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jeudi 16 juillet 2009

Casado mon amour, par Ju, Costa Rica

Au début on trouvait ça pas mal. Du riz, des haricots rouges, quelques tomates et de la salade, des bananes et une viande (poulet, porc ou boeuf) ça fait un plat complet, bon, qui tient au ventre et vraiment pas cher. Petit à petit, nous avons commencé à découvrir toutes les subtilités et variantes de ce plat: selon qu'il s'agit du petit déjeuner, du déjeuner ou du dîner, les haricots sont à côté du riz, les haricots sont sur le riz, les haricots sont mélangés au riz... Le casado au petit déjeuner on avait eu du mal quand même, mais à midi ou le soir on se jetait dessus toujours émerveillés devant la grande finesse de ce plat. Un jour les haricots rouges nous ont même été servi à part dans une petite soucoupe commune, une petite cuillère permettant d'en disposer à sa guise ! Formidable ! Puis, à l'occasion de séjours dans de petites auberges familiales, nous avons découvert les secrets de fabrication de ce plat exceptionnel: une grosse marmite pleine de haricots rouges qui macèrent toute la journée dans une sauce noirâtre (qui prend une teinte rougeâtre quand on la remue). Un ptit coup sur le feu avant de servir et hop c'est prêt ! Après manger on rajoute quelques louches de haricots pour maintenir une quantité constante dans la marmite et c'est parti pour une autre journée de macération. La mixture se compose ainsi de plusieurs strates: plus on va profond dans la marmite plus on remonte le temps. Pour un casado normal on ne prend que les couches supérieures. Pour les grandes occasions, on plonge la louche jusqu'au fond de la marmite et on racle le fond pour récupérer les meilleurs haricots, ceux qui sont au fond depuis plusieurs semaines, voir plusieurs mois (vu l'état de certaines marmites, plusieurs années parfois)... les meilleurs, ceux qui se sont bonifiés avec le temps ! Je rassure les lecteurs inquiets pour les conditions sanitaires, un couvercle permet d'éviter que la mixture ne s'enrichisse de protéines animales indésirables. Et puis un jour le drame ! Le casado de trop ! Celui qui vous cloue sur un chiotte pendant 2 jours... Est-il utile de préciser que j'ai été le seul à avoir le privilège de gouter à cette version ? Comme d'hab, Nat en est sorti indemne... Depuis ce jour, mes rapports avec le casado sont devenus conflictuels. Je lui reproche son manque d'originalité, son manque de fraicheur. Il m'accuse de chauvinisme, d'être difficile. Finalement lui est moi on a décidé d'un commun accord de faire une pause. Nous avions besoin de faire le point chacun de notre côté. Pour être honnête, je n'ai pas été fidèle pendant ses quelques jours de réflexion. Un soir, j'ai craqué sur une pizza et des frites... Mais ce qui m'inquiétait le plus c'était mes rêves: des jambons, des petits fromages de chèvres, des steaks, des yaourts... Et puis petit à petit nous avons réappris à nous aimer. Doucement au début. Je n'ai pris que du riz avec du coca. Puis j'ai rajouté des bananes, puis le poulet, puis les haricots... Et ça tombe bien parce que le riz et les haricots rouges j'en ai encore pour 5 mois !

samedi 11 juillet 2009

Puerto Viejo de Talamanca, Costa Rica 7, par Nat

Le 7 juillet, nous quittons Tortuguero pour Puerto Viejo de Talamanca, notre dernière étape avant de rejoindre le Panama. Encore un long trajet:1 bateau,4 bus et 8h de transport! Heureusement, nous avons eu toutes nos correspondances quasiment sans attente. Puerto Viejo de Talamanca est un petit village de la côte caraïbe où l'ambiance est plutôt décontractée: musique reggae, cuisine créole, surf, petites maisons en bois coloré sur pilotis, cocotiers. Nous nous y sommes reposés 2 jours et comme il a énormément plu le 2eme jour(c'est quand même la saison des pluies!) nous en avons profité pour mettre à jour le blog.
Le 9 juillet, nous quittons Puerto Viejo de Talamanca pour le Panama. La frontière est proche. Nous y sommes en 1h30 de bus seulement. Le passage à la frontière est par contre vraiment laborieux (le pire qu'on ait eu): plus de 2h d'attente en plein soleil pour recevoir nos tampons de sortie du Costa-Rica.
Un pont étroit enjambe la rivière qui fait office de frontière entre les 2 pays. Il permet à la fois le passage des piétons et des énormes camions de marchandises. Il n'est pas toujours aisé de se frayer un chemin!


