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jeudi 17 décembre 2009

Torres del Paine, Chili, par Nat

Nous arrivons à Puerto Natales (Chili) le 1er décembre à l'issue d'un petit trajet de bus de 6h qui nous a paru bien long. Il faut bien admettre qu'à mesure que l'on approche de la date fatidique de notre grand retour, nous supportons de moins en moins les trajets de bus surtout lorsque le paysage est monotone!

La petite ville de Puerto Natales logée au fond d'un fjord du sud de la Patagonie chilienne est le principal point d'accès au célèbre parc national du Torres del Paine qui se trouve quand même à presque 200km de la ville. La réputation de ce parc national comme étant l'un des plus beaux parcs d'Amérique du Sud en a fait l'attraction majeure de la région. On est presque au bout du monde mais il y a tout ce qu'il faut pour préparer son excursion de plusieurs jours dans le parc: magasins de vêtements de trekking, magasins de location de matériel de camping, supermarchés bien achalandés. Nous consacrons notre journée du 2 décembre à l'organisation de notre trek: provisions pour 4 ou 5 jours, location d'une tente, d'un réchaud, de tapis de sol et de bâtons de rando, réservation du bus. A Puerto Natales, le temps est nuageux avec quelques averses de pluie mais il est impossible d'avoir des prévisions météo fiables pour le parc national. Nous savons juste que le mauvais temps a sévi pendant plusieurs semaines d'affilée dans cette région de la Patagonie et qu'il y a encore 1 semaine, des randonneurs ont du abandonner leur circuit dans le Torres del Paine à cause des conditions climatiques difficiles (chutes de neige, pluie et vents violents). Nous prévoyons de partir 4 jours/3 nuits dans le parc où nous comptons suivre le parcours classique du W (ce circuit d'environ 90km tient son nom de la forme du parcours qui suit 3 vallées en formant un W !). Généralement les gens réalisent le parcours en 4 à 5 jours mais au vu du profil du circuit (peu de dénivelé, le dénivelé maximum est de 800m dans la vallée de l'est) cela nous semble réalisable en moins de temps. Chacune des trois vallées du circuit offre des panoramas magnifiques: glacier Grey (vallée de l'ouest), la vallée du français (vallée du centre) et ses Cuernos (monts de granit clair et de roches sédimentaires sombres) et les tours «torres» (vallée de l'est) qui ont donné leur nom au parc! Les torres del Paine culminent à environ 2400m et sont souvent cachées par les nuages. Nous partons pour le parc le 3 décembre avec l'unique bus du matin qui part à 7h30 de Puerto Natales et nous dépose à l'entrée est du parc à 9h30. Le temps est correct avec du soleil et des nuages... mais les fameuses tours (vallée de l'est) ont leurs sommets en partie cachés par les nuages! Ok! C'est décidé! Nous payons l'entrée du parc et nous remontons dans le bus pour rejoindre le point de départ du parcours d'ouest en est dans l'espoir que les tours se dégagent pour le dernier jour. Après le bus, un catamaran nous emmène au point de départ de la randonnée qui se trouve au bout d'un très beau lac émeraude, le lac Péhoé. Il est 10h30 et la prochaine traversée de 30min n'est qu'à 12h. En attendant, nous laissons nos sacs à l'embarcadère et nous nous échauffons par un petit aller/retour de 3km vers un belvédère sur les Cuernos. Puis nous prenons le bateau: la traversée offre une vue magnifique sur les Cuernos!

