nous ! On vous a déjà raconté l’épisode " Lost in the airport " à Bangkok, épisode qui s’était bien terminé puisque nous avions retrouvé mes parents sains et saufs. Cette fois-ci je vais vous narrer 2 épisodes bien plus dramatiques (mais au dénouement heureux) qui ont marqué notre séjour en Malaisie : "Lost in the ocean" et "Lost in the jungle".
Le premier est survenu le lendemain de notre arrivée en Malaisie. Pour rejoindre les îles Perhentian, un petit coin de paradis sur la côte est de la Malaisie, nous devons prendre un petit bateau rapide (une frêle esquif dirait Nat), qui est sensé réaliser la traversée en 1h. Mais à cette période de l’année, le temps est très instable et les traversées sont souvent annulées en raison du mauvais temps. Et justement, le matin de notre départ il pleut des cordes et le ciel est sombre. Quoiqu’il en soit, la traversée est maintenue et nous embarquons. Mais au bout de quelques minutes, le temps se gâte sérieusement, le vent se lève, la houle grossit, des pluies torrentielles s’abattent sur nous et la visibilité chute sévèrement : on ne voit pas plus loin qu’une dizaine de mètres. Le regard inquiet du pilote trahit son angoisse et les " tout va bien, les îles ne sont pas loin " ne rassurent pas vraiment certains éléments fragiles de notre équipe (suivez mon regard). Notre pilote, qui navigue à vue, semble désorienté et ne cesse de changer de cap. Puis soudain, une éclaircie : les îles sont là, à notre droite, à quelques centaines de mètres seulement ! Après cette traversée un peu difficile pour certains (on vous laisse deviner sur les photos ceux qui ont cru ne jamais s’en sortir et ceux qui se sont plutôt amusés), nous voilà sur la plus petite des îles Perhentian. Nous y restons 3 jours : 2 jours de pluies intenses et 1 jour de grand soleil qui nous permet de faire une série de plongées masques/tubas exceptionnelles : requins à pointe noire, tortues, barracudas, poissons clowns, coraux, anémones… Après ces quelques jours passés les orteils dans le sable, nous rejoignons le parc national du Taman Negara au centre de la Malaisie, théâtre d’un nouvel épisode dramatique.
La société malaisienne est particulièrement complexe et intéressante : plusieurs communautés vivent ensemble depuis plusieurs siècles (indiens, chinois, malais) sans qu’un réel métissage n’ait eu lieu, chaque communauté ayant gardé sa langue, ses croyances religieuses et ses traditions. Chaque ville présente ainsi un quartier chinois et un quartier indien bien séparés, ainsi qu’une juxtaposition étonnante de mosquées, temples bouddhistes et temples hindous. Dans les villes ayant "accueillis" des colons portugais, néerlandais ou britanniques, il faut rajouter les églises et les anciens bâtiments coloniaux à ce paysage. Si les gens ne semblent pas particulièrement enclins au métissage, l’architecture et la cuisine ont elles largement bénéficiées de l’association de ces différentes influences culturelles : certains minarets ont la forme de pagodes bouddhistes, de nombreuses maisons chinoises présentent des colonnes corinthiennes caractéristiques de l’architecture coloniale et la cuisine est un savant mélange de différentes saveurs, indiennes, chinoises, thaïlandaises. Mais ce qui aura marqué notre voyage en Malaisie, ce n’est ni la cuisine malaisienne, ni l’architecture, ni la gentillesse des gens…
Ceux qui ont déjà regardé la chaine TV américaine Discovery Channel sont certainement tombés au moins une fois sur l’un des programmes phares de la chaine, celui retraçant des drames survenus au cours de randonnées ou de balades en "milieu hostile" (les protagonistes racontent leurs mésaventures, mésaventures qui sont illustrées par des reconstitutions d’un incroyable réalisme). Dans la série, il y a par exemple “Lost in the jungle”, “Lost in the storm”, “Lost in the Himalaya”… Souvent il s’agit d’une poignée d’abrutis qui partent faire une randonnée en tong et en short, sans carte, sans boussole, sans eau, sans nourriture, et qui décident de suivre la trace d’un mulot dans la forêt et finissent par se perdre ou se blesser. Mais ce genre de mésaventure peut aussi arriver à des gens très bien et bien organisés… comme nous ! On vous a déjà raconté l’épisode " Lost in the airport " à Bangkok, épisode qui s’était bien terminé puisque nous avions retrouvé mes parents sains et saufs. Cette fois-ci je vais vous narrer 2 épisodes bien plus dramatiques (mais au dénouement heureux) qui ont marqué notre séjour en Malaisie : "Lost in the ocean" et "Lost in the jungle".
