dimanche 27 septembre 2009

Ascension du Huayna Potosi, 6088m, Bolivie, par Ju

Sur le papier, le Huayna Potosi est l'un des sommets de plus de 6000m les plus faciles. En fait c'est surtout sur le papier des agences de voyages de La Paz! Car l'ascension d'un 6000m ce n'est pas une petite balade dominicale de mamie! A La Paz nous avons retrouvé Joël, un français que nous avions rencontré à San Pedro de Atacama et avec qui nous avons fait plusieurs excursions depuis (Salta, Salar d'Uyuni). Nous avons fait équipe pour faire l'ascension. Celle-ci peut s'effectuer en 2 ou 3 jours (en 3 jours, le 1er jour est consacré à un entrainement à la marche et à l'escalade avec crampons et piolets). Comme nous n'avons peur de rien, nous signons pour 2 jours. Comme l'ascension semblait très facile, Nat et moi avons décidé de corser les choses: la veille nous avons donc ingurgité plusieurs saltenas (sorte d'empanadas) très piquantes dont la viande était certainement avariée. Du coup, le matin du départ, la sainte tourista était là avec nous, décidée à nous accompagner jusqu'au sommet! Bon en ce qui me concerne, après 9 mois de voyage, j'ai appris à vivre avec elle. Mais pour Nat c'est très rare. Du coup elle n'était vraiment pas en condition pour faire une telle ascension et a finalement sagement renoncé à prendre le départ le 2ème jour. Le premier jour a été assez tranquille. Nous n'avons marché qu'1h30 pour rejoindre le camps de base. Nat n'étant pas très en forme, j'ai du porter notre matériel à tous les 2 (pantalons, vestes, chaussures, crampons, harnais...) et ça fait du poids! Au refuge nous avons retrouvé d'autres touristes partis eux pour 3 jours. Le lendemain, réveil 0h30. Nous faisons une cordée de 3 avec notre guide Félix, Joël et moi. Partis les derniers un peu avant 2h du matin, nous dépassons plusieurs cordées. Bien que nous ayons passé plusieurs semaines autour de 4000m d'altitude, nous ressentons les effets de l'altitude: essoufflement et accélération du rythme cardiaque. Mais la tourista est toujours avec moi et j'ai beaucoup de mal à m'alimenter. Ce qui devait arriver arriva: après plus de 3h de marche, gros coup de fatigue. Les 2 dernières heures sont difficiles, surtout que les derniers 100m sont finalement assez techniques: une partie d'escalade sur du mixte glace/rocher, puis une longue crête vertigineuse. Un peu avant 7h nous sommes enfin au sommet. Vue superbe. Pas le temps de s'attarder, il faut redescendre avant que le soleil ne commence à ramollir la neige. Dans la descente nous découvrons de jour les paysages et l'environnement qui nous ont échappés à la montée, notamment les nombreuses crevasses qui nous entourent et qu'il faut parfois enjamber. 2h plus tard nous sommes de retour au refuge et retrouvons Nat blottie dans son sac de couchage. Finalement nous ne sommes que 4 sur 11 à avoir atteint le sommet ce jour là! Deux personnes, dont Nat, ne sont pas parties, les autres ont abandonné dans la montée.


Huayna Potosi

La Paz, Bolivie, par Ju

Après le lac Titicaca, nous voici à La Paz. La ville n'est pas spécialement belle mais nous y sommes restés assez longtemps. La principale raison est que nous avons attendu une fenêtre météo pour faire l'ascension du Huayna Potosi, un sommet de 6088m. La deuxième raison est que nous avons trouvé un hôtel qui incitait franchement à l'oisiveté: chambre spacieuse, propre et lumineuse, eau chaude, petit déjeuner monstrueux, TV cablé (et oui ça fait du bien des fois de regarder le TV!), internet. La troisième raison est que pour une fois nous avions envie de ne rien faire! La Paz est quand même une ville intéressante et quelques musées méritent le détour, notamment le musée de la coca. La ville ressemble à un chapeau melon renversé: au fond, la ville coloniale et la ville moderne se mélangent avec églises, bâtiments coloniaux et immeubles de verre, sur les parois abruptes les petites maisons des quartiers défavorisés s'agglutinent, débordent de la cuvette et s'étendent sur plusieurs dizaines de km à l'extérieur, formant un immense quartier (600 000 habitants) appelé El Alto.