Nous débarquons à 12h30 au refuge/camping Péhoé, point de départ de notre trek. Nous sommes bien une 50aine de nouveaux randonneurs mais c'est ici que les organisations et logistiques divergent. Certains dorment au chaud en refuge (c'est tentant mais cela impose une réservation de plus d'un mois d'avance et empêche toute modification de parcours en cas de mauvais temps. En plus, les prix commencent à 30 euros la nuit en dortoir par personne!), certains dorment en camping payant (pour 7 euros par personne par nuit, cela donne accès à de vrais toilettes mais surtout à de bonnes douches chaudes) et les autres dorment dans les campings gratuits du parc qui sont généralement perdus au fin fond des vallées avec WC basique et évidemment pas de douche. Pour le premier soir, nous choisissons la 2ème solution plus par soucis logistique que pour le plaisir d'avoir une bonne douche chaude à la fin de la journée: nous pouvons faire un aller/retour jusqu'au glacier Grey sans avoir à porter nos sacs lourds. Le soleil se lève vers 5h du matin et se couche vers 22H30 ce qui permet de longues et belles journées de marche. Le temps de nous installer au camping et de manger nos sandwichs, il est déjà 13h30 lorsque nous entamons notre randonnée. Les rangers nous annoncent 9h de marche pour l'aller/retour que nous comptons faire mais bien que ces temps nous paraissent démesurément long au vu du profil de la randonnée nous ne devons pas trainer si nous voulons rentrer au camping avant la nuit. Nous voilà donc partis pour plusieurs heures de marche avec un fort vent de face! Cette première vallée est un corridor venteux et nous sommes bien freinés par le vent. La vallée est très jolie et longe le lac Grey dont les nombreux icebergs nous annoncent la présence du glacier Grey au fond du lac. Les miradors sur le glacier Grey offrent des panoramas à couper le souffle tant de loin (à 5km du front, on est déjà subjugué par l'immensité du champ de glace) que de près (à quelques centaines de mettre de la face terminale). Nous avons le temps de bien profiter des différents points de vue sur le glacier. Nous sommes rassurés sur nos temps de parcours. Nous avons doublé tous les gens qui étaient partis 1h avant nous et certains luttent contre le vent avec des gros sacs à dos de 20kg. 20Kg? On a du mal à comprendre ce qu'il y a de si nécessaire dans leurs sacs pour qu'ils soient si lourds? Nous à 2, nous transportons moins de 15kg pour notre trek! Mais oui! Bien sûr! Ce sont la plupart du temps des groupes de jeunes qui sont là plus pour faire la fête que pour s'adonner aux joies de la randonnée en montagne... et certains portent sur leur dos plusieurs canettes de bière en plus du nécessaire à camping! Que c'est dur la vie! Nous sommes de retour à notre camping vers 20h30 avec 28km de plus dans les gambettes! Nous profitons des bonnes douches chaudes du camping et nous nous enfilons une grosse salade de pâtes préparée la veille de notre départ. Ben oui, on avait prévu qu'après une telle journée, on aurait la flemme de se faire à manger!

Nous passons une très bonne nuit et nous nous réveillons vers 6h du matin. Le temps est magnifique et il n'y a aucun nuage au dessus de la vallée du français. Nous nous mettons en route vers 7h30 mais cette fois-ci, Juju porte l'énorme sac à dos avec la tente, et moi, un plus petit mais rempli de choses bien lourdes! Nous avançons moins vite qu'hier mais nous arrivons malgré tout plus tôt que prévu au camping italiano, en bas de la vallée du français. Notre deuxième jour de marche est consacré à cette jolie vallée depuis laquelle nous avons une vue imprenable sur les lacs émeraudes du parc. Nous plantons la tente, y déposons nos sacs et nous entamons notre montée vers le mirador de la vallée sous les coups de 10h du matin. Nous ne croisons pas grand monde. A 10h, la plupart des randonneurs du camping italiano dorment. Il y a même un gars qui comate dans son hamac (c'est bien connu, en montagne, on est bien plus à l'abri dans un hamac que dans une tente). Quel spectacle! Mais c'est normal: le camping italiano est gratuit et attire donc tous les jeunes fêtards qui se sont couchés tard et qui ont beaucoup de mal à se lever. Grâce à eux, les sentiers de randonnée sont bien calmes le matin. Nous arrivons au fond de la vallée pour midi et nous savourons nos bons sandwichs avec une superbe vue à 360deg sur un beau cirque de pics granitiques à proximité des Cuernos! Nous restons bien 2h à contempler le paysage avant de redescendre vers le camping italiano. Il n'est que 15h30 et là, notre décision est prise. Pas question de dormir là ce soir! C'est bruyant, l'emplacement n'est pas très agréable et ce n'est pas très propre. Nous rangeons la tente, rendossons nos sacs à dos et nous voilà repartis pour 1h30 de marche supplémentaire jusqu'au prochain camping, qui lui est payant. Le site est plus sympa et domine un grand lac aux eaux turquoises. A 18h, nous sommes déjà installés et nous pouvons une nouvelle fois profiter d'une bonne douche chaude bien méritée. Demain, une longue journée nous attend jusqu'au mirador des fameuses Torres del Paine. Ce camping est très calme et nous passons une très bonne nuit.

