samedi 19 décembre 2009

C'est presque la fin

Voilà c'est la fin. Nous prenons l'avion pour Londres dans quelques heures et pour une fois le blog est à jour! Nous avons passé 2 jours à Buenos Aires. Nous nous sommes baladés tranquillement dans les quartiers que nous avions bien aimés lors de notre premier passage, nous avons bien mangé, et nous nous sommes reposés (eh oui 1 an à courir le monde avec son sac sur le dos c'est épuisant!) histoire de penser un petit peu à cette année formidable qui se termine. Nous avons vu qu'il avait neigé un peu partout en France. Ici, à Buenos Aires il fait très chaud. Cela rendra notre retour encore plus difficile! Dans 2 semaines nous reprenons tous les 2 le boulot... une page se tourne, 1 an de voyage, plusieurs mois de préparation, plusieurs années à y penser... mais nous avons plein d'autres projets...


Pour la route, voici une petite chanson:

Péninsule Valdès, Argentine, par Nat

Le 12 décembre au matin, nous arrivons à Puerto Madryn depuis Puerto Deseado. Nous avons enduré une nouvelle fois 12h de bus. A notre arrivée, le temps n'est pas terrible alors nous profitons de cette journée pour organiser nos 3 jours sur la péninsule Valdes. L'attraction principale de la péninsule Valdès est l'observation des baleines franches australes. Tous les ans, de juin à décembre, quelques 800 baleines franches australes se rassemblent dans les eaux calmes du golfe nuevo (formé par la baie de Puerto Madryn et la Péninsule Valdes) pour se reproduire et mettre bas. C'est maintenant la fin de la saison de reproduction des baleines et la plupart d'entre elles ont déjà quitté le golfe pour rejoindre leur aire d'alimentation, dans les eaux froides de l'Antarctique. D'ailleurs, les excursions en bateau s'arrêtent le 15 décembre. Mais une visite de la Péninsule Valdes ne se réduit pas à l'observation des baleines puisqu'on peut y observer une faune marine variée (lions de mer, éléphant de mer, manchots de Magellan, orques) ainsi que de nombreux animaux terrestres (tatous, nandous, guanacos, renards, mouffettes). Contrairement à La plupart des touristes qui ne passent qu'une journée sur la péninsule Valdes, nous avons loué une voiture pour y passer 3 jours en logeant à Puerto Piramides: les distances sont grandes, les routes sont des pistes de graviers alors nous préférons prendre notre temps pour observer les animaux. L'un de nos principaux objectifs est de voir des orques bien que cela soit assez difficile. Les plages de la côte est abritent de grandes colonies d'otaries et d'éléphants de mer qui représentent un véritable garde-manger pour les orques! D'ailleurs, les célèbres scènes d'orques s'échouant volontairement sur la plage pour attraper des otaries ou des éléphants de mer ont été filmées ici. C'est généralement au mois de février, lorsque les plages regorgent de bébés otaries ou éléphants de mer, que les orques viennent chasser fréquemment en groupe (de nombreux photographes professionnels passent le mois de février à essayer d'avoir LA photo de l'échouage d'orque!). Nous savons que ce n'est pas la meilleure période pour assister à une telle scène de chasse mais avec beaucoup de chance il est possible de voir un groupe d'orques patrouiller le long de la côte est depuis des miradors. Nous commençons notre visite de la péninsule par une excursion en bateau pour aller voir les dernières baleines de la saison. L'agence d'excursion en bateau nous apprend qu'un groupe d'orques a été aperçu la veille près des côtes de Puerto Piramides. Un groupe d'orques dans le golfe nuevo? Les rangers nous confirment que c'est totalement inhabituel, les orques ne rentrent jamais dans le golfe nuevo. Nous partons alors avec un peu d'espoir mais sans vraiment y croire pour 1h30 de bateau à la recherche des baleines et peut-être des orques. Les guides nous précisent qu'il faudra être patient pour apercevoir les baleines car il n'y en a plus beaucoup et qu'il faut naviguer un peu plus pour les trouver. A peine notre guide a-t-elle le temps de finir sa phrase que Juju et moi, en même temps, nous voyons une première baleine! Nous n'avons même pas eu à patienter pour tomber sur une première baleine avec son baleineau. Contre toute attente, nous avons bien profité des baleines puisque nous avons vu 5 couples mère/petit et un saut de baleine au loin! Cela fait déjà 1h30 que nous profitons des baleines et il est temps de rentrer à Puerto Piramides. Quand soudain, sur la route du retour, notre pilote reçoit un coup de téléphone et change de cap! Que se passe t-il? Notre guide nous apprend qu'il y aurait un groupe d'orques non loin d'ici. Nous avons du mal à y croire! Notre bateau fonce dans la direction indiquée et là, quel spectacle, nous tombons sur le groupe d'orques aperçu la veille! Quelle chance de pouvoir les voir de si près. Nous avons réussi à voir les orques sans même avoir eu besoin de les chercher! Après cette expérience inespérée, nous avons passé des heures et des heures (pas moins de 12h en 3 jours) à scruter l'horizon dans l'espoir de revoir les orques... mais sans succès. Le dernier soir, alors que nous grimpons sur les falaises de Puerto Piramides pour admirer le coucher de soleil, nous tombons sur une adorable petite famille de mouffettes! Incroyable! Encore un nouvel animal à notre palmarès. Le 15 décembre, enchantés de nos 3 jours sur la péninsule Valdès, nous rentrons sur Puerto Madryn en fin de journée. Ce soir-là, nous prenons notre dernier bus de nuit (19h de voyage) pour rejoindre Buenos Aires où nous terminerons notre voyage.


Peninsule Valdes

vendredi 18 décembre 2009

Puerto Deseado, Argentine, par Ju

A moins de 10 jours de notre retour en France, nous avions 3 solutions: trouver une plage de sable blanc et nous reposer sous les cocotiers, trouver un chalet en montagne et nous reposer les pieds dans la neige, ou donner un dernier grand coup d'accélérateur pour en prendre plein les yeux une dernière fois. C'est évidemment pour la 3ème solution que nous avons opté.

Voici le tableau: entre Ushuaia et Buenos Aires, environ 3000km de route au milieu d'une pampa déprimante et entre ces deux villes, un lieu exceptionnel pour l'observation de la faune, notamment marine, la péninsule Valdes. On peut y voir des baleines franches australes, des lions de mer, des éléphants de mer, toute sorte d'oiseaux de mer, et avec beaucoup de chance des orques (les fameuses images d'orques s'échouant volontairement sur des plages pour attraper des lions de mer, c'est là). Une étape donc incontournable pour nous. Mais en fouinant sur internet et en épluchant notre guide de voyage, un petit port de pêche situé entre Ushuaia et la péninsule Valdes capte notre attention: Puerto Deseado. Nous n'avons que très peu d'information sur Puerto Deseado. Nous savons que l'endroit est assez inaccessible: il faut prendre plusieurs bus dont les connexions semblent hasardeuses. Le tourisme y est donc peu développé. Une petit île au large de Puerto Deseado semble être un paradis pour la faune marine. En plus des lions de mer, des manchots de Magellan et des oiseaux marins que l'on trouve un peu partout sur la côte de la Patagonie, on peut y voir des dauphins de Commerson, des dauphins australes, et surtout des manchots gorfous sauteurs (si vous avez vu le dessin animé Les rois de la glisse, et bien Cody est un gorfou sauteur).

Nous contactons par email les deux agences qui semblent proposer des excursions sur l'île. Réponse assez rapide de la première agence: c'est une excursion un peu spéciale, nous ne partons qu'avec un minimum de 6 personnes, pour le moment aucune sortie de prévue avant le 20 décembre. Zut! N'ayant pas de réponse de la deuxième agence, nous décidons d'abandonner notre projet: trop compliqué et trop incertain. Mais le 8 décembre, la veille de notre départ prévu d'Ushuaia, nous recevons un email, aux alentours de minuit, de la deuxième agence: c'est une excursion un peu spéciale, nous ne partons qu'avec un minimum de 6 personnes, nous avons un groupe pour le 11 décembre. Gagné! Quelle chance! Il ne nous reste plus qu'à trouver une solution pour rejoindre Puerto Deseado en moins de 2 jours. Ce n'est pas gagné! La solution bus est couteuse, lente et laborieuse. Nous découvrons alors qu'une compagnie aérienne LADE, propose des vols Ushuaia – Puerto Deseado deux fois par semaine, et il y a justement un vol le lendemain, le 9 décembre. Puerto Deseado n'ayant qu'environ 10 000 habitants, c'était inespéré! LADE est une compagnie aérienne qui dépend de l'armée de l'air argentine. Elle a pour mission de relier entre elles et aux grands centres urbains les petites villes isolées de Patagonie. De nombreuses liaisons ne sont donc réalisées que par LADE, par exemple Ushuaia-Puerto Deseado, car elles ne sont pas rentables économiquement et n'intéressent donc pas les compagnies aériennes commerciales. Les prix des billets sont généralement dérisoires: 55€/personne pour Ushuaia-Puerto Deseado. C'est à peine plus cher que le bus! Nous apprenons également que la liaison Ushuaia–Puerto Deseado n'existe que depuis novembre 2009! Quelle chance! Le lendemain matin nous achetons donc nos billets pour l'après-midi. Les avions servant en fait de navette entre les villes isolées de Patagonie, notre avion atterrit une première fois à Rio Gallegos, puis à Puerto Deseado (nous sommes alors les seuls personnes à descendre de l'avion), puis à Comodoro Rivadavia.

Nous arrivons ainsi à Puerto Deseado le 9 décembre au soir. Après avoir passé quelques jours dans la très touristique Ushuaia, nous nous retrouvons dans un petit port de pêche presque désert. Le lendemain nous passons à l'agence: une excursion pour la Isla Pinguino est bien prévue le 11 décembre. Parfait! On vous laisse découvrir la suite sur les photos...


Puerto Deseado

jeudi 17 décembre 2009

Ushuaia, Argentine, par Ju

Ushuaia! Le pays des gels douches! Nous y sommes. Le fjord, la ville blottie au pied de montagnes enneigées, les bateaux en partance pour l'Antarctique, le vent qui siffle, le froid qui tétanise... tout y est. Mais avant de vous parler plus en détails de notre séjour au bout du monde, il faut que je vous parle de notre trajet de bus depuis Puerto Natales. Nous avons donc pris un bus à Puerto Natales le 7 décembre vers 7h du matin, nous avons parcouru des centaines de km au milieu de la pampa, nous avons traversé le détroit de Magellan et rejoint la terre de feu, nous avons quitté le Chili pour la 3ème fois, nous sommes rentrés en Argentine pour la 6ème fois, nous avons longé des fjords et des lacs, nous avons contourné des montagnes... pour enfin arriver à Ushuaia, la ville la plus plus australe du monde (latitude 54deg sud), le 7 décembre dans la soirée. On vient à Ushuaia pour pouvoir dire que l'on est allé au bout... et que le bout suivant, c'est l'Antarctique, juste en face, à à peine 1000km. Nous avons quand même sorti nos chaussures de rando (et accessoirement nos maillots de bain, le mien en fait, cf photo) pour faire une marche dans le parc national de la terre de feu: rien de spectaculaire, juste des paysages de bout du monde.
Prochaine étape, Puerto Deseado, notre avant dernière étape avant Buenos Aires, un port de pêche inconnu et inaccessible, un de nos plus beaux coups!


Ushuaia

Torres del Paine, Chili, par Nat

Nous arrivons à Puerto Natales (Chili) le 1er décembre à l'issue d'un petit trajet de bus de 6h qui nous a paru bien long. Il faut bien admettre qu'à mesure que l'on approche de la date fatidique de notre grand retour, nous supportons de moins en moins les trajets de bus surtout lorsque le paysage est monotone!

La petite ville de Puerto Natales logée au fond d'un fjord du sud de la Patagonie chilienne est le principal point d'accès au célèbre parc national du Torres del Paine qui se trouve quand même à presque 200km de la ville. La réputation de ce parc national comme étant l'un des plus beaux parcs d'Amérique du Sud en a fait l'attraction majeure de la région. On est presque au bout du monde mais il y a tout ce qu'il faut pour préparer son excursion de plusieurs jours dans le parc: magasins de vêtements de trekking, magasins de location de matériel de camping, supermarchés bien achalandés. Nous consacrons notre journée du 2 décembre à l'organisation de notre trek: provisions pour 4 ou 5 jours, location d'une tente, d'un réchaud, de tapis de sol et de bâtons de rando, réservation du bus. A Puerto Natales, le temps est nuageux avec quelques averses de pluie mais il est impossible d'avoir des prévisions météo fiables pour le parc national. Nous savons juste que le mauvais temps a sévi pendant plusieurs semaines d'affilée dans cette région de la Patagonie et qu'il y a encore 1 semaine, des randonneurs ont du abandonner leur circuit dans le Torres del Paine à cause des conditions climatiques difficiles (chutes de neige, pluie et vents violents). Nous prévoyons de partir 4 jours/3 nuits dans le parc où nous comptons suivre le parcours classique du W (ce circuit d'environ 90km tient son nom de la forme du parcours qui suit 3 vallées en formant un W !). Généralement les gens réalisent le parcours en 4 à 5 jours mais au vu du profil du circuit (peu de dénivelé, le dénivelé maximum est de 800m dans la vallée de l'est) cela nous semble réalisable en moins de temps. Chacune des trois vallées du circuit offre des panoramas magnifiques: glacier Grey (vallée de l'ouest), la vallée du français (vallée du centre) et ses Cuernos (monts de granit clair et de roches sédimentaires sombres) et les tours «torres» (vallée de l'est) qui ont donné leur nom au parc! Les torres del Paine culminent à environ 2400m et sont souvent cachées par les nuages. Nous partons pour le parc le 3 décembre avec l'unique bus du matin qui part à 7h30 de Puerto Natales et nous dépose à l'entrée est du parc à 9h30. Le temps est correct avec du soleil et des nuages... mais les fameuses tours (vallée de l'est) ont leurs sommets en partie cachés par les nuages! Ok! C'est décidé! Nous payons l'entrée du parc et nous remontons dans le bus pour rejoindre le point de départ du parcours d'ouest en est dans l'espoir que les tours se dégagent pour le dernier jour. Après le bus, un catamaran nous emmène au point de départ de la randonnée qui se trouve au bout d'un très beau lac émeraude, le lac Péhoé. Il est 10h30 et la prochaine traversée de 30min n'est qu'à 12h. En attendant, nous laissons nos sacs à l'embarcadère et nous nous échauffons par un petit aller/retour de 3km vers un belvédère sur les Cuernos. Puis nous prenons le bateau: la traversée offre une vue magnifique sur les Cuernos!

Nous débarquons à 12h30 au refuge/camping Péhoé, point de départ de notre trek. Nous sommes bien une 50aine de nouveaux randonneurs mais c'est ici que les organisations et logistiques divergent. Certains dorment au chaud en refuge (c'est tentant mais cela impose une réservation de plus d'un mois d'avance et empêche toute modification de parcours en cas de mauvais temps. En plus, les prix commencent à 30 euros la nuit en dortoir par personne!), certains dorment en camping payant (pour 7 euros par personne par nuit, cela donne accès à de vrais toilettes mais surtout à de bonnes douches chaudes) et les autres dorment dans les campings gratuits du parc qui sont généralement perdus au fin fond des vallées avec WC basique et évidemment pas de douche. Pour le premier soir, nous choisissons la 2ème solution plus par soucis logistique que pour le plaisir d'avoir une bonne douche chaude à la fin de la journée: nous pouvons faire un aller/retour jusqu'au glacier Grey sans avoir à porter nos sacs lourds. Le soleil se lève vers 5h du matin et se couche vers 22H30 ce qui permet de longues et belles journées de marche. Le temps de nous installer au camping et de manger nos sandwichs, il est déjà 13h30 lorsque nous entamons notre randonnée. Les rangers nous annoncent 9h de marche pour l'aller/retour que nous comptons faire mais bien que ces temps nous paraissent démesurément long au vu du profil de la randonnée nous ne devons pas trainer si nous voulons rentrer au camping avant la nuit. Nous voilà donc partis pour plusieurs heures de marche avec un fort vent de face! Cette première vallée est un corridor venteux et nous sommes bien freinés par le vent. La vallée est très jolie et longe le lac Grey dont les nombreux icebergs nous annoncent la présence du glacier Grey au fond du lac. Les miradors sur le glacier Grey offrent des panoramas à couper le souffle tant de loin (à 5km du front, on est déjà subjugué par l'immensité du champ de glace) que de près (à quelques centaines de mettre de la face terminale). Nous avons le temps de bien profiter des différents points de vue sur le glacier. Nous sommes rassurés sur nos temps de parcours. Nous avons doublé tous les gens qui étaient partis 1h avant nous et certains luttent contre le vent avec des gros sacs à dos de 20kg. 20Kg? On a du mal à comprendre ce qu'il y a de si nécessaire dans leurs sacs pour qu'ils soient si lourds? Nous à 2, nous transportons moins de 15kg pour notre trek! Mais oui! Bien sûr! Ce sont la plupart du temps des groupes de jeunes qui sont là plus pour faire la fête que pour s'adonner aux joies de la randonnée en montagne... et certains portent sur leur dos plusieurs canettes de bière en plus du nécessaire à camping! Que c'est dur la vie! Nous sommes de retour à notre camping vers 20h30 avec 28km de plus dans les gambettes! Nous profitons des bonnes douches chaudes du camping et nous nous enfilons une grosse salade de pâtes préparée la veille de notre départ. Ben oui, on avait prévu qu'après une telle journée, on aurait la flemme de se faire à manger!

Nous passons une très bonne nuit et nous nous réveillons vers 6h du matin. Le temps est magnifique et il n'y a aucun nuage au dessus de la vallée du français. Nous nous mettons en route vers 7h30 mais cette fois-ci, Juju porte l'énorme sac à dos avec la tente, et moi, un plus petit mais rempli de choses bien lourdes! Nous avançons moins vite qu'hier mais nous arrivons malgré tout plus tôt que prévu au camping italiano, en bas de la vallée du français. Notre deuxième jour de marche est consacré à cette jolie vallée depuis laquelle nous avons une vue imprenable sur les lacs émeraudes du parc. Nous plantons la tente, y déposons nos sacs et nous entamons notre montée vers le mirador de la vallée sous les coups de 10h du matin. Nous ne croisons pas grand monde. A 10h, la plupart des randonneurs du camping italiano dorment. Il y a même un gars qui comate dans son hamac (c'est bien connu, en montagne, on est bien plus à l'abri dans un hamac que dans une tente). Quel spectacle! Mais c'est normal: le camping italiano est gratuit et attire donc tous les jeunes fêtards qui se sont couchés tard et qui ont beaucoup de mal à se lever. Grâce à eux, les sentiers de randonnée sont bien calmes le matin. Nous arrivons au fond de la vallée pour midi et nous savourons nos bons sandwichs avec une superbe vue à 360deg sur un beau cirque de pics granitiques à proximité des Cuernos! Nous restons bien 2h à contempler le paysage avant de redescendre vers le camping italiano. Il n'est que 15h30 et là, notre décision est prise. Pas question de dormir là ce soir! C'est bruyant, l'emplacement n'est pas très agréable et ce n'est pas très propre. Nous rangeons la tente, rendossons nos sacs à dos et nous voilà repartis pour 1h30 de marche supplémentaire jusqu'au prochain camping, qui lui est payant. Le site est plus sympa et domine un grand lac aux eaux turquoises. A 18h, nous sommes déjà installés et nous pouvons une nouvelle fois profiter d'une bonne douche chaude bien méritée. Demain, une longue journée nous attend jusqu'au mirador des fameuses Torres del Paine. Ce camping est très calme et nous passons une très bonne nuit.

Le 3ème jour, nous nous levons à 5h du matin. Une nouvelle journée magnifique se profile. Le ciel est d'un bleu éclatant. Nous endossons nos sacs et nous entamons notre randonnée à 6h30 du matin. Nous ne croisons personne pendant 3h et nous sommes même surpris par un condor qui passe à 2m au dessus de nos têtes! Quel accueil! Une nouvelle fois, nous marchons plus vite que prévu et nous arrivons au mirador des tours vers 12h. Depuis ce mirador, nous jouissons d'une vue imprenable sur ces 3 impressionnants pics granitiques depuis un petit lac. Nous restons bien 2h à les contempler et à faire la sieste. Nous avons eu le temps de réaliser tout le parcours avec du beau temps mais des nuages se profilent à l'horizon. Nous décidons finalement d'écourter notre séjour dans le parc d'une journée. Nous ne sommes qu'à 2h de descente de la fin de notre parcours et nous avons largement le temps d'attraper le dernier bus pour Puerto Natales. Nous sommes crevés mais ravis d'avoir eu un temps si agréable tout au long du trek. Nous arrivons à Puerto Natales avec un jour d'avance le 5 décembre vers 22h! Heureusement, notre auberge a encore une chambre de libre pour ce soir. Le 6 décembre, nous nous reposons toute la journée et organisons la suite de notre voyage. Le 7 au matin, nous quittons Puerto Natales pour Ushuaia (Argentine).



1er jour: Campamento Péhoé - Campamento Los Guardas - Campamento Péhoé
2ème jour: Campamento Péhoé - Mirador Britanico - Campamento Los Cuernos
3ème jour: Campamento Los Cuernos - Mirador Los Torres - Hosteleria Las Torres

Torres del Paine

dimanche 13 décembre 2009

Glacier Perito Moreno et mont Fitz Roy, Argentine, par Ju

En Patagonie, les distances sont gigantesques. Après Bariloche, notre étape suivante était El Calafate, à plus de 1700 km! 2 jours de bus! Arrivant vers la fin de notre voyage, nous avons sauté sur l'occasion de billets d'avion abordables pour gagner quelques précieux jours. Sauf que tout ne s'est pas passé comme prévu. Comme à l'accoutumée, Nat nous a trainés à l'aéroport plus de 3h avant le départ, rajoutant son heure de marge habituelle aux 2h conseillées par la compagnie aérienne. Bien que ces précautions me paraissent souvent excessives, cette fois-ci cela nous a sauvé! Pour nous assurer d'avoir une place avec hublot nous nous étions enregistrés sur internet la veille. Mais lorsque nous nous sommes présentés le jour du départ au comptoir d'enregistrement pour enregistrer nos bagages, surprise: l'hôtesse nous annonce que le vol a été annulé! Les vols pour les prochains jours étant complets, impossible de rejoindre El Calafate en avion (1 avion par jour). L'hôtesse nous propose donc de nous rembourser et d'en rester là! Et comment allons-nous à El Calafate? A dos de guanacos? Nous insistons et la secouons un peu, et comme par miracle, notre chère hôtesse parvient à nous trouver une solution acceptable: un vol Bariloche-Buenos Aires qui part dans un peu plus de 30min (si nous n'étions pas arriver avec 3h d'avance nous aurions raté ce vol et serions restés coincés à Bariloche), puis un vol Buenos Aires-El Calafate. Nous arrivons ainsi à El Calafate dans la soirée au lieu de l'après-midi. Ce n'est pas trop mal. Mais nos mésaventures ne sont pas terminées: mon sac a été perdu, soit à l'aéroport de Bariloche, soit à celui de Buenos Aires. Heureusement, il semble qu'il y ait de bonnes chances pour qu'il soit retrouvé dès le lendemain. Mais cela nous oblige à modifier notre organisation: nous avions initialement prévu de faire une rando dès le lendemain. Mais en sandales et en t-shirt ça va être compliqué! Quant aux 100 pesos de dédommagement de Aerolineas Argentinas (environ 20 Euros) il ne me permettent pas vraiment de me refaire une garde-robe Quechua complète! Changement de programme donc, demain, nous allons au glacier Perito Moreno. Coup de chance, dans une rue de El Calafate nous croisons une famille de grenoblois en voyage d'un an en Amérique que nous avions rencontrée à Cordoba. J'ai donc pu emprunter une veste polaire qui m'a été bien utile le lendemain au pied du glacier.

L'attraction principale de El Calafate est le glacier Perito Moreno. Une excursion pour voir ce glacier n'est pas vraiment une aventure. Il y a énormément de monde, on ne peut y aller qu'avec des bus touristiques, des centaines de touristes déambulent sur des passerelles et prennent les mêmes photos sur des plateformes d'observation... c'est la grosse industrie touristique! Mais voilà, c'est tellement beau que l'on fait vite abstraction de tous ces désagréments! Ce glacier mesure 30 km de long, 5km de large et 50m de haut au niveau de son front. De retour à notre hôtel, nous avons le plaisir de constater que mon sac a été retrouvé! Ouf! Nous retrouvons ensuite la famille de grenoblois pour fêter ça! (un ptit coucou à Aloé, Hugo, Isabelle et Manu s'ils passent par ici).


Perito Moreno


Après notre excursion au Perito Moreno, nous devions organiser nos deux étapes suivantes: le massif du Fitz Roy à côté de la ville de El Chalten au nord de El Calafate, et le massif du Torres del Paine accessible à partir de Puerto Natales au Chili, plus au sud, l'une de nos étapes phare de l'année. Or les nouvelles qui nous arrivaient du sud n'était pas très encourageantes: beaucoup de pluie, de la neige même, et du vent très fort. Plusieurs personnes que nous avions rencontrées avaient été contraintes d'abandonner le trek du Torres del Paine quelques jours auparavant. Quant au Fitz Roy, même constat: risque élevé de faire la rando sous la pluie et de ne pas voir les sommets. Les prévisions météo étant peu fiables dans ces zones de montagne où le temps est très variable et change très rapidement, il était difficile de planifier nos excursions. Nous devions choisir entre aller immédiatement à Puerto Natales et attendre in situ une fenêtre météo pour faire le trek du Torres del Paine, ou bien passer quelques jours dans le parc du Fitz Roy mais perdre notre marge de manoeuvre pour le Torres del Paine. Finalement nous avons tenté un coup de poker: le parc du Fitz Roy en 1 jour, en espérant qu'il fasse beau, puis direction Puerto Natales où nous aurons 1 ou 2 jours pour attendre une éventuelle fenêtre météo.

Nous avons donc pris le matin le premier bus pour El Chalten. Arrivés à Chalten vers 11h, nous n'avions que 7h sur place (le bus repartait vers 18h). Ça semblait un peu juste pour faire une rando jusqu'au pied du mont Fitz Roy... mais c'était sans compter sur les temps de parcours très généreux indiqués par les rangers! Nous avons pu faire une belle rando avec un temps de parcours divisé par 2 par rapport à celui annoncé: cela nous a permis d'aller jusqu'au pied du Fitz Roy et d'attendre une éclaircie pour admirer les pics rocheux. Quel spectacle! Prochaine étape le parc national de Torres del Paine.


Fitz Roy

mercredi 9 décembre 2009

Bariloche, Argentine, par Ju

Après quelques jours passés à Chiloe, nous sommes repassés par la région des lacs côté chilien.. pour constater qu'il pleuvait toujours durablement. Nous avons donc traversé la cordillère des Andes et nous sommes passés du côté argentin, où un grand soleil nous a accueilli. Nous sommes restés 4 jours à Bariloche, surpris par un soleil tenace. Bariloche est une ville très à la mode, été comme hiver. On y croise des alpinistes, des randonneurs du dimanche, des kitesurfeurs, des VTTistes, des pêcheurs à la mouche, des skieurs, des gourmands (la ville est réputée pour son chocolat et ses restaurants)... La majorité des touristes sont argentins et brésiliens. Nous avons beaucoup marché autour de Bariloche: quelques randos conventionnelles plus ou moins longues avec des arrivées au sommet de pics (cerro lopez, cerro campanario, cerro otto) et des dizaines de km sur des chemins serpentant entre les lacs (un bonne vingtaine de km par jour). Une bonne préparation pour les treks qui nous attendent dans le sud de la Patagonie.


Bariloche

Chiloe, Chili, par Nat

Nous avons passé la journée du 19 novembre assis dans un bus depuis Pucon jusqu'à Ancud, petite ville au nord de l'île de Chiloé. Nous avons parcouru quelques centaines de km sans apercevoir le moindre rayon de soleil! Il n'a fait que pleuvoir tout au long du trajet si bien que la seule image que nous garderons de cette belle route bordée de lacs et de volcans est un rideau de pluie opaque! Pas de chance!

Nous avons passé notre première journée sur l'île de Chiloé au chaud dans notre hôtel avec vue sur la mer! Ici aussi, le temps est mauvais et les nombreux grains qui s'abattent sur l'île nous dissuadent de mettre le nez dehors.

Quand après plusieurs jours de mauvais temps, le soleil réapparaît enfin le 21 novembre, nous courons louer une voiture pour 2 jours afin de parcourir l'île: jolis petits ports de pêche, petites églises en bois, balades en bord de mer, balades en forêt. Dans les environs d'Ancud, nous faisons une petite balade en bateau aussi frustrante qu'inoubliable (attraction touristique majeure du coin, le tour en bateau ne dure que 30 minutes): manchots de magellans, manchots de Humboldt, cormorans et loutres de mer!

Nous avons beaucoup aimé l'île de Chiloé et c'est à Ancud que nous avons trouvé le meilleur restaurant de fruits de mer de tout notre voyage!

Nous quittons l'île de Chiloé le 23 novembre pour la ville de San Carlos de Bariloche qui se trouve dans la région des lacs côté argentin.


Chiloe

Parcours Chili Argentine

Notre parcours au Chili et en Argentine mis à jour:

Pucon, Chili, par Nat

De retour de l'île de Pâques, nous quittons Santiago pour Pucon, un petit village de la région des lacs qui se trouve au pied du volcan Villarica. A notre arrivée, le 16 novembre au matin, le ciel est bien gris mais le volcan est dégagé et nous pouvons même voir la fumée qui s'échappe de son cratère. Cela aura été de très courte durée. A peine installés dans notre auberge, le temps se gâte, de gros nuages gris couvrent le sommet enneigé du volcan et la pluie se met à tomber faisant tomber à l'eau (et c'est le cas de le dire) tout projet de rando. Après 2 jours de pluie et une petite balade au milieu des genêts lors d'une éclaircie, nous tentons une randonnée au parc national Huerquehue le 3ème jour. Ce matin là, nous nous levons vers 7h pour attraper l'unique bus du matin pour le parc national qui se trouve à une trentaine de km. Le ciel est toujours gris mais le volcan est dégagé. Le bus nous dépose à l'entrée du parc et là c'est le drame! Il est 9h30 du matin, il pleut et le prochain bus de retour à Pucon ne passe qu'à 14h! Nous n'allons quand même pas attendre passivement notre bus de retour! Alors nous enfilons nos ponchos et nous entamons la randonnée prévue! Quelle bonne idée! Après 2h de montée sous la pluie, ce sont des flocons de neige qui tombent! Le sentier est plein de boue, glissant et inutile de vous dire qu'une fois arrivés au mirador nous ne pouvons rien distinguer du paysage. On est trempés jusqu'aux os, crottés de boue et je commence à grelotter de froid... nous décidons d'abandonner la rando pour être sûr d'attraper le bus de 14h! On est redescendu tellement vite que nous avons dû attendre le bus pendant plus d'une heure dans le froid! Une horreur! Heureusement, de retour à Pucon, nous avons pu nous réchauffer devant la cheminée de l'auberge! Finalement, nous ne persisterons pas un jour de plus à Pucon. Nous partons le 19 novembre pour l'île de Chiloé où nous espérons retrouver un peu de soleil.


Pucon

jeudi 3 décembre 2009

L'île de Paques, Chili, par Ju

Depuis notre passage à Rio de Janeiro, le climat s'est déréglé. Si si! Et rien à voir avec le réchauffement climatique global. Non, dans notre cas, il s'agit plutôt d'une humidification climatique locale mobile: alors que le soleil nous accompagnait depuis plusieurs mois avec une assiduité exceptionnelle, la pluie, certainement jalouse, a décidé de lui disputer notre compagnie. Résultat: pluie à Rio, pluie à Iguaçu, pluie à Montevideo et pluie à Colonia. Ces derniers jours le soleil avait remporté plusieurs victoires successives (Cordoba, Santiago, Valparaiso), mais voilà, l'île de Pâques semblait être tombée du côté obscur de la force: nous avions croisé plusieurs personnes de retour de l'île de Pâques qui nous avaient narré leur visite de l'île sous la pluie. Pis, la veille de notre départ, 2 allemands tout juste de retour de l'île, nous avouaient avoir passé 4 jours sous la pluie... C'est donc avec beaucoup d'appréhension que nous avons pris l'avion pour l'île de Pâques, comme en attestent les photos.

Quelles que soient les conditions météo, une visite de l'île de Pâques est une expérience inoubliable. Se retrouver sur ce caillou perdu au milieu de l'océan pacifique, à environ 2000km de l'île habitée la plus proche (Pitcairn), à presque 4000km des côtes chiliennes et voir de ses propres yeux les mystérieux moaïs ne laissent pas indifférent. En condensé, l'histoire de l'île de Pâques, ça donne ça:
- le premier volcan émerge des eaux il y a 3 millions d'années. L'île, aujourd'hui triangulaire, est constitué de 3 cônes volcaniques principaux, et d'environ 70 cônes secondaires. Le volcan le plus jeune est âgé de 300 000 ans. Point culminant: 511m;
- arrivée des premiers polynésiens entre 400 et 800 AD (ces marins de génie se dirigeaient grâce aux étoiles et repéraient la présence d'îles grâce à différents indices naturels: oiseaux, algues, nuages...);
- la société Rapanui se développe et construit les fameux moaïs à partir de 800 AD. Elle est constituée de clans, le clan dominant étant celui de la lignée directe du premier roi Rapa Nui (le pouvoir est donc héréditaire). La construction des moaïs est une véritable industrie: corps fabriqués sur les pentes du volcan Rano Raraku, coiffes fabriquées dans le cratère du volcan Puna Pau, transport des moaïs sur plusieurs km (vraisemblablement en les disposant sur des rondins de bois qu'ils faisaient rouler), disposition des moaïs sur des autels;
- autour de 1680, la société Rapanui connait de grands bouleversements et une période de conflits entre différents clans: lutte de pouvoir, dégradation de l'environnement (la déforestation aurait conduit à la disparition des arbres, pénurie d'eau), renversement des moaïs, bouleversements politiques et naissance du culte de l'homme oiseau: chaque année, à la période de ponte des sternes, les chefs de chaque clan, ou le plus souvent leurs représentants, devaient rallier la petite île de Motu Nui à la nage où ils devaient trouver puis ramener intact un oeuf de sterne. Le clan dominant n'était alors plus celui de la lignée royale mais celui dont le représentant remportait l'épreuve de l'homme oiseau, une façon d'assouplir le régime monarchique...;
- découverte de l'île par le hollandais Jokob Roggeveen le 5 avril 1722, dimanche de Pâques;
- annexion de l'île par l'Espagne en 1770;
- arrivée des missionnaires catholiques en 1864 et conversion progressive des Rapanuis
- annexion de l'île par le Chili en 1888.

Les Rapanuis avaient développé un système d'écriture en boustrophédon. Seules quelques personnes initiées détenaient la connaissance de ce système d'écriture. Malheureusement, vers le milieu du XIXème siècle, des trafiquants péruviens attaquèrent l'île et capturèrent des centaines de rapanuis pour les vendre comme esclaves dans les mines de salpêtre péruviennes. Parmi eux, il y avait les quelques érudits ayant la connaissance de cette écriture. C'est ainsi que cette connaissance disparut et qu'aujourd'hui encore cette écriture reste un mystère.

Mais revenons à la météo. Lorsque nous avons atterri sur l'île, le 10 novembre, le soleil brillait. Conscients que cela ne pourrait pas durer, nous avons immédiatement commencé notre visite de l'île à pied. Quelques heures et une bonne vingtaine de km plus tard, nous avions déjà visité plusieurs sites d'envergure. Le lendemain, le soleil brillait toujours. Nous avons donc repris notre visite de l'île à pied, et nous avons notamment gravi le volcan Rano Kau au sommet duquel les concurrents de l'épreuve de l'homme oiseau s'élançaient à la conquête des oeufs de sterne. Le 3ème jour, le soleil brillait toujours. Nous avons peaufiné notre quota carbone en louant un bon gros 4x4 qui pue et visité le nord de l'île. Le 4ème jour la pluie était enfin là. De la bonne grosse pluie qui vous trempe jusqu'aux os en quelques secondes. Visite du seul musée de l'île. Le dernier jour, toujours de la pluie. Nous avons donc loué un scooter! Depuis le Vietnam et Bali, nous sommes en effet devenus des experts de la conduite de 2 roues sous la pluie. Le lendemain nous reprenions l'avion pour Santiago.

En se baladant sur l'île et en voyant les centaines de moaïs disposés tout autour de l'île, on ne peut s'empêcher de penser à toute l'énergie dépensée par les Rapanuis pour construire et déplacer ces gigantesques statues, dans un but uniquement spirituel, même lorsque leur société traversait une période de crises profondes...


Ile de Paques

mardi 24 novembre 2009

Santiago et Valparaiso, Chili, par Nat

Nous sommes arrivés à Santiago du Chili le 6 novembre dans l'après midi. Au cours de notre long trajet de bus depuis Cordoba (18h) nous avons eu la chance de voir l'Aconcagua (6962m, le plus haut sommet du continent américain et de l'hémisphère sud) sans le moindre nuage! Nous nous souviendrons aussi de ce petit contre-temps d'une heure au passage de la frontière argentino-chilienne parce qu'un passager de notre bus avait malencontreusement gardé 2 oranges avec lui et devait donc payer immédiatement une amende de 150 euros. Il est interdit de faire entrer le moindre produit d'origine végétale ou animal au Chili et les douanes chiliennes ne rigolent pas avec cela: amende immédiate depuis 2006!

La capitale chilienne est assez agréable: un centre historique, des parcs agréables, un musée de l'histoire du Chili très intéressant, de bonnes spécialités de poissons et fruits de mer.


Santiago


Nous avons profité du beau temps pour aller visiter la ville portuaire de Valparaiso. Un peu déserte le dimanche de notre passage, Valparaiso n'en était pas moins sympathique avec ses maisons colorées et son port aux conteners multicolores.

Prochaine étape: l'île de Pâques.

Valparaiso

jeudi 19 novembre 2009

Cordoba, Argentine, par Ju

Je ne sais pas quelle est la probabilité de se faire piquer par une abeille dans une ville, mais elle ne doit pas être très élevée. Quant à la probabilité pour que 2 personnes données se fassent toutes les 2 piquer par une abeille à 1 jour d'intervalle dans une même ville, elle doit être infime. Et bien voila ce que nous garderons comme souvenir de Cordoba: Nat piquée sur un bras par une abeille dans un parc de Cordoba, moi piqué dans le dos par un insecte à dard non identifié dans le terminal de bus de Cordoba le lendemain... Nat avait pourtant prévu toutes les situations possibles et imaginables avant de partir en tour du monde: piqûre de moustique porteur du parasite du paludisme ou de la dengue, morsure par un chien enragé, piqûre de serpent, piqûre d'araignée, morsure de requin... mais elle n'avait pas pensé au complot des abeilles de Cordoba!

Malgré ces petits incidents, nous sommes restés à Cordoba quelques jours. C'est une très jolie ville universitaire avec de nombreux bâtiments historiques, des quartiers très animés et une vie culturelle très riche. Nous avons visité plusieurs musées et monuments (musée des beaux-arts, musée d'art contemporain, université de Cordoba, bâtiments jésuites, églises) et beaucoup flâné dans les rues.

Prochaine étape Santiago du Chili.

Cordoba

mercredi 18 novembre 2009

Colonia et Montevideo, Uruguay, par Ju

Durant nos trois jours passés à Buenos Aires, le ciel n'a pas cessé de simuler les prémices d'un déluge: ciel bas, nuages noirs, atmosphère pesante. Parfois, on a l'impression que le ciel prend un malin plaisir à résister le plus longtemps possible à son désir de déverser ses trombes d'eau sur nos têtes. Lorsque nous avons pris le bateau le 31 octobre au matin pour traverser le rio de la Plata et rejoindre la ville de Colonia en Uruguay, le ciel n'était clairement pas engageant. Mais ce n'est que lorsque nous avons posé le pied sur le sol uruguayen que le ciel nous a balancé sur la tête tout ce qu'il avait accumulé depuis 4 jours: trombes d'eau, éclairs, tonnerre, rafales de vent... Mais cela ne nous a pas empêché de visiter la ville de Colonia! Il faut dire que le centre historique n'est pas bien grand: trempés jusqu'aux os avec le vent dans le dos, nous en avons vite fait le tour! Colonia a été fondée en 1680 par les portugais sur les bords du rio de la plata. Faisant face à Buenos Aires fondée par les espagnols, Colonia n'a cessé pendant plus d'un siècle de passer alternativement aux mains des espagnols ou des portugais. Nous avons passé une nuit à Colonia, le temps de sécher, puis nous sommes allés à Montevideo.

Colonia

Montevideo... pas grand chose à dire. Ce n'est pas une ville qui marque les esprits par sa beauté. Nous y étions un dimanche et un lundi férié, et les rues étaient plutôt calmes, très calmes. Ah si, il y avait beaucoup de chiens et de chats abandonnés dans les rues (une caractéristique commune à toutes les villes que nous avons visitées en Argentine et surtout au Chili): ça faisait un peu d'animation! Notre auberge était à l'image de la ville: tranquille, très tranquille. C'était une auberge familiale très sympathique qui se relevait à peine du cataclysme qui venait de la frapper: une équipe de rugby venue d'Argentine avait séjourné plusieurs jours dans l'auberge, et la veille de notre arrivée, les joueurs avaient eu la brillante idée de faire un petit apéro à l'auberge avant d'aller faire la fête dans un bar de la ville... finalement le petit apéro s'était terminé à 4h du matin! Lorsque nous sommes arrivés à l'auberge, l'équipe de rugby était déjà repartie pour l'Argentine, mais nous avons compris que les troisièmes mi-temps étaient ici aussi des modèles de sobriété et de finesse: cadavres de bouteilles sur le sol, mobilier fracassé, réserves du bar à leur niveau d'étiage (toutes les réserves de bière et de vin de l'auberge avaient été vidées).

A part ça, nous avons fait, une fois n'est pas coutume, quelques photos volées dans les rues de Montevideo (cf diaporama). En Argentine ou en Uruguay, beaucoup de gens se baladent dans les rues avec une bouteille thermos calée sous un bras et une calebasse (sorte de tasse) contenant une bombilla (sorte de cuillère/paille) dans une main. Ce sont les accros au mate de yerba, une infusion très appréciée dans ces deux pays. Ils trimbalent ainsi constamment leur attirail complexe, pour pouvoir siroter leur infusion à tout moment. Très drôle!

Montevideo

Buenos Aires, Argentine, par Nat

Le 27 octobre au soir, nous quittons Encarnacion en bus de nuit pour Buenos Aires. Un trajet de bus de 12h, la routine. Le bus est confortable et le repas est inclus. Mais au lieu d'être servi dans le bus, le repas est servi dans un restaurant de la compagnie de bus. L'affaire est rodée: on nous fait rentrer bus par bus dans le restaurant où des serveurs en nœud papillon nous placent et nous servent sans perdre une minute. Ce n'était pas de la grande cuisine mais le service était aussi impeccable qu'inattendu!

Buenos Aires! Nous arrivons dans cette grande capitale sud-américaine le 28 octobre au matin. Buenos Aires est une capitale très dynamique où il est difficile de s'ennuyer tellement il y a de choses à faire: musées, galeries d'art, théâtres, spectacles et surtout tango! Nous avons beaucoup aimé cette ville: son atmosphère, ses quais le long du Rio de la Plata, ses parcs, ses musées et ses petits restos conviviaux. Nous ne sommes restés que 3 jours mais nous y reviendrons puisque c'est à Buenos Aires que s'achèvera notre long voyage. Nous avons assisté à une petite représentation de tango dans un restaurant mais nous n'avons pas encore été dans une milonga, endroit où se retrouvent les portenos (habitants de Buenos Aires) pour danser le tango toute la nuit. On se réserve cela pour la fin du voyage.

Buenos Aires

mardi 17 novembre 2009

Encarnacion, Paraguay, par Nat

Nous quittons Puerto Iguazu le 26 octobre dans la matinée. En chemin vers Buenos Aires, nous faisons une halte d'une journée au Paraguay, à Encarnacion, pour aller visiter les ruines de deux missions jésuites: Trinidad et Jésus.

Au début du XVIIème siècle les jésuites se sont installés dans la région (nord-est de l'Argentine et Paraguay) dans un but d'évangélisation des communautés indigènes. Les jésuites devenant trop puissants aux yeux de la couronne d'Espagne, ils furent expulsés de la région à la fin du XVIIIème siècle.

Encarnacion

lundi 9 novembre 2009

Vidéos Iguazu, Brésil et Argentine

Ceux qui ont été au Futuroscope de Poitiers se souviennent certainement du cinéma 360deg où était projeté un film sur les chutes d'Iguazu. Nos vidéos sont un peu moins spectaculaires!

Du coté brésilien:






Du côté argentin:

Les chutes d'Iguazu, Brésil et Argentine, par Ju

La rivière Iguaçu prend sa source près de la côte atlantique, dans le sud-est du Brésil. Le relief lui impose un cours assez étonnant: au lieu de couler vers l'est en direction de l'Océan Atlantique, la rivière Iguaçu s'enfonce d'abord à l'intérieur des terres, en direction de l'ouest, avant de bifurquer vers le sud. Elle passe ensuite sur le territoire argentin et se jette finalement dans le fleuve Parana qui finit sa course à Buenos Aires dans l'Océan Atlantique. Au niveau de la frontière entre le Brésil, l'Argentine et le Paraguay, le rio Iguaçu présente une des merveilles naturelles de l'Amérique du sud: les chutes d'Iguaçu. Hautes d'environ 60m en moyenne, ces chutes impressionnent surtout par leur nombre: au milieu de la forêt tropicale, elles forment un front impressionnant de plus de 3km.

Les chutes d'Iguaçu se visitent du côté brésilien et du côté argentin, et de chaque côté les aménagements pour les visiteurs sont très audacieux: passerelles surplombant les chutes, passerelles au pied des chutes, tours en bateau, tours en hélicoptère... Lors de notre visite la rivière Iguaçu était en crue, et il ne manquait que quelques centimètres pour que certaines passerelles soient interdites d'accès (à certains endroits, l'eau nous léchait les pieds...). Le spectacle fut d'autant plus fascinant: gigantesques, puissantes, indomptables, monstrueuses, effrayantes... voilà comment nous pourrions décrire les chutes lorsque nous les avons vues pour la première fois, du côté brésilien.

Nous avons débarqué le 23 octobre au matin à Foz do Iguaçu, une petite ville brésilienne qui ne mérite que d'être traversée, à quelques km des chutes. Malgré la fatigue du voyage (24h de bus depuis Rio de Janeiro), nous avons, l'espace d'une journée, retrouvé la fougue de nos premiers mois de voyage et la boulimie de visite qui rendait nos journées en Asie interminables. Nous avons ainsi brillamment enchainé bus et passage de frontière avec l'efficacité et la rapidité qui furent jadis notre quotidien (mes parents doivent encore faire des cauchemars de leurs 1ers jours en Thailande avec nous). Ça a donné ça: arrivée à Foz do Iguazu, bus pour le centre ville de Foz do Iguaçu, bus pour l'entrée du parc des chutes d'Iguaçu, dépôt de nos gros sacs dans une consigne, bus pour les chutes d'Iguaçu, 2h à admirer les chutes sur un petit sentier de 1km, retour en bus à l'entrée du parc, bus pour Foz do Iguaçu, bus pour le poste frontière brésilien, tampon de sortie du Brésil, bus pour le poste frontière argentin, tampon d'entrée en Argentine, bus pour Puerto Iguazu (le «z» remplace le «ç» en espagnol) en Argentine, hôtel, manger, dodo. Fin du 1er épisode.


Iguazu Brésil


Le lendemain, la malédiction de Rio de Janeiro s'abat sur nous. Une tempête éclate: trombes d'eau, violentes rafales de vent, orage. Rapidement, les rues sont inondées et jonchées d'arbres déracinés. Nous restons cloîtrés à l'hôtel toute la journée, craignant que le mauvais temps ne s'éternise ou que le niveau du rio n'augmente encore et ne contraigne les rangers à interdire l'accès aux passerelles. Heureusement le lendemain, le soleil brille et toutes les passerelles sont ouvertes. Nous passons la journée à visiter les chutes du côté argentin (le parc est beaucoup plus étendu du côté argentin que du côté brésilien). Tandis que le côté brésilien offre une superbe vue d'ensemble sur les chutes, du côté argentin, on est beaucoup plus près des chutes. Une approche beaucoup plus intimiste des chutes... c'est-à-dire beaucoup plus humide!


Iguazu Argentine

Ecole de samba à Rio de Janeiro, Brésil

Quelques vidéos que nous avions oubliées de mettre en ligne:







jeudi 5 novembre 2009

Rio de Janeiro, le retour, Brésil, par Ju

Il n'était pas envisageable de quitter le Brésil sans avoir pu admirer Rio de Janeiro depuis le sommet de la colline du Corcovado, là où se trouve la statue du Christ Rédempteur. Téméraires, nous avons donc décidé de repasser par Rio avant de descendre dans le sud. Pour cela, il nous a fallu endurer 2 jours et 2 nuits de bus pour rejoindre Rio depuis Lençois. 2 jours et 2 nuits de bus à la poursuite d'une chimère, c'est long, c'est fatigant, c'est pénible. Lorsque nous débarquons à Rio le 21 octobre à 5h du matin, l'oeil livide, l'haleine fétide et les jambes fébriles, nous restons un moment perplexe. Le soleil est noyé dans les nuages, mais les nuages sont hauts. Nous retournons dans le même hôtel miteux à Copacabana, sautons dans un bus qui nous dépose au pied du Corcovado et scrutons le ciel. Pas très engageant mais nous tentons le coup. Au sommet, c'est un désastre! On ne voit rien, il pleut et il y a du vent! Désespérés et congelés, nous attendons plus d'une heure au sommet... jusqu'à ce qu'enfin les nuages se dissipent. Ça valait le coup de s'acharner car la vue est superbe.
Départ le lendemain matin pour les chutes d'Iguazu: 24h de bus, la routine!


Rio de Janeiro II

Lençois, Brésil, par Nat

Nous quittons Salvador le 15 octobre en bus de nuit pour rejoindre le petit village de Lençois qui se trouve aux portes du parc national de la Chapada Diamantina. Nous n'avons que 7h de bus et à peine installés sur nos sièges, nous nous endormons profondément. Mais à 4h du matin, alors que Juju est en plein sommeil, un arrêt imprévu qui s'éternise anormalement me réveille avec un sentiment désagréable de déjà vécu. Le bus ne serait-il pas en panne? Qu'est ce que tu vas encore t'imaginer me répond Juju avant de se rendormir... mais plus pour longtemps. Je jette juste un petit coup d'œil derrière les rideaux pour m'assurer que nous ne sommes pas perdus au milieu de nulle part: tout va bien, nous sommes dans une station service, fermée à cette heure de la nuit certes, mais qui dispose d'un magasin et d'un petit restaurant. A peine suis-je sur le point de me rendormir que les lumières du bus s'allument et le chauffeur nous annonce que le bus est en panne et qu'il va devoir aller chercher un autre bus. Nooooooooooon!!!! Une deuxième panne de bus en 3 semaines!! Heureusement, le Brésil n'est pas la Bolivie! Nous avons attendu sagement et sereinement notre chauffeur qui a tenu sa promesse en revenant nous chercher 3h plus tard avec un nouveau bus! Nous arrivons à Lençois dans la matinée et passons la journée à nous reposer et à nous balader dans les ruelles colorées de Lençois et ses proches environs.

Le parc national de la Chapada Diamantina doit son nom aux mines diamantifères qui ont été exploitées dans la région depuis la fin du 19ème siècle jusqu'au début des années 1990 (le parc a été déclaré parc national en 1985). Nous avons passé deux jours à découvrir le parc à pied et en voiture: hauts-plateaux, cascades, rivières. Un cadre très reposant que nous avons eu un peu de mal à quitter.


Lençois

lundi 2 novembre 2009

Salvador de Bahia, Brésil, par Ju

Après avoir passé 4 jours formidables dans la région de Recife, nous avons eu du mal à reprendre nos gros sacs à dos et à remonter dans un bus pour 13h de voyage jusqu'à Salvador. Salvador, que-dire? Un superbe quartier historique, un front de mer magnifique, une ambiance décontractée, une cuisine succulente, une culture d'une grande richesse... la routine brésilienne en fait!

La ville fut fondée par les Portugais en 1549. Elle se développa rapidement grâce, notamment, à la culture de la canne à sucre, et elle devint un important marché d'esclaves venus d'Afrique. Salvador fut ainsi un carrefour culturel singulier où se mêlèrent les influences européennes, africaines et amérindiennes. Les dominants (portugais) bien qu'inflexibles sur le plan politique, ne parvinrent jamais à imposer totalement leur culture et à anéantir celles des dominés (amérindiens, africains), malgré l'ardeur de leurs "ambassadeurs culturels": propriétaires d'esclaves, propriétaires terriens, missionnaires. Parfois ils consentirent certains compromis culturels (syncrétisme religieux, certaines danses et musiques), souvent ils ne réussirent tout simplement pas à faire disparaître, malgré leur interdiction, des traditions ancestrales devenues les refuges spirituels des opprimés. Aujourd'hui Salvador est l'héritière de ce long brassage culturel qui a façonné la musique, la danse, la cuisine, la religion. Un soir, nous avons ainsi assisté à un très beau spectacle de danses (dont la fameuse Capoeira, mélange de danse et de combat) et de musique traditionnelles qui nous a parfois donné l'impression d'être dans un pays d'Afrique Noire.


Salvador

samedi 31 octobre 2009

Recife, Brésil, par Nat

Un petit vol intérieur de 3h et nous retrouvons enfin le soleil et la chaleur des tropiques à Recife. Nous avons choisi de prendre l'avion afin de nous éviter un long trajet de 42h depuis Rio de Janeiro: environ 2400 km séparent Recife et Rio. Nous avons été accueillis chaleureusement chez des amis brésiliens de mes parents avec qui nous avons passé 4 jours inoubliables: visite de Recife et de la charmante petite ville colorée d'Olinda; détente, baignade et bateau sur une plage paradisiaque à Maragogi (petite ville qui se trouve à une 100aine de km au sud de Recife); découverte de nombreux plats et desserts typiques de la région et du Brésil. Nous avons quitté nos amis le 13 octobre au soir en bus de nuit pour redescendre dans le sud à Salvador de Bahia. Nous ne sommes pas prêts d'oublier ces 4 jours de rêve autour de Recife.


Recife

lundi 26 octobre 2009

Rio de Janeiro, partie I, Brésil, par Ju

Ah Rio! Les plages de sable blanc, le soleil, la samba, le carnaval et les plumes dans les fesses, les maillots minimalistes, les beaux danseurs de Capoeira... N'y croyez plus! On vous vend du rêve! Pour nous, ce fut plutôt nuages, pataugeoire et fesses à l'abri sous les ponchos! Pourtant tout avait bien commencé...

Arrivés à Rio le 6 octobre après un long trajet de bus de 24h depuis Campo Grande (en fait, 24h de bus au Brésil ce n'est pas long, c'est juste normal), le soleil est là pour nous accueillir. Le temps de trouver un hôtel miteux et nous sommes sur la plage mythique de Copacabana, lunettes de soleil sur le nez et tongues aux pieds. Epuisés par le long voyage en bus, assommés par le soleil et engourdis par la fraicheur de l'eau, nous nous assoupissons. Suivant le vieil adage de l'étudiant candide «pourquoi faire le jour même ce que l'on pourrait très bien faire le lendemain», nous décidons alors de remettre au lendemain tout activité autre que manger et dormir. Bien vu, le lendemain il pleut des cordes... tout comme le surlendemain! Dans ces conditions, inutile de monter sur les hauteurs de la ville pour profiter de la vue. Nous sommes terrassés par les aléas météorologiques!

Entre deux averses nous avons malgré tout pu visiter le centre historique, et assister aux impressionnantes répétitions d'un club de samba pour le carnaval 2010. Nous avons quitté Rio le matin du 9 octobre, sous la pluie, évidemment. Direction Recife, cette fois-ci en avion, le grand luxe. Mais nous retournerons à Rio dans une dizaine de jours en espérant retrouver le soleil des cartes postales.


Rio de Janeiro I

Quelques vidéos du Pantanal, Brésil

Loutres géantes:


Tatous:



Aras:


Capybaras:


Au galop:

dimanche 25 octobre 2009

Un peu de culture, Brésil, par Ju

Il est souvent très intéressant d'étudier les symboles nationaux des pays. Le drapeau du Brésil en est un parfait exemple. Le fond vert représente les forêts du Brésil, le losange jaune ses richesses aurifères, le globe central le ciel, et les 27 étoiles les 26 Etats fédérés et la capitale Brasilia. Mais la disposition des étoiles est particulièrement géniale. Elle correspond à l'aspect du ciel à Rio de Janeiro le jour de la proclamation de la République, le 15 novembre 1889, à 20h30. On peut ainsi voir, par exemple, la constellation de la croix du sud, au centre. Quant à la devise « Ordre et progrès », il s'agit de la devise du positivisme, courant fondé par Auguste Comte.


Notre parcours au Brésil

Voici notre parcours au Brésil:

Le Pantanal, Brésil, par Nat

Le Pantanal qui s'étend sur plus de 200 000km2 (presque la moitié de la superficie de la France métropolitaine) est une des plus vastes zones humides de la planète. Son écosystème, l'un des plus riches de la planète, en fait un endroit privilégié pour l'observation des animaux. Pendant la saison humide, la région, inondée, forme un immense marais. Le paysage que nous découvrons est complètement différent puisque les mois d'octobre/novembre sont les derniers mois de la saison sèche. Cette époque de l'année est idéale pour l'observation des animaux puisque ceux-ci se rassemblent autour des étangs non encore asséchés. A l'exception d'un parc national dans le nord, le Pantanal est constitué d'immenses propriétés privées appartenant à des éleveurs (au Brésil 1% de la population possède plus de la moitié des terres). Certaines de ces propriétés accueillent également les touristes.

Après avoir englouti un petit déjeuner délicieux et très copieux à notre hotel de Campo Grande, nous rejoignons le 1er octobre la pousada Arara Azul, une grande ferme au cœur du Pantanal. Nous restons dans ce petit paradis jusqu'au 4 octobre. Au programme: promenades à pied, balade à cheval, tour en bateau et pêche aux piranhas, safari en 4x4. Au cours de ces excursions nous avons pu voir de nombreux animaux parmi lesquels: les immanquables capybaras et des caïmans qui sont là par dizaines ou par centaines, des coatis, des singes hurleurs, des loutres géantes, des anacondas, un tamanoir, 3 tatous de 2 espèces différentes, des aras bleus, des aras hyacinthes, des aras rouges, des jabirus, des perruches, des toucans etc. En revanche, nous n'avons pas eu la chance de voir de fourmilier géant ou de jaguar. Pourtant, nous avons raté un jaguar à 5 minutes près. La jeep précédente à eu la chance d'en voir un depuis la route et nous avons eu du mal à nous remettre de cette échec. Même s'il est difficile d'apercevoir un jaguar, le Pantanal est la région du monde où on a le plus de chance d'en apercevoir en plein jour.

Notre séjour dans le Pantanal restera une expérience mémorable. Les repas de notre pousada étaient délicieux et pantagruéliques. Nous avons passé 3 jours à nous empiffrer de plats et de desserts typiques. La seule chose à déplorer durant ce séjour est le manque de connaissance et le mauvais comportement des guides vis à vis des animaux. Alors qu'au Costa Rica les guides animaliers sont des professionnels intéressants et respectueux de la nature, au Pantanal se sont des cowboys qui courent après les animaux et essaient de les attraper pour que les touristes puissent faire de « belles » photos.


Pantanal

samedi 24 octobre 2009

La panne, Bolivie, par Nat

En Amérique du sud, il y a des trajets vers des régions isolées dont on sait que s'y aventurer engage sa propre responsabilité et requiert une immense patience: pistes en très mauvais état sur lesquelles les bus peuvent s'enliser ou tomber en panne, aucun moyen de communication, pas de moyen d'approvisionnement en eau ou en nourriture en dehors des principaux villages, trajet d'au moins 30h de bus etc. C'est le cas, par exemple, de la route trans-chaco, qui traverse le Chaco (région perdue par la Bolivie au profit du Paraguay à l'issue de la guerre du Chaco dans les années 30) depuis Sucre en Bolivie jusqu'à Asunción au Paraguay. On aurait bien voulu emprunter cet itinéraire pour visiter le Paraguay avant d'entrer au Brésil mais la description de l'itinéraire était tellement décourageante (nous ne sommes pas non plus des Indiana Jones en soif d'aventure) que nous avons choisi de rejoindre le Brésil par le Pantanal. Le trajet depuis Sucre n'en est pas moins long mais notre guide de voyage ne fait aucune recommandation particulière pour ce trajet qui est emprunté quotidiennement par les bus (entre Sucre et Santa Cruz) et les trains (entre Santa Cruz et Quijarro à la frontière Bolivie/Brésil).

Nous décidons de quitter Sucre par un beau dimanche ensoleillé. Nous savons que les bus des multiples compagnies privées boliviennes partent tous en fin d'après midi mais il est déjà presque midi et nous n'avons pas encore réservé nos places pour le soir même. Nous filons à la gare routière et faisons la tournée des compagnies de bus. Les meilleures compagnies n'ont déjà plus de place, et nous devons nous rabattre sur une des compagnies les moins chères, pas vraiment synonyme de fiabilité! On se rassure en se disant que de tout le voyage nous n'avons connu qu'une seule panne de bus, en pleine nuit à Java (où nous n'avions attendu que 30 min le bus suivant), alors pourquoi s'inquiéter en imaginant une panne de bus tragique au milieu de nulle part? Nous avons notre petit pique-nique du soir et 3L d'eau. Ça devrait suffire puisque nous devons arriver en début de matinée à Santa-Cruz. Le bus démarre vers 18h et nous voilà partis pour 15h de trajet.

Le bus n'est pas très confortable, mais la première partie du trajet est sur route goudronnée et mis à part les nombreux virages qui donnent la nausée, notre dos est épargné. Il est déjà minuit et nous essayons de dormir tant bien que mal : le bitume a laissé place à une piste poussiéreuse en très mauvaise état et nos dos commencent à souffrir. Si ce n'était que cela... Le bus fait de nombreuses pauses et au cours de notre sommeil léger, du mien surtout, nous nous rendons compte que cette vieille carcasse de bus lâche des vrombissements depuis le fond de ses entrailles comme pour annoncer une mort certaine! A 2h du matin, alors que tous les passagers dorment, le bus s'arrête et pendant plus d'une demi-heure, le chauffeur tente en vain de le redémarrer. Tout d'un coup, les lumières du bus se rallument et nous entendons le chauffeur nous annoncer: « senores pasageros, este bus no puede salir de nuevo. Vamos a pedir un otro bus ». Nous aurions pu nous rendormir sereinement, mais pour moi impossible (pour Ju pas de problème): nous sommes tombés en panne au milieu de nulle part sur une piste pourrie à plus de 6h de Sucre et 8h de Santa-Cruz; nous étions le dernier bus de la journée à emprunter l'itinéraire dans ce sens là (les suivants passeront dans 24h) et tous les bus provenant de Santa-Cruz se sont à peine arrêtés pour nous venir en aide; la route est empruntée très rarement par quelques camions de travaux; le chauffeur ne peut pas appeler de secours car les téléphones portables ne captent aucun réseau; nous sommes à au moins 6h d'une ville qui peut nous envoyer un nouveau bus; le village le plus proche se trouve à au moins 1h de marche mais il est si petit qu'il ne possède ni téléphone ni magasin pour s'approvisionner en eau et nourriture... A 3h du matin, le chauffeur nous quitte, à pied, à la recherche d'une cabine téléphonique pour demander à la compagnie de nous envoyer un nouveau bus mais nous ne savons pas du tout s'il y parviendra et quand il reviendra.

Au lever du jour, à 5h30 du matin, nous n'avons toujours aucune nouvelle de notre chauffeur. Nous sommes 40 pauvres passagers abandonnés au milieu de nulle part et je commence très sincèrement à m'inquiéter quand je réalise qu'il ne nous reste plus qu'un petit pot de confiture à la pêche et 2L d'eau en guise de provisions. Mais qu'est ce qu'on va devenir? Pendant ce temps Ju dort paisiblement. Un groupe d'hommes assis dehors, à côté du bus, commence à réfléchir à comment faire du feu et fabriquer du pain... Pas très rassurant tout ça. Partie en quête d'informations auprès de certains passagers en colère, on me répond que non, aucun bus ne viendra nous chercher, les seuls bus qui pourraient nous prendre sont ceux de la nuit prochaine mais ils seront déjà pleins. Mais ça veut dire qu'on va moisir ici?

A 7h du matin, alors que nous n'avons toujours pas de nouvelles de notre chauffeur, nous entendons le bruit d'un camion qui s'approche... De nombreux passagers se précipitent dehors, sacs à la main, prêts à sauter dans le camion. Nous les suivons, timidement. Lorsque le gros camion s'arrête (le seul qui soit passé durant les 4 dernières heures), le chauffeur du poids-lourd nous annonce qu'il n'y a qu'une seule place dans la cabine! Nous sommes 27 à vouloir partir avec lui. Nous sommes les 2 seuls touristes et nous laissons donc les boliviens négocier avec le chauffeur la possibilité de nous prendre tous dans la remorque. Le chauffeur accepte finalement, moyennant finance évidemment. Nous grimpons dans la remorque et nous installons confortablement sur des tonnes de sacs de ciment. Nous finissons par prendre l'expérience à la rigolade et profitons du paysage quand tout d'un coup la pluie se met à tomber. Il ne manquait plus que ça! Nous sommes assis sur des sacs de ciment qui ne doivent surtout pas être mouillés! Le camion s'arrête et le chauffeur nous enferme sous une grosse bâche bien serrée sous laquelle nous n'avons même pas la place de rester assis sans baisser la tête. Le trajet ne dure que 2h mais nous parait bien long même si la bonne humeur des voyageurs permet de garder le moral.

Il est 9h du matin et la faim nous tiraille quand nous arrivons enfin dans un petit village où l'on peut enfin acheter un peu de pain! Mais nous ne sommes toujours pas tirés d'affaire, Santa Cruz se trouve à encore 6h de route et l'unique compagnie de bus du petit village où nous nous trouvons refuse de nous affréter un bus pour un tarif raisonnable. Nous laissons une nouvelle fois nos compagnons d'infortune négocier sans nous (inutile de vous dire que si nous avions été seuls tous les 2, les tarifs auraient été astronomiques) pour finalement aboutir à un fiasco! Nos compagnons boliviens (qui pour la plupart font partie de la classe moyenne bolivienne) nous entraînent avec eux à la recherche d'un nouveau camion! Un gars du village qui doit livrer des patates à Santa-Cruz accepte de nous prendre, moyennant finance évidemment. Nous sommes plus de 20 à nous entasser dans un camion au milieu des sacs de patates et nous voilà partis, à 10h pour 6h de trajet! Nous sommes tous affamés et à 13h, alors que nous traversons un petit village, nos compagnons boliviens ordonnent au chauffeur de s'arrêter pour la pause repas! Très comique!

Nous arrivons à Santa Cruz vers 17h mais il nous faut encore prendre un taxi jusqu'à la gare routière/ferroviaire de Santa Cruz. Nous partageons le taxi avec 3 de nos compagnons boliviens dont une est professeur d'anglais à l'université de Santa Cruz. La professeur est très en colère car elle a manqué une journée de cours et connaissant le règlement des compagnies de bus sur le bout des doigts nous entraîne avec elle dans le but de nous faire rembourser le trajet. On n'avait même pas pensé que c'était possible. Après une longue discussion elle a finalement gain de cause, et nous voilà intégralement remboursés! C'est fort appréciable après toutes ces émotions. En revanche, ce retard nous a fait rater le dernier train pour Quijarro (à la frontière). Le train est le seul moyen de transport pour rejoindre Quijarro depuis Santa Cruz. Nous passons donc la nuit à Santa Cruz qui est une grande ville sans grand intérêt et nous partons dès le lendemain midi avec le premier train. Ce train est surnommé le train de la mort non seulement à cause de l'état des rails mais aussi à cause des nombreux accidents qu'il y a eu dans le passé alors qu'il était bondé. Ce n'est plus d'actualité mais il n'est pas très confortable et remue beaucoup au point de vous donner la nausée. Nous arrivons enfin à Quijarro le 30 septembre, à 7h du matin, à l'issue de 19h de train! Nous traversons la frontière et nous voilà enfin au Brésil. Quel soulagement! Il nous faut encore prendre un bus pour Campo Grande où nous arrivons le 30 septembre au soir à l'issue d'un nouveau trajet de bus de 8h. Nous prenons la première auberge et nous nous écroulons sur le lit!


Un long trajet

jeudi 22 octobre 2009

La douche cloclo, Bolivie, par Ju

Quiconque a déjà voyagé en Amérique du sud a déjà été confronté à ça:



La douche Claude-François! Comme on peut le voir sur la photo, les 3 fils habituels sont bien là: phase, neutre, terre. Le fils de terre est facilement reconnaissable: c'est celui qui est relié... à rien! Les deux autres sont disposés de telle sorte qu'une fois la douche allumée ils soient abondamment arrosés. Sur la photo, le montage n'est pas trop mal: les fils ne sont pas dénudés (ne rigolez pas, on a eu ce cas à plusieurs reprises!). Le conducteur humain, mal isolé car mouillé et les pieds nus, doit alors choisir entre prendre une douche froide ou allumer le chauffe-eau électrique et prendre le risque de finir en toast grillé. Lorsque les températures sont clémentes, le choix est vite fait. Mais en Bolivie, lorsque les températures descendent en-dessous de 0, il est difficile de supporter la douche effet glaçon. Alors il faut ruser: se mettre à l'abri du jet d'eau, ouvrir le robinet en essayant de se mouiller le moins possible, faire un mélange approximatif, prendre sa douche, laisser malheureusement couler l'eau pendant l'étape de savonnage, se sécher, puis une fois bien sec refermer le robinet. Moi j'ai souvent pris des douches froides, et Nat a souvent pris le jus!

mercredi 14 octobre 2009

Sucre, Bolivie, par Nat

Nous arrivons à Sucre le 25 septembre. Sucre a été la première capitale de la Bolivie lors de l'indépendance en 1825. C'est une très jolie ville coloniale aux maisons blanches où il est très agréable de se balader. C'est un autre visage de la Bolivie que nous découvrons ici. La ville est prospère, paisible, dynamique: beaucoup de voitures individuelles, peu de stand de vente d'artisanat dans la rue, nombreux étudiants, classe moyenne visible. Contrairement aux villes de l'altiplano andin où de nombreux slogans montrent le soutien aux réformes d'Evo Morales, à Sucre, le président aux origines indiennes est visiblement moins populaire.
Sucre est notre dernière véritable étape en Bolivie avant de rejoindre le Brésil. Notre route vers le Pantanal brésilien s'annonce bien longue.


Sucre

Potosi, Bolivie, par Ju

Nous sommes arrivés à Potosi le 24 septembre après une longue nuit de bus depuis La Paz. Difficile d'imaginer que Potosi fut pendant plusieurs siècles l'une des villes les plus prospères du monde. Les beaux bâtiments coloniaux sont pourtant là pour rappeler le faste d'antan, mais à regarder les gens dans les rues, rien ne différencie plus Potosi des autres villes de l'altiplano bolivien.

La ville de Potosi fut construite en 1545 lorsque les espagnols eurent connaissance de la découverte par les incas de gisements d'argent dans la montagne Cerro Rico. Elle devint rapidement le premier centre d'activité minière au monde et connut son apogée au XVIIème siècle, avec plus de 150 000 habitants (autant que Paris). La ville se couvra de monuments à l'architecture baroque, et fut le théâtre de toutes les manifestations de plaisir et de luxe de l'époque: fêtes, bals, théâtre, corridas, prostitution... Mais le coût humain de cette prospérité étourdissante fut abominable: on estime que 7 millions d'indiens et d'esclaves noirs périrent dans les mines. Les mines d'argent s'épuisèrent vers la fin du XVIIIème siècle et la ville connut un déclin aussi brutale que l'avait été son développement. En 1825, au moment de l'indépendance de la Bolivie, la ville ne comptait plus que 6000 habitants.

Aujourd'hui, bien que déclarées épuisées, les mines sont toujours en activité et des coopératives de mineurs s'échinent à exploiter avec plus ou moins de succès les rares filons encore existants. Les conditions de travail n'ont pas vraiment changées depuis le début de l'exploitation des mines au XVIème siècle et le taux de mortalité dans les mines est toujours aussi élevé. Tous les guides de voyage indiquent immanquablement qu'une visite de Potosi ne serait pas complète sans une visite des mines en fonctionnement. Notre visite de Potosi restera donc incomplète car nous faisons partie des rares touristes (nous en avons rencontré quelques-uns) qui ont décidé de ne pas visiter ces mines. Plusieurs raisons à cela. Pour des raisons évidentes de sécurité, les mines ne peuvent se visiter que dans le cadre d'un tour organisé. Or le fait que des agences de voyage gagnent de l'argent en vendant de la misère humaine nous a posé un sérieux problème. Certaines agences n'ont semble-t-il aucun scrupule et présentent la visite des mines comme une aventure divertissante (cf photos). Certaines permettent même aux touristes de faire exploser de la dynamite comme de vrais mineurs... Ensuite la visite des mines est devenue un business tellement important (c'est la principale "attraction" touristique de la ville) que l'on peut s'interroger sur le rôle des agences de voyage dans le maintien de cette activité. Quelle serait la position des agences de voyage si on envisageait de fermer définitivement ces mines (les gisements étant pratiquement épuisés, une ré-industrialisation et une modernisation des mines ne sont pas envisageables)? Soutiendraient-elles le projet de fermeture, prêtes à voir disparaître leur principale source de revenus, ou s'y opposeraient-elles?
Les agences alléguant qu'une partie des profits est directement reversée aux coopératives des mineurs, certains ont la naïveté de croire (ou s'en persuadent) que la visite des mines peut permettre à certains mineurs de sortir de la mine: en fin de compte cela reviendrait à financer une activité pour qu'elle cesse... ce n'est pas très réaliste! Un des arguments en faveur de ces visites est qu'elles permettent de se rendre vraiment compte des conditions de travail horribles des mineurs. Mais cette soif de connaissance est souvent un prétexte pour assouvir un voyeurisme naturel. Ces mines sont tout simplement des zoos humains.

Et pendant ce temps-là l'Eglise bénit les mineurs et disserte sur le caractère hérétique de certaines de leurs traditions... Le rôle de l'Eglise dans l'histoire des mines de Potosi est très révélateur du positionnement éthique de cette institution. Au XVIème siècle, après s'être longtemps interrogée sur le caractère hérétique de la pratique de la mastication de la feuille de coca, l'Eglise décida de l'interdire. Mais s'apercevant que la feuille de coca permettait aux indiens de mieux supporter les conditions de travail abominables dans les mines (la mastication de la coca permet de diminuer les effets de l'altitude –Potosi de situe à 4070m d'altitude-, et a un effet coupe faim), elle se ravisa et l'autorisa de nouveau, et en profita pour créer une imposition ad hoc, une dîme sur la coca. Aujourd'hui sa brillante réflexion se concentre sur le problème de Tio. Tout comme les mineurs croient en Dieu, ils croient à la présence du Diable sous la terre. La chaleur dans les galeries est si forte et leur environnement de travail ressemble tellement à l'Enfer, que les mineurs pensent que le minerai qu'ils obtiennent en dynamitant et en creusant la terre appartient au Diable. Afin d'apaiser le Diable, qu'il nomme Tio, ils installent une statue à son effigie à l'intérieur de chaque mine et y déposent régulièrement des offrandes (notamment des feuilles de coca). Or cette tradition dérange fortement l'Eglise qui la considère comme hérétique.


Potosi