samedi 31 octobre 2009

Recife, Brésil, par Nat

Un petit vol intérieur de 3h et nous retrouvons enfin le soleil et la chaleur des tropiques à Recife. Nous avons choisi de prendre l'avion afin de nous éviter un long trajet de 42h depuis Rio de Janeiro: environ 2400 km séparent Recife et Rio. Nous avons été accueillis chaleureusement chez des amis brésiliens de mes parents avec qui nous avons passé 4 jours inoubliables: visite de Recife et de la charmante petite ville colorée d'Olinda; détente, baignade et bateau sur une plage paradisiaque à Maragogi (petite ville qui se trouve à une 100aine de km au sud de Recife); découverte de nombreux plats et desserts typiques de la région et du Brésil. Nous avons quitté nos amis le 13 octobre au soir en bus de nuit pour redescendre dans le sud à Salvador de Bahia. Nous ne sommes pas prêts d'oublier ces 4 jours de rêve autour de Recife.


Recife

lundi 26 octobre 2009

Rio de Janeiro, partie I, Brésil, par Ju

Ah Rio! Les plages de sable blanc, le soleil, la samba, le carnaval et les plumes dans les fesses, les maillots minimalistes, les beaux danseurs de Capoeira... N'y croyez plus! On vous vend du rêve! Pour nous, ce fut plutôt nuages, pataugeoire et fesses à l'abri sous les ponchos! Pourtant tout avait bien commencé...

Arrivés à Rio le 6 octobre après un long trajet de bus de 24h depuis Campo Grande (en fait, 24h de bus au Brésil ce n'est pas long, c'est juste normal), le soleil est là pour nous accueillir. Le temps de trouver un hôtel miteux et nous sommes sur la plage mythique de Copacabana, lunettes de soleil sur le nez et tongues aux pieds. Epuisés par le long voyage en bus, assommés par le soleil et engourdis par la fraicheur de l'eau, nous nous assoupissons. Suivant le vieil adage de l'étudiant candide «pourquoi faire le jour même ce que l'on pourrait très bien faire le lendemain», nous décidons alors de remettre au lendemain tout activité autre que manger et dormir. Bien vu, le lendemain il pleut des cordes... tout comme le surlendemain! Dans ces conditions, inutile de monter sur les hauteurs de la ville pour profiter de la vue. Nous sommes terrassés par les aléas météorologiques!

Entre deux averses nous avons malgré tout pu visiter le centre historique, et assister aux impressionnantes répétitions d'un club de samba pour le carnaval 2010. Nous avons quitté Rio le matin du 9 octobre, sous la pluie, évidemment. Direction Recife, cette fois-ci en avion, le grand luxe. Mais nous retournerons à Rio dans une dizaine de jours en espérant retrouver le soleil des cartes postales.


Rio de Janeiro I

Quelques vidéos du Pantanal, Brésil

Loutres géantes:


Tatous:



Aras:


Capybaras:


Au galop:

dimanche 25 octobre 2009

Un peu de culture, Brésil, par Ju

Il est souvent très intéressant d'étudier les symboles nationaux des pays. Le drapeau du Brésil en est un parfait exemple. Le fond vert représente les forêts du Brésil, le losange jaune ses richesses aurifères, le globe central le ciel, et les 27 étoiles les 26 Etats fédérés et la capitale Brasilia. Mais la disposition des étoiles est particulièrement géniale. Elle correspond à l'aspect du ciel à Rio de Janeiro le jour de la proclamation de la République, le 15 novembre 1889, à 20h30. On peut ainsi voir, par exemple, la constellation de la croix du sud, au centre. Quant à la devise « Ordre et progrès », il s'agit de la devise du positivisme, courant fondé par Auguste Comte.


Notre parcours au Brésil

Voici notre parcours au Brésil:

Le Pantanal, Brésil, par Nat

Le Pantanal qui s'étend sur plus de 200 000km2 (presque la moitié de la superficie de la France métropolitaine) est une des plus vastes zones humides de la planète. Son écosystème, l'un des plus riches de la planète, en fait un endroit privilégié pour l'observation des animaux. Pendant la saison humide, la région, inondée, forme un immense marais. Le paysage que nous découvrons est complètement différent puisque les mois d'octobre/novembre sont les derniers mois de la saison sèche. Cette époque de l'année est idéale pour l'observation des animaux puisque ceux-ci se rassemblent autour des étangs non encore asséchés. A l'exception d'un parc national dans le nord, le Pantanal est constitué d'immenses propriétés privées appartenant à des éleveurs (au Brésil 1% de la population possède plus de la moitié des terres). Certaines de ces propriétés accueillent également les touristes.

Après avoir englouti un petit déjeuner délicieux et très copieux à notre hotel de Campo Grande, nous rejoignons le 1er octobre la pousada Arara Azul, une grande ferme au cœur du Pantanal. Nous restons dans ce petit paradis jusqu'au 4 octobre. Au programme: promenades à pied, balade à cheval, tour en bateau et pêche aux piranhas, safari en 4x4. Au cours de ces excursions nous avons pu voir de nombreux animaux parmi lesquels: les immanquables capybaras et des caïmans qui sont là par dizaines ou par centaines, des coatis, des singes hurleurs, des loutres géantes, des anacondas, un tamanoir, 3 tatous de 2 espèces différentes, des aras bleus, des aras hyacinthes, des aras rouges, des jabirus, des perruches, des toucans etc. En revanche, nous n'avons pas eu la chance de voir de fourmilier géant ou de jaguar. Pourtant, nous avons raté un jaguar à 5 minutes près. La jeep précédente à eu la chance d'en voir un depuis la route et nous avons eu du mal à nous remettre de cette échec. Même s'il est difficile d'apercevoir un jaguar, le Pantanal est la région du monde où on a le plus de chance d'en apercevoir en plein jour.

Notre séjour dans le Pantanal restera une expérience mémorable. Les repas de notre pousada étaient délicieux et pantagruéliques. Nous avons passé 3 jours à nous empiffrer de plats et de desserts typiques. La seule chose à déplorer durant ce séjour est le manque de connaissance et le mauvais comportement des guides vis à vis des animaux. Alors qu'au Costa Rica les guides animaliers sont des professionnels intéressants et respectueux de la nature, au Pantanal se sont des cowboys qui courent après les animaux et essaient de les attraper pour que les touristes puissent faire de « belles » photos.


Pantanal

samedi 24 octobre 2009

La panne, Bolivie, par Nat

En Amérique du sud, il y a des trajets vers des régions isolées dont on sait que s'y aventurer engage sa propre responsabilité et requiert une immense patience: pistes en très mauvais état sur lesquelles les bus peuvent s'enliser ou tomber en panne, aucun moyen de communication, pas de moyen d'approvisionnement en eau ou en nourriture en dehors des principaux villages, trajet d'au moins 30h de bus etc. C'est le cas, par exemple, de la route trans-chaco, qui traverse le Chaco (région perdue par la Bolivie au profit du Paraguay à l'issue de la guerre du Chaco dans les années 30) depuis Sucre en Bolivie jusqu'à Asunción au Paraguay. On aurait bien voulu emprunter cet itinéraire pour visiter le Paraguay avant d'entrer au Brésil mais la description de l'itinéraire était tellement décourageante (nous ne sommes pas non plus des Indiana Jones en soif d'aventure) que nous avons choisi de