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dimanche 19 juillet 2009

Aéroport, par Ju

Connaissez-vous le site www.sleepinginairports.net ? C'est un site incontournable pour quiconque envisage de passer une nuit dans un aéroport. Il suffit de sélectionner l'aéroport de son choix et on obtient plein d'infos sur l'aéroport en question ainsi que le témoignage de dormeurs l'ayant déjà testé. Plusieurs raisons peuvent amener le voyageur a passé la nuit dans un aéroport: un départ très tôt le matin, une arrivée très tard le soir, un transit de quelques heures au milieu de la nuit... C'est aussi une occasion d'économiser une nuit d'hôtel. Le choix d'un coin pour dormir est souvent délicat et les ennemis du dormeur sont nombreux:
- climatisation trop forte;
- lumières trop intenses;
- proximité de haut parleurs;
- distributeurs de boissons ou de snacks: les moteurs des réfrigérateurs de ces distributeurs sont souvent très bruyants, et à chaque descente d'une canette c'est un réveil assuré;
- fauteuils avec accoudoirs, impossible de s'allonger;
- carrelage, froid et inconfortable;
- services de nettoyage de l'aéroport.

Notre vol au départ du Panama étant prévu à 7h du matin le 16 juillet, nous avons dormi à l'aéroport pour éviter un nuit courte dans un hôtel et un taxi à 4h du matin. Moi j'ai dormi couché sur du carrelage, Nat en position assise sur nos sacs. Nuit inoubliable. Le lendemain, on passe la journée dans les aéroports avec un vol Panama-Miami puis un vol Miami-Quito... très logique comme parcours !


Aeroport

Le canal de Panama, par Ju

Tout d'abord, le canal de Panama en quelques chiffres:
- 20 ans de travaux étalés sur 3 périodes entre 1880 et 1914
- inauguré le 15 aout 1914
- environ 30 000 ouvriers, techniciens et ingénieurs sont morts au cours de sa construction, essentiellement à cause du paludisme et de la fièvre jaune
- 80 km de long
- hauteur maximale au-dessus du niveau de la mer: 26 m
- 6 écluses
- un lac artificiel de 436 km2, le plus grand lac artificiel du monde à son époque de construction
- évite un détour de plus de 13 000 km par le Cap Horn (plus de 20 jours de navigation)
- durée moyenne de la traversée: 8 à 10 h
- chaque année, le canal est emprunté par plus de 14 000 navires
- sous administration américaine jusqu'au 31 décembre 1999, date à laquelle il est repassé sous souveraineté panaméenne.

Les premiers travaux débutent en 1880 sous la direction du français Ferdinand de Lesseps. La réputation de ce dernier est considérable depuis le succès de la construction du canal de Suez (inauguré en 1869). La mise en vente des actions de la Compagnie Universelle du Canal Interocéanique pour financer les travaux connait ainsi un franc succès: en toute confiance, plusieurs milliers de français se portent acquéreurs. Mais, contre toute attente, les travaux prennent beaucoup de retard pour plusieurs raisons: conditions climatiques difficiles (chaleur et humidité), éboulements, glissements de terrain, inondations, forte mortalité sur le chantier (paludisme, fièvre jaune). Le cours des actions de la Compagnie Universelle du Canal Interocéanique s'effondre et la société fait faillite au moment où le scandale de Panama éclate. De nombreux actionnaires accusent les dirigeants du projet de corruption (des hommes politiques ont été acheté afin qu'ils cachent les retards des travaux et autorisent la mise en vente de nouvelles actions), plusieurs d'entre eux sont condamnés à des peines d'emprisonnements, dont Ferdinand de Lesseps et Gustave Eiffel. Une nouvelle société est alors créée par un ingénieur français, Philipe Bunau-Varilla, la Compagnie Nouvelle, en 1894. Mais rien n'y fait, le manque de financement et le fléau des maladies conduisent à un nouvel échec. C'est alors que les Etats-Unis entrent en scène. Un canal interocéanique présente un intérêt économique considérable pour les Etats-Unis. Il suffit de considérer le temps et le coût des liaisons entre Los Angeles et la côte est des Etats-Unis avant la construction du canal. Deux projets concurrents ont les faveurs des américains: le 1er consiste à racheter la société française et à continuer les travaux, le 2ème consiste à construire un canal plus au nord, au Nicaragua. Philipe Bunau-Varilla, qui a tout intérêt à revendre sa société aux américains, va exercer un lobbying très efficace auprès des financiers et hommes politiques américains et réussir à les convaincre que le canal de Panama est de loin la meilleure solution, des points de vue technique et financier. Cependant, la Colombie, à qui appartient à l'époque le Panama, s'oppose à ce projet. Mais quelques mois plus tard, le Panama déclare son indépendance, avec le soutien des Etats-Unis. Quelques jours après la déclaration d'indépendance, sans même l'avis du gouvernement panaméen, le traité Hay-Bunau-Varilla est signé, assurant la vente des droits d'exploitation, de construction et de protection du canal ainsi que d'une large bande de terre le long de celui-ci aux Etats-Unis. Après quelques modifications du projet français, les travaux reprennent sous la direction des américains en 1903. Des mesures sanitaires draconiennes et la découverte des conditions de transmission de la malaria et de la fièvre jaune conduisent au succès du projet. Le canal du Panama est inauguré le 15 aout 1914. Après plusieurs décennies de très fortes tensions entre le Panama et les Etats-Unis, un traité, le traité de Torrijos-Carter, est finalement signé en 1977. Le point le plus important de ce traité est l'établissement d'une période de transition de 20 ans pour le transfert définitif au Panama du canal et des terres voisines. Cette échéance est arrivée à terme le 31 décembre 1999.

Aujourd'hui plusieurs éléments assez amusants nous laissent penser que la rancœur des panaméens envers les Etats-Unis perdure (et on les comprend): les américains sont les seuls à payer un droit d'entrée sur le sol panaméen (5USD) et les possesseurs d'une carte de crédit américaine ont des frais de 3USD lorsqu'ils retirent de l'argent dans les distributeurs automatiques au Panama.


Canal de Panama


Profil du canal:

Ciudad de Panama, par Ju

Nous avons quitté l'archipel de Bocas del Toro le 13 juillet tôt le matin. 10 heures de bus plus tard nous arrivons à Ciudad de Panama, la capitale aux multiples visages. Comme dans beaucoup de grandes villes, certains quartiers ne sont pas très sûrs, surtout la nuit. A Ciudad de Panama, le quartier Casco Viejo a une très mauvaise réputation. Quand on est touriste, un petit tour de nuit dans les ruelles de Casco Viejo et ce sont des ennuis assurés. Mais ce quartier fait parti du centre historique de la ville, là où se concentre les plus beaux monuments de la ville. Vieux, délabré et insalubre, le quartier historique avait été progressivement abandonné dans les années 50 et 60 et était devenu un des quartiers les plus pauvres de la ville. Récemment un ambitieux programme de réhabilitation a été mis en oeuvre. Comprenez on exproprie, on retape les maisons et on y met des bureaux, des restos et des magasins, on place des caméras de surveillance et des policiers à chaque coin de rue. Résultat le centre historique est maintenant beau et sûr, et on y voit de grosses voitures. Petit à petit la zone réhabilitée s'étend, rue après rue. Aujourd'hui le quartier réhabilité s'étend de la 1ère rue à la 11ème rue. Au delà c'est une zone de non droit. La transition est réellement aussi brutale que ça. De grosses voitures sont garées devant de magnifiques bâtisses entre la 9ème et la 10ème rue, la majorité des bâtiments sont en cours de rénovation entre la 10ème et la 11ème rue, au delà plus de voiture garée, les rares magasins (épicerie, laverie) ont des barreaux partout et ferment à 16h, 2h avant la nuit, et il y a des h'itistes un peu partout. Nous avions sélectionné une auberge dans la 8ème rue (une autre solution aurait été de dormir dans le quartier des affaires à quelques km du centre historique, au milieu des grattes ciels, mais ça nous plaisait moins). Malheureusement nous n'avions pas eu le temps de réserver et à notre arrivée le petit hôtel est plein. Heureusement les gérants ont récemment ouvert un 2ème hôtel à quelques rues de là et il y a des chambres de libre. L'hôtel en question se trouve entre la 11ème et la 12ème rue. Oups ! Le gérant nous dit qu'il s'agit du premier bâtiment réhabilité au delà de la 11ème rue. Il est 17h et la nuit tombe dans 1h. On se dépêche, quelqu'un nous attend derrière la porte. L'endroit est un véritable bunker: il y a des grilles à toutes les fenêtres et chaque porte est doublée par une énorme grille. Les chambres sont de véritables appart avec salle de bain et cuisine privée, et ce n'est vraiment pas cher ! En face de l'hôtel, il y a une petite épicerie. Mais impossible de rentrer dans l'épicerie pour remplir son panier. Une énorme grille barre l'entrée. Une petite trappe permet au vendeur barricadé à l'intérieur de faire passer les produits en échange de la somme à payer ! Ambiance très particulière ! Nous avons pu visiter tranquillement le centre historique le lendemain: c'est vraiment très joli ! Nous avons essayé de nous incruster à la soirée du 14 juillet à l'ambassade de France, mais un policier panaméen nous a repoussé. Nous avons appris plus tard que nous aurions pu passer en montrant nos passeports français (que nous n'avions pas sur nous quand le policier nous a repoussé). Dommage on a raté le feu d'artifice.


Ciudad de Panama

jeudi 16 juillet 2009

Bocas del Toro, Panama, par Ju

Nos aventures au Costa Rica ayant été assez épuisantes, nous avons décidé de passer quelques jours à Bocas del Toro, un archipel sur la côte caraïbe du Panama, à ne rien faire ou presque. Nous passons une première journée sur l'île principale, Isla Colon, puis 3 jours sur la petite île Isla Bastimentos. Contrairement à Isla Colon qui est très touristique, Isla Bastimentos semble montrer assez peu de considération aux gesticulations touristiques. Un petit village s'étend le long de la plage, on y trouve 3 hôtels bon marchés assez rudimentaires, 2 restos, 2 petites épiceries et quelques hôtels de luxe un peu à l'écart dont les pensionnaires semblent vivre en autarcie. Si l'on fait abstraction des ordures qui s'entassent un peu partout dans les rues et des égouts qui se déversent tranquillement sur la plage, le village est assez joli avec ses petites maisons en bois colorés sur pilotis. On ne sait pas trop de quoi vivent ses habitants: peu de pêcheurs, pas d'agriculture, tourisme finalement assez peu développé. Beaucoup de gens discutent devant leurs maisons à toute heure de la journée, jouent aux cartes, écoutent de la musique, et les enfants semblent au mieux aller à l'école le matin sur l'île Isla Colon. L'endroit est finalement assez typique de tous les villages que l'on a traversés sur la côte caraïbe du Costa Rica et du Panama: la population sur cette côte est clairement plus défavorisée que celle de la côte pacifique ou du centre. L'explication principale est le racisme qui a longtemps conduit à l'isolement économique de ces régions dont les populations sont majoritairement noires. Mis à part une excursion audacieuse mais assez courte pour accéder à une plage de l'autre côté de l'île, nous n'avons rien fait. Rien. Zéro. Notre chambre était super. Nous avions une vue imprenable sur la mer et le village. Et devant notre chambre, il y avait des hamacs...


Bocas del toro