Le premier est survenu le lendemain de notre arrivée en Malaisie. Pour rejoindre les îles Perhentian, un petit coin de paradis sur la côte est de la Malaisie, nous devons prendre un petit bateau rapide (une frêle esquif dirait Nat), qui est sensé réaliser la traversée en 1h. Mais à cette période de l’année, le temps est très instable et les traversées sont souvent annulées en raison du mauvais temps. Et justement, le matin de notre départ il pleut des cordes et le ciel est sombre. Quoiqu’il en soit, la traversée est maintenue et nous embarquons. Mais au bout de quelques minutes, le temps se gâte sérieusement, le vent se lève, la houle grossit, des pluies torrentielles s’abattent sur nous et la visibilité chute sévèrement : on ne voit pas plus loin qu’une dizaine de mètres. Le regard inquiet du pilote trahit son angoisse et les " tout va bien, les îles ne sont pas loin " ne rassurent pas vraiment certains éléments fragiles de notre équipe (suivez mon regard). Notre pilote, qui navigue à vue, semble désorienté et ne cesse de changer de cap. Puis soudain, une éclaircie : les îles sont là, à notre droite, à quelques centaines de mètres seulement ! Après cette traversée un peu difficile pour certains (on vous laisse deviner sur les photos ceux qui ont cru ne jamais s’en sortir et ceux qui se sont plutôt amusés), nous voilà sur la plus petite des îles Perhentian. Nous y restons 3 jours : 2 jours de pluies intenses et 1 jour de grand soleil qui nous permet de faire une série de plongées masques/tubas exceptionnelles : requins à pointe noire, tortues, barracudas, poissons clowns, coraux, anémones… Après ces quelques jours passés les orteils dans le sable, nous rejoignons le parc national du Taman Negara au centre de la Malaisie, théâtre d’un nouvel épisode dramatique.
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| Iles Perhentian |
Le parc national du Taman Negara est composé de jungles épaisses. Il s’agit d’une des forêts les plus anciennes de la planète. La biodiversité, comme dirait Mr Rhône Poulenc, y est exceptionnelle. Le jour, la forêt se laisse à peine découvrir : à la fois immense et exigüe, on y entend beaucoup mais on y voit peu. Mais la nuit, c’est une toute autre histoire : la forêt sort de sa léthargie diurne et se transforme en un environnement hostile où proies et prédateurs luttent pour leur survie. Il n’y a alors plus vraiment de place pour nous.
Après une très longue journée de transport pour gagner le Taman Negara depuis les lointaines îles Perhentian, nous découvrons le parc national au coucher du soleil. La lumière faiblissante, les bruits uniques et inquiétants de la forêt, l’ambiance de bout du monde qui règne sur les bords de la rivière où se trouve notre auberge, nous mettent immédiatement dans l’ambiance. Les îles paradisiaques sont bien loin et les énormes papillons et criquets qui nous rendent visite dans notre chambre sont les ambassadeurs d’une nature encore vierge où nos références sont d’ors-et-déjà dépassées.
