samedi 15 août 2009

Nazca, Pérou, par Ju

Ah les Nazcas! Qui n'est pas un jour tombé sur un reportage sur les énigmatiques et fascinants géoglyphes que les indiens nazcas ont tracés au milieu du désert?

La civilisation nazca s'est développée entre 200 et 700 AD dans une région semi-désertique située entre la Cordillère des Andes et l'Océan Pacifique. Pour faire face aux conditions climatiques très difficiles de cette région et notamment au manque d'eau, les nazcas, qui étaient un peuple essentiellement agricole, ont développé un réseau d'aqueducs de plus de 200 km permettant d'acheminer de l'eau depuis les contreforts de la Cordillère des Andes jusque dans les plaines arides où ils cultivaient notamment des pommes de terre et du maïs. Les aqueducs étaient principalement sous-terrains, et des puits en forme de spirale espacés de quelques dizaines de mètres permettaient d'accéder aux canaux et d'assurer leur entretien. Ces structures ont résisté au temps et aux nombreux tremblements de terre qui secouent régulièrement la région et sont toujours utilisées aujourd'hui pour l'agriculture: ils alimentent des bassins qui permettent d'irriguer les cultures lorsque l'unique rivière de la vallée est à sec, c'est-à-dire presque 6 mois par an. Comme souvent lorsque des civilisations disparaissent brutalement peu de temps après leur apogée, les causes de leur disparition ne sont pas parfaitement identifiées et résultent certainement de la conjonction de plusieurs facteurs: sécheresse persistante, tremblement de terre, perte de confiance dans les classes dirigeantes, montée en puissance d'autres civilisations...

Mais revenons aux géoglyphes car ce sont eux qui font venir les foules du monde entier et enflamment l'imagination. Ces géoglyphes, qui mesurent de quelques dizaines de mètres à plusieurs centaines de mètres, représentent des animaux (condor, colibri, araignée, singe) ou des formes géométriques (spirale, triangle). On en a dénombré plus de 350. Les géoglyphes ont été réalisés en grattant le sol et en dégageant du sol sablonneux et clair des roches volcaniques plus sombres. L'absence de végétation et le fait que les roches sont suffisamment grosses pour ne pas être emportées par le vent expliquent pourquoi les dessins sont toujours visibles aujourd'hui, plus de 1500 ans après. Quant à leur fonction, de nombreuses théories ont été proposées, sans qu'aucune ne fasse vraiment l'unanimité. Celles-ci vont des plus farfelues (piste d'atterrissage d'extraterrestres) ou plus complexe (calendrier astronomique). La théorie du calendrier astronomique fut longtemps acceptée comme la plus probable. Cette théorie fut développée dans les années 30 par une mathématicienne allemande qui a consacré la majeure partie de sa vie à l'étude de la civilisation nazca. Les geoglyphes formeraient un immense calendrier astronomique, chaque dessin correspondant à une étoile ou une constellation. Aujourd'hui, cette théorie est contestée, et la théorie la plus largement acceptée est celle selon laquelle les géoglyphes servaient de terrains rituels pour des cérémonies de l'eau et de la fertilité. Les géoglyphes seraient des emplacements et non des images: les lignes des géoplyphes seraient des chemins que les nazcas parcouraient de façon rituelle au cours de cérémonies religieuses (les géoglyphes ne sont en effet constitués que d'une seule ligne). Quant à la réalisation de ces dessins, les Nazcas auraient utilisé des cordes comme instruments de mesure et des pieux comme point de repère.

Pour pouvoir admirer ces géoglyphes, une seule solution: le survol de la zone dans un avion. Une plateforme permettant de voir 3 geoglyphes a également été installée, mais la vue est décevante, sans comparaison avec celle que l'on a du ciel. Mais voilà, le survol des lignes de Nazca a récemment connu quelques « petits incidents »: des incidents techniques ont obligé à plusieurs reprises des avions à des atterrissages forcés et un appareil s’est écrasé en avril 2008, tuant ses cinq passagers. Suite à cet accident, différentes commissions d'enquête et d'inspections ont permis de pointer certaines défaillances dans la sécurité des vols et de faire des recommandations. Aujourd'hui il semble que les conditions de vol se soient améliorées (enfin, c'est ce que j'ai dit à Natacha). Arrivés à 4h du matin à Nazca (bus de nuit depuis Lima) nous avons eu le temps de cogiter avant de prendre une décision. Nazca est un parfait exemple de ville sous perfusion touristique: la majorité des habitants de la ville vivent du tourisme et celui-ci ne s'est malheureusement pas développé de façon intelligente. Les arnaques y sont légions et il est souvent préférable d'éviter de passer par une agence pour effectuer une excursion dans la région: pour une prestation identique les prix varient du simple au triple, un prix élevé n'étant pas systématiquement synonyme de qualité. Du coup, nous nous sommes rendus directement à l'aérodrome pour voir de nos propres yeux les fameux avions et comparer les différentes compagnies. Le survol des lignes nazcas dure en moyenne 30 min et coûte autour de 50 USD (70 USD minimum quand on passe par une agence du centre ville). Nous avons opté pour un tout petit avion (6 places dont celle du pilote; Nat me demande de préciser qu'il s'agit d'un cessna 206 pour ceux qui nous lisent et qui pilotent ce type d'avion): si l'on doit s'écraser autant que cela soit dans l'intimité! Alors là il faut que je vous explique un peu. Il est de notoriété publique que Nat n'est pas très à l'aise dans un avion. Ce sentiment d'insécurité a d'ailleurs empiré depuis qu'elle travaille dans le secteur de l'aéronautique... Bon alors imaginez dans quel état elle pouvait être au moment de se glisser dans un minuscule coucou avec l'accident d'avril 2008 en tête! J'ai du faire preuve d'une grande imagination pour avancer suffisamment d'arguments lénifiants pour la convaincre! Finalement tout s'est bien passé et la vue du ciel de ces immenses dessins au milieu du désert est spectaculaire.


Nazca

3 commentaires:

CO & JP a dit…

On a aimé les photos des tombes ou ce qu'il en reste !!! et surtout les cheveux que nous trouvons aussi dans les champs de mais des Landes.... la ville serait elle si proche ??? pour ... qu'autant en emporte le vent !!!
Bravo au courage de Natacha
Bisous et bon vent
CO & JP

Stéph et Juju a dit…

Coucou,
Les vues aériennes des géoglyphes sont impressionnantes! j'ai particulièrement aimé celui du singe (dont j'ai le vague souvenir d'une étude iconographique à la Fac), quant à Juju c'est celui du condor qu'il affectionne particulièrement (il parait qu'il apparaîssait dans les documentaires historiques du dessin animé Les Mystèrieuses citées d'Or!!!).
Bon vent et soyez prudents
Stéph et Juju
PS: des nouvelles de la "crevette" sur votre boite émail...

JuNat a dit…

A Co et JP:
Coucou,
Alors ça y est, vous vous êtes jetés à l'eau avec un 1er message sur le blog! Les cheveux et l'épi de maïs... c'est vrai qu'il y a des ressemblances troublantes!
Bisous

A Steph et Ju:
Ah Les Mystérieuses Cités d'Or! On n'a pas pu s'empêcher de fredonner la musique en visitant le Machu Picchu!
Bisous