jeudi 30 juillet 2009

Puerto Lopez, Equateur, par Nat

Plus que pour ses paysages andins, l'Équateur est célèbre pour l'archipel des Galapagos qui se trouve à 500km des côtes équatoriennes. Ah les Galapagos! Les fous à pattes bleues, les frégates, les otaries, les tortues géantes, les iguanes mais surtout une faune qui n'est pas effrayée pas la présence humaine du fait de l'absence de prédateur. Mais voilà, les Galapagos se visitent en petit bateau de croisière et cela coûte très cher. Il faut bien compter 2000 euros par personne pour une semaine en comptant le vol aller/retour depuis l'Equateur + la croisière. Le petit détour aurait sa place dans un tour du monde mais finalement nous renonçons. Nous venons d'apprendre que le village de Puerto Lopez, sur la côte pacifique, propose non seulement des excursions en bateau pour aller voir les baleines à bosse (la pleine saison de reproduction s'étend de mi-juin à mi-septembre) mais aussi des excursions à la journée sur l'île de la Plata au large des côtes. L'île de la Plata abrite une très grande colonie de fous à pattes bleues, des fous à pattes rouges, des fous masqués, des frégates et quelques rares albatros et otaries. Ce n'est pas pour rien que l'île de la Plata est surnommée «les Galapagos du pauvre». En y réfléchissant: nous avons déjà vu plein de sortes d'iguanes, nous avons bien profité des otaries en Nouvelle-Zélande, et sur l'île de la Plata, nous pourrons voir presque tous les oiseaux marins des Galapagos. Et puis aux Galapagos, pas de baleines à bosse! Alors aller aux Galapagos uniquement pour les tortues géantes, cela ferait un peu cher les tortues non?

Nous voilà donc partis pour Puerto Lopez. Mais quel trajet! Partis de Latacunga à 6h30 du matin, il nous faudra 3 bus et 11h de route pour enfin arriver à Puerto Lopez sur le coup des 20h! Nous trouvons une auberge sympa et nous nous serions couchés immédiatement si le propriétaire de l'auberge ne nous avait pas dit de nous dépêcher de réserver les excursions qui se remplissent très vite. Nous réservons nos places pour une excursion d'observation des baleines le lendemain, et une excursion à l'île de la Plata le jour suivant. Mais, même s'il est quasiment assuré de voir des baleines à bosse, il n'est pas certain de les voir sauter. Il faut bien avouer que depuis notre arrivée en Australie, nous avons eu énormément de chance avec les animaux mais cela va-t-il durer?

Le 23 juillet, nous partons comme prévu pour une balade de 3h en mer à la recherche de ces grands mammifères marins. Pendant un peu plus d'une heure, nous ne croisons aucune baleine et la tension monte. Quand soudain, notre pilote est informé par téléphone qu'un groupe de baleines à bosse se trouve plus au sud. Changement de cap, on fonce vers le groupe de baleines en question près duquel il y a déjà 3 autres petits bateaux. Impressionnant, elles nagent comme des dauphins... c'est complètement différent des cachalots. Le groupe de baleines se divise et nous en suivons une partie pendant une bonne demi-heure jusqu'à ce que le spectacle commence enfin. Un festival de sauts (une dizaine) à quelques mètres du bateau! Ce sont les mâles, qui, en pleine parade nuptiale, font des bonds hors de l'eau pour impressionner les femelles. On vous laisse profiter des photos que Juju a eu du mal à prendre! Nous rentrons ravis de cette balade en mer exceptionnelle qui nous a rappelé bon nombre de documentaires animaliers!

Le soir, à l'auberge, nous faisons la connaissance de deux couples de français (d'ailleurs l'auberge est envahie par les français!) avec qui nous passons la soirée. L'un des deux couples, Théophile et Virginie, voyage pour 8 mois en Amérique du Sud. Et comme le monde est petit, il s'avère que Théophile est un copain de promo de certains de mes collègues (ensica, si vous nous lisez, c'est K-Phi et il vous transmet le bonjour!). Nous ne sommes pas les seuls à faire un long break pour voyager!

Le lendemain, nous partons pour l'ile de la Plata qui se trouve à 1h30 de bateau de Puerto Lopez. En chemin, nous croisons quelques baleines à bosse mais la mer est plus houleuse que la veille et le trajet est mouvementé. On a d'ailleurs très vite perdu un couple de jeunes russes de St Petersbourg: ils avaient un superbe appareil photo reflex avec un énorme zoom mais malheureusement pour eux, ils n'ont pas pu trop s'en servir tellement ils ont passé leur temps à vomir par dessus bord. Arrivés sur l'île de la Plata, on nous regroupe entre français avec une guide espagnol (les gringos n'alignent pas 3 mots en espagnol alors ils sont prioritaires pour le guide anglophone). On se retrouve à seulement 6, nous et une famille charmante de 4 français de Rennes avec qui nous passons une excellente après-midi au milieu des fous à pattes bleues, des fous à pattes rouges, des fous masqués et des frégates en pleine parade amoureuse!

Sur le chemin du retour, nous assistons à quelques petits sauts de baleines mais à notre grand regret nous n'avons pas pu les observer très longtemps: il était déjà temps de rentrer à Puerto Lopez.

Le dimanche 25 juillet, nous n'avions rien de prévu de particulier et c'est avec un immense plaisir que nous avons passé la journée en compagnie de Huguette, Patrice, Delphine et Raphaël (un petit coucou à tous les 4 si vous nous lisez), la famille rencontrée la veille durant notre excursion. Et ils nous ont fait le plus beau des cadeaux: une boîte de foie gras qu'il leur restait dans leurs bagages! On n'a plus qu'à trouver du bon pain (et visiblement ça se trouve au Pérou) pour faire honneur à ce beau cadeau!

Le lundi 26 juillet, nous quittons Puerto Lopez pour rejoindre le Pérou. Encore un très long trajet! Un premier bus à 4h du matin pour rejoindre Guayaquil (la plus grande ville d'Equateur), puis un autre pour aller jusqu'à Mancora, une petite ville sur la côte péruvienne. Après 12h de trajet, nous arrivons à 18h30 à Mancora. Complètement épuisés, nous comptons passer la nuit à Mancora avant de reprendre la route vers Trujillo, notre première étape au Pérou. Mais voilà, les chambres que nous visitons sont des taudis qui sont anormalement chers. Quitte à mal dormir autant dormir dans un bus! La décision est prise, nous enchaînons sur un bus de nuit pour Trujillo.


Puerto Lopez


Baleine à bosse:


Reception:


Fous à pattes bleues:


Frégates:

mercredi 29 juillet 2009

Latacunga, Equateur, par Nat

Le 19 juillet, nous quittons tôt Quito (en fait pas si tôt) pour nous rendre à Latacunga, une petite ville au sud de Quito, qui se trouve à 2880m d'altitude.
Le trajet de bus ne dure que 2 heures mais c'est un trajet qui a mauvaise réputation: des touristes s'y font régulièrement dépouiller. Les voleurs sont des passagers du bus qui agissent en bande. 2 voleurs prennent place devant les touristes et entament la discussion avec eux tandis que les 2 voleurs qui ont pris place derrière les touristes, découpent les petits sacs à dos (qui se trouve au pied des touristes) au cutter en passant sous les sièges des touristes et prennent tous leurs contenus avant de s'enfuir à l'arrêt suivant. Toujours la même technique! On aurait eu du mal à croire à cette histoire si nous n'avions pas rencontré, en Asie, un couple de jeunes français en tour du monde à qui s'est arrivé en Equateur. Ils avaient alors tout perdu: passeports, cartes bancaires, argent, appareils photos. Une petite recherche rapide sur internet nous a confirmé que c'était très fréquent et que des dizaines de voyageurs se faisaient avoir de la même manière! Toujours traumatisés par le vol de notre porte-monnaie dans le trolley-bus, il est inutile de vous dire que nous n'en avons pas dormi de la nuit!
Finalement, nous prenons un taxi pour nous rendre au terminal de bus: c'est le moyen de transport le plus sûr pour ne pas se faire voler nos bagages.
La gare routière est immense et est remplie de flics. C'est bien la première fois que la présence de flics nous rassure un peu. Nous sommes les 2 seuls touristes du bus et contrairement à d'habitude, nous sommes très tendus.
Nous gardons notre petit sac sur les genoux et nous nous interdisons de dormir durant le trajet qui s'est finalement déroulé sans encombre. Quel soulagement!
C'est dimanche, et la petite ville de Latacunga est déserte. Nous avons du mal à trouver un resto pour manger et il n'y a pas grand chose à faire dans la ville. Latacunga est en fait la porte d'entrée pour les excursions au lac de cratère Quilotoa et surtout pour l'ascension du volcan Cotopaxi qui culmine à 5897m. Nous avions en tête de faire l'ascension du Cotopaxi, réputée techniquement facile (même si la fin de l'ascension se fait en cordée avec piolets et crampons) mais plusieurs facteurs nous ont fait renoncer: il ne fait pas très beau (le sommet est caché sous les nuages), seuls 40% des gens qui entreprennent l'ascension arrivent au sommet et nous n'avons pas su quelle était la proportion d'abandon dû au mal des montagnes ou au mauvais temps. De plus, les agences proposant l'ascension ne nous ont pas parues très sérieuses. Finalement, nous nous sommes contentés d'une excursion au beau lac de cratère de Quilotoa qui se trouve à 3800m d'altitude. Nous y sommes allés avec un guide afin de limiter les risques d'agression. Le guide nous annonçait 3h de marche pour descendre jusqu'au lac dans le cratère et remonter, mais en fait nous avons bouclé le tout en 1h15. A la montée, on est allé plus vite que les mules qui ramènent les touristes n'ayant pas le courage de remonter à pied. Cependant, nous avons ressenti les effets de l'altitude en étant anormalement essoufflés par rapport à l'effort fourni. Juju a plus souffert que moi et c'est donc la première fois que je suis plus rapide que lui à la montée! Chouette! Après notre petite virée au lac, nous avons mangé une très bonne soupe de légumes dans un petit restaurant, la meilleure depuis de longs mois!
Les paysages de la région nous étonnent: les espaces agricoles s'étendent à perte de vue malgré les 4000m d'altitude, il n'y a pas de forêt et les seuls sommets enneigés sont ceux des volcans.
Finalement, nous quittons Latacunga le 22 juillet pour rejoindre le petit village de Puerto Lopez, sur la côte pacifique. C'est la pleine saison de reproduction des baleines à bosse et nous ne voulons pas rater cela!