Le lendemain, prudents mais très excités, nous nous greffons à un tour organisé pour découvrir la jungle avec un guide local : il s’agit d’une petite excursion de quelques heures avec un passage intéressant sur des ponts suspendus (40 m de haut) au niveau de la canopée. Après cette introduction, nous sommes rassurés : les chemins sont bien balisés et les conditions climatiques sont supportables. C’est décidé, nous allons faire une rando dans la jungle, seuls. Suivant les conseils de plusieurs guides et de l’office du parc national, notre plan consiste d’abord à prendre une pirogue pour remonter la rivière sur une dizaine de km, puis à rejoindre une hutte à 1h de marche pour passer la nuit au milieu de la jungle et enfin à rejoindre l’entrée du parc à pied le lendemain (environ 13 km dans la jungle). Nous partons le jour même et arrivons comme prévu à la hutte en fin d’après-midi. Cette hutte a été construite au niveau d’une petite clairière où se trouve un point d’eau et elle est connue pour être un excellent point d’observation de la faune nocturne. A notre arrivée, nous découvrons que nous ne sommes pas seuls : 2 jeunes anglais viennent d’arriver, mais eux sont venus à pied par la jungle. Leur niveau d’équipement fait froid dans le dos: shorts, débardeurs, tennis ! Du coup, leurs pieds sont couverts de sangsues… mais ils ont fait encore plus fort: ils n’ont emporté de l’eau que pour 1 journée et pensait faire bouillir de l’eau de la rivière avec un camping gaz pour le lendemain. Mais au moment de visser leur brûleur sur la bonbonne de gaz, pschitt, une mauvaise manipulation et le précieux gaz s’évanouit dans la nature ! Il va falloir suivre Discovery Channel dans les prochains mois, ce sont de sérieux candidats pour le programme en question ! Nous leur proposons de l’eau et leur conseillons de rentrer le lendemain matin avec une pirogue, mais que nenni, ils veulent jouer à Indiana Jones et préfèrent faire du feu pour faire bouillir l’eau… Malheureusement, ils ne sont pas très doués : il leur faut pratiquement 3h pour allumer un misérable feu (le bois étant évidemment mouillé) qui ne leur permet pas de faire suffisamment bouillir leur eau. Pendant ce temps nous sommes tous les 4 au poste d’observation, au sommet de la hutte. Et là incroyable ! Papa et moi voyons furtivement une panthère noire, à quelques dizaines de mètres de la hutte, et donc de nos 2 aventuriers restés en bas ! Nous passons la nuit aux aguets, nous levant toutes les demies heures pour inspecter la clairière avec nos lampes. Nous voyons ainsi un énorme porc-épic et un blaireau : c’est beaucoup moins exotique qu’une panthère mais tout aussi excitant quand c’est au milieu de la nuit. On assiste également au spectacle sublime des lucioles volant d’arbre en arbre telles des étoiles filantes. Nous passons également la nuit à nous bagarrer avec des rats (au demeurant bien plus mignons que nos rats des villes) qui tentent de nous subtiliser notre nourriture, n’hésitant pas à passer sur les lits sur lesquels nous dormons !
Le lendemain, nous partons à l’aube. Nous avons à peine 13 km à faire, soit 2 ou 3 h de marche dans des conditions normales, et environ 6h selon les guides locaux. Prudent nous préférons avoir toute la journée devant nous. Lorsque nous quittons la hutte, nos apprentis Indiana Jones dorment encore… Mais marcher dans la jungle est beaucoup plus épuisant qu’une rando dans les Pyrénées ! Surtout pour ceux qui ont tendance à faire une fixation sur les bébêtes invisibles qui nous entourent et font les frais de tous les facteurs anxiogènes de la jungle : bruits inconnus, boue, chaleur, humidité, végétation épaisse, sangsues, passage de rivières à guet, chemin accidenté, absence de repère visuel et sentiment d’oppression (on ne voit jamais le ciel, impossible de reposer son regard vers l’horizon)… Rajoutons à cela la déshydratation et le manque de sommeil (entre les attaques des rats et les quarts pour observer les animaux, nous n’avons pas beaucoup dormi) et un chef d’équipe qui a une tendance naturelle à pousser ses équipiers jusqu’à leurs limites, et toutes les conditions sont réunies pour faire un épisode de "Lost in the jungle" de Discovery Channel. Pour la faire courte, disons qu’arrivés presque à mi-chemin, maman a fait un malaise, et, sans rentrer dans les détails, notre situation est devenue très délicate. Il nous a fallu choisir entre continuer vers l’inconnu ou faire demi tour avec l’assurance de trouver un point pour dormir mais sans savoir si nous pourrions trouver une pirogue pour nous ramener… Nous avons opté pour la 2ème solution. Le retour est épique, à tel point que nous avons tous un trou de plus de 5h dans nos photos ou nos films : rien, aucune trace de ce que nous avons vécu, nos priorités n’étant alors plus vraiment le photojournalisme ! Nous parvenons enfin à l’embarcadère après plus de 8h de marche non stop. Il est un peu plus de 16h et pas la moindre pirogue en vue. Nos ennuis ne sont donc pas terminés. En l’espace de 1h, une dizaine de pirogues passent devant nous, et malgré nos signes de détresse (Nat est pourtant particulièrement douée pour exprimer la détresse, je peux vous l’assurer ; et merci la famille Carini pour le sifflet, ça nous a bien servi ce jour là), aucun ne daigne s’arrêter, pensant certainement avoir à faire à des idiots de touristes qui ne se sont pas préoccupés de leur moyen de retour à la fin de leur randonnée. Finalement une pirogue finit par s’arrêter et accepte de nous ramener, l’état de santé de maman n’ayant malgré tout pas été suffisant pour éviter une discussion indécente sur le prix à payer.