Le 3ème jour, nous nous levons à 5h du matin. Une nouvelle journée magnifique se profile. Le ciel est d'un bleu éclatant. Nous endossons nos sacs et nous entamons notre randonnée à 6h30 du matin. Nous ne croisons personne pendant 3h et nous sommes même surpris par un condor qui passe à 2m au dessus de nos têtes! Quel accueil! Une nouvelle fois, nous marchons plus vite que prévu et nous arrivons au mirador des tours vers 12h. Depuis ce mirador, nous jouissons d'une vue imprenable sur ces 3 impressionnants pics granitiques depuis un petit lac. Nous restons bien 2h à les contempler et à faire la sieste. Nous avons eu le temps de réaliser tout le parcours avec du beau temps mais des nuages se profilent à l'horizon. Nous décidons finalement d'écourter notre séjour dans le parc d'une journée. Nous ne sommes qu'à 2h de descente de la fin de notre parcours et nous avons largement le temps d'attraper le dernier bus pour Puerto Natales. Nous sommes crevés mais ravis d'avoir eu un temps si agréable tout au long du trek. Nous arrivons à Puerto Natales avec un jour d'avance le 5 décembre vers 22h! Heureusement, notre auberge a encore une chambre de libre pour ce soir. Le 6 décembre, nous nous reposons toute la journée et organisons la suite de notre voyage. Le 7 au matin, nous quittons Puerto Natales pour Ushuaia (Argentine).



1er jour: Campamento Péhoé - Campamento Los Guardas - Campamento Péhoé
2ème jour: Campamento Péhoé - Mirador Britanico - Campamento Los Cuernos
3ème jour: Campamento Los Cuernos - Mirador Los Torres - Hosteleria Las Torres

Torres del Paine

mercredi 9 décembre 2009

Chiloe, Chili, par Nat

Nous avons passé la journée du 19 novembre assis dans un bus depuis Pucon jusqu'à Ancud, petite ville au nord de l'île de Chiloé. Nous avons parcouru quelques centaines de km sans apercevoir le moindre rayon de soleil! Il n'a fait que pleuvoir tout au long du trajet si bien que la seule image que nous garderons de cette belle route bordée de lacs et de volcans est un rideau de pluie opaque! Pas de chance!

Nous avons passé notre première journée sur l'île de Chiloé au chaud dans notre hôtel avec vue sur la mer! Ici aussi, le temps est mauvais et les nombreux grains qui s'abattent sur l'île nous dissuadent de mettre le nez dehors.

Quand après plusieurs jours de mauvais temps, le soleil réapparaît enfin le 21 novembre, nous courons louer une voiture pour 2 jours afin de parcourir l'île: jolis petits ports de pêche, petites églises en bois, balades en bord de mer, balades en forêt. Dans les environs d'Ancud, nous faisons une petite balade en bateau aussi frustrante qu'inoubliable (attraction touristique majeure du coin, le tour en bateau ne dure que 30 minutes): manchots de magellans, manchots de Humboldt, cormorans et loutres de mer!

Nous avons beaucoup aimé l'île de Chiloé et c'est à Ancud que nous avons trouvé le meilleur restaurant de fruits de mer de tout notre voyage!

Nous quittons l'île de Chiloé le 23 novembre pour la ville de San Carlos de Bariloche qui se trouve dans la région des lacs côté argentin.


Chiloe

Parcours Chili Argentine

Notre parcours au Chili et en Argentine mis à jour:

Pucon, Chili, par Nat

De retour de l'île de Pâques, nous quittons Santiago pour Pucon, un petit village de la région des lacs qui se trouve au pied du volcan Villarica. A notre arrivée, le 16 novembre au matin, le ciel est bien gris mais le volcan est dégagé et nous pouvons même voir la fumée qui s'échappe de son cratère. Cela aura été de très courte durée. A peine installés dans notre auberge, le temps se gâte, de gros nuages gris couvrent le sommet enneigé du volcan et la pluie se met à tomber faisant tomber à l'eau (et c'est le cas de le dire) tout projet de rando. Après 2 jours de pluie et une petite balade au milieu des genêts lors d'une éclaircie, nous tentons une randonnée au parc national Huerquehue le 3ème jour. Ce matin là, nous nous levons vers 7h pour attraper l'unique bus du matin pour le parc national qui se trouve à une trentaine de km. Le ciel est toujours gris mais le volcan est dégagé. Le bus nous dépose à l'entrée du parc et là c'est le drame! Il est 9h30 du matin, il pleut et le prochain bus de retour à Pucon ne passe qu'à 14h! Nous n'allons quand même pas attendre passivement notre bus de retour! Alors nous enfilons nos ponchos et nous entamons la randonnée prévue! Quelle bonne idée! Après 2h de montée sous la pluie, ce sont des flocons de neige qui tombent! Le sentier est plein de boue, glissant et inutile de vous dire qu'une fois arrivés au mirador nous ne pouvons rien distinguer du paysage. On est trempés jusqu'aux os, crottés de boue et je commence à grelotter de froid... nous décidons d'abandonner la rando pour être sûr d'attraper le bus de 14h! On est redescendu tellement vite que nous avons dû attendre le bus pendant plus d'une heure dans le froid! Une horreur! Heureusement, de retour à Pucon, nous avons pu nous réchauffer devant la cheminée de l'auberge! Finalement, nous ne persisterons pas un jour de plus à Pucon. Nous partons le 19 novembre pour l'île de Chiloé où nous espérons retrouver un peu de soleil.


Pucon

jeudi 3 décembre 2009

L'île de Paques, Chili, par Ju

Depuis notre passage à Rio de Janeiro, le climat s'est déréglé. Si si! Et rien à voir avec le réchauffement climatique global. Non, dans notre cas, il s'agit plutôt d'une humidification climatique locale mobile: alors que le soleil nous accompagnait depuis plusieurs mois avec une assiduité exceptionnelle, la pluie, certainement jalouse, a décidé de lui disputer notre compagnie. Résultat: pluie à Rio, pluie à Iguaçu, pluie à Montevideo et pluie à Colonia. Ces derniers jours le soleil avait remporté plusieurs victoires successives (Cordoba, Santiago, Valparaiso), mais voilà, l'île de Pâques semblait être tombée du côté obscur de la force: nous avions croisé plusieurs personnes de retour de l'île de Pâques qui nous avaient narré leur visite de l'île sous la pluie. Pis, la veille de notre départ, 2 allemands tout juste de retour de l'île, nous avouaient avoir passé 4 jours sous la pluie... C'est donc avec beaucoup d'appréhension que nous avons pris l'avion pour l'île de Pâques, comme en attestent les photos.

Quelles que soient les conditions météo, une visite de l'île de Pâques est une expérience inoubliable. Se retrouver sur ce caillou perdu au milieu de l'océan pacifique, à environ 2000km de l'île habitée la plus proche (Pitcairn), à presque 4000km des côtes chiliennes et voir de ses propres yeux les mystérieux moaïs ne laissent pas indifférent. En condensé, l'histoire de l'île de Pâques, ça donne ça:
- le premier volcan émerge des eaux il y a 3 millions d'années. L'île, aujourd'hui triangulaire, est constitué de 3 cônes volcaniques principaux, et d'environ 70 cônes secondaires. Le volcan le plus jeune est âgé de 300 000 ans. Point culminant: 511m;
- arrivée des premiers polynésiens entre 400 et 800 AD (ces marins de génie se dirigeaient grâce aux étoiles et repéraient la présence d'îles grâce à différents indices naturels: oiseaux, algues, nuages...);
- la société Rapanui se développe et construit les fameux moaïs à partir de 800 AD. Elle est constituée de clans, le clan dominant étant celui de la lignée directe du premier roi Rapa Nui (le pouvoir est donc héréditaire). La construction des moaïs est une véritable industrie: corps fabriqués sur les pentes du volcan Rano Raraku, coiffes fabriquées dans le cratère du volcan Puna Pau, transport des moaïs sur plusieurs km (vraisemblablement en les disposant sur des rondins de bois qu'ils faisaient rouler), disposition des moaïs sur des autels;
- autour de 1680, la société Rapanui connait de grands bouleversements et une période de conflits entre différents clans: lutte de pouvoir, dégradation de l'environnement (la déforestation aurait conduit à la disparition des arbres, pénurie d'eau), renversement des moaïs, bouleversements politiques et naissance du culte de l'homme oiseau: chaque année, à la période de ponte des sternes, les chefs de chaque clan, ou le plus souvent leurs représentants, devaient rallier la petite île de Motu Nui à la nage où ils devaient trouver puis ramener intact un oeuf de sterne. Le clan dominant n'était alors plus celui de la lignée royale mais celui dont le représentant remportait l'épreuve de l'homme oiseau, une façon d'assouplir le régime monarchique...;
- découverte de l'île par le hollandais Jokob Roggeveen le 5 avril 1722, dimanche de Pâques;
- annexion de l'île par l'Espagne en 1770;
- arrivée des missionnaires catholiques en 1864 et conversion progressive des Rapanuis
- annexion de l'île par le Chili en 1888.