Latacunga

Quito, Equateur, par Nat

Nous sommes arrivés à Quito le 16 juillet quelques minutes avant la tombée de la nuit. L'atterrissage est impressionnant: à 2850m d'altitude, nous sommes entourés de montagnes et de volcans aux sommets enneigés et l'aéroport est en plein milieu de la ville. La ville de Quito (2 millions d'habitants, deuxième ville du pays après Guayaquil) s'étend sur plus de 20 km et épouse un relief très accidenté. Rien de tel qu'une petite balade sur les montagnes qui dominent la ville pour s'en rendre compte. Un téléphérique permet d'atteindre les 4100m d'altitude depuis lesquels on jouit d'une vue panoramique sur toute la ville. Nous n'avons pas beaucoup marché car en plus de la fatigue du voyage, nous sommes anormalement essoufflés à chacun de nos pas à cause de l'altitude. Il va falloir nous acclimater car ce n'est que le début de notre périple dans les Andes!
Nous avons passé 2 jours à nous reposer et à arpenter le centre historique.
Le centre historique de Quito est assez petit, possède quelques beaux édifices mais nous n'avons pas eu de coup de cœur pour cette ville. Plus nous voyageons et plus nous devenons exigeants!
Et puis, un petit incident a failli nous gâcher le reste du voyage. Nous prenons rarement les transports publics pour visiter une ville (nous préférons marcher), mais étant assez fatigués nous avons pris un trolley-bus pour nous rendre dans la ville nouvelle de Quito. Le trolley bus n'est vraiment pas cher (0,25 centimes de USD le trajet) et se retrouve fréquemment bondé. Mais voilà, autant le trajet aller se passe bien, autant le trajet retour se termine par un vol! C'est la première fois que cela nous arrive et nous avons du mal à encaisser cette faille dans notre système! Nous qui nous croyions bien parés contre les vols!
Nous avons fait l'erreur de débutant de prendre un transport public bondé, lieu de prédilection des pickpockets et donc l'ennemi numéro 1 du touriste!
Une bousculade, au moins 3 pickpockets complices et, en quelques secondes, on se fait voler notre clé USB et nos 50USD (on venait de revendre plusieurs guides de voyage) qui se trouvaient dans la poche du pantalon de Juju! On a réagi trop tard et le voleur avait déjà détalé! Tanpis. On se console en se disant que cela aurait pu être pire: dans notre petit sac à dos (sur lequel nous étions concentré) il y avait notre appareil photo et notre disque dur externe!
Voilà comment s'est terminée notre visite de Quito !


Quito

dimanche 19 juillet 2009

Aéroport, par Ju

Connaissez-vous le site www.sleepinginairports.net ? C'est un site incontournable pour quiconque envisage de passer une nuit dans un aéroport. Il suffit de sélectionner l'aéroport de son choix et on obtient plein d'infos sur l'aéroport en question ainsi que le témoignage de dormeurs l'ayant déjà testé. Plusieurs raisons peuvent amener le voyageur a passé la nuit dans un aéroport: un départ très tôt le matin, une arrivée très tard le soir, un transit de quelques heures au milieu de la nuit... C'est aussi une occasion d'économiser une nuit d'hôtel. Le choix d'un coin pour dormir est souvent délicat et les ennemis du dormeur sont nombreux:
- climatisation trop forte;
- lumières trop intenses;
- proximité de haut parleurs;
- distributeurs de boissons ou de snacks: les moteurs des réfrigérateurs de ces distributeurs sont souvent très bruyants, et à chaque descente d'une canette c'est un réveil assuré;
- fauteuils avec accoudoirs, impossible de s'allonger;
- carrelage, froid et inconfortable;
- services de nettoyage de l'aéroport.

Notre vol au départ du Panama étant prévu à 7h du matin le 16 juillet, nous avons dormi à l'aéroport pour éviter un nuit courte dans un hôtel et un taxi à 4h du matin. Moi j'ai dormi couché sur du carrelage, Nat en position assise sur nos sacs. Nuit inoubliable. Le lendemain, on passe la journée dans les aéroports avec un vol Panama-Miami puis un vol Miami-Quito... très logique comme parcours !


Aeroport

Le canal de Panama, par Ju

Tout d'abord, le canal de Panama en quelques chiffres:
- 20 ans de travaux étalés sur 3 périodes entre 1880 et 1914
- inauguré le 15 aout 1914
- environ 30 000 ouvriers, techniciens et ingénieurs sont morts au cours de sa construction, essentiellement à cause du paludisme et de la fièvre jaune
- 80 km de long
- hauteur maximale au-dessus du niveau de la mer: 26 m
- 6 écluses
- un lac artificiel de 436 km2, le plus grand lac artificiel du monde à son époque de construction
- évite un détour de plus de 13 000 km par le Cap Horn (plus de 20 jours de navigation)
- durée moyenne de la traversée: 8 à 10 h
- chaque année, le canal est emprunté par plus de 14 000 navires
- sous administration américaine jusqu'au 31 décembre 1999, date à laquelle il est repassé sous souveraineté panaméenne.

Les premiers travaux débutent en 1880 sous la direction du français Ferdinand de Lesseps. La réputation de ce dernier est considérable depuis le succès de la construction du canal de Suez (inauguré en 1869). La mise en vente des actions de la Compagnie Universelle du Canal Interocéanique pour financer les travaux connait ainsi un franc succès: en toute confiance, plusieurs milliers de français se portent acquéreurs. Mais, contre toute attente, les travaux prennent beaucoup de retard pour plusieurs raisons: conditions climatiques difficiles (chaleur et humidité), éboulements, glissements de terrain, inondations, forte mortalité sur le chantier (paludisme, fièvre jaune). Le cours des actions de la Compagnie Universelle du Canal Interocéanique s'effondre et la société fait faillite au moment où le scandale de Panama éclate. De nombreux actionnaires accusent les dirigeants du projet de corruption (des hommes politiques ont été acheté afin qu'ils cachent les retards des travaux et autorisent la mise en vente de nouvelles actions), plusieurs d'entre eux sont condamnés à des peines d'emprisonnements, dont Ferdinand de Lesseps et Gustave Eiffel. Une nouvelle société est alors créée par un ingénieur français, Philipe Bunau-Varilla, la Compagnie Nouvelle, en 1894. Mais rien n'y fait, le manque de financement et le fléau des maladies conduisent à un nouvel échec. C'est alors que les Etats-Unis entrent en scène. Un canal interocéanique présente un intérêt économique considérable pour les Etats-Unis. Il suffit de considérer le temps et le coût des liaisons entre Los Angeles et la côte est des Etats-Unis avant la construction du canal. Deux projets concurrents ont les faveurs des américains: le 1er consiste à racheter la société française et à continuer les travaux, le 2ème consiste à construire un canal plus au nord, au Nicaragua. Philipe Bunau-Varilla, qui a tout intérêt à revendre sa société aux américains, va exercer un lobbying très efficace auprès des financiers et hommes politiques américains et réussir à les convaincre que le canal de Panama est de loin la meilleure solution, des points de vue technique et financier. Cependant, la Colombie, à qui appartient à l'époque le Panama, s'oppose à ce projet. Mais quelques mois plus tard, le Panama déclare son indépendance, avec le soutien des Etats-Unis. Quelques jours après la déclaration d'indépendance, sans même l'avis du gouvernement panaméen, le traité Hay-Bunau-Varilla est signé, assurant la vente des droits d'exploitation, de construction et de protection du canal ainsi que d'une large bande de terre le long de celui-ci aux Etats-Unis. Après quelques modifications du projet français, les travaux reprennent sous la direction des américains en 1903. Des mesures sanitaires draconiennes et la découverte des conditions de transmission de la malaria et de la fièvre jaune conduisent au succès du projet. Le canal du Panama est inauguré le 15 aout 1914. Après plusieurs décennies de très fortes tensions entre le Panama et les Etats-Unis, un traité, le traité de Torrijos-Carter, est finalement signé en 1977. Le point le plus important de ce traité est l'établissement d'une période de transition de 20 ans pour le transfert définitif au Panama du canal et des terres voisines. Cette échéance est arrivée à terme le 31 décembre 1999.