Après une très longue journée de transport pour gagner le Taman Negara depuis les lointaines îles Perhentian, nous découvrons le parc national au coucher du soleil. La lumière faiblissante, les bruits uniques et inquiétants de la forêt, l’ambiance de bout du monde qui règne sur les bords de la rivière où se trouve notre auberge, nous mettent immédiatement dans l’ambiance. Les îles paradisiaques sont bien loin et les énormes papillons et criquets qui nous rendent visite dans notre chambre sont les ambassadeurs d’une nature encore vierge où nos références sont d’ors-et-déjà dépassées.
Le lendemain, prudents mais très excités, nous nous greffons à un tour organisé pour découvrir la jungle avec un guide local : il s’agit d’une petite excursion de quelques heures avec un passage intéressant sur des ponts suspendus (40 m de haut) au niveau de la canopée. Après cette introduction, nous sommes rassurés : les chemins sont bien balisés et les conditions climatiques sont supportables. C’est décidé, nous allons faire une rando dans la jungle, seuls. Suivant les conseils de plusieurs guides et de l’office du parc national, notre plan consiste d’abord à prendre une pirogue pour remonter la rivière sur une dizaine de km, puis à rejoindre une hutte à 1h de marche pour passer la nuit au milieu de la jungle et enfin à rejoindre l’entrée du parc à pied le lendemain (environ 13 km dans la jungle). Nous partons le jour même et arrivons comme prévu à la hutte en fin d’après-midi. Cette hutte a été construite au niveau d’une petite clairière où se trouve un point d’eau et elle est connue pour être un excellent point d’observation de la faune nocturne. A notre arrivée, nous découvrons que nous ne sommes pas seuls : 2 jeunes anglais viennent d’arriver, mais eux sont venus à pied par la jungle. Leur niveau d’équipement fait froid dans le dos: shorts, débardeurs, tennis ! Du coup, leurs pieds sont couverts de sangsues… mais ils ont fait encore plus fort: ils n’ont emporté de l’eau que pour 1 journée et pensait faire bouillir de l’eau de la rivière avec un camping gaz pour le lendemain. Mais au moment de visser leur brûleur sur la bonbonne de gaz, pschitt, une mauvaise manipulation et le précieux gaz s’évanouit dans la nature ! Il va falloir suivre Discovery Channel dans les prochains mois, ce sont de sérieux candidats pour le programme en question ! Nous leur proposons de l’eau et leur conseillons de rentrer le lendemain matin avec une pirogue, mais que nenni, ils veulent jouer à Indiana Jones et préfèrent faire du feu pour faire bouillir l’eau… Malheureusement, ils ne sont pas très doués : il leur faut pratiquement 3h pour allumer un misérable feu (le bois étant évidemment mouillé) qui ne leur permet pas de faire suffisamment bouillir leur eau. Pendant ce temps nous sommes tous les 4 au poste d’observation, au sommet de la hutte. Et là incroyable ! Papa et moi voyons furtivement une panthère noire, à quelques dizaines de mètres de la hutte, et donc de nos 2 aventuriers restés en bas ! Nous passons la nuit aux aguets, nous levant toutes les demies heures pour inspecter la clairière avec nos lampes. Nous voyons ainsi un énorme porc-épic et un blaireau : c’est beaucoup moins exotique qu’une panthère mais tout aussi excitant quand c’est au milieu de la nuit. On assiste également au spectacle sublime des lucioles volant d’arbre en arbre telles des étoiles filantes. Nous passons également la nuit à nous bagarrer avec des rats (au demeurant bien plus mignons que nos rats des villes) qui tentent de nous subtiliser notre nourriture, n’hésitant pas à passer sur les lits sur lesquels nous dormons !