Les Rapanuis avaient développé un système d'écriture en boustrophédon. Seules quelques personnes initiées détenaient la connaissance de ce système d'écriture. Malheureusement, vers le milieu du XIXème siècle, des trafiquants péruviens attaquèrent l'île et capturèrent des centaines de rapanuis pour les vendre comme esclaves dans les mines de salpêtre péruviennes. Parmi eux, il y avait les quelques érudits ayant la connaissance de cette écriture. C'est ainsi que cette connaissance disparut et qu'aujourd'hui encore cette écriture reste un mystère.

Mais revenons à la météo. Lorsque nous avons atterri sur l'île, le 10 novembre, le soleil brillait. Conscients que cela ne pourrait pas durer, nous avons immédiatement commencé notre visite de l'île à pied. Quelques heures et une bonne vingtaine de km plus tard, nous avions déjà visité plusieurs sites d'envergure. Le lendemain, le soleil brillait toujours. Nous avons donc repris notre visite de l'île à pied, et nous avons notamment gravi le volcan Rano Kau au sommet duquel les concurrents de l'épreuve de l'homme oiseau s'élançaient à la conquête des oeufs de sterne. Le 3ème jour, le soleil brillait toujours. Nous avons peaufiné notre quota carbone en louant un bon gros 4x4 qui pue et visité le nord de l'île. Le 4ème jour la pluie était enfin là. De la bonne grosse pluie qui vous trempe jusqu'aux os en quelques secondes. Visite du seul musée de l'île. Le dernier jour, toujours de la pluie. Nous avons donc loué un scooter! Depuis le Vietnam et Bali, nous sommes en effet devenus des experts de la conduite de 2 roues sous la pluie. Le lendemain nous reprenions l'avion pour Santiago.

En se baladant sur l'île et en voyant les centaines de moaïs disposés tout autour de l'île, on ne peut s'empêcher de penser à toute l'énergie dépensée par les Rapanuis pour construire et déplacer ces gigantesques statues, dans un but uniquement spirituel, même lorsque leur société traversait une période de crises profondes...


Ile de Paques

mardi 24 novembre 2009

Santiago et Valparaiso, Chili, par Nat

Nous sommes arrivés à Santiago du Chili le 6 novembre dans l'après midi. Au cours de notre long trajet de bus depuis Cordoba (18h) nous avons eu la chance de voir l'Aconcagua (6962m, le plus haut sommet du continent américain et de l'hémisphère sud) sans le moindre nuage! Nous nous souviendrons aussi de ce petit contre-temps d'une heure au passage de la frontière argentino-chilienne parce qu'un passager de notre bus avait malencontreusement gardé 2 oranges avec lui et devait donc payer immédiatement une amende de 150 euros. Il est interdit de faire entrer le moindre produit d'origine végétale ou animal au Chili et les douanes chiliennes ne rigolent pas avec cela: amende immédiate depuis 2006!

La capitale chilienne est assez agréable: un centre historique, des parcs agréables, un musée de l'histoire du Chili très intéressant, de bonnes spécialités de poissons et fruits de mer.


Santiago


Nous avons profité du beau temps pour aller visiter la ville portuaire de Valparaiso. Un peu déserte le dimanche de notre passage, Valparaiso n'en était pas moins sympathique avec ses maisons colorées et son port aux conteners multicolores.

Prochaine étape: l'île de Pâques.

