Le Machu Picchu est considéré comme l'un des plus beaux sites archéologiques d'Amérique latine. Afin de ne pas être déçus par les autres sites incas de la vallée sacrée, nous avons choisi de visiter les ruines du Machu Picchu en dernier. Le meilleur pour la fin!
La cité du Machu Picchu, située à 130km au nord-ouest de Cuzco, se trouve sur un site montagneux du versant oriental des Andes au commencement du bassin amazonien. La cité, entourée de forêt tropicale, a été construite au XVème siècle, à 2400m d'altitude, sur un promontoire rocheux qui relie les monts Machu Picchu et Wayna Picchu. Vous avez tous en tête la célèbre photo de la cité avec une très belle montagne en arrière plan? Et bien cette montagne est le Wayna Picchu et bien que son sommet semble inaccessible, les incas y ont édifié une partie de la ville qu'il est aussi possible de visiter. La montagne qui a donné son nom à la cité inca est celle qui se trouve en face du Wayna Picchu et que nous ne voyons pas sur les clichés les plus connus. Mais pour vous faire partager les faces cachées de la cité, nous avons pris plein d'autres prises de vue!
Abandonnée pendant des siècles et n'ayant jamais été mentionnée dans les écrits des conquistadores espagnols, l'existence des ruines a été révélée au grand public en 1911 par l'historien américain Hiram Bingham. Bien que l'existence des ruines ait été connue localement (2 familles de paysans péruviens vivaient juste à côté des ruines, lesquelles étaient recouvertes par la végétation tropicale), la découverte scientifique des ruines a été attribuée à Hiram Bingham qui fut le premier à reconnaître l'importance des ruines et à les étudier. La découverte scientifique des ruines du Macchu Picchu remonte donc au 24 juillet 1911, jour où Hiram Bingham mit les pieds sur le site accompagné de ses guides péruviens.
On ne sait pas grand chose sur les fonctions de cette cité (centre religieux, résidence de l'Inca) mais la ville est organisée en 2 parties distinctes: le sud de la cité est couvert de terrasses agricoles et le nord abrite le temple du soleil (temple présent dans chaque cité inca, le soleil étant la principale déité), un palais et des habitations.
Le site est inscrit au patrimoine mondial de l'humanité depuis 1983 et reçoit environ 400 000 touristes par an. Actuellement, il serait menacé par une trop grande fréquentation et certains craignent des glissements de terrain sur le mont Wayna Picchu. C'est pourquoi, sur les 1000 visiteurs journaliers en moyenne, seuls 400 sont autorisés à gravir le Wayna Picchu! Quand on sait que le sommet du Wayna Picchu offre une vue imprenable sur la cité et sur la vallée en contrebas, on ne peut que souhaiter faire partie de ces 400 chanceux! Mais comment cela se passe-t-il? Très simple: premiers arrivés premiers servis! Et comme beaucoup de touristes ont la même idée, et bien il faut se lever tôt, très tôt afin d'arriver bien avant l'heure d'ouverture du site pour s'assurer sa place au Wayna Picchu. L'accès au Machu Picchu se fait soit par le village d'Aguas Calientes (accessible uniquement par voie ferroviaire, aucune route ne mène à Aguas Calientes), soit à l'issue d'une randonnée de 4 jours sur le chemin des incas qui mène à la cité du Machu Picchu (mais comme seuls 500 permis d'entrée sur le chemin des incas sont délivrés chaque jour, il est impératif de réserver son trek plus de 3 mois à l'avance). L'option randonnée sur le chemin des incas n'ayant pas été possible pour nous, nous n'avons pas eu d'autres choix que de nous rendre en train à Aguas Calientes. Et là c'est la douche froide! Les tarifs des trains pour les voyageurs étrangers sont indécemment chers! Pour réduire les frais, au lieu de prendre le train depuis Cuzco, nous l'avons pris depuis Ollantaytambo (à mi-chemin entre Cuzco et Aguas calientes) juste après notre visite du site inca de Ollantaytambo. Le trajet dure 2h pour 60km et en réussissant à avoir les tarifs les plus bas, notre aller/retour nous est revenu à 45 euros/pers! Prix exorbitant quand on sait qu'en bus au Pérou, on fait le même trajet aller/retour pour 2 euros! Mais ce n'est pas tout, les tarifs d'entrée du Machu Picchu (valable un seul jour) viennent tout juste de doubler et sont clairement exorbitants pour les étrangers: 32 euros tarif normal, 16 euros tarif étudiant! Sans compter le train, le Machu Picchu est ainsi le site le plus cher que nous ayons visité au cours de nos voyages! Pour vous mettre en tête quelques références, une entrée au Taj Mahal coûte 12euros, une entrée pour un jour à Angkor (qui s'étend sur un rayon de plus de 50km) coûte 15euros, une entrée à la Cité interdite de Pékin coûte 6euros et une entrée au site maya de Tikal au Guatemala coûte 12euros.