Puerto Viejo


Tempête:

Tortuguero, Costa Rica 6, par Nat

Nous quittons Puerto Jimenez le 4 juillet à 5h du matin. Nous avons encore du mal à réaliser la chance que nous avons eu de voir tous ces animaux au parc national du Corcovado. Notre prochaine étape est le parc national du Tortuguero mais un trajet long et fatigant nous attend pour rejoindre ce village isolé de la côte caraïbes. Nous avons 10h de bus jusqu'à San Jose et heureusement qu'on avait acheté nos billets un jour à l'avance! On a eu les dernières places assises alors que les 5 touristes allemandes qui ont acheté leurs billets au moment du départ se sont rendues compte avec horreur qu'elles seraient toutes debout! C'est bête! Il faut savoir être prévoyant dans la vie... surtout quand on prend un bus longue distance le week-end. Nous on était bien installés et on a bien dormi! Nous avons passé la nuit à San Jose et dès le lendemain matin c'est reparti pour 6h de transport jusqu'au village de Tortuguero: 2 bus et 1 bateau le long des canaux. Le trajet en bateau a été assez folklorique. Notre bateau était surchargé et au bout de 20min, en plein milieu des canaux remplis de crocodiles, ils nous ont fait passer dans un 2eme bateau pour désengorger le premier. On s'est retrouvé avec un pilote Schumacher qui allait à fond la caisse faisant fi des pauvres lamantins qui se trouvent sous l'eau. En plus à l'avant du bateau, une espèce de mygale menace de s'envoler vers nous avec la vitesse! J'avoue que je n'ai pas trop aimé ce trajet! Il est déjà 15h et nous arrivons enfin à Tortuguero où nous retrouvons l'italien rencontré au parc national du Corcovado.

Nous sommes venus jusqu'ici dans l'espoir d'observer la ponte des tortues de mer. Tortuguero vient de «tortuga» qui signifie tortue en espagnol comme vous l'aviez deviné. En effet, 4 espèces de tortues de mer choisissent les plages de Tortuguero pour déposer leurs oeufs. La pleine saison de ponte (jusqu'à 700 tortues certaines nuits) s'étend de fin juillet à août. Ce n'est que début juillet mais il y a de grandes chances de voir quelques tortues pondre. Nous arrivons trop tard pour la ponte des tortues Luth (avril) mais peu importe l'espèce de tortue ça serait déjà une chance d'assister à une ponte en direct!
Nous sommes épuisés par notre trajet depuis Puerto Jimenez et nous préférons faire le tour des tortues le 2eme soir. En attendant repos.

Le lendemain, plutôt que de faire une balade en canoë parmi les canaux pour voir les paresseux et les singes araignées qu'on connait déjà, nous partons nous balader sur le seul sentier du parc du Tortuguero. Pas génial. A part un héron tigré et 2 perruches on ne voit aucun animal! Après notre experience au parc national du Corcovado c'est la misère! Après cette échec animalier, on décide d'aller faire un tour au Cerro de Tortuguero, un ancien volcan qui domine la lagune et les canaux du Tortuguero du haut de ces 120m d'altitude. On a entendu dire qu'on pouvait y voir les fameuses petites grenouilles venimeuses rouges! Intéressant! Mais voilà, notre guide de voyage à l'air de dire que le site est fermé au public. Petite vérification rapide sur place. Pas de problème pour des touristes individuels. En fait, le sentier de la colline volcan et son écosystème ont souffert de l'érosion causée par les centaines de touristes venant en tour organisé depuis leur lodges de luxe. L'accès est donc interdit aux tours guidés depuis 3 ans et depuis l'endroit est déserté par les touristes. Nous nous y rendons en bateau-taxi et notre pilote avec qui le contact est bien passé (ça sert de parler espagnol contrairement aux gringos!) nous conduit au début du sentier pour nous montrer les petites grenouilles rouges. Magnifiques et il y en a vraiment partout! Nous grimpons jusqu'au belvédère qui donne sur la lagune et les canaux. La vue est splendide. En chemin nous croisons des colonies de fourmis coupeuses de feuilles et les fameuses fourmis bala qui sont énormes et dont le venin peut faire vraiment mal. Elles possèdent un dard avec lequel elles injectent de l'acide formique et une substance neurotoxique qui causent une douleur extrême pendant plusieurs heures. Il s'agit de la douleur la plus violente pouvant être causée par un insecte. Elles sont notamment utilisées dans certaines tribus africaines lors des rites initiatiques de passage à l'âge adulte des jeunes garçons: il faut supporter la douleur en silence...