La Paz

Lac Titicaca, Bolivie, par Ju

Après plusieurs jours dans le désert du salar d'Uyuni, nous voici au bord du lac Titicaca, dans le village de Copacabana. Copacabana est une station balnéaire très à la mode. A quelques heures à peine de La Paz, la ville est prise d'assaut tous les weekends par des familles aisées venues de la capitale. On peut se balader le long du lac, faire du pédalo, manger des truites arc-en-ciel (spécialité de la région, la truite arc-en-ciel a été introduite dans le lac en 1939), et éventuellement se baigner. Après avoir passé une journée à Copacabana, nous sommes partis sur l'Isla del Sol, à seulement quelques km de Copacabana mais à plus d'1h30 de bateau. Sur place, on est étonné par le paysage qui rappelle celui d'une île aride méditerranéenne: eau d'un bleu profond, criques eaux translucides, falaises blanches, sentiers rocailleux... Nous nous sommes faits déposer le matin dans le nord de l'île, et après avoir visité le site archéologique de chincana, nous avons traversé l'île à pied du nord au sud et nous avons passé la nuit dans un hôtel construit sur une crête (avec une vue imprenable sur les 2 côtés de l'île). Avec environ 10km de long, 4km de large et une altitude moyenne de 3900m, l'Isla del Sol est une petite île qui abrite environ 2500 habitants permanents répartis dans 3 petits villages, Cha'llapampa dans le nord, Cha'lla au centre et Yumani dans le sud. Le tourisme représente la principale source de revenus de l'île et chaque maison fait office d'hôtel, de restaurant ou d'épicerie. Mais la gestion de cette ressource laisse... songeur. La majorité des touristes effectuant le même trajet que nous, les revenus du tourisme sont très inégalement répartis. Le village qui en profite le plus est Yumani dans le sud, puisque beaucoup de touristes décident d'y passer une nuit. Il y a donc de très nombreux hôtels et restaurants. Comme cela ne suffit apparemment pas, un droit d'entrée au village a été institué ce qui permet de gagner de l'argent même avec les touristes pressés qui à peine arrivés dans le sud de l'île reprennent un bateau pour Copacabana. Cha'llapampa ne s'en tire pas trop mal non plus puisqu'elle possède le seul site archéologique vraiment intéressant de l'île, les ruines de Chincana, évidemment payantes. Mais craignant que certains touristes allergiques aux tas de pierres taillées ne visitent pas ce site, le village a lui aussi institué un droit d'entrée. Et de deux! Mais le village de Cha'lla est malheureusement le laissé pour compte. En contrebas du sentier qui traverse l'île du nord au sud, peu de touristes prennent le temps d'y descendre et d'y dépenser leurs deniers. Du coup, comment faire lorsque la poule aux œufs d'or passent devant votre porte mais qu'elle ne dépose ses précieux œufs que chez vos voisins? Et bien comme partout ailleurs, on taxe le passage de la poule! Du coup, des habitants du village font les hitistes sur le chemin et font payer un droit d'entrée sur le territoire du village. Pour résumer, il y a donc 3 péages pour piéton sur un sentier d'environ 6km! Et à chaque péage, il y a évidemment plusieurs préposés au péage: celui qui détache les tickets, celui qui récupère l'argent, celui qui compte l'argent, celui qui regarde le lac, celui qui voudrait bien un jour pouvoir lui-aussi avoir le privilège de détacher les tickets selon les pointillés, celui qui se gratte la tête... A côté, les femmes des préposés au péage vendent des tissus en vrai laine naturelle d'alpaga synthétique faits à la main à la machine... Mais ce n'est pas tout! Car il faut rajouter à cela les tensions géopolitiques entre les villages de Cha'llapampa et de Cha'lla qui se disputent les droits de propriété sur quelques objets exposés dans le minuscule musée archéologique de Cha'llapampa: certains auraient été trouvés sur le territoire du Cha'lla, mais Cha'lla ne touche rien sur les droits d'entrée au musée. Rappelons que l'île mesure moins de 10km de long! En ce qui concerne les droits d'entrée sur le territoire des villages, ceux-ci restent modérés, entre 5 et 10 BO (0.50 et 1€), mais ces sommes ne sont pas négligeables par rapport à d'autres dépenses plus légitimes (12 Bo pour un menu à midi, 40 Bo pour une chambre pour 2 dans un hôtel de Yumani). Lorsque le touriste agacé demande comment est géré cet argent et à qui il est reversé, il s'entend immanquablement répondre: pour l'école et la santé. Du coup, on est très étonné de voir les enfants trainer dans les rues à toute heure de la journée, attendant les touristes pour les conduire dans les hôtels du village et toucher une commission de l'ordre de 5 à 10% du prix de la chambre (10Bo pour une chambre de 50Bo, soit 1€). A ce prix là, on comprend pourquoi il est plus intéressant de pister les touristes que de faire ses devoirs.


Titicaca

Le salar d'Uyuni, Bolivie, par Nat

Après une petite semaine très sympathique dans la région de Salta, nous rendossons nos sacs à dos, et nous quittons l'Argentine pour rejoindre la Bolivie en bus de nuit. Nous arrivons à la frontière Bolivienne aux premières heures du jour dans le froid matinal. Nous sommes toujours en compagnie de Joël et nous prenons tous les 3 un bus pour Tupiza. 3 heures de bus pour faire moins de 100km sur une route en piteux état qui s'est carrément terminée dans le lit d'une rivière sur les derniers km! La ville de Tupiza ne présente pas un grand intérêt mais c'est un point de départ idéal pour les tours en 4x4 depuis le sud lipez jusqu'au salar d'Uyuni. Nous rencontrons 2 néerlandaises, Dominique et Eva et une australienne, Felicity et nous voilà au complet pour 4 jours d'excursions (du 8 au 11 septembre) à travers les beaux paysages du sud lipez et du salar d'Uyuni. De magnifiques paysages désertiques: gorges, cactus, volcans (dont le Licancabur que nous avions déjà vu depuis San Pedro de Atacama), lacs multicolores, dunes de sables, geysers, cours d'eau où viennent s'abreuver les animaux, désert de sels. Le temps est magnifique, il n'y a aucun nuage à l'horizon, mais le vent extrêmement fort nous empêche de profiter longtemps de nos différents arrêts. Heureusement, cela ne gâche pas pour autant l'excursion. Nous croisons quelques petits villages complètement isolés qui vivent de l'élevage de lamas, d'alpagas ou de l'exploitation de petites mines de zinc, cuivre ou du borax des salars ou encore de la culture de la quinoa. Nous passons nos 2 premières nuits dans des petites auberges rudimentaires, en plein désert entre 4000m et 5000m d'altitude. La nuit et au petit matin, il fait très froid et les températures minimales de -10deg sont pourtant bien loin des -30deg des mois de juillet et août. Les auberges ne sont pas chauffées (parfois un petit poële est allumé le temps du dîner) alors il est vital d'avoir un bon sac de couchage en plus des 2 ou 3 couvertures bien chaudes en laine d'alpaga qui sont déjà fournies. Le désert est un endroit propice pour l'observation des étoiles et c'est pourquoi Joël, Julien et moi, avons bravé le froid glacial de la nuit pour observer les étoiles et constellations de l'hémisphère sud: Croix du sud, Orion, Pégase et la grosse planète Jupiter visible à cette époque. Un vrai régal pour les yeux mais au bout de 30 minutes d'observation, le froid a eu raison de nous. Le dernier soir, nous avons dormi à l'orée du salar d'Uyuni dans un hôtel de sel. A l'exception des portes et du toit, tout est construit en bloc de sel du salar d'Uyuni: murs, tables, tabourets, lits. C'est un passage obligé de tous les tours organisés au salar d'Uyuni et c'est original et sympathique. Le dernier jour, nous nous réveillons vers 5h30 du matin pour découvrir l'immense salar d'Uyuni au lever du soleil. Le spectacle est insolite et enchanteur: une étendue blanche de sel compact s'étendant à l'infini et parsemée de rares îles rocheuses couvertes de grands cactus verts. A la saison des pluies en janvier et février, le salar a un tout autre aspect puisqu'il est inondé. Le processus de formation du salar est le même que celui d'Atacama (cf.post sur San Pedro de Atacama).

Le salar d'Uyuni (3650m d'altitude) avec ses 12500km2 est une des plus vastes étendues de sel du monde mais c'est avant tout un des principaux attraits touristiques de la Bolivie. Mais depuis ce mois de septembre, c'est pour une tout autre raison que le salar d'Uyuni se trouve au coeur de l'actualité internationale. Ce magnifique salar contiendrait plus de 40% des réserves mondiales de lithium. Une poule aux oeufs d'or pour la Bolivie lorsqu'on sait que le lithium est utilisé dans les batteries électriques notamment dans l'industrie automobile. Actuellement, le principal gisement de lithium est celui du salar d'Atacama (39,3% de la production mondiale et nous vous en avons déjà parlé) suivi par la Chine (13,3% de la production mondiale). Les réserves de lithium du salar d'Uyuni suscitent la convoitise de nombreuses grandes firmes internationales. Mais cette fois-ci, contrairement à ce qui s'est déjà passé dans le cadre de l'exploitation des minerais et du gaz naturel de la Bolivie, Evo Morales a lancé un appel d'offre pour l'exploitation du lithium du salar d'Uyuni en fixant des conditions très claires afin d'assurer de véritables retombées économiques pour la Bolivie. Notamment, Evo Morales exige que la multinationale qui sera en charge de l'extraction du lithium, établisse une véritable filière industrielle de fabrication de batteries électriques et de voitures électriques sur le sol bolivien. A ce jour, l'industriel français Bollore semblerait favori.


Uyuni

jeudi 17 septembre 2009

Salta, Argentine, par Ju

Après avoir passé quelques jours dans le nord du Chili, nous voici dans le nord de l'Argentine, à Salta, avant de remonter vers la Bolivie. Beaucoup de frontières en peu de temps! Salta est une grande ville très agréable qui présente quelques beaux bâtiments de l'époque coloniale et de jolies places et parcs. Un musée est particulièrement exceptionnel, le musée MAAM (Museo de Arqueologia de Alta Montana). En 1999, un site funéraire inca a été excavé au sommet du volcan Llullaillaco à plus de 6700m d'altitude. Trois momies ont été déterrées, deux filles de 6 et 15 ans et un garçon de 6 ans. Ces trois enfants incas ont été conduits il y a environ 500 ans au sommet du volcan au cours d'une importante cérémonie religieuse, où, après avoir été drogués, ils sont morts d'hypothermie. Ils ont ensuite été enterrés avec de nombreux objets (statuettes, bijoux, vêtements...). Leur état de conservation est remarquable et leur exposition au grand public a été une décision très controversée. Les momies sont exposées à tour de rôle tous les 6 mois.

A peine arrivés à Salta, nous avons rencontré 3 français (Joël, Anne et David) avec qui nous avons loué une voiture et visité la région de Cafayate pendant 3 jours. Cette région est réputée pour ses vignobles (il s'agit de la 2ème région viticole après la région de Mendoza plus au sud). Difficile d'imaginer que la vigne puisse pousser dans une telle région, le climat étant semi-désertique, mais apparemment il y a suffisamment d'eau pour la vigne, et en ce qui concerne l'ensoleillement, pas d'inquiétude! Les 180km qui séparent Cafayate de Salta sont une succession de vallées aux paysages très différents: falaises, gorges, dunes de sable blanc, terre rouge, zones agricoles, montagnes, désert, immense étendues planes couvertes de cactus, vignes... De rares villages semblent perdus au bord de pistes sablonneuses et cahoteuses. Autour de Cafayate, des dizaines de châteaux proposent des dégustations de vin. Malheureusement, nous sommes en saison basse, et peu de vins sont disponibles à la dégustation. Les vendanges ont lieu entre mars et avril et nous n'avons pu goûter que des vins très jeunes, de 2008 et de 2009, que nous n'avons pas trouvés particulièrement bons...


Salta

samedi 12 septembre 2009

San Pedro de Atacama, Chili, par Ju

Après la quiétude du parc national de la Lauca, nous voici dans l'un des sites touristiques les plus visités du Chili, le salar d'Atacama. Malgré des conditions climatiques très difficiles (pluies très faibles, peu d'eau douce, très forte différence de température entre la nuit – jusqu'à moins 20degC- et le jour – jusqu'à 35 deg C-), le village de San Pedro de Atacama a connu un développement très rapide ces dernières années sous l'effet du tourisme. La ville est une succession d'hôtels, de restaurants et d'agences de voyage, où les arnaques sont devenues courantes. Pour s'en rendre compte il suffit de jeter un coup d'oeil au registre des plaintes consultable à l'office du tourisme de la ville: deux gros volumes rassemblent une litanie d'arnaques survenues au cours des derniers mois. La vigilance est donc de mise! Arrivés à San Pedro de Atacama le vendredi 28 août au matin, nous découvrons que la saison basse a déjà commencé depuis quelques jours: hôtels peu remplis, rabatteurs très actifs... Mais les prix n'ont pas pour autant beaucoup diminués, et restent très élevés par rapport aux autres villes du Chili. Nous remettons donc en pratique tout ce que nous avons appris en Asie: le marchandage acharné! Et ça marche plutôt bien! Nous avons fait plusieurs excursions dans la région: salar d'Atacama, geysers du Tatio, vallée de la lune, vallée de la mort, lacs de l'altiplano... Des paysages superbes! Le salar d'Atacama est une vaste étendue de sel de plus de 3000 km2. Le sel provient de la dissolution des sels contenus dans le sol volcanique de la région. Les eaux apportées par les précipitations sur la chaîne andine en été (janvier, février) et par la fonte des neiges s'infiltrent dans le sol, se chargent en sels, puis forment des nappes d'eau souterraines qui affleurent au niveau de la dépression du salar d'Atacama. Ces eaux s'évaporent ensuite progressivement, les sels cristallisent et s'accumulent formant une croûte solide. A certains endroits, des lacs apparaissent. Ces lacs, de faibles profondeurs et à l'eau très salée, ne sont pas un environnement très favorable à la vie. Mais quelques algues et micro-organismes parviennent à s'y développer, et font le bonheur de milliers de flamants roses. Dans la vallée de la lune, un canyon est particulièrement impressionnant: les roches, composées pour l'essentiel de chlorure se sodium cristallisé, sont truffées de micro-cavités. Lorsqu'elle est en plein soleil, la roche se dilate et des craquements raisonnent dans tout le canyon.

Mais le salar d'Atacama n'est pas seulement un désert isolé qui n'intéresse que les touristes. Après avoir représenté un énorme enjeux économique à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle du fait de ses gisements de nitrate (avant la guerre du Pacifique ayant opposé le Chili à la Bolivie et au Pérou entre 1879 et 1884, toute la région appartenait à la Bolivie), le salar d'Atacama est redevenu récemment un eldorado: le salar d'Atacama présente en effet le plus gros gisement de lithium exploité au monde. Le Chili est ainsi le premier producteur mondial de lithium (près de la moitié de la production mondiale). Mais son voisin, la Bolivie, devrait bientôt le supplanter, les plus grosses réserves de lithium au monde se trouvant dans le salar d'Uyuni (plus de la moitié des réserves mondiales connues). On vous en reparlera dans un prochain post. Le lithium est notamment utilisé pour fabriquer des batteries et des piles rechargeables. Avec la forte croissance du marché de la voiture électrique, le cours du lithium s'est envolé ces dernières années, passant de 260 à 2 300 euros la tonne en seulement 5 ans. L'exploitation du lithium pose évidemment des problèmes écologiques (les mines pompent l'eau des nappes souterraines, ce qui diminuerait le niveau d'eau des lacs du salar), mais qui ne pèsent pas grand chose face aux enjeux économiques.

A certains endroits des stigmates des différentes guerres qui ont opposées le Chili au Pérou, à la Bolivie ou à l'Argentine, sont encore visibles: certaines zones sont encore minées. Le processus de déminage est très lent, de nombreuses mines étant chaque année emportées par les eaux de ruissellement lors des pluies en été.


Atacama

lundi 7 septembre 2009

Parc national de la Lauca, Chili, par Nat

Nous quittons Arequipa et le Pérou le 23 aout au matin en direction d'Arica, une ville portuaire du nord du Chili: 7 heures de bus au milieu d'un désert très aride avec la meilleure compagnie de bus du Perou, Cruz del Sur. Bus très confortable, petit déjeuner inclus, diffusion d'américonneries récentes sur les TVs, diffusion d'un reportage sur des hôtels et restos de luxe du Pérou et une mémorable partie de Bingo (les hôtesses ont mis une sacré ambiance au micro)! C'était assez marrant mais malheureusement nous n'avons pas gagné. Tanpis!

Nous arrivons à Arica en début d'après midi. Le désert d'Atacama est souvent considéré comme le désert le plus aride du monde et Arica est un des lieux habités les plus secs au monde avec une moyenne annuelle des précipitations de 0,8mm par an. Arica est une ville portuaire qui appartenait au Pérou jusqu'à la Guerre du Pacifique (1879-1884). Avant la Guerre du Pacifique, toute la région du nord du Chili qui s'étend d'Iquique à Arica faisait partie du territoire péruvien et la région d'Antofagasta/San Pedro de Atacama appartenait à la Bolivie qui avait donc un accès à la mer. La Guerre du Pacifique connue aussi sous les noms «de guerre du salpêtre» ou «guerre du nitrate» est une guerre qui a opposé le Chili au Pérou et à la Bolivie en raison de l'enjeu économique que représentaient les gisements de guano (excréments d'oiseaux marins riches en nitrate) et de nitrate découverts dans les salars du nord du Chili actuel. Le nitrate était à l'époque utilisé dans la fabrication d'engrais et de poudre. C'est à l'issue de cette guerre que la Bolivie a perdu son unique accès à la mer. De nos jours, La Paz, la capitale bolivienne se trouve à seulement 8h de la ville portuaire d'Arica et de nombreux camions de marchandises boliviens transitent par Arica. Le Chili autorise le transit des camions boliviens sans les soumettre à aucune taxe. Actuellement, des discussions trilatérales entre le Chili, la Bolivie et le Pérou étudient l'éventuel attribution d'un accès à la mer à la Bolivie.

Il n'y a pas grand chose à voir à Arica mais c'est un point de départ pour des excursions dans l'altiplano proche de la frontière bolivienne. Nous avons opté pour 3 jours d'excursion pour visiter le parc national de la Lauca, la réserve naturelle de las vicunas et le salar de Surire. Le trajet d'Arica jusqu'à l'altiplano est impressionnant: montagnes de sable et de cailloux sans aucune végétation, quelques oasis fertiles où sont cultivés olives et légumes puis c'est l'altiplano andin (4000m d'altitude) avec ses beaux volcans, ses petits cours d'eau où viennent s'abreuver les animaux. Nous avons pu observer une faune variée: les 4 types de camélidé andin (les guanacos et les vigognes qui sont 2 espèces sauvages et protégées et les lamas et les alpagas qui sont domestiqués pour leur laine et leur viande), un suri (ou nandou, un genre d'autruche andine), plein de viscaches et les 3 types de flamant andin (flamant du chili, flamant des andes et flamant de James) qui se nourrissent des micro-crevettes qui vivent dans la vase du salar de Surire! Autant les vigognes et les guanacos sont assez craintifs autant leurs cousins domestiqués n'ont pas peur de nous. En nous arrêtant à l'un des postes de contrôle du parc national de la Lauca, Juju a voulu vérifier le mythe du lama cracheur en embêtant le lama et les 3 alpagas mascottes du lieu en question. Et bien oui! Les lamas et les alpagas embêtés par Juju lui ont craché à la figure! Et c'est franchement dégoûtant!

Un très chouette tour organisé où nous n'avons rencontré quasiment personne et durant lequel nous avons pu pleinement profiter de paysages magnifiques. Les 2 premiers jours nous étions seuls avec notre guide très sympathique aux airs de Rahan et qui passait sa journée à mastiquer des feuilles de coca qui soi-disant évite le mal des montagnes. Le dernier jour, nous avons eu un super guide, un ancien prof d'histoire très intéressant. Nous nous sommes arrêtés dans un petit village de 12 habitants où nous avons visité une petite église construite au XVIIème siècle. L'intérêt de la visite réside dans les peintures murales de l'église: les scènes religieuses peintes par les indigènes de l'époque témoignent du mélange des croyances indigènes locales (culte de la Pachamama, la mère terre nourricière) avec le christianisme importé et imposé par les conquistadors. Sur une des peintures, à la place des romains, se sont les conquistadors qui ont fait crucifier Jésus Christ. Sur une autre, on remarque que Jesus Christ est représenté avec des formes féminines pour évoquer la déité féminine de la Pachamama.

De retour sur Arica le 27 août au soir, nous avons pris un bus de nuit pour rejoindre San Pedro de Atacama qui se trouve à 12h de route.


Lauca


Viscacha:


Alpaga:


jeudi 3 septembre 2009

Canyon del Colca, Pérou, par Ju

Après avoir choisi l'option grand luxe pour notre trek dans la Cordillère blanche (guide + ânes), nous avons décidé de faire un trek dans le canyon del Colca en solo. Le canyon del Colca est sensé être le deuxième canyon le plus profond du monde. Mais on commence à se méfier avec les superlatifs des guides de voyage: on a vu trop souvent le pont le plus long du monde, la rivière la plus longue du monde, la gare la plus haute du monde, le lac le plus haut du monde... Le canyon del Colca est également connu pour ses condors. Il s'agit d'un des derniers endroits où l'on est pratiquement assuré d'en voir. Après avoir glaner quelques informations sur internet, nous avons décidé de faire une boucle de 2 jours dans le canyon. Le départ de la rando est le village de Cabanaconde, à environ 6h de bus d'Arequipa. Les paysages sur la route Arequipa-Cabanaconde sont spectaculaires. On traverse un immense désert au milieu de montagnes et de volcans. La région est très aride, et le fond du canyon est un oasis de verdure. Au niveau de Cabanaconde, il y a un peu plus de 1000m de dénivelé entre le haut du canyon et la petite rivière au fond de celui-ci. Mais le canyon atteint par endroit une profondeur de plus de 3400m! La rando est finalement assez facile et courte. Partis au lever du jour de Cabanaconde pour éviter de marcher en pleine chaleur nous sommes arrivés au petit village de Tapay, notre première étape, vers 11h, beaucoup plus tôt que prévu. Du coup nous avons pu lézarder au soleil toute l'après-midi... Bien que le canyon soit très difficile d'accès, de nombreux petits villages s'accrochent à ses parois. A Tapay, les villageois sont presque autosuffisants: ils cultivent fruits et légumes, élèvent moutons, chèvres et vaches, et vendent une partie de leur récolte au marché de Cabanaconde (à 4h de marche minimum) pour s'acheter du sucre, de l'huile et du riz. Les perspectives de développement de cette région sont pratiquement nulles: région hyper aride, les quelques zones cultivables situées au fond du canyon sont trop inaccessibles pour que l'agriculture puisse y être développée à une échelle plus importante que celle de la cellule familiale. Le village de Tapay a l'électricité depuis un peu plus de 2 ans. Le lendemain nous partons de bonne heure pour terminer la rando avant midi. La dernière montée est assez rude mais la vue est spectaculaire. Nous passons le reste de l'après-midi à guetter les condors du haut des falaises. Le lendemain, retour à Arequipa.


Canyon del Colca

mardi 1 septembre 2009

Arequipa, Pérou, par Ju

Nous sommes arrivés à Arequipa le 16 août au matin. Arequipa est la deuxième ville du Pérou avec plus de 800 000 habitants. Elle n'a pourtant pas les allures d'une grande ville, si ce n'est que les quartiers défavorisés aux maisons en adobe s'étendent à l'infini, jusque sur les pentes des volcans qui entourent la ville. Ici, contrairement à Cuzco, pas de vestige d'une cité inca enfouie sous la ville coloniale: Arequipa fut fondée par les conquistadors espagnols en 1540. La place centrale entourée d'arcades est un des joyaux de la ville. Les rues du centre historique sont très belles, les maisons assez sobres du point de vue de l'architecture brillent par leurs couleurs: bleu, ocre, vert clair. Comme dans toutes les autres villes du Pérou, il y a des églises et des monastères à chaque coin de rue. Mais un bâtiment religieux sort clairement du lot: le monastère Santa Catalina. Construit en 1579, ce monastère occupe une superficie de plus de 2 ha et a accueilli jusqu'à 500 religieuses. C'est une ville dans la ville, avec des ruelles, des petites places et des jardins. Ouvert au public en 1970, le monastère n'accueille aujourd'hui qu'une trentaine de religieuses qui vivent toujours recluses dans une partie du monastère non accessible au public. Ce qui frappe le plus lorsque l'on se balade dans ce monastère, ce sont les couleurs des bâtiments (rouge et bleu) qui contrastent avec l'austérité de l'intérieur. En nous baladant dans les rues d'Arequipa, nous avons constaté que les gamins étaient très mal élevés. Par exemple, un bambin d'environ 6 ans m'a pointé du doigt au milieu de la rue et a crié « tiene mucho pelo », traduction « il a beaucoup de poils »... va falloir que je sorte mon rasoir.


Arequipa

Cuisine péruvienne, Pérou, par Ju

Même si la cuisine péruvienne n'est pas aussi fine que la cuisine asiatique, il faut reconnaître que nous nous sommes régalés au Pérou. Les soupes sont particulièrement réussies. Ce sont généralement des soupes de légumes avec des morceaux de pommes de terre, du blé, des pâtes ou de la quinoa, et un morceau de viande (souvent du poulet). Très copieux! Et puis au Pérou, il y a toujours un petit resto où l'on peut avoir un menu complet (soupe + plat principal + boisson) pour quelques soles. A midi, les plats sont souvent accompagnés d'un verre de chicha morada (maïs noir fermenté), et le soir d'une infusion de feuilles de coca ou d'une tisane à la camomille. Le plat le plus classique est le lomo saltado: du boeuf émincé revenu avec des oignons et des tomates, et servi avec du riz et des frites. En ce qui concerne les spécialités locales, nous avons beaucoup aimé la viande d'alpaga. C'est une viande très tendre qui a beaucoup de goût, sans que ce goût ne soit fort comme du chevreuil par exemple.

Machu Picchu, Pérou, par Nat

Le Machu Picchu est considéré comme l'un des plus beaux sites archéologiques d'Amérique latine. Afin de ne pas être déçus par les autres sites incas de la vallée sacrée, nous avons choisi de visiter les ruines du Machu Picchu en dernier. Le meilleur pour la fin!

La cité du Machu Picchu, située à 130km au nord-ouest de Cuzco, se trouve sur un site montagneux du versant oriental des Andes au commencement du bassin amazonien. La cité, entourée de forêt tropicale, a été construite au XVème siècle, à 2400m d'altitude, sur un promontoire rocheux qui relie les monts Machu Picchu et Wayna Picchu. Vous avez tous en tête la célèbre photo de la cité avec une très belle montagne en arrière plan? Et bien cette montagne est le Wayna Picchu et bien que son sommet semble inaccessible, les incas y ont édifié une partie de la ville qu'il est aussi possible de visiter. La montagne qui a donné son nom à la cité inca est celle qui se trouve en face du Wayna Picchu et que nous ne voyons pas sur les clichés les plus connus. Mais pour vous faire partager les faces cachées de la cité, nous avons pris plein d'autres prises de vue!

Abandonnée pendant des siècles et n'ayant jamais été mentionnée dans les écrits des conquistadores espagnols, l'existence des ruines a été révélée au grand public en 1911 par l'historien américain Hiram Bingham. Bien que l'existence des ruines ait été connue localement (2 familles de paysans péruviens vivaient juste à côté des ruines, lesquelles étaient recouvertes par la végétation tropicale), la découverte scientifique des ruines a été attribuée à Hiram Bingham qui fut le premier à reconnaître l'importance des ruines et à les étudier. La découverte scientifique des ruines du Macchu Picchu remonte donc au 24 juillet 1911, jour où Hiram Bingham mit les pieds sur le site accompagné de ses guides péruviens.

On ne sait pas grand chose sur les fonctions de cette cité (centre religieux, résidence de l'Inca) mais la ville est organisée en 2 parties distinctes: le sud de la cité est couvert de terrasses agricoles et le nord abrite le temple du soleil (temple présent dans chaque cité inca, le soleil étant la principale déité), un palais et des habitations.

Le site est inscrit au patrimoine mondial de l'humanité depuis 1983 et reçoit environ 400 000 touristes par an. Actuellement, il serait menacé par une trop grande fréquentation et certains craignent des glissements de terrain sur le mont Wayna Picchu. C'est pourquoi, sur les 1000 visiteurs journaliers en moyenne, seuls 400 sont autorisés à gravir le Wayna Picchu! Quand on sait que le sommet du Wayna Picchu offre une vue imprenable sur la cité et sur la vallée en contrebas, on ne peut que souhaiter faire partie de ces 400 chanceux! Mais comment cela se passe-t-il? Très simple: premiers arrivés premiers servis! Et comme beaucoup de touristes ont la même idée, et bien il faut se lever tôt, très tôt afin d'arriver bien avant l'heure d'ouverture du site pour s'assurer sa place au Wayna Picchu. L'accès au Machu Picchu se fait soit par le village d'Aguas Calientes (accessible uniquement par voie ferroviaire, aucune route ne mène à Aguas Calientes), soit à l'issue d'une randonnée de 4 jours sur le chemin des incas qui mène à la cité du Machu Picchu (mais comme seuls 500 permis d'entrée sur le chemin des incas sont délivrés chaque jour, il est impératif de réserver son trek plus de 3 mois à l'avance). L'option randonnée sur le chemin des incas n'ayant pas été possible pour nous, nous n'avons pas eu d'autres choix que de nous rendre en train à Aguas Calientes. Et là c'est la douche froide! Les tarifs des trains pour les voyageurs étrangers sont indécemment chers! Pour réduire les frais, au lieu de prendre le train depuis Cuzco, nous l'avons pris depuis Ollantaytambo (à mi-chemin entre Cuzco et Aguas calientes) juste après notre visite du site inca de Ollantaytambo. Le trajet dure 2h pour 60km et en réussissant à avoir les tarifs les plus bas, notre aller/retour nous est revenu à 45 euros/pers! Prix exorbitant quand on sait qu'en bus au Pérou, on fait le même trajet aller/retour pour 2 euros! Mais ce n'est pas tout, les tarifs d'entrée du Machu Picchu (valable un seul jour) viennent tout juste de doubler et sont clairement exorbitants pour les étrangers: 32 euros tarif normal, 16 euros tarif étudiant! Sans compter le train, le Machu Picchu est ainsi le site le plus cher que nous ayons visité au cours de nos voyages! Pour vous mettre en tête quelques références, une entrée au Taj Mahal coûte 12euros, une entrée pour un jour à Angkor (qui s'étend sur un rayon de plus de 50km) coûte 15euros, une entrée à la Cité interdite de Pékin coûte 6euros et une entrée au site maya de Tikal au Guatemala coûte 12euros.

Nous sommes arrivés à Aguas Calientes en fin de soirée le 11 août. Le Machu Picchu se trouve 400m plus haut à 8km d'Aguas Calientes. Un service de bus fait la navette entre Aguas Calientes et le Machu Picchu pour 5,5euros l'aller (encore un prix exagérément cher) mais le premier bus ne part qu'à 5h30 du matin. Oui vous l'avez compris, le premier bus dépose les touristes à l'entrée du site seulement 10 min avant l'ouverture des portes et à cette heure-ci il y a déjà beaucoup de monde. Gravir le Wayna Picchu ça se mérite et nous décidons de faire le trajet Aguas Calientes/ Machu Picchu à pied et de nuit, comme la plupart des jeunes! La nuit a été courte. Nous avons quitté Aguas Calientes à 3h50 du matin pour entamer notre montée au Machu Picchu. On vous rassure, contrairement à notre rando de nuit au Bromo à Java, le parcours est très bien fléché: 2km sur du plat puis 400m de dénivelé à gravir. Nous sommes arrivés à l'entrée au bout d'1h après avoir doublé une 12aine de personnes mais malgré tout une 50aine de personnes était déjà là. Certains étaient partis d'Aguas Calientes à 1h30 du matin! A l'arrivée, c'est l'euphorie générale, ça rigole, ça casse croûte... et dès que les gardiens arrivent pour l'ouverture des portes à 6h du matin c'est l'anarchie: bousculade, resquille, chahut... ceux qui ont déjà leurs tickets comme nous gagnent un peu de temps. Une fois les portes d'entrée franchies, il faut encore courir jusqu'au Wayna Picchu pour avoir sa place pour la montée. A 6h du matin, la brume recouvre le site et on distingue à peine les ruines, mais de toute façon nous n'avons pas le temps de regarder les ruines tant que nous n'avons pas nos places pour le Wayna Picchu! Tout le monde court, certains manquent même de tomber pas terre. Il y a 2 créneaux horaires pour monter au Wayna Picchu, chacun de 200 personnes: un à 7h quand la brume n'est pas encore tout à fait dissipée et un à 10h. Inutile de vous dire que la majorité des gens préfère celui de 10h. Pour nous, pas de soucis, nous avons été assez rapides pour obtenir celui de 10h. Youpi! Nous pouvons commencer à visiter les ruines tranquillement. Le site est grand et surtout il n'y a pas de répit pour les gambettes: ça grimpe! Afin de voir la cité sous différents points de vue, nous avons emprunté le chemin des incas jusqu'au temple de Intipunku qui se trouve à quelques minutes de marche de la cité. La brume matinale confère au site une atmosphère particulière qui incite à la contemplation. Nous avons passé plus d'une heure à contempler les ruines sous leur angle le plus connu avec le Wayna Picchu en arrière plan. Un moment inoubliable! A 10h, nous sommes partis gravir le Wayna Picchu. Il nous aura fallu une demi-heure pour arriver au sommet à un rythme bien soutenu. Ça grimpe sec et heureusement que nous avons outrepassé certaines des interdictions du site. Figurez vous qu'au Machu Picchu, il est interdit d'emporter de la nourriture ou des bouteilles d'eau! Pour une fois, et comme la majorité des visiteurs, nous avons fait fi de cette interdiction stupide en raison des efforts physiques à fournir lors de la visite! Hors de question de monter le Wayna Picchu sans eau et sans rien à grignoter! Au début de la montée du Wayna Picchu, des bouteilles d'eau de 500ml sont vendues 8 soles (2 euros!) alors que le tarif normal d'une bouteille de 2,5L est de 2,5 soles (moins d'un euro)! Très culotté tout de même! La vue depuis le sommet est splendide: une vue plongeante sur la vallée du rio Urubamba en contrebas et une vue atypique sur la cité et le mont Machu Picchu! L'après midi, nous avons fait une visite détaillée de tous les édifices du site.
Nous n'avons pas pris de guide car le prix demandé d'au moins 20 euros est démesuré face à la qualité générale des guides. Au lieu de cela, nous avons acheté un petit livre explicatif: c'est moins cher et plus fiable! Nous avons fini la visite vers 16h peu de temps avant la fermeture et contrairement à ceux qui ont craqué sur le bus navette, nous avons repris nos escaliers du matin pour rentrer à Aguas Calientes à pied et à cours d'eau... nous n'avions plus d'eau pour la descente et il était hors de question d'acheter la petite bouteille d'eau sur le site, par principe! Inutile de vous dire qu'à notre arrivée à Aguas Calientes nous nous sommes descendu 1,5L d'eau en 5min et nous n'avons pas fait long feu le soir. La journée aura été inoubliable.

Nos impressions: le site est spectaculaire et correspond vraiment à l'idée que l'on s'en fait. Les édifices sont bien conservés. C'est un des plus beaux sites que nous ayons visité mais nous devons admettre que les cités incas ne fascinent ni par leur architecture, très sobre, ni par la décoration de leurs édifices qui est souvent inexistante. Hormis leur emplacement, les cités incas se ressemblent toutes. En Amérique centrale (plus particulièrement Mexique et Guatemala), les cités mayas, aztèques, zapotèques et téotihuacan subjuguent par la beauté et la variété de l'architecture de leurs édifices ainsi que par les décorations de leurs édifices (temples ou palais) dont les fresques murales (bas-reliefs et/ou peintures) racontent souvent un bout d'histoire de ces civilisations. Et rajoutons que ces civilisations d'Amérique centrale sont soit antérieures soit contemporaines aux incas. De même, en Asie, souvenez vous de la créativité architecturale et de la finesse des bas-relief et fresques de certains temples en Inde (les temples hindous érotiques de Khajuraho, Xème au XIème siècle) et des constructions khmers telles que les temples d'Angkor (du IXème au Xvème siècle).


Machu Picchu