Nous sommes arrivés à Aguas Calientes en fin de soirée le 11 août. Le Machu Picchu se trouve 400m plus haut à 8km d'Aguas Calientes. Un service de bus fait la navette entre Aguas Calientes et le Machu Picchu pour 5,5euros l'aller (encore un prix exagérément cher) mais le premier bus ne part qu'à 5h30 du matin. Oui vous l'avez compris, le premier bus dépose les touristes à l'entrée du site seulement 10 min avant l'ouverture des portes et à cette heure-ci il y a déjà beaucoup de monde. Gravir le Wayna Picchu ça se mérite et nous décidons de faire le trajet Aguas Calientes/ Machu Picchu à pied et de nuit, comme la plupart des jeunes! La nuit a été courte. Nous avons quitté Aguas Calientes à 3h50 du matin pour entamer notre montée au Machu Picchu. On vous rassure, contrairement à notre rando de nuit au Bromo à Java, le parcours est très bien fléché: 2km sur du plat puis 400m de dénivelé à gravir. Nous sommes arrivés à l'entrée au bout d'1h après avoir doublé une 12aine de personnes mais malgré tout une 50aine de personnes était déjà là. Certains étaient partis d'Aguas Calientes à 1h30 du matin! A l'arrivée, c'est l'euphorie générale, ça rigole, ça casse croûte... et dès que les gardiens arrivent pour l'ouverture des portes à 6h du matin c'est l'anarchie: bousculade, resquille, chahut... ceux qui ont déjà leurs tickets comme nous gagnent un peu de temps. Une fois les portes d'entrée franchies, il faut encore courir jusqu'au Wayna Picchu pour avoir sa place pour la montée. A 6h du matin, la brume recouvre le site et on distingue à peine les ruines, mais de toute façon nous n'avons pas le temps de regarder les ruines tant que nous n'avons pas nos places pour le Wayna Picchu! Tout le monde court, certains manquent même de tomber pas terre. Il y a 2 créneaux horaires pour monter au Wayna Picchu, chacun de 200 personnes: un à 7h quand la brume n'est pas encore tout à fait dissipée et un à 10h. Inutile de vous dire que la majorité des gens préfère celui de 10h. Pour nous, pas de soucis, nous avons été assez rapides pour obtenir celui de 10h. Youpi! Nous pouvons commencer à visiter les ruines tranquillement. Le site est grand et surtout il n'y a pas de répit pour les gambettes: ça grimpe! Afin de voir la cité sous différents points de vue, nous avons emprunté le chemin des incas jusqu'au temple de Intipunku qui se trouve à quelques minutes de marche de la cité. La brume matinale confère au site une atmosphère particulière qui incite à la contemplation. Nous avons passé plus d'une heure à contempler les ruines sous leur angle le plus connu avec le Wayna Picchu en arrière plan. Un moment inoubliable! A 10h, nous sommes partis gravir le Wayna Picchu. Il nous aura fallu une demi-heure pour arriver au sommet à un rythme bien soutenu. Ça grimpe sec et heureusement que nous avons outrepassé certaines des interdictions du site. Figurez vous qu'au Machu Picchu, il est interdit d'emporter de la nourriture ou des bouteilles d'eau! Pour une fois, et comme la majorité des visiteurs, nous avons fait fi de cette interdiction stupide en raison des efforts physiques à fournir lors de la visite! Hors de question de monter le Wayna Picchu sans eau et sans rien à grignoter! Au début de la montée du Wayna Picchu, des bouteilles d'eau de 500ml sont vendues 8 soles (2 euros!) alors que le tarif normal d'une bouteille de 2,5L est de 2,5 soles (moins d'un euro)! Très culotté tout de même! La vue depuis le sommet est splendide: une vue plongeante sur la vallée du rio Urubamba en contrebas et une vue atypique sur la cité et le mont Machu Picchu! L'après midi, nous avons fait une visite détaillée de tous les édifices du site.
Nous n'avons pas pris de guide car le prix demandé d'au moins 20 euros est démesuré face à la qualité générale des guides. Au lieu de cela, nous avons acheté un petit livre explicatif: c'est moins cher et plus fiable! Nous avons fini la visite vers 16h peu de temps avant la fermeture et contrairement à ceux qui ont craqué sur le bus navette, nous avons repris nos escaliers du matin pour rentrer à Aguas Calientes à pied et à cours d'eau... nous n'avions plus d'eau pour la descente et il était hors de question d'acheter la petite bouteille d'eau sur le site, par principe! Inutile de vous dire qu'à notre arrivée à Aguas Calientes nous nous sommes descendu 1,5L d'eau en 5min et nous n'avons pas fait long feu le soir. La journée aura été inoubliable.
Nos impressions: le site est spectaculaire et correspond vraiment à l'idée que l'on s'en fait. Les édifices sont bien conservés. C'est un des plus beaux sites que nous ayons visité mais nous devons admettre que les cités incas ne fascinent ni par leur architecture, très sobre, ni par la décoration de leurs édifices qui est souvent inexistante. Hormis leur emplacement, les cités incas se ressemblent toutes. En Amérique centrale (plus particulièrement Mexique et Guatemala), les cités mayas, aztèques, zapotèques et téotihuacan subjuguent par la beauté et la variété de l'architecture de leurs édifices ainsi que par les décorations de leurs édifices (temples ou palais) dont les fresques murales (bas-reliefs et/ou peintures) racontent souvent un bout d'histoire de ces civilisations. Et rajoutons que ces civilisations d'Amérique centrale sont soit antérieures soit contemporaines aux incas. De même, en Asie, souvenez vous de la créativité architecturale et de la finesse des bas-relief et fresques de certains temples en Inde (les temples hindous érotiques de Khajuraho, Xème au XIème siècle) et des constructions khmers telles que les temples d'Angkor (du IXème au Xvème siècle).