samedi 22 août 2009

Cuzco, Pérou, par Ju

Cuzco est souvent considérée comme l'une des plus belles villes coloniales d'Amérique du sud. Capitale de l'empire inca, elle fut en grande partie détruite par les conquistadors espagnols en 1534 qui, en bons sauvages, reconstruisirent la ville selon leurs goûts. Le centre ville de Cuzco est ainsi une succession d'églises et d'hôtels particuliers, quadrillée par de grandes avenues pavées et de petites places qui permettent de prendre un peu de recul et donnent à cet ensemble de monuments imposants un aspect assez aéré. Cependant, certains vestiges de l'époque inca sont toujours visibles, en particulier de nombreux murs de pierre aux allures de puzzle géant que les espagnols ont conservés et sur lesquels repose la majorité des bâtiments de l'époque coloniale. A mesure que l'on s'éloigne du centre ville, les rues se rétrécissent, les pentes s'accentuent, les maisons se font plus basses, moins luxueuses et plus uniformes. Évidemment Cuzco est un lieu hautement touristique. D'une part parce que la ville est superbe du point de vue de l'architecture, d'autre part parce que la région de Cuzco regorge de richesses archéologiques. Heureusement la ville est tellement belle que l'on fait facilement abstraction des guignols qui se baladent dans les rues déguisés en inca, des lamas avec des pompons aux oreilles (que Nat a quand même trouvés mignons...), des centaines de magasins pour touristes qui proposent les mêmes produits artisanaux, des sollicitations incessantes pour des tours organisés ou des massages, des restos aux menus touristiques aux prix indécents, des touristes anglophones qui ne comprennent pas que l'anglais n'est pas la langue officielle du Pérou, des péruviens qui rentrent dans leur jeu et nous adressent la parole en anglais, de tous les touristes qui arborent les mêmes bonnets à pompons (ceux que l'on va nous aussi ramener du Pérou mais que l'on n'ose pas porter ici!). En revanche, les musées de Cuzco que nous avons visités nous ont laissé perplexes. Par exemple, le musée d'art contemporain de Cuzco est sans doute le seul musée au monde dont les quelques oeuvres sont en vente! A l'entrée de chacune de ses 2 uniques petites salles, un panneau indique la taille et le prix des oeuvres. Quand le musée devient un magasin de souvenirs haut de gamme! Quant aux musées d'histoire (musée d'histoire régional et musée du site de Qorikancha), non seulement les collections sont insignifiantes, ce que le prix d'entrée ne suggère pas, mais de nombreuses pièces sont exposées sans la moindre légende. Très frustrant! Il faut d'ailleurs avouer que de façon générale nous avons été extrêmement frustrés au Pérou du faible nombre d'objets exposés dans les musées. C'était le cas à Lima et ce fut le cas à Cuzco et sur tous les sites archéologiques que nous avons visités. Bien sûr les richesses des incas ont largement été pillées: par les espagnols d'abord, qui n'ont eu aucun remord à faire fondre tous les objets contenant de l'or et de l'argent pour récupérer les précieux métaux, par les trafiquants d'antiquités ensuite. Mais cela n'explique pas tout et il nous a semblé que peu d'effort était fait pour mettre en valeur les objets qui subsistent. Et puis petit à petit, au fur et à mesure que l'on visitait des sites archéologiques, un doute nous a assailli: l'institut national culturel du Pérou, l'organisme qui gère la grande majorité des sites archéologiques au Pérou, ne prendrait-il pas les touristes pour des vaches à lait? Car les sites archéologiques péruviens sont du point de vue des informations disponibles les pires sites que nous ayons jamais visités: malgré des prix d'entrée extrêmement élevés (32€ pour le Machu Picchu, 33€ pour le pass comprenant une dizaine de sites et musées de la région de Cuzco dont seuls 3 sont vraiment intéressants), pas de plan des sites à l'entrée (ni sur un panneau, ni sur un document papier), aucun panneau d'information, le nom des bâtiments ou des temples principaux ne sont mêmes pas indiqués! Quant aux guides qui proposent leurs services, l'étendue de leurs connaissances est malheureusement très aléatoire!

Voici la liste des sites que nous avons visité autour de Cuzco (le Machu Picchu fera l'objet d'un post à part):

- le site de Pisaq, citadelle spectaculaire construite sur des crêtes (à pied, il faut une bonne heure de marche sur un sentier très escarpé pour y accéder), célèbre pour ses cultures en terrasses et ses sépultures incas;

- le site de Tambomachay, petit, présente quelques fontaines et canaux hydrauliques, sans grand intérêt;

- le site de Puka Pukara, un ancien poste de garde qui domine la vallée;

- le site de Q'enqo, un sanctuaire où avait lieu des sacrifices rituels;

- le site de Saqsaywaman, une immense ruine sur les hauteurs de Cuzco, célèbre pour les immenses blocs de pierre dont sont constituées ses fortifications (certaines pierres pèsent plusieurs centaines de tonnes). Aujourd'hui il ne reste malheureusement que 20% de la structure d'origine, les conquistadors ayant utilisé les pierres pour construire de nombreux bâtiments de Cuzco. Le fort de
Saqsaywaman fut le théâtre de l'une des plus terribles batailles de la conquête espagnole. En 1536, un peu plus de 2 ans après la prise de Cuzco par Francisco Pizarro, Manco Inca se rebella, reprit le fort de Saqsaywaman et assiégea les conquistadors coincés dans Cuzco. Manco Inca était sur le point de vaincre les espagnols lorsque Juan Pizarro, un des frères de Francisco Pizarro et gouverneur de Cuzco, lança une dernière attaque désespérée avec une cinquantaine de cavaliers. Juan Pizarro fut tué lors de l'assaut, mais les espagnols parvinrent à reprendre Saqsaywaman, forçant Manco Inca et ses troupes à se replier à Ollantaytambo.

- le site d'Ollantaytambo, une imposante forteresse dominant un petit village datant de la période inca. Ollantaytambo fut l'un des rares endroits où les espagnols perdirent une bataille majeure. Après sa défaite à Saqsaywaman, Manco Inca se réfugia à Ollantaytambo. Hernando Pizarro, un des frères de Francisco Pizarro et nouveau gouverneur de Cusco après la mort de son frère Juan, lança une attaque afin de capturer l'Inca. Assaillis par une pluie de lances, de flèches et de rochers projetés du haut des terrasses de la forteresse, les hommes de Pizarro ne parvinrent pas à grimper jusqu'à la forteresse. Les incas inondèrent alors la plaine grâce à des canalisations et des réservoirs prévus à cet effet. Embourbés, les espagnols sonnèrent la retraite qui se transforma en déroute lorsque des milliers d'incas les poursuivirent dans la vallée. Mais la victoire des incas fut de courte durée, puisque peu de temps après les espagnols revinrent à l'attaque avec cette fois une cavalerie beaucoup plus importante et contraignirent Manco Inca à une nouvelle fuite.

- le site de Moray, fascinant. Il s'agit d'un ensemble de terrasses agricoles concentriques. Les incas auraient utilisé ses terrasses comme laboratoire pour déterminer les conditions optimales pour différentes cultures, chaque niveau de terrasse présentant un micro-climat particulier. Bon, nous on est sceptique sur cette théorie de laboratoire agronomique...

- les salines de Maras, spectaculaires. Des milliers de bassins tapissent une étroite vallée et permettent depuis l'époque inca l'extraction du sel. En amont, deux petits cours d'eau alimentent le réseau de bassins. Cette eau chaude s'est chargée en sel après une longue infiltration dans des couches sédimentaires riches en sel.


Cuzco

1 commentaire:

Stéph et Juju a dit…

Coucou,
Ca fait plaisir d'avoir de vos nouvelles. On s'impatientait.
Les lamas à pompons sont vraiment trés...spéciaux!!! Mais avez-vous pu savoir la signification de ces pompons? Est-ce symbolique ou ...tout simplement un attrape-touriste?!!!
Les vues des salines sont extraordinaires. A quelle altitudes étiez-vous?
Nous avons hâte de découvrir la suite sur le Machu Pichu.
Bon vent et soyez prudents
Stéph et Juju
PS: pour de vrai (cette fois!!!) des nouvelles de la petite crevette sur votre émail