Nous rentrons à notre auberge ravis d'avoir encore vu de nouvelles choses.
Le soir, entre 22h et minuit, nous partons en tour organisé pour aller voir la ponte des tortues en espérant que des tortues seront au rendez-vous. En fait le sentier du parc que nous avions emprunté dans la matinée a été spécialement conçu pour les tours organisés (obligatoires) des tortues. Afin de ne pas perturber les tortues tout en permettant aux touristes d'assister aux lieux de ponte, le sentier longe la plage et permet d'accéder au lieux de ponte sans parcourir la plage. Un guide ne peut pas prendre plus de 10 touristes et chaque groupe à droit à un secteur de plage. Pas plus de 10 personnes autour d'une tortue qui pond! Seul le guide a droit d'utiliser une lumière faible.
Autant à la haute saison la répartition en secteur se comprend mais là s'il y a 3 tortues en tout sur la plage c'est plus difficile. En fait c'est tout simple... les rangers sont sur la plage toute la nuit non seulement pour guetter les tortues et prévenir nos guides mais aussi pour éviter le braconnage.
C'est ainsi que nous avons pu voir une tortue pondre et une tortue entrain de recouvrir ses oeufs. Superbe! C'est comme dans les documentaires à la TV. Par contre pas de photo, c'est strictement interdit. Le processus dure environ 2h (c'est un peu pour ça que les tours durent 2h):
-elle sort de l'eau et remonte la plage jusqu'à la lisière de la forêt
-elle nettoie la zone (enlève branches, bouts de bois et même des troncs)
-elle creuse un trou d'environ 75cm de profondeur
-elle y dépose entre 90 et 130 oeufs (cette étape dure environ 25 minutes)
-elle recouvre les oeufs de sable en le compactant
-elle replace des branches sur la zone pour masquer le nid
-elle s'en retourne vers l'océan.
Une tortue effectue entre 7 et 10 pontes par an. Seul 1% des bébés tortues survivra.


Tortuguero


Schumacher en action:

Le Corcovado, terre d'aventure, Costa Rica 5, par Ju

Le parc national du Corcovado se situe sur la péninsule d'Osa, sur la côte pacifique dans le sud du Costa Rica, une région un peu à l'écart des itinéraires touristiques classiques. Ce parc est décrit par le National Geographic comme étant «le lieu biologique le plus intense de la planète» et le Lonely Planet indique «testez vos capacités de survie en effectuant un trek dans le parc national du Corcovado»...