Aujourd'hui plusieurs éléments assez amusants nous laissent penser que la rancœur des panaméens envers les Etats-Unis perdure (et on les comprend): les américains sont les seuls à payer un droit d'entrée sur le sol panaméen (5USD) et les possesseurs d'une carte de crédit américaine ont des frais de 3USD lorsqu'ils retirent de l'argent dans les distributeurs automatiques au Panama.


Canal de Panama


Profil du canal:

Ciudad de Panama, par Ju

Nous avons quitté l'archipel de Bocas del Toro le 13 juillet tôt le matin. 10 heures de bus plus tard nous arrivons à Ciudad de Panama, la capitale aux multiples visages. Comme dans beaucoup de grandes villes, certains quartiers ne sont pas très sûrs, surtout la nuit. A Ciudad de Panama, le quartier Casco Viejo a une très mauvaise réputation. Quand on est touriste, un petit tour de nuit dans les ruelles de Casco Viejo et ce sont des ennuis assurés. Mais ce quartier fait parti du centre historique de la ville, là où se concentre les plus beaux monuments de la ville. Vieux, délabré et insalubre, le quartier historique avait été progressivement abandonné dans les années 50 et 60 et était devenu un des quartiers les plus pauvres de la ville. Récemment un ambitieux programme de réhabilitation a été mis en oeuvre. Comprenez on exproprie, on retape les maisons et on y met des bureaux, des restos et des magasins, on place des caméras de surveillance et des policiers à chaque coin de rue. Résultat le centre historique est maintenant beau et sûr, et on y voit de grosses voitures. Petit à petit la zone réhabilitée s'étend, rue après rue. Aujourd'hui le quartier réhabilité s'étend de la 1ère rue à la 11ème rue. Au delà c'est une zone de non droit. La transition est réellement aussi brutale que ça. De grosses voitures sont garées devant de magnifiques bâtisses entre la 9ème et la 10ème rue, la majorité des bâtiments sont en cours de rénovation entre la 10ème et la 11ème rue, au delà plus de voiture garée, les rares magasins (épicerie, laverie) ont des barreaux partout et ferment à 16h, 2h avant la nuit, et il y a des h'itistes un peu partout. Nous avions sélectionné une auberge dans la 8ème rue (une autre solution aurait été de dormir dans le quartier des affaires à quelques km du centre historique, au milieu des grattes ciels, mais ça nous plaisait moins). Malheureusement nous n'avions pas eu le temps de réserver et à notre arrivée le petit hôtel est plein. Heureusement les gérants ont récemment ouvert un 2ème hôtel à quelques rues de là et il y a des chambres de libre. L'hôtel en question se trouve entre la 11ème et la 12ème rue. Oups ! Le gérant nous dit qu'il s'agit du premier bâtiment réhabilité au delà de la 11ème rue. Il est 17h et la nuit tombe dans 1h. On se dépêche, quelqu'un nous attend derrière la porte. L'endroit est un véritable bunker: il y a des grilles à toutes les fenêtres et chaque porte est doublée par une énorme grille. Les chambres sont de véritables appart avec salle de bain et cuisine privée, et ce n'est vraiment pas cher ! En face de l'hôtel, il y a une petite épicerie. Mais impossible de rentrer dans l'épicerie pour remplir son panier. Une énorme grille barre l'entrée. Une petite trappe permet au vendeur barricadé à l'intérieur de faire passer les produits en échange de la somme à payer ! Ambiance très particulière ! Nous avons pu visiter tranquillement le centre historique le lendemain: c'est vraiment très joli ! Nous avons essayé de nous incruster à la soirée du 14 juillet à l'ambassade de France, mais un policier panaméen nous a repoussé. Nous avons appris plus tard que nous aurions pu passer en montrant nos passeports français (que nous n'avions pas sur nous quand le policier nous a repoussé). Dommage on a raté le feu d'artifice.


Ciudad de Panama

jeudi 16 juillet 2009

Bocas del Toro, Panama, par Ju

Nos aventures au Costa Rica ayant été assez épuisantes, nous avons décidé de passer quelques jours à Bocas del Toro, un archipel sur la côte caraïbe du Panama, à ne rien faire ou presque. Nous passons une première journée sur l'île principale, Isla Colon, puis 3 jours sur la petite île Isla Bastimentos. Contrairement à Isla Colon qui est très touristique, Isla Bastimentos semble montrer assez peu de considération aux gesticulations touristiques. Un petit village s'étend le long de la plage, on y trouve 3 hôtels bon marchés assez rudimentaires, 2 restos, 2 petites épiceries et quelques hôtels de luxe un peu à l'écart dont les pensionnaires semblent vivre en autarcie. Si l'on fait abstraction des ordures qui s'entassent un peu partout dans les rues et des égouts qui se déversent tranquillement sur la plage, le village est assez joli avec ses petites maisons en bois colorés sur pilotis. On ne sait pas trop de quoi vivent ses habitants: peu de pêcheurs, pas d'agriculture, tourisme finalement assez peu développé. Beaucoup de gens discutent devant leurs maisons à toute heure de la journée, jouent aux cartes, écoutent de la musique, et les enfants semblent au mieux aller à l'école le matin sur l'île Isla Colon. L'endroit est finalement assez typique de tous les villages que l'on a traversés sur la côte caraïbe du Costa Rica et du Panama: la population sur cette côte est clairement plus défavorisée que celle de la côte pacifique ou du centre. L'explication principale est le racisme qui a longtemps conduit à l'isolement économique de ces régions dont les populations sont majoritairement noires. Mis à part une excursion audacieuse mais assez courte pour accéder à une plage de l'autre côté de l'île, nous n'avons rien fait. Rien. Zéro. Notre chambre était super. Nous avions une vue imprenable sur la mer et le village. Et devant notre chambre, il y avait des hamacs...


Bocas del toro

Casado mon amour, par Ju, Costa Rica

Au début on trouvait ça pas mal. Du riz, des haricots rouges, quelques tomates et de la salade, des bananes et une viande (poulet, porc ou boeuf) ça fait un plat complet, bon, qui tient au ventre et vraiment pas cher. Petit à petit, nous avons commencé à découvrir toutes les subtilités et variantes de ce plat: selon qu'il s'agit du petit déjeuner, du déjeuner ou du dîner, les haricots sont à côté du riz, les haricots sont sur le riz, les haricots sont mélangés au riz... Le casado au petit déjeuner on avait eu du mal quand même, mais à midi ou le soir on se jetait dessus toujours émerveillés devant la grande finesse de ce plat. Un jour les haricots rouges nous ont même été servi à part dans une petite soucoupe commune, une petite cuillère permettant d'en disposer à sa guise ! Formidable ! Puis, à l'occasion de séjours dans de petites auberges familiales, nous avons découvert les secrets de fabrication de ce plat exceptionnel: une grosse marmite pleine de haricots rouges qui macèrent toute la journée dans une sauce noirâtre (qui prend une teinte rougeâtre quand on la remue). Un ptit coup sur le feu avant de servir et hop c'est prêt ! Après manger on rajoute quelques louches de haricots pour maintenir une quantité constante dans la marmite et c'est parti pour une autre journée de macération. La mixture se compose ainsi de plusieurs strates: plus on va profond dans la marmite plus on remonte le temps. Pour un casado normal on ne prend que les couches supérieures. Pour les grandes occasions, on plonge la louche jusqu'au fond de la marmite et on racle le fond pour récupérer les meilleurs haricots, ceux qui sont au fond depuis plusieurs semaines, voir plusieurs mois (vu l'état de certaines marmites, plusieurs années parfois)... les meilleurs, ceux qui se sont bonifiés avec le temps ! Je rassure les lecteurs inquiets pour les conditions sanitaires, un couvercle permet d'éviter que la mixture ne s'enrichisse de protéines animales indésirables. Et puis un jour le drame ! Le casado de trop ! Celui qui vous cloue sur un chiotte pendant 2 jours... Est-il utile de préciser que j'ai été le seul à avoir le privilège de gouter à cette version ? Comme d'hab, Nat en est sorti indemne... Depuis ce jour, mes rapports avec le casado sont devenus conflictuels. Je lui reproche son manque d'originalité, son manque de fraicheur. Il m'accuse de chauvinisme, d'être difficile. Finalement lui est moi on a décidé d'un commun accord de faire une pause. Nous avions besoin de faire le point chacun de notre côté. Pour être honnête, je n'ai pas été fidèle pendant ses quelques jours de réflexion. Un soir, j'ai craqué sur une pizza et des frites... Mais ce qui m'inquiétait le plus c'était mes rêves: des jambons, des petits fromages de chèvres, des steaks, des yaourts... Et puis petit à petit nous avons réappris à nous aimer. Doucement au début. Je n'ai pris que du riz avec du coca. Puis j'ai rajouté des bananes, puis le poulet, puis les haricots... Et ça tombe bien parce que le riz et les haricots rouges j'en ai encore pour 5 mois !

samedi 11 juillet 2009

Puerto Viejo de Talamanca, Costa Rica 7, par Nat

Le 7 juillet, nous quittons Tortuguero pour Puerto Viejo de Talamanca, notre dernière étape avant de rejoindre le Panama. Encore un long trajet:1 bateau,4 bus et 8h de transport! Heureusement, nous avons eu toutes nos correspondances quasiment sans attente. Puerto Viejo de Talamanca est un petit village de la côte caraïbe où l'ambiance est plutôt décontractée: musique reggae, cuisine créole, surf, petites maisons en bois coloré sur pilotis, cocotiers. Nous nous y sommes reposés 2 jours et comme il a énormément plu le 2eme jour(c'est quand même la saison des pluies!) nous en avons profité pour mettre à jour le blog.
Le 9 juillet, nous quittons Puerto Viejo de Talamanca pour le Panama. La frontière est proche. Nous y sommes en 1h30 de bus seulement. Le passage à la frontière est par contre vraiment laborieux (le pire qu'on ait eu): plus de 2h d'attente en plein soleil pour recevoir nos tampons de sortie du Costa-Rica.
Un pont étroit enjambe la rivière qui fait office de frontière entre les 2 pays. Il permet à la fois le passage des piétons et des énormes camions de marchandises. Il n'est pas toujours aisé de se frayer un chemin!