Le lendemain, nous partons à l’aube. Nous avons à peine 13 km à faire, soit 2 ou 3 h de marche dans des conditions normales, et environ 6h selon les guides locaux. Prudent nous préférons avoir toute la journée devant nous. Lorsque nous quittons la hutte, nos apprentis Indiana Jones dorment encore… Mais marcher dans la jungle est beaucoup plus épuisant qu’une rando dans les Pyrénées ! Surtout pour ceux qui ont tendance à faire une fixation sur les bébêtes invisibles qui nous entourent et font les frais de tous les facteurs anxiogènes de la jungle : bruits inconnus, boue, chaleur, humidité, végétation épaisse, sangsues, passage de rivières à guet, chemin accidenté, absence de repère visuel et sentiment d’oppression (on ne voit jamais le ciel, impossible de reposer son regard vers l’horizon)… Rajoutons à cela la déshydratation et le manque de sommeil (entre les attaques des rats et les quarts pour observer les animaux, nous n’avons pas beaucoup dormi) et un chef d’équipe qui a une tendance naturelle à pousser ses équipiers jusqu’à leurs limites, et toutes les conditions sont réunies pour faire un épisode de "Lost in the jungle" de Discovery Channel. Pour la faire courte, disons qu’arrivés presque à mi-chemin, maman a fait un malaise, et, sans rentrer dans les détails, notre situation est devenue très délicate. Il nous a fallu choisir entre continuer vers l’inconnu ou faire demi tour avec l’assurance de trouver un point pour dormir mais sans savoir si nous pourrions trouver une pirogue pour nous ramener… Nous avons opté pour la 2ème solution. Le retour est épique, à tel point que nous avons tous un trou de plus de 5h dans nos photos ou nos films : rien, aucune trace de ce que nous avons vécu, nos priorités n’étant alors plus vraiment le photojournalisme ! Nous parvenons enfin à l’embarcadère après plus de 8h de marche non stop. Il est un peu plus de 16h et pas la moindre pirogue en vue. Nos ennuis ne sont donc pas terminés. En l’espace de 1h, une dizaine de pirogues passent devant nous, et malgré nos signes de détresse (Nat est pourtant particulièrement douée pour exprimer la détresse, je peux vous l’assurer ; et merci la famille Carini pour le sifflet, ça nous a bien servi ce jour là), aucun ne daigne s’arrêter, pensant certainement avoir à faire à des idiots de touristes qui ne se sont pas préoccupés de leur moyen de retour à la fin de leur randonnée. Finalement une pirogue finit par s’arrêter et accepte de nous ramener, l’état de santé de maman n’ayant malgré tout pas été suffisant pour éviter une discussion indécente sur le prix à payer.
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| Taman Negara |
Après cette expérience un peu délicate et un rapide passage à l’hôpital (le diagnostic final est la déshydratation), nous décidons de poser nos bagages à Kuala Lumpur pendant quelques jours et d’adopter un rythme moins intense (enfin dirons certains…). Nous trouvons une auberge sympathique dans le très animé quartier chinois. Heureusement elle se trouve un peu à l’écart des rues commerçantes les plus bruyantes. Ce havre de paix nous permet justement d’apprécier Kuala Lumpur, dont certains quartiers présentent une agitation incessante parfois épuisante. La ville est vraiment très intéressante : c’est l’endroit que nous avons visité où les différences culturelles entre les différentes communautés sont les plus marquées, sans qu’il y ait réellement de clivage entre elles : les femmes voilées croisent les femmes en sari, les grattes ciels ultra modernes se glissent entre les mosquées, les temples chinois, les maisons portugaises et les bâtiments de l’administration coloniale britannique. De plus, plusieurs bâtiments d’architecture islamique nous ont particulièrement impressionnés, sans parler des sublimes tours jumelles Petronas. C’est également la dernière étape du voyage de mes parents.
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| Kuala Lumpur |
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