Nous avons longtemps hésité avant de nous lancer dans l'aventure. Premièrement, accéder aux environs du parc est un vrai casse-tête. C'est en fait déjà une aventure en soi et cela implique d'y consacrer plusieurs jours. Deuxièmement, notre expérience difficile de la jungle du Taman Negara en Malaisie n'était pas pour nous rassurer aux vues des nombreuses difficultés de ce trek. Troisièmement, l'organisation de ce trek est assez complexe. Le seul endroit du parc national où les touristes sont autorisés à dormir est une station de rangers située au milieu du parc, sur la côte: la station de la Sirena. Il faut demander une autorisation auprès des rangers pour avoir le droit d'y séjourner. Le nombre de places étant limité et les scientifiques étant évidemment prioritaires, il faut réserver le plus tôt possible. Mais le processus de réservation à distance est d'une complexité décourageante: il faut téléphoner à l'office du parc national, se faire envoyer un document par email, faxer le document rempli, attendre un 2ème document, aller dans une banque pour faire un virement bancaire, faxer le reçu du virement, et enfin recevoir une confirmation de réservation. Un calvaire ! Pour accéder à la station de la Sirena, 3 sentiers existent: le sentier du nord, le sentier du sud et le sentier de l'est. Le sentier du nord est déconseillé aux touristes, et pendant la saison des pluies (c'est à dire en ce moment) il est souvent interdit car plusieurs rivières sont infranchissables du fait de la présence de crocodiles et des hauteurs d'eau trop importantes. Le sentier de l'est est entièrement dans la forêt avec des portions assez vallonnées et difficiles pendant la saison des pluies à cause de la boue. Il faut environ 10h de marche. Un gros morceau. Le sentier du sud est à peine plus accessible: 20 km, 7 à 8h de marche annoncées et le sentier longe la côte. C'est ce sentier qui a notre préférence. Mais là aussi il y a plusieurs difficultés: plusieurs km sur la plage sur du sable mou et en plein soleil, plusieurs passages sur la plage infranchissables à marée haute, et surtout une rivière importante à traverser, le rio Claro. C'est cette dernière difficulté qui nous a fait longtemps hésiter. Il est indiqué qu'il n'y a normalement pas de crocodile dans le rio Claro mais il est fortement déconseillé de le traverser à marée haute lorsque que le niveau de l'eau se situe au-dessus de la ceinture... C'est le «normalement» qui nous posait problème, car à un peu plus de 1km du rio Claro, un autre rio, le rio Sirena est lui infesté de crocodiles... Apparemment à marée basse on peut traverser le rio Claro avec de l'eau aux chevilles. Mais Nat n'était pas vraiment rassurée, surtout que les commentaires laissés sur internet par ceux qui avaient tenté l'aventure n'incitaient pas vraiment à la confiance. Mais bon, tout le monde sait bien que les fanfaronnades sont de rigueur lorsque l'on fait le récit d'une telle aventure (et ce post en est un parfait exemple !!). Il y avait également le problème de l'eau potable. Nous avions des infos contradictoires sur l'eau à la station de la Sirena. Or avec les températures actuelles, il faut compter au minimum 3L d'eau par jour par personne. Il faudrait donc transporter de l'eau pour 3 jours, c'est-à-dire au moins 18L d'eau... Pour le problème du rio Claro, Nat a finalement eu l'idée «géniale» d'acheter un matelas pneumatique: si l'eau est trop haute, on passe le Rio Claro sur le matelas, moi je rames pendant qu'elle balance des pierres sur les crocos ! Le problème du rio Claro étant réglé, nous avons fait fi du problème de l'eau potable. On verra plus tard. C'est parti ! On y va ! Waouh !

Nous avons commencé par 9h de bus pour rejoindre le village de Puerto Jimenez sur la péninsule d'Osa depuis Quepos, avec un départ à 5h30 du matin et une correspondance incertaine à mi-chemin. Tout s'est bien passé et nous sommes arrivés comme prévu à Puerto Jimenez dans la soirée du 28 juin (la ponctualité des bus au Costa Rica est incroyable). Puerto Jimenez est un village au bout du monde et mérite à lui seul le déplacement. Des aras macaos envahissent tous les matins et tous les soirs le terrain de foot du village, et chercheurs d'or, cowboys et aventuriers en herbes se croisent toute la journée le sourire aux lèvres, signe que la nature est ici plus généreuse qu'ailleurs.

Le lendemain nous allons directement à l'office du parc national pour réserver nos places à la station de la Sirena pour les nuits du 30 juin et du 1er juillet. La zone réservée aux campeurs est pleine mais il reste quelques places dans des bungalows. Ouf ! Ca c'est fait ! Nous récupérons les horaires des marées et on nous confirme que l'eau à la station de la Sirena est normalement potable sauf lorsqu'il a beaucoup plu, l'eau de la rivière étant alors boueuse. Pour le rio Claro, pas de problème à marée basse, mais prudence quand même... Nous laissons nos gros sacs de voyage dans un hôtel à Puerto Jimenez, faisons quelques courses pour être autonome en nourriture pendant 3 jours et prenons un taxi collectif (camion bâché) pour le lieu-dit de Carate, à l'entrée du parc national: 2h30 sur une piste chaotique avec de nombreux passages à gué. Carate est un simple lieu-dit avec un comptoir où l'on peut acheter des chips et de la bière et quelques bungalows où l'on peut passer la nuit avant d'attaquer le Corcovado.

Nous décidons de partir tôt le lendemain matin pour éviter le plus possible de marcher en pleine chaleur. Départ 5h au lever du soleil. Nous marchons environ 2h et croisons quelques personnes qui reviennent de la Sirena. Ils ont tous l'air épuisé... Nous arrivons au premier passage délicat, la portion de plage qui longe des falaises. Comme prévu, la marée est déjà trop haute: les vagues du Pacifique se fracassent sur les falaises, impossible de passer. Nous attendons un peu plus de 3h que la mer redescende. 3h de marche supplémentaire et nous arrivons à la difficulté majeure, le rio Claro. Mais la marée est presque basse et le passage du rio ne présente aucune difficulté: nous avons de l'eau sous les genoux ! On s'est trimballé le matelas gonflable pour rien ! 1/2h plus tard nous arrivons à la station de la Sirena. Jusque là nous n'avions pas vu beaucoup d'animaux, mais disons que ce n'était pas vraiment notre principale préoccupation. Nous étions plus concentrés sur notre montre, la carte et les horaires des marées. Cependant, juste avant d'arriver à la station de la Sirena, nous sommes tombés sur un groupe de singes écureuils (ou singe saïmiri), la seule espèce de singes qu'il nous manquait encore et que nous avions ratée au parc Manuel Antonio. Ca commence très bien !