Valparaiso

samedi 12 septembre 2009

San Pedro de Atacama, Chili, par Ju

Après la quiétude du parc national de la Lauca, nous voici dans l'un des sites touristiques les plus visités du Chili, le salar d'Atacama. Malgré des conditions climatiques très difficiles (pluies très faibles, peu d'eau douce, très forte différence de température entre la nuit – jusqu'à moins 20degC- et le jour – jusqu'à 35 deg C-), le village de San Pedro de Atacama a connu un développement très rapide ces dernières années sous l'effet du tourisme. La ville est une succession d'hôtels, de restaurants et d'agences de voyage, où les arnaques sont devenues courantes. Pour s'en rendre compte il suffit de jeter un coup d'oeil au registre des plaintes consultable à l'office du tourisme de la ville: deux gros volumes rassemblent une litanie d'arnaques survenues au cours des derniers mois. La vigilance est donc de mise! Arrivés à San Pedro de Atacama le vendredi 28 août au matin, nous découvrons que la saison basse a déjà commencé depuis quelques jours: hôtels peu remplis, rabatteurs très actifs... Mais les prix n'ont pas pour autant beaucoup diminués, et restent très élevés par rapport aux autres villes du Chili. Nous remettons donc en pratique tout ce que nous avons appris en Asie: le marchandage acharné! Et ça marche plutôt bien! Nous avons fait plusieurs excursions dans la région: salar d'Atacama, geysers du Tatio, vallée de la lune, vallée de la mort, lacs de l'altiplano... Des paysages superbes! Le salar d'Atacama est une vaste étendue de sel de plus de 3000 km2. Le sel provient de la dissolution des sels contenus dans le sol volcanique de la région. Les eaux apportées par les précipitations sur la chaîne andine en été (janvier, février) et par la fonte des neiges s'infiltrent dans le sol, se chargent en sels, puis forment des nappes d'eau souterraines qui affleurent au niveau de la dépression du salar d'Atacama. Ces eaux s'évaporent ensuite progressivement, les sels cristallisent et s'accumulent formant une croûte solide. A certains endroits, des lacs apparaissent. Ces lacs, de faibles profondeurs et à l'eau très salée, ne sont pas un environnement très favorable à la vie. Mais quelques algues et micro-organismes parviennent à s'y développer, et font le bonheur de milliers de flamants roses. Dans la vallée de la lune, un canyon est particulièrement impressionnant: les roches, composées pour l'essentiel de chlorure se sodium cristallisé, sont truffées de micro-cavités. Lorsqu'elle est en plein soleil, la roche se dilate et des craquements raisonnent dans tout le canyon.

Mais le salar d'Atacama n'est pas seulement un désert isolé qui n'intéresse que les touristes. Après avoir représenté un énorme enjeux économique à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle du fait de ses gisements de nitrate (avant la guerre du Pacifique ayant opposé le Chili à la Bolivie et au Pérou entre 1879 et 1884, toute la région appartenait à la Bolivie), le salar d'Atacama est redevenu récemment un eldorado: le salar d'Atacama présente en effet le plus gros gisement de lithium exploité au monde. Le Chili est ainsi le premier producteur mondial de lithium (près de la moitié de la production mondiale). Mais son voisin, la Bolivie, devrait bientôt le supplanter, les plus grosses réserves de lithium au monde se trouvant dans le salar d'Uyuni (plus de la moitié des réserves mondiales connues). On vous en reparlera dans un prochain post. Le lithium est notamment utilisé pour fabriquer des batteries et des piles rechargeables. Avec la forte croissance du marché de la voiture électrique, le cours du lithium s'est envolé ces dernières années, passant de 260 à 2 300 euros la tonne en seulement 5 ans. L'exploitation du lithium pose évidemment des problèmes écologiques (les mines pompent l'eau des nappes souterraines, ce qui diminuerait le niveau d'eau des lacs du salar), mais qui ne pèsent pas grand chose face aux enjeux économiques.

A certains endroits des stigmates des différentes guerres qui ont opposées le Chili au Pérou, à la Bolivie ou à l'Argentine, sont encore visibles: certaines zones sont encore minées. Le processus de déminage est très lent, de nombreuses mines étant chaque année emportées par les eaux de ruissellement lors des pluies en été.


Atacama

lundi 7 septembre 2009

Parc national de la Lauca, Chili, par Nat

Nous quittons Arequipa et le Pérou le 23 aout au matin en direction d'Arica, une ville portuaire du nord du Chili: 7 heures de bus au milieu d'un désert très aride avec la meilleure compagnie de bus du Perou, Cruz del Sur. Bus très confortable, petit déjeuner inclus, diffusion d'américonneries récentes sur les TVs, diffusion d'un reportage sur des hôtels et restos de luxe du Pérou et une mémorable partie de Bingo (les hôtesses ont mis une sacré ambiance au micro)! C'était assez marrant mais malheureusement nous n'avons pas gagné. Tanpis!