Puerto Viejo


Tempête:

Tortuguero, Costa Rica 6, par Nat

Nous quittons Puerto Jimenez le 4 juillet à 5h du matin. Nous avons encore du mal à réaliser la chance que nous avons eu de voir tous ces animaux au parc national du Corcovado. Notre prochaine étape est le parc national du Tortuguero mais un trajet long et fatigant nous attend pour rejoindre ce village isolé de la côte caraïbes. Nous avons 10h de bus jusqu'à San Jose et heureusement qu'on avait acheté nos billets un jour à l'avance! On a eu les dernières places assises alors que les 5 touristes allemandes qui ont acheté leurs billets au moment du départ se sont rendues compte avec horreur qu'elles seraient toutes debout! C'est bête! Il faut savoir être prévoyant dans la vie... surtout quand on prend un bus longue distance le week-end. Nous on était bien installés et on a bien dormi! Nous avons passé la nuit à San Jose et dès le lendemain matin c'est reparti pour 6h de transport jusqu'au village de Tortuguero: 2 bus et 1 bateau le long des canaux. Le trajet en bateau a été assez folklorique. Notre bateau était surchargé et au bout de 20min, en plein milieu des canaux remplis de crocodiles, ils nous ont fait passer dans un 2eme bateau pour désengorger le premier. On s'est retrouvé avec un pilote Schumacher qui allait à fond la caisse faisant fi des pauvres lamantins qui se trouvent sous l'eau. En plus à l'avant du bateau, une espèce de mygale menace de s'envoler vers nous avec la vitesse! J'avoue que je n'ai pas trop aimé ce trajet! Il est déjà 15h et nous arrivons enfin à Tortuguero où nous retrouvons l'italien rencontré au parc national du Corcovado.

Nous sommes venus jusqu'ici dans l'espoir d'observer la ponte des tortues de mer. Tortuguero vient de «tortuga» qui signifie tortue en espagnol comme vous l'aviez deviné. En effet, 4 espèces de tortues de mer choisissent les plages de Tortuguero pour déposer leurs oeufs. La pleine saison de ponte (jusqu'à 700 tortues certaines nuits) s'étend de fin juillet à août. Ce n'est que début juillet mais il y a de grandes chances de voir quelques tortues pondre. Nous arrivons trop tard pour la ponte des tortues Luth (avril) mais peu importe l'espèce de tortue ça serait déjà une chance d'assister à une ponte en direct!
Nous sommes épuisés par notre trajet depuis Puerto Jimenez et nous préférons faire le tour des tortues le 2eme soir. En attendant repos.

Le lendemain, plutôt que de faire une balade en canoë parmi les canaux pour voir les paresseux et les singes araignées qu'on connait déjà, nous partons nous balader sur le seul sentier du parc du Tortuguero. Pas génial. A part un héron tigré et 2 perruches on ne voit aucun animal! Après notre experience au parc national du Corcovado c'est la misère! Après cette échec animalier, on décide d'aller faire un tour au Cerro de Tortuguero, un ancien volcan qui domine la lagune et les canaux du Tortuguero du haut de ces 120m d'altitude. On a entendu dire qu'on pouvait y voir les fameuses petites grenouilles venimeuses rouges! Intéressant! Mais voilà, notre guide de voyage à l'air de dire que le site est fermé au public. Petite vérification rapide sur place. Pas de problème pour des touristes individuels. En fait, le sentier de la colline volcan et son écosystème ont souffert de l'érosion causée par les centaines de touristes venant en tour organisé depuis leur lodges de luxe. L'accès est donc interdit aux tours guidés depuis 3 ans et depuis l'endroit est déserté par les touristes. Nous nous y rendons en bateau-taxi et notre pilote avec qui le contact est bien passé (ça sert de parler espagnol contrairement aux gringos!) nous conduit au début du sentier pour nous montrer les petites grenouilles rouges. Magnifiques et il y en a vraiment partout! Nous grimpons jusqu'au belvédère qui donne sur la lagune et les canaux. La vue est splendide. En chemin nous croisons des colonies de fourmis coupeuses de feuilles et les fameuses fourmis bala qui sont énormes et dont le venin peut faire vraiment mal. Elles possèdent un dard avec lequel elles injectent de l'acide formique et une substance neurotoxique qui causent une douleur extrême pendant plusieurs heures. Il s'agit de la douleur la plus violente pouvant être causée par un insecte. Elles sont notamment utilisées dans certaines tribus africaines lors des rites initiatiques de passage à l'âge adulte des jeunes garçons: il faut supporter la douleur en silence...

Nous rentrons à notre auberge ravis d'avoir encore vu de nouvelles choses.
Le soir, entre 22h et minuit, nous partons en tour organisé pour aller voir la ponte des tortues en espérant que des tortues seront au rendez-vous. En fait le sentier du parc que nous avions emprunté dans la matinée a été spécialement conçu pour les tours organisés (obligatoires) des tortues. Afin de ne pas perturber les tortues tout en permettant aux touristes d'assister aux lieux de ponte, le sentier longe la plage et permet d'accéder au lieux de ponte sans parcourir la plage. Un guide ne peut pas prendre plus de 10 touristes et chaque groupe à droit à un secteur de plage. Pas plus de 10 personnes autour d'une tortue qui pond! Seul le guide a droit d'utiliser une lumière faible.
Autant à la haute saison la répartition en secteur se comprend mais là s'il y a 3 tortues en tout sur la plage c'est plus difficile. En fait c'est tout simple... les rangers sont sur la plage toute la nuit non seulement pour guetter les tortues et prévenir nos guides mais aussi pour éviter le braconnage.
C'est ainsi que nous avons pu voir une tortue pondre et une tortue entrain de recouvrir ses oeufs. Superbe! C'est comme dans les documentaires à la TV. Par contre pas de photo, c'est strictement interdit. Le processus dure environ 2h (c'est un peu pour ça que les tours durent 2h):
-elle sort de l'eau et remonte la plage jusqu'à la lisière de la forêt
-elle nettoie la zone (enlève branches, bouts de bois et même des troncs)
-elle creuse un trou d'environ 75cm de profondeur
-elle y dépose entre 90 et 130 oeufs (cette étape dure environ 25 minutes)
-elle recouvre les oeufs de sable en le compactant
-elle replace des branches sur la zone pour masquer le nid
-elle s'en retourne vers l'océan.
Une tortue effectue entre 7 et 10 pontes par an. Seul 1% des bébés tortues survivra.


Tortuguero


Schumacher en action:

Le Corcovado, terre d'aventure, Costa Rica 5, par Ju

Le parc national du Corcovado se situe sur la péninsule d'Osa, sur la côte pacifique dans le sud du Costa Rica, une région un peu à l'écart des itinéraires touristiques classiques. Ce parc est décrit par le National Geographic comme étant «le lieu biologique le plus intense de la planète» et le Lonely Planet indique «testez vos capacités de survie en effectuant un trek dans le parc national du Corcovado»...

Nous avons longtemps hésité avant de nous lancer dans l'aventure. Premièrement, accéder aux environs du parc est un vrai casse-tête. C'est en fait déjà une aventure en soi et cela implique d'y consacrer plusieurs jours. Deuxièmement, notre expérience difficile de la jungle du Taman Negara en Malaisie n'était pas pour nous rassurer aux vues des nombreuses difficultés de ce trek. Troisièmement, l'organisation de ce trek est assez complexe. Le seul endroit du parc national où les touristes sont autorisés à dormir est une station de rangers située au milieu du parc, sur la côte: la station de la Sirena. Il faut demander une autorisation auprès des rangers pour avoir le droit d'y séjourner. Le nombre de places étant limité et les scientifiques étant évidemment prioritaires, il faut réserver le plus tôt possible. Mais le processus de réservation à distance est d'une complexité décourageante: il faut téléphoner à l'office du parc national, se faire envoyer un document par email, faxer le document rempli, attendre un 2ème document, aller dans une banque pour faire un virement bancaire, faxer le reçu du virement, et enfin recevoir une confirmation de réservation. Un calvaire ! Pour accéder à la station de la Sirena, 3 sentiers existent: le sentier du nord, le sentier du sud et le sentier de l'est. Le sentier du nord est déconseillé aux touristes, et pendant la saison des pluies (c'est à dire en ce moment) il est souvent interdit car plusieurs rivières sont infranchissables du fait de la présence de crocodiles et des hauteurs d'eau trop importantes. Le sentier de l'est est entièrement dans la forêt avec des portions assez vallonnées et difficiles pendant la saison des pluies à cause de la boue. Il faut environ 10h de marche. Un gros morceau. Le sentier du sud est à peine plus accessible: 20 km, 7 à 8h de marche annoncées et le sentier longe la côte. C'est ce sentier qui a notre préférence. Mais là aussi il y a plusieurs difficultés: plusieurs km sur la plage sur du sable mou et en plein soleil, plusieurs passages sur la plage infranchissables à marée haute, et surtout une rivière importante à traverser, le rio Claro. C'est cette dernière difficulté qui nous a fait longtemps hésiter. Il est indiqué qu'il n'y a normalement pas de crocodile dans le rio Claro mais il est fortement déconseillé de le traverser à marée haute lorsque que le niveau de l'eau se situe au-dessus de la ceinture... C'est le «normalement» qui nous posait problème, car à un peu plus de 1km du rio Claro, un autre rio, le rio Sirena est lui infesté de crocodiles... Apparemment à marée basse on peut traverser le rio Claro avec de l'eau aux chevilles. Mais Nat n'était pas vraiment rassurée, surtout que les commentaires laissés sur internet par ceux qui avaient tenté l'aventure n'incitaient pas vraiment à la confiance. Mais bon, tout le monde sait bien que les fanfaronnades sont de rigueur lorsque l'on fait le récit d'une telle aventure (et ce post en est un parfait exemple !!). Il y avait également le problème de l'eau potable. Nous avions des infos contradictoires sur l'eau à la station de la Sirena. Or avec les températures actuelles, il faut compter au minimum 3L d'eau par jour par personne. Il faudrait donc transporter de l'eau pour 3 jours, c'est-à-dire au moins 18L d'eau... Pour le problème du rio Claro, Nat a finalement eu l'idée «géniale» d'acheter un matelas pneumatique: si l'eau est trop haute, on passe le Rio Claro sur le matelas, moi je rames pendant qu'elle balance des pierres sur les crocos ! Le problème du rio Claro étant réglé, nous avons fait fi du problème de l'eau potable. On verra plus tard. C'est parti ! On y va ! Waouh !

Nous avons commencé par 9h de bus pour rejoindre le village de Puerto Jimenez sur la péninsule d'Osa depuis Quepos, avec un départ à 5h30 du matin et une correspondance incertaine à mi-chemin. Tout s'est bien passé et nous sommes arrivés comme prévu à Puerto Jimenez dans la soirée du 28 juin (la ponctualité des bus au Costa Rica est incroyable). Puerto Jimenez est un village au bout du monde et mérite à lui seul le déplacement. Des aras macaos envahissent tous les matins et tous les soirs le terrain de foot du village, et chercheurs d'or, cowboys et aventuriers en herbes se croisent toute la journée le sourire aux lèvres, signe que la nature est ici plus généreuse qu'ailleurs.

Le lendemain nous allons directement à l'office du parc national pour réserver nos places à la station de la Sirena pour les nuits du 30 juin et du 1er juillet. La zone réservée aux campeurs est pleine mais il reste quelques places dans des bungalows. Ouf ! Ca c'est fait ! Nous récupérons les horaires des marées et on nous confirme que l'eau à la station de la Sirena est normalement potable sauf lorsqu'il a beaucoup plu, l'eau de la rivière étant alors boueuse. Pour le rio Claro, pas de problème à marée basse, mais prudence quand même... Nous laissons nos gros sacs de voyage dans un hôtel à Puerto Jimenez, faisons quelques courses pour être autonome en nourriture pendant 3 jours et prenons un taxi collectif (camion bâché) pour le lieu-dit de Carate, à l'entrée du parc national: 2h30 sur une piste chaotique avec de nombreux passages à gué. Carate est un simple lieu-dit avec un comptoir où l'on peut acheter des chips et de la bière et quelques bungalows où l'on peut passer la nuit avant d'attaquer le Corcovado.

Nous décidons de partir tôt le lendemain matin pour éviter le plus possible de marcher en pleine chaleur. Départ 5h au lever du soleil. Nous marchons environ 2h et croisons quelques personnes qui reviennent de la Sirena. Ils ont tous l'air épuisé... Nous arrivons au premier passage délicat, la portion de plage qui longe des falaises. Comme prévu, la marée est déjà trop haute: les vagues du Pacifique se fracassent sur les falaises, impossible de passer. Nous attendons un peu plus de 3h que la mer redescende. 3h de marche supplémentaire et nous arrivons à la difficulté majeure, le rio Claro. Mais la marée est presque basse et le passage du rio ne présente aucune difficulté: nous avons de l'eau sous les genoux ! On s'est trimballé le matelas gonflable pour rien ! 1/2h plus tard nous arrivons à la station de la Sirena. Jusque là nous n'avions pas vu beaucoup d'animaux, mais disons que ce n'était pas vraiment notre principale préoccupation. Nous étions plus concentrés sur notre montre, la carte et les horaires des marées. Cependant, juste avant d'arriver à la station de la Sirena, nous sommes tombés sur un groupe de singes écureuils (ou singe saïmiri), la seule espèce de singes qu'il nous manquait encore et que nous avions ratée au parc Manuel Antonio. Ca commence très bien !

La station de la Sirena est un endroit incroyable. Au milieu d'une petite clairière, cette station est complètement isolée du reste du monde. On y croise des scientifiques, des rangers, des touristes comme nous et quelques touristes fortunés qui viennent à la journée en bateau. Pour nous alléger un peu nous avions réservé 2 dîners à la station. On nous a servi le meilleur casado que nous ayons mangé au Costa Rica !

La zone autour de la station de la Sirena présente une faune d'une richesse exceptionnelle. En plus de tous les animaux que l'on peut voir dans d'autres parcs (4 espèces de singes - araignée, hurleur, capucin et écureuil -, coatis, agoutis, paresseux, rapaces, grenouilles, serpents, crabes, crocodiles), il est possible de voir ici des fourmiliers, des pécaris (sorte de sangliers), des tapirs et des félins (jaguars, jaguarundis, ocelots, pumas), mais pour ces derniers c'est rarissime. Autour de la station, plusieurs sentiers permettent de se balader dans la jungle sans jamais trop s'éloigner de la station. Ces sentiers sont fantastiques. Nous avons emprunté jusqu'à 6 fois le même sentier dans la même journée et à chaque fois nous sommes tombés sur des animaux différents. Nos objectifs étaient de voir un tapir (nocturne) et un fourmilier (diurne). Nous avons donc commencé à arpenter les sentiers autour de la Sirena, 1h à peine après être arrivés à la station, jusqu'à la nuit ! Mais ni fourmilier ni tapir. Le lendemain nous sommes bien décidés à mettre toutes les chances de notre côté. Nous commençons avant le lever du soleil et passons la journée à marcher sur les mêmes sentiers (11h de marche). Mais toujours pas de tapir ni de fourmilier ! En revanche nous voyons plein d'autres animaux (paons sauvages, les 4 espèces de singes, rapaces, crocodiles, coatis, agoutis) et surtout des scènes de la vie sauvage: coatis chassant des crabes, singes avec leurs petits, agoutis avec leurs petits, coatis avec leurs petits... Superbe ! Nous avons également la surprise de découvrir au milieu du rio Claro, à quelques mètres de l'embouchure que nous avions traversée la veille... un crocodile barbotant tranquillement dans l'eau !! Nous en sommes restés sans voix ! Nos craintes étaient donc bien justifiées ! Et dire que la veille nous avons croisé un jeune anglais qui a traversé le rio à la nage car il avait raté la marée basse ! Chaud !

Juste avant d'aller manger (les repas sont servis à 17h30 précises à la station, le soleil se couche vers 17h15 et il y a extinction des feux à 19h30), nous tentons une nouvelle fois de voir un tapir, la nuit tombant. Toujours rien ! Mais alors que nous rentrons à la station nous tombons nez à nez avec un fourmilier ! Enfin ! Nous mangeons rapidement et repartons. Il fait maintenant nuit noire. Nous savons que les tapirs sortent à cette heure-ci. Nous empruntons un sentier, et après quelques dizaines de mètres, nous apercevons dans le noir une grosse masse juste à côté de nous: c'est un tapir ! Il n'est pas très farouche et nous pouvons nous approcher très près de lui ! Nous pouvons dormir tranquille, nos objectifs sont atteints !

Le lendemain, jour du départ, nous commençons à 4h du matin pour passer le rio Claro à marée basse et éviter de tomber sur notre copain le crocodile ! Partis très tôt nous avons beaucoup de temps devant nous, et nous prenons un rythme nettement plus lent qu'à l'aller pour essayer de voir encore des animaux. C'est payant: nous voyons notamment un fourmilier, une martre, et une harde de pécaris que nous suivons en courant comme des dératés sur plusieurs dizaines de mètres dans la forêt! Et puis, alors que nous arrivons presque à la fin de la rando, nous croisons un groupe d'espagnols que nous avions déjà rencontrés à plusieurs reprises au Costa rica et qui sont là pour la journée. Ils viennent de voir un puma ! Incroyable ! C'est rarissime ! Il était couché dans un fourré à quelques mètres du sentier. L'endroit se situe à environ 2km de là. Nous sommes fous ! Ils nous donnent quelques indications: au 15ème arbre couché tournez à gauche, puis à la deuxième souche à droite, puis tout droit jusqu'au premier fossé puis à gauche puis bla bla bla... Nous piquons un sprint. Cherchez un arbre couché au milieu de la jungle... ce n'est pas évident. On craint d'avoir raté l'endroit ou que le puma soit parti. Et puis soudain, Nat croise des yeux jaunes... Après son exploit australien avec les koalas, elle vient de trouver le puma. Il nous regarde. Il est à un peu moins de 10 m de nous, entre le sentier et la plage. Allongé dans des branchages, il n'a pas l'air d'être très préoccupé par notre présence. Il ferme les yeux et semble s'assoupir. Il doit se reposer pensons-nous. Et puis soudain tout bascule. L'oeil collé à mon appareil photo je ne suis pas attentif à ce qu'il se passe autour de nous. Nat a juste le temps de me dire: il va se faire l'agouti ! Un agouti passe à toute vitesse entre le puma et nous. Le puma redresse la tête et en une fraction de seconde se jette sur l'agouti, à quelques mètres de nous. Nous entendons le dernier cri de l'agouti, puis sa proie dans la gueule, le puma retourne se coucher dans les branchages. Il en fait quelques bouchées, se nettoie le pelage et nous regarde tranquillement. L'espace d'un instant on se dit qu'on pourrait servir de dessert, et nous nous éloignons sagement... Quelle journée ! Nous terminons la rando la tête un peu ailleurs, conscients d'avoir vu quelque chose d'exceptionnelle ! Au moment où nous arrivons à Carate, un orage terrible éclate: éclairs, tonnerre, pluie diluvienne... dernier signe que la chance aura été avec nous tout au long de ce trek !


Corcovado


Saïmiri:


Pic:


Groupe de coatis:


Coati à la recherche d'un crabe:


Le coati et le crabe:


Singe araignée:


Agouti:


Fourmilier:


Puma:


Le coati et la noix de coco:

jeudi 9 juillet 2009

Manuel Antonio, Costa Rica 4, par Nat

Une fois achevée notre visite du parc national de Carara, nous reprenons le bus pour rejoindre la petite ville de Quepos, située sur la côte pacifique à proximité du parc national de Manuel Antonio. Encore un parc national! Le Costa-Rica en compte plus de 20 sans compter les dizaines de réserves biologiques. Ce n'est pas étonnant que ce pays soit un des rares endroits de la planète à rassembler une faune aussi variée! Le parc n'a pas une grande superficie mais englobe quelques jolies plages. Il est très facile d'accès et de ce fait, dès 9h du matin, il se retrouve inondé par des hordes de touristes en tours guidés. L'office du parc est d'ailleurs obligé de limiter les entrées à 800 par jour afin d'éviter de trop perturber la faune qui s'y trouve. Sachant cela, nous nous y rendrons le lendemain dès l'ouverture à 7h du matin. Plus on arrive tôt, plus on a de la chance de voir des animaux... quoique pas forcément. Le lendemain nous sommes bien évidemment les premiers à attendre l'ouverture du parc et on espère pouvoir voir les 4 sortes de singes du Costa-Rica. Nous commençons a bien connaître les singes hurleurs et les singes araignées mais nous n'avons pas encore vu les capucins à têtes blanches et les singes écureuils (aussi connus sous le nom de saïmiris). Alors que nous sommes seuls sur les sentiers du parc, nous tombons très vite sur un petit groupe de capucins forts sympathiques. Mais au bout de deux heures de marche, nous ne voyons pas grand chose en dehors de ce groupe de singes et de nos agoutis préférés qui sont partout et de nombreux crabes ! Nous repartons sur le sentier principal et là horreur: on se retrouve nez à nez avec des centaines de touristes bruyants qui se déplacent en tongues (très appropriées pour marcher dans une forêt où vivent des serpents venimeux)en suivant leurs guides tous munis de grandes lunettes télescopiques! Mais ils vont nous faire fuir les animaux! Déçus de ne pas avoir vu plus d'animaux durant les premières heures du jour, on décide d'épier les groupes avec guides! Et c'est plutôt pas mal comme technique puisque nous voyons enfin nos premiers paresseux. Et oui il y avait des paresseux dans les arbres au-dessus de nos têtes et on ne les avait pas vus du tout! Nous étions meilleurs pour repérer les koalas dans les eucalyptus. Cela nous a permis d'en voir plusieurs et surtout nous avons pu voir les deux espèces: des paresseux à 3 doigts et un paresseux à 2 doigts. C'est effectivement paresseux mais on a eu la chance d'en voir se déplacer malgré tout. Après cela nous avons pu en repérer plusieurs par nous-mêmes. Une fois que l'on sait à quoi ressemble ce que l'on cherche c'est plus facile. Toujours en suivant discrètement les groupes guidés, nous avons vu notre première vipère Fer-de-lance, sur le bord du sentier principal. On en entend parler depuis notre arrivée au Costa-Rica puisqu'elle est très répandue au Costa-Rica et responsable d'environ 500 accidents par an. Elle peut tuer un homme en 3 petites heures. Mais combien de touristes en tongues se font piquer? Nous n'avons pas réussi à le savoir. A nouveau seuls, nous avons aussi vu un caïman dans un petit marais entre 2 plages du parc, des lézards, des iguanes, des crabes violets et oranges qui se cachent dans des trous dans la forêt, des armées de bernard-l'ermite assez marrants, des daims et des toucans araçaris. Nous n'avons pas réussi à voir les singes écureuils, espèce en danger d'extinction. Après avoir sillonné tous les sentiers du parc, nous nous octroyons une petite baignade au milieu de rochers assez tranchants: Juju peaufine ainsi ses blessures du toboggan des sources d'eau chaude de Baldi en se râpant le ventre. Pas mal. Le soir, nous profitons de la piscine de notre auberge. Ce n'est pas fréquent de trouver une auberge sympa avec piscine! Le lendemain nous devons nous lever aux aurores pour rejoindre Puerto Jimenez qui se trouvent à une dizaine d'heures de bus. Notre prochaine étape est le parc national du Corcovado qui va nous demander une sacrée organisation mais si tout se passe comme prévu cela devrait être une des expériences les plus extraordinaires de notre voyage au Costa-Rica.


Manuel Antonio


Singe capucin:


Paresseux:



Daim:

mercredi 8 juillet 2009

Carara, Costa Rica 3, par Ju

Le parc national de Carara est nettement moins visité que la réserve biologique de Monteverde plus au nord ou le parc national de Manuel Antonio plus au sud. Pourtant il s'agit d'un des rares endroits où l'on peut encore voir des aras macaos. Moins visité, le parc est un peu moins bien aménagé: les sentiers sont en plus mauvais état et en cette période ils sont parfois inondés. Sans guide, il nous a fallu ruser pour pouvoir profiter au maximum de ce parc. Nous n'avons pas été déçus ! Nous avons été à nouveau les premiers à pénétrer dans le parc en étant devant l'entrée dès l'ouverture. En plus des animaux maintenant classiques (singes araignées et hurleurs, coatis, agoutis, lézards, iguanes), nous avons eu la chance de voir une espèce de petites grenouilles vénéneuses ainsi que les fameux aras macaos. Les grenouilles sont très dures à repérer car elles sont minuscules et se fondent dans la végétation. Par contre, les aras se repèrent de très loin par leurs cris très puissants et franchement horribles (un peu comme des corbeaux): on ne peut pas tout avoir, un beau plumage et un beau ramage! Souvent vus en groupe aux heures de repas, les aras se déplacent généralement en couple (ils gardent le même partenaire toute leur vie). Le parc national de Carara présente également une autre attraction: d'énormes crocodiles qui peuvent être observés de très près depuis un pont qui enjambe le rio Tarcoles.


Carara


Fourmis coupeuses de feuilles:


Ara Macao:

Monteverde, Costa Rica 2, par Ju

Après le volcan Arenal, nous arrivons dans la région de la réserve biologique de Monteverde. C'est une région de montagnes difficilement accessible et le trajet en bus depuis Arenal est superbe. La région est un peu plus humide que les zones côtières mais heureusement nous n'avons pas été très gênés, la pluie tombant souvent le soir et la nuit, ou lorsque nous sommes dans les bus !

Cette réserve est un des rares endroits d'Amérique centrale où l'on peut espérer voir un quetzal, cet oiseau magnifique et très rare, une des emblèmes de l'Amérique centrale (il apparaît par exemple sur le drapeau national du Guatemala). Malheureusement, nous n'avons pas eu la chance d'en voir. Mais nous avons quand même vu plein d'animaux. La liste est longue: singes araignées, singes hurleurs, colibris, agoutis, coatis, mygale, scorpion, lézards, porc-épic arboricole, grenouilles... Pour pouvoir voir un maximum d'animaux nous avons passé une journée à arpenter les sentiers de la réserve de Monteverde en commençant dès l'ouverture du parc à 7h, visité un jardin à colibris, fait un tour guidé de 3h de nuit dans la forêt, et visité un vivarium pour admirer les fameuses grenouilles vénéneuses du Costa Rica, très colorées mais minuscules et très difficiles à repérer dans la nature.

Etape suivante, le parc national de Carara sur la côte Pacifique.


Monteverde


Colibri :

Le volcan Arenal, Costa Rica 1, par Nat

Nous sommes arrivés à San Jose, la capitale du Costa-Rica, le 20 juin en fin de matinée... à l'issue d'un nouveau vol de 3h avec American Airlines, notre compagnie aérienne «préférée»! Dire qu'on va devoir la reprendre dans un mois pour aller en Equateur!

Nous débarquons au milieu d'un flot d'américains qui foncent vers les stations balnéaires et les spots de surf du Costa-Rica. Nous voilà en terre hispanophone pour presque 6 mois, fini l'anglais! Nous nous remettons à l'espagnol sans trop de difficulté et le contact avec les costaricains est beaucoup plus aisé.

Nous ne nous sommes pas attardés à San Jose et dès le lendemain matin, nous prenons le bus pour La Fortuna, petit village au pied du volcan Arenal. Le volcan Arenal est en activité continue depuis 1968 et ses coulées de lave plus ou moins impressionnantes attirent de nombreux touristes. C'est l'un des 10 volcans les plus actifs de la planète. La saison des pluies n'est pas la meilleure saison pour aller observer les volcans qui, à cette période, sont souvent cachés par les nuages. Heureusement le volcan Arenal ne culmine qu'à 1670m d'altitude et on peut donc espérer que les nuages soient plus hauts. A notre arrivée à la Fortuna en fin de matinée, le volcan Arenal est d'ailleurs dégagé mais dès le début de l'après-midi, il disparaît sous les nuages !

Le volcan Arenal éjectent des blocs de lave depuis environ 3 semaines après 6 mois d'une activité discrète sans lave visible. Tant mieux car nous comptons aller l'observer de nuit le lendemain. Mais il s'agit d'une observation lointaine car les flancs du volcan sont très dangereux: une nuée ardente a ainsi dévalée les flancs du volcan une semaine auparavant ! Cette nuée ardente a d'ailleurs permis de «déboucher» le cratère et de rendre les blocs de lave à nouveau visible depuis la plaine.

Le lendemain, quelle surprise: le volcan reste complètement dégagé toute la journée! Cela n'était pas arrivé depuis un bon moment si bien que la patronne de notre auberge en a profité pour le prendre en photo ! Le matin, nous partons faire une petite rando vers des cascades. L'endroit est parfait pour une petite baignade, très agréable après une longue marche sous un soleil de plomb ! Le soir, nous partons en tour organisé pour aller observer les blocs de lave incandescente du volcan. Afin de rejoindre le point d'observation du volcan, nous entamons une petite balade dans la forêt jusqu'à la tombée de la nuit: toucans, vautours, singes hurleurs, singes araignées et pleins d'insectes sont au rendez-vous. A plusieurs reprises nous entendons les blocs de lave dévaler les flancs du volcan: très impressionnant ! Il fait nuit et nous voilà enfin au poste d'observation: incroyable spectacle de blocs de lave incandescente qui dévalent les flancs. Toujours dans le tour organisé, nous partons profiter, de nuit, de sources d'eaux chaudes naturelles dans un parc aménagé avec 25 bassins aux températures différentes, des jaccuzis géants et des tobbogans à l'image de ceux de nos parcs Aqualand mais pas avec les même normes de sécurité... Tester de nuit, dans le noir complet un toboggan un peu trop rapide c'est avéré un peu risqué ! Moi je me suis fait mal et j'en suis restée là tandis que Ju a voulu vérifier si c'était bien le dernier virage qui était un peu vicieux et a retenté l'expérience: c'est bien le dernier virage ! Résultat il en est ressorti tout râpé !

Notre prochaine étape est la réserve biologique de Monteverde.


Arenal

Parcours Costa Rica

Escales aux Etats-Unis, par ju

Le 17 juin, jour de notre départ de Nouvelle-Zélande, a été un jour un peu spécial pour nous, puisqu'au lieu de durer 24h, il a duré 43h ! Au cours de notre vol Auckland - Los Angeles, nous avons en effet passé la ligne de changement de date. Du coup, ça a donné ça: départ d'Auckland le 17 juin à 15h et arrivée à Los Angeles le 17 juin à 8h ! Le décalage horaire est assez violent, surtout lorsque l'on reste éveillé pendant toute la durée du vol pour regarder le plus de film possible (l'Utopia de Toulouse nous manque un peu !) au lieu de dormir dans l'avion pour se caler sur l'horaire d'arrivée. A deux, voici notre tableau de chasse: Gomorra, Mesrine I, Mesrine II, Madagascar II et La fée clochette !!

Nous avons passé la journée à Los Angeles avec un copain temporairement (ou pas) expatrié. Ce ne fut pas une journée très intense. Nous nous sommes contentés d'une longue balade le long de la plage à Santa Monica, d'une visite du quartier de Venice Beach et de quelques heures passées les pieds et le nez dans le sable.
Contre toute attente, nous retiendrons de notre escale à Los Angeles un accueil très agréable des autorités américaines. Si si ! Nous avons été très étonnés ! Douaniers très sympas, généralement bilingue anglais - espagnol, curieux de voir que nos passeports sont presque pleins. Par contre, nous avons tentés de faire passer les quelques kiwis qu'il nous restait de Nouvelle-Zélande (les golds, nos préférés): pas possible ! Snif ! Ah oui, on a également laissé en souvenirs les empreintes digitales de nos dix doigts...


LA


Nous sommes ensuite restés 2 jours à Miami, essentiellement à dormir et à essayer de récupérer du décalage horaire. Nous avons à nouveau été agréablement surpris de la gentillesse des gens, et la ville que nous avons découvert ne correspond pas du tout aux clichés que l'on peut en avoir: rues calmes, petites ruelles avec des restos et des cafés, ambiance latino très agréable.

Par contre nous avons voyagé avec la pire compagnie aérienne au monde: American Airlines. Les tarifs et les prétentions d'une compagnie classique avec le service d'une compagnie à bas prix: repas payant pour un vol de 5h, choix de boisson très limité, intérieur de l'avion sale, personnel de bord peu aimable... et j'insiste sur le rien à manger ! 5H de vol et rien à manger ! Même pas un petit sachet de cacahuètes à se mettre sous la dent ! En plus ils n'avaient même pas de jus de tomate !

Etape suivante le Costa Rica.


Miami

lundi 6 juillet 2009

Nouvelle-Zélande 5/5, les vidéos

Cachalot




Otaries




Dauphins Hector (Nat à ses collègues: ça vous rappelle quelque chose ?)

dimanche 5 juillet 2009

Ile du nord, Nouvelle-Zélande 4/5, par Nat

Nous avons quitté Kaikoura le 6 juin sous la pluie pour rejoindre la ville de Picton (au nord de l'île du Sud) d'où partent les ferries pour Wellington (au sud de l'île du Nord). La traversée dure 3h et nous arrivons à Wellington le 7 juin en début de matinée. Nous n'avions pas l'intention de nous arrêter à Wellington mais sur les conseils d'autres voyageurs, nous sommes allés visiter le Te Papa Museum, musée national de Wellington. Nous avions adoré les musées de Sydney alors il fallait bien jeter un coup d'oeil à au moins un musée néo-zélandais pour comparer! C'est encore un musée très didactique et très intéractif où nous avons passé 4 bonnes heures! Le musée présente des expositions traitant la géologie et les sciences naturelles, un étage est réservé à la découverte de la culture Maori et un autre étage est réservé à des galeries d'art moderne et contemporain. Un des points forts du musée est un calamar géant de 4,5m de long (tentacules incluses) pêché vivant en février 2007 en mer de Ross (Antarctique) et maintenant exposé dans du formol. Impressionnant!


Après notre passage au musée, nous ne nous sommes pas attardés à Wellington et nous avons pris la route en direction du Mont Taranaki, un des volcans de l'île du Nord. Les paysages traversés sont complètement différents de ceux de l'île du Sud: urbanisation plus importante, densité de population nettement plus élevée (environ 25hab/km2 sur l'île du Nord contre 7hab/km2 sur l'île du Sud; pour info la densité de la France métropolitaine est d'environ 112hab/km2), grandes plaines agricoles et volcans.


Le Taranaki est un très beau cône volcanique (volcan endormi), réputé pour sa symétrie presque parfaite (presque... un cône secondaire sur son flanc sud brise légèrement la symétrie) qui lui a valu son apparition dans le film «Le dernier samouraï» en lieu et place du non moins célèbre Mont Fujiyama du Japon.
Nous sommes arrivés dans la région du Taranaki (région sud-ouest de l'île du Nord) juste à temps pour le voir en entier avant qu'il ne soit recouvert par les nuages pour quelques jours! Culminant à 2518m, le Taranaki domine de grandes plaines agricoles (élevages de vaches laitières et de moutons principalement) ainsi que le littoral de la région de New Plymouth. Avec son sommet enneigé, le Taranaki est majestueux!


Wellington et Taranaki


Nous avons ensuite quitté le Taranaki pour rejoindre les volcans du Tongariro National Park dont les 3 principaux sont le Mont Tongariro, le Mont Ngauruhoe et le Mont Ruapehu. Nous n'avons fait qu'une petite balade de 3h: la pluie et les nuages cachaient presque tous les volcans et les lacs que nous voulions voir étaient déjà gelés. Sans crampons ni piolets, on ne pouvait pas faire grand chose mais la balade valait tout de même le détour! Le parc propose de nombreux parcours de randonnées et les flancs du Mont Ruapehu (2797m), point culminant de l'île de Nord, servent aussi de pistes de ski. Le Mont Ruapehu est un volcan très actif aux éruptions assez fréquentes. La dernière éruption spectaculaire remonte à septembre 1995 lorsque le volcan a craché un gros nuage de cendres et des blocs de pierres... alors que des gens étaient encore sur les pistes de ski. Cela n'a pas l'air de poser vraiment problème aux néo-zélandais qui peuvent se procurer à l'entrée du parc les procédures d'évacuation des pistes de ski en cas d'éruption! Les dernières éruptions avec coulées de boues remontent à juillet/aout 2007. Le Mont Ruapehu est aussi devenu célèbre grâce à la trilogie du «Seigneur des Anneaux» puisque c'est lui qui a remporté le casting pour jouer le rôle du Mordor! Et oui l'adaptation cinématographique du célèbre roman de Tolkien réalisée par le néo-zélandais Peter Jackson a été intégralement filmée en Nouvelle-Zélande. En plus des nombreuses retombées économiques directement liées à la réalisation des 3 films, la Nouvelle-Zélande a vu débarquer une nouvelle forme de tourisme sur son territoire : des fans du roman de Tolkien viennent parcourir les 2 îles à la recherche des différents lieux de tournage des 3 films! Il y a eu une telle demande que les atlas routiers prêtés par les loueurs de véhicules précisent les lieux de tournage! Au vu de notre atlas routier, la plupart des lieux de tournage semblent assez difficiles d'accès mais bon les fans acharnés peuvent s'acheter un livre spécial qui révèle les coordonnées GPS exactes des lieux de tournage! Incroyable!


L'île du Nord se trouve sur la célèbre ceinture de feu du Pacifique et le parc national du Tongariro fait partie de la zone volcanique de Taupo, une zone volcanique active qui s'étend sur 350 km de long et 50 km de large! La zone doit son nom au lac Taupo, caldeira inondée de l'ancien volcan Taupo dont l'éruption d'il y a 26500 ans est la plus violente des 70000 dernières années (plus de 1000 fois plus violente que l'éruption du Mont St Hélène de 1980!). Durant nos 2 jours autour du lac Taupo, nous nous sommes baladés dans la zone géothermique des «Craters of the moon»: plein de petits cratères dont certains sont remplis de boue bouillonnante et d'où s'échappent des fumerolles. Un sentier bien aménagé permet de se promener entre les différents cratères mais gare à celui qui voudrait poser ses pieds en dehors du sentier! Le sol peut y être très brûlant! La zone est active et certains cratères entrent en éruption de temps à autres remodelant le paysage : la dernière éruption de 2002 avait recouvert le sentier de quelques centimètres de boue brûlante!


Dans la région du lac Taupo, nous sommes allés assister à un des lâchers d'eau journalier du barrage d'Aratiatia, attraction touristique du coin! C'était très impressionnant de voir les gorges en aval du barrage se remplir d'eau! Puis lorsqu'il s'est mis à trop pleuvoir, nous avons passé 3 bonnes heures dans un petit musée sur le miel et les abeilles... avec dégustation de miel et de glaces au miel! Miam Miam!


Nous avons ensuite quitté le lac Taupo, pour nous rendre à la zone géothermique de Wai-O-Tapu, près de Rotorua. Encore un endroit fascinant avec bassins de boue bouillonnante, geysers, bassins acides aux couleurs magnifiques (mais qui invitent peu à la baignade!), cratères d'où s'échappent des fumerolles. Cette zone attire beaucoup de monde ne serait-ce qu'à cause du geyser Lady Knox qui entre en éruption tous les jours à la même heure... grâce aux rangers du parc qui mettent du savon à l'intérieur du cratère pour déclencher une éruption ! Honnêtement on n'a pas bien compris l'effet du savon... mais en tout cas c'est vraiment de la triche! Du coup, après nos 3h de visite au site de Wai-O-Tapu, nous nous sommes rendus à Te Puia, une autre zone géothermique de la région de Rotorua: là au moins, les geysers rentrent en éruption naturellement! Le site de Te Puia est aussi un centre culturel Maori où on peut découvrir quelques us et coutumes maoris avec notamment le célèbre Haka! Mais cela a aussi été l'occasion pour nous de voir notre premier Kiwi vivant et non empaillé comme dans les musées. Le pauvre Kiwi, qui est un oiseau nocturne, vit dans une petite pièce sous verre, plongée dans le noir durant la journée afin que les touristes l'observent en pleine activité. Inversement, il a droit à la lumière artificiel la nuit pour qu'il puisse aller dormir. Nous n'avons malheureusement pas de photo à vous montrer... interdiction de le prendre en photo avec ou sans flash car ça le perturberait.


Tongariro et Rotorua


Une fois finie notre visite du centre thermal et culturel de Te Puia, nous quittons Rotorua pour la péninsule de Coromandel. Nous arrivons de nuit et ce n'est pas évident de trouver un endroit pour stationner. On prend un chemin au hasard qui traverse des vergers et quelques grandes propriétés et nous stationnons le fourgon sur une aire de pique-nique face à la mer. Il n'y a pas de panneau «interdiction de camper» donc nous pouvons rester là. Nous ne sommes pas au camping ce soir donc a priori pas de Wifi pour surfer sur internet. Nous tentons à tout hasard de capter un Wifi dans ce coin isolé et quelle surprise! Un Wifi non sécurisé ! Camping sauvage de luxe! On ne s'est pas privé en espérant que ce très gentil propriétaire est au forfait au vu du nombre d'heures qu'on a passées sur internet cette soirée là. On ne culpabilise pas trop... le Wifi devait provenir de l'une des énormes villas qui se trouvaient juste à côté! Le lendemain nous entamons nos 3 jours de visite le long des côtes de la péninsule de Coromandel. La première journée, nous restons bloqués dans un camping à cause de la pluie qui nous empêche de faire la moindre balade. Mais dès le lendemain le soleil réapparait et nous pouvons nous balader à la lagune d'Opoutere, une petite réserve ornithologique qui se situe au niveau de l'estuaire d'une rivière. Nous partons ensuite faire une balade le long de la plage de Cathedrale Cove, une très belle plage connue pour son arche dans la falaise qui ne se traverse qu'à marée basse. Nous avons aussi fait un arrêt à la plage de Hot Water Beach. Mais pourquoi ce nom? Tout simplement parce qu'il y a 2 sources d'eau chaude accessibles le long de la plage à marée basse. Du coup, plein de gens viennent armés de pelles de jardinage pour se creuser des baignoires d'eau chaude. Il y a même possibilité de louer des pelles au café du coin! Lorsque nous arrivons à Hot Water Beach, il pleut et il ne fait pas chaud mais les gens du coin sont en maillot de bain entrain de se creuser leur petit spa naturel!


Le 13 juin à 19h30, la France rencontre les All Blacks pour un test match qui a lieu à Dunedin sur l'île du Sud et nous ne pouvons pas manquer ça. Nous passons la soirée dans un pub de Coromandel town où nous sommes les 2 seuls étrangers... et français ! Mais ça on vous l'a déjà raconté!


Coromandel


Le 14 juin, nous parcourons la côte de Coromandel town jusqu'à Auckland. C'est notre dernière journée en fourgon et nous sommes un peu tristes à l'idée de devoir le rendre. Nous passons la nuit sur le parking d'un musée d'Auckland. Il n'y a pas d'interdiction de camper donc pour une nuit cela fait l'affaire. En plus, nous avons une vue superbe sur la baie d'Auckland et le centre ville.
Le lendemain matin, le 15 juin nous rendons notre notre petit van à Tui Campers. Nous sommes un peu inquiets au sujet du parebrise: nous nous sommes pris beaucoup de gravillons sur le parebrise (on avait oublié de vous dire que c'était le problème majeur des routes de Nouvelle-Zélande) et un des impacts est assez gros même s'il n'a pas traversé la vitre. On se rassure en se disant qu'on est assuré mais bon on essaye malgré tout de détourner l'attention du gars de Tui Campers. En plus, il a plu sur le trajet alors espérons qu'il ne verra pas bien les impacts au milieu des goutelettes de pluie! Super soit il n'a rien remarqué soit ce n'était pas si grave! Nous pouvons aller visiter Auckland l'esprit tranquille. Le centre ville d'Auckland est assez petit et nous en avons vite fait le tour. Nous avons visité le musée d'Auckland qui possède des expos sur les peuples du Pacifique, sur les animaux de la Nouvelle-Zélande mais surtout une superbe exposition sur les volcans! On a encore passé 4h dans le musée! Notre périple en Nouvelle-Zélande se termine. Nous avons été enchantés par ce pays et la gentillesse des Néo-zélandais. Nous avons eu un gros coup de coeur pour le Sud de l'île du Sud, ses montagnes et ses glaciers.


Auckland