La station de la Sirena est un endroit incroyable. Au milieu d'une petite clairière, cette station est complètement isolée du reste du monde. On y croise des scientifiques, des rangers, des touristes comme nous et quelques touristes fortunés qui viennent à la journée en bateau. Pour nous alléger un peu nous avions réservé 2 dîners à la station. On nous a servi le meilleur casado que nous ayons mangé au Costa Rica !

La zone autour de la station de la Sirena présente une faune d'une richesse exceptionnelle. En plus de tous les animaux que l'on peut voir dans d'autres parcs (4 espèces de singes - araignée, hurleur, capucin et écureuil -, coatis, agoutis, paresseux, rapaces, grenouilles, serpents, crabes, crocodiles), il est possible de voir ici des fourmiliers, des pécaris (sorte de sangliers), des tapirs et des félins (jaguars, jaguarundis, ocelots, pumas), mais pour ces derniers c'est rarissime. Autour de la station, plusieurs sentiers permettent de se balader dans la jungle sans jamais trop s'éloigner de la station. Ces sentiers sont fantastiques. Nous avons emprunté jusqu'à 6 fois le même sentier dans la même journée et à chaque fois nous sommes tombés sur des animaux différents. Nos objectifs étaient de voir un tapir (nocturne) et un fourmilier (diurne). Nous avons donc commencé à arpenter les sentiers autour de la Sirena, 1h à peine après être arrivés à la station, jusqu'à la nuit ! Mais ni fourmilier ni tapir. Le lendemain nous sommes bien décidés à mettre toutes les chances de notre côté. Nous commençons avant le lever du soleil et passons la journée à marcher sur les mêmes sentiers (11h de marche). Mais toujours pas de tapir ni de fourmilier ! En revanche nous voyons plein d'autres animaux (paons sauvages, les 4 espèces de singes, rapaces, crocodiles, coatis, agoutis) et surtout des scènes de la vie sauvage: coatis chassant des crabes, singes avec leurs petits, agoutis avec leurs petits, coatis avec leurs petits... Superbe ! Nous avons également la surprise de découvrir au milieu du rio Claro, à quelques mètres de l'embouchure que nous avions traversée la veille... un crocodile barbotant tranquillement dans l'eau !! Nous en sommes restés sans voix ! Nos craintes étaient donc bien justifiées ! Et dire que la veille nous avons croisé un jeune anglais qui a traversé le rio à la nage car il avait raté la marée basse ! Chaud !

Juste avant d'aller manger (les repas sont servis à 17h30 précises à la station, le soleil se couche vers 17h15 et il y a extinction des feux à 19h30), nous tentons une nouvelle fois de voir un tapir, la nuit tombant. Toujours rien ! Mais alors que nous rentrons à la station nous tombons nez à nez avec un fourmilier ! Enfin ! Nous mangeons rapidement et repartons. Il fait maintenant nuit noire. Nous savons que les tapirs sortent à cette heure-ci. Nous empruntons un sentier, et après quelques dizaines de mètres, nous apercevons dans le noir une grosse masse juste à côté de nous: c'est un tapir ! Il n'est pas très farouche et nous pouvons nous approcher très près de lui ! Nous pouvons dormir tranquille, nos objectifs sont atteints !

Le lendemain, jour du départ, nous commençons à 4h du matin pour passer le rio Claro à marée basse et éviter de tomber sur notre copain le crocodile ! Partis très tôt nous avons beaucoup de temps devant nous, et nous prenons un rythme nettement plus lent qu'à l'aller pour essayer de voir encore des animaux. C'est payant: nous voyons notamment un fourmilier, une martre, et une harde de pécaris que nous suivons en courant comme des dératés sur plusieurs dizaines de mètres dans la forêt! Et puis, alors que nous arrivons presque à la fin de la rando, nous croisons un groupe d'espagnols que nous avions déjà rencontrés à plusieurs reprises au Costa rica et qui sont là pour la journée. Ils viennent de voir un puma ! Incroyable ! C'est rarissime ! Il était couché dans un fourré à quelques mètres du sentier. L'endroit se situe à environ 2km de là. Nous sommes fous ! Ils nous donnent quelques indications: au 15ème arbre couché tournez à gauche, puis à la deuxième souche à droite, puis tout droit jusqu'au premier fossé puis à gauche puis bla bla bla... Nous piquons un sprint. Cherchez un arbre couché au milieu de la jungle... ce n'est pas évident. On craint d'avoir raté l'endroit ou que le puma soit parti. Et puis soudain, Nat croise des yeux jaunes... Après son exploit australien avec les koalas, elle vient de trouver le puma. Il nous regarde. Il est à un peu moins de 10 m de nous, entre le sentier et la plage. Allongé dans des branchages, il n'a pas l'air d'être très préoccupé par notre présence. Il ferme les yeux et semble s'assoupir. Il doit se reposer pensons-nous. Et puis soudain tout bascule. L'oeil collé à mon appareil photo je ne suis pas attentif à ce qu'il se passe autour de nous. Nat a juste le temps de me dire: il va se faire l'agouti ! Un agouti passe à toute vitesse entre le puma et nous. Le puma redresse la tête et en une fraction de seconde se jette sur l'agouti, à quelques mètres de nous. Nous entendons le dernier cri de l'agouti, puis sa proie dans la gueule, le puma retourne se coucher dans les branchages. Il en fait quelques bouchées, se nettoie le pelage et nous regarde tranquillement. L'espace d'un instant on se dit qu'on pourrait servir de dessert, et nous nous éloignons sagement... Quelle journée ! Nous terminons la rando la tête un peu ailleurs, conscients d'avoir vu quelque chose d'exceptionnelle ! Au moment où nous arrivons à Carate, un orage terrible éclate: éclairs, tonnerre, pluie diluvienne... dernier signe que la chance aura été avec nous tout au long de ce trek !


Corcovado


Saïmiri:


Pic:


Groupe de coatis:


Coati à la recherche d'un crabe:


Le coati et le crabe:


Singe araignée:


Agouti:


Fourmilier:


Puma:


Le coati et la noix de coco:

jeudi 9 juillet 2009

Manuel Antonio, Costa Rica 4, par Nat

Une fois achevée notre visite du parc national de Carara, nous reprenons le bus pour rejoindre la petite ville de Quepos, située sur la côte pacifique à proximité du parc national de Manuel Antonio. Encore un parc national! Le Costa-Rica en compte plus de 20 sans compter les dizaines de réserves biologiques. Ce n'est pas étonnant que ce pays soit un des rares endroits de la planète à rassembler une faune aussi variée! Le parc n'a pas une grande superficie mais englobe quelques jolies plages. Il est très facile d'accès et de ce fait, dès 9h du matin, il se retrouve inondé par des hordes de touristes en tours guidés. L'office du parc est d'ailleurs obligé de limiter les entrées à 800 par jour afin d'éviter de trop perturber la faune qui s'y trouve. Sachant cela, nous nous y rendrons le lendemain dès l'ouverture à 7h du matin. Plus on arrive tôt, plus on a de la chance de voir des animaux... quoique pas forcément. Le lendemain nous sommes bien évidemment les premiers à attendre l'ouverture du parc et on espère pouvoir voir les 4 sortes de singes du Costa-Rica. Nous commençons a bien connaître les singes hurleurs et les singes araignées mais nous n'avons pas encore vu les capucins à têtes blanches et les singes écureuils (aussi connus sous le nom de saïmiris). Alors que nous sommes seuls sur les sentiers du parc, nous tombons très vite sur un petit groupe de capucins forts sympathiques. Mais au bout de deux heures de marche, nous ne voyons pas grand chose en dehors de ce groupe de singes et de nos agoutis préférés qui sont partout et de nombreux crabes ! Nous repartons sur le sentier principal et là horreur: on se retrouve nez à nez avec des centaines de touristes bruyants qui se déplacent en tongues (très appropriées pour marcher dans une forêt où vivent des serpents venimeux)en suivant leurs guides tous munis de grandes lunettes télescopiques! Mais ils vont nous faire fuir les animaux! Déçus de ne pas avoir vu plus d'animaux durant les premières heures du jour, on décide d'épier les groupes avec guides! Et c'est plutôt pas mal comme technique puisque nous voyons enfin nos premiers paresseux. Et oui il y avait des paresseux dans les arbres au-dessus de nos têtes et on ne les avait pas vus du tout! Nous étions meilleurs pour repérer les koalas dans les eucalyptus. Cela nous a permis d'en voir plusieurs et surtout nous avons pu voir les deux espèces: des paresseux à 3 doigts et un paresseux à 2 doigts. C'est effectivement paresseux mais on a eu la chance d'en voir se déplacer malgré tout. Après cela nous avons pu en repérer plusieurs par nous-mêmes. Une fois que l'on sait à quoi ressemble ce que l'on cherche c'est plus facile. Toujours en suivant discrètement les groupes guidés, nous avons vu notre première vipère Fer-de-lance, sur le bord du sentier principal. On en entend parler depuis notre arrivée au Costa-Rica puisqu'elle est très répandue au Costa-Rica et responsable d'environ 500 accidents par an. Elle peut tuer un homme en 3 petites heures. Mais combien de touristes en tongues se font piquer? Nous n'avons pas réussi à le savoir. A nouveau seuls, nous avons aussi vu un caïman dans un petit marais entre 2 plages du parc, des lézards, des iguanes, des crabes violets et oranges qui se cachent dans des trous dans la forêt, des armées de bernard-l'ermite assez marrants, des daims et des toucans araçaris. Nous n'avons pas réussi à voir les singes écureuils, espèce en danger d'extinction. Après avoir sillonné tous les sentiers du parc, nous nous octroyons une petite baignade au milieu de rochers assez tranchants: Juju peaufine ainsi ses blessures du toboggan des sources d'eau chaude de Baldi en se râpant le ventre. Pas mal. Le soir, nous profitons de la piscine de notre auberge. Ce n'est pas fréquent de trouver une auberge sympa avec piscine! Le lendemain nous devons nous lever aux aurores pour rejoindre Puerto Jimenez qui se trouvent à une dizaine d'heures de bus. Notre prochaine étape est le parc national du Corcovado qui va nous demander une sacrée organisation mais si tout se passe comme prévu cela devrait être une des expériences les plus extraordinaires de notre voyage au Costa-Rica.


Manuel Antonio


Singe capucin:


Paresseux:



Daim:

mercredi 8 juillet 2009

Carara, Costa Rica 3, par Ju

Le parc national de Carara est nettement moins visité que la réserve biologique de Monteverde plus au nord ou le parc national de Manuel Antonio plus au sud. Pourtant il s'agit d'un des rares endroits où l'on peut encore voir des aras macaos. Moins visité, le parc est un peu moins bien aménagé: les sentiers sont en plus mauvais état et en cette période ils sont parfois inondés. Sans guide, il nous a fallu ruser pour pouvoir profiter au maximum de ce parc. Nous n'avons pas été déçus ! Nous avons été à nouveau les premiers à pénétrer dans le parc en étant devant l'entrée dès l'ouverture. En plus des animaux maintenant classiques (singes araignées et hurleurs, coatis, agoutis, lézards, iguanes), nous avons eu la chance de voir une espèce de petites grenouilles vénéneuses ainsi que les fameux aras macaos. Les grenouilles sont très dures à repérer car elles sont minuscules et se fondent dans la végétation. Par contre, les aras se repèrent de très loin par leurs cris très puissants et franchement horribles (un peu comme des corbeaux): on ne peut pas tout avoir, un beau plumage et un beau ramage! Souvent vus en groupe aux heures de repas, les aras se déplacent généralement en couple (ils gardent le même partenaire toute leur vie). Le parc national de Carara présente également une autre attraction: d'énormes crocodiles qui peuvent être observés de très près depuis un pont qui enjambe le rio Tarcoles.


Carara


Fourmis coupeuses de feuilles:


Ara Macao:

Monteverde, Costa Rica 2, par Ju

Après le volcan Arenal, nous arrivons dans la région de la réserve biologique de Monteverde. C'est une région de montagnes difficilement accessible et le trajet en bus depuis Arenal est superbe. La région est un peu plus humide que les zones côtières mais heureusement nous n'avons pas été très gênés, la pluie tombant souvent le soir et la nuit, ou lorsque nous sommes dans les bus !

Cette réserve est un des rares endroits d'Amérique centrale où l'on peut espérer voir un quetzal, cet oiseau magnifique et très rare, une des emblèmes de l'Amérique centrale (il apparaît par exemple sur le drapeau national du Guatemala). Malheureusement, nous n'avons pas eu la chance d'en voir. Mais nous avons quand même vu plein d'animaux. La liste est longue: singes araignées, singes hurleurs, colibris, agoutis, coatis, mygale, scorpion, lézards, porc-épic arboricole, grenouilles... Pour pouvoir voir un maximum d'animaux nous avons passé une journée à arpenter les sentiers de la réserve de Monteverde en commençant dès l'ouverture du parc à 7h, visité un jardin à colibris, fait un tour guidé de 3h de nuit dans la forêt, et visité un vivarium pour admirer les fameuses grenouilles vénéneuses du Costa Rica, très colorées mais minuscules et très difficiles à repérer dans la nature.

Etape suivante, le parc national de Carara sur la côte Pacifique.


Monteverde


Colibri :

Le volcan Arenal, Costa Rica 1, par Nat

Nous sommes arrivés à San Jose, la capitale du Costa-Rica, le 20 juin en fin de matinée... à l'issue d'un nouveau vol de 3h avec American Airlines, notre compagnie aérienne «préférée»! Dire qu'on va devoir la reprendre dans un mois pour aller en Equateur!

Nous débarquons au milieu d'un flot d'américains qui foncent vers les stations balnéaires et les spots de surf du Costa-Rica. Nous voilà en terre hispanophone pour presque 6 mois, fini l'anglais! Nous nous remettons à l'espagnol sans trop de difficulté et le contact avec les costaricains est beaucoup plus aisé.

Nous ne nous sommes pas attardés à San Jose et dès le lendemain matin, nous prenons le bus pour La Fortuna, petit village au pied du volcan Arenal. Le volcan Arenal est en activité continue depuis 1968 et ses coulées de lave plus ou moins impressionnantes attirent de nombreux touristes. C'est l'un des 10 volcans les plus actifs de la planète. La saison des pluies n'est pas la meilleure saison pour aller observer les volcans qui, à cette période, sont souvent cachés par les nuages. Heureusement le volcan Arenal ne culmine qu'à 1670m d'altitude et on peut donc espérer que les nuages soient plus hauts. A notre arrivée à la Fortuna en fin de matinée, le volcan Arenal est d'ailleurs dégagé mais dès le début de l'après-midi, il disparaît sous les nuages !

Le volcan Arenal éjectent des blocs de lave depuis environ 3 semaines après 6 mois d'une activité discrète sans lave visible. Tant mieux car nous comptons aller l'observer de nuit le lendemain. Mais il s'agit d'une observation lointaine car les flancs du volcan sont très dangereux: une nuée ardente a ainsi dévalée les flancs du volcan une semaine auparavant ! Cette nuée ardente a d'ailleurs permis de «déboucher» le cratère et de rendre les blocs de lave à nouveau visible depuis la plaine.

Le lendemain, quelle surprise: le volcan reste complètement dégagé toute la journée! Cela n'était pas arrivé depuis un bon moment si bien que la patronne de notre auberge en a profité pour le prendre en photo ! Le matin, nous partons faire une petite rando vers des cascades. L'endroit est parfait pour une petite baignade, très agréable après une longue marche sous un soleil de plomb ! Le soir, nous partons en tour organisé pour aller observer les blocs de lave incandescente du volcan. Afin de rejoindre le point d'observation du volcan, nous entamons une petite balade dans la forêt jusqu'à la tombée de la nuit: toucans, vautours, singes hurleurs, singes araignées et pleins d'insectes sont au rendez-vous. A plusieurs reprises nous entendons les blocs de lave dévaler les flancs du volcan: très impressionnant ! Il fait nuit et nous voilà enfin au poste d'observation: incroyable spectacle de blocs de lave incandescente qui dévalent les flancs. Toujours dans le tour organisé, nous partons profiter, de nuit, de sources d'eaux chaudes naturelles dans un parc aménagé avec 25 bassins aux températures différentes, des jaccuzis géants et des tobbogans à l'image de ceux de nos parcs Aqualand mais pas avec les même normes de sécurité... Tester de nuit, dans le noir complet un toboggan un peu trop rapide c'est avéré un peu risqué ! Moi je me suis fait mal et j'en suis restée là tandis que Ju a voulu vérifier si c'était bien le dernier virage qui était un peu vicieux et a retenté l'expérience: c'est bien le dernier virage ! Résultat il en est ressorti tout râpé !

Notre prochaine étape est la réserve biologique de Monteverde.


Arenal

Parcours Costa Rica