Nous arrivons à Arica en début d'après midi. Le désert d'Atacama est souvent considéré comme le désert le plus aride du monde et Arica est un des lieux habités les plus secs au monde avec une moyenne annuelle des précipitations de 0,8mm par an. Arica est une ville portuaire qui appartenait au Pérou jusqu'à la Guerre du Pacifique (1879-1884). Avant la Guerre du Pacifique, toute la région du nord du Chili qui s'étend d'Iquique à Arica faisait partie du territoire péruvien et la région d'Antofagasta/San Pedro de Atacama appartenait à la Bolivie qui avait donc un accès à la mer. La Guerre du Pacifique connue aussi sous les noms «de guerre du salpêtre» ou «guerre du nitrate» est une guerre qui a opposé le Chili au Pérou et à la Bolivie en raison de l'enjeu économique que représentaient les gisements de guano (excréments d'oiseaux marins riches en nitrate) et de nitrate découverts dans les salars du nord du Chili actuel. Le nitrate était à l'époque utilisé dans la fabrication d'engrais et de poudre. C'est à l'issue de cette guerre que la Bolivie a perdu son unique accès à la mer. De nos jours, La Paz, la capitale bolivienne se trouve à seulement 8h de la ville portuaire d'Arica et de nombreux camions de marchandises boliviens transitent par Arica. Le Chili autorise le transit des camions boliviens sans les soumettre à aucune taxe. Actuellement, des discussions trilatérales entre le Chili, la Bolivie et le Pérou étudient l'éventuel attribution d'un accès à la mer à la Bolivie.

Il n'y a pas grand chose à voir à Arica mais c'est un point de départ pour des excursions dans l'altiplano proche de la frontière bolivienne. Nous avons opté pour 3 jours d'excursion pour visiter le parc national de la Lauca, la réserve naturelle de las vicunas et le salar de Surire. Le trajet d'Arica jusqu'à l'altiplano est impressionnant: montagnes de sable et de cailloux sans aucune végétation, quelques oasis fertiles où sont cultivés olives et légumes puis c'est l'altiplano andin (4000m d'altitude) avec ses beaux volcans, ses petits cours d'eau où viennent s'abreuver les animaux. Nous avons pu observer une faune variée: les 4 types de camélidé andin (les guanacos et les vigognes qui sont 2 espèces sauvages et protégées et les lamas et les alpagas qui sont domestiqués pour leur laine et leur viande), un suri (ou nandou, un genre d'autruche andine), plein de viscaches et les 3 types de flamant andin (flamant du chili, flamant des andes et flamant de James) qui se nourrissent des micro-crevettes qui vivent dans la vase du salar de Surire! Autant les vigognes et les guanacos sont assez craintifs autant leurs cousins domestiqués n'ont pas peur de nous. En nous arrêtant à l'un des postes de contrôle du parc national de la Lauca, Juju a voulu vérifier le mythe du lama cracheur en embêtant le lama et les 3 alpagas mascottes du lieu en question. Et bien oui! Les lamas et les alpagas embêtés par Juju lui ont craché à la figure! Et c'est franchement dégoûtant!

Un très chouette tour organisé où nous n'avons rencontré quasiment personne et durant lequel nous avons pu pleinement profiter de paysages magnifiques. Les 2 premiers jours nous étions seuls avec notre guide très sympathique aux airs de Rahan et qui passait sa journée à mastiquer des feuilles de coca qui soi-disant évite le mal des montagnes. Le dernier jour, nous avons eu un super guide, un ancien prof d'histoire très intéressant. Nous nous sommes arrêtés dans un petit village de 12 habitants où nous avons visité une petite église construite au XVIIème siècle. L'intérêt de la visite réside dans les peintures murales de l'église: les scènes religieuses peintes par les indigènes de l'époque témoignent du mélange des croyances indigènes locales (culte de la Pachamama, la mère terre nourricière) avec le christianisme importé et imposé par les conquistadors. Sur une des peintures, à la place des romains, se sont les conquistadors qui ont fait crucifier Jésus Christ. Sur une autre, on remarque que Jesus Christ est représenté avec des formes féminines pour évoquer la déité féminine de la Pachamama.

De retour sur Arica le 27 août au soir, nous avons pris un bus de nuit pour rejoindre San Pedro de Atacama qui se trouve à 12h de route.


Lauca


Viscacha:


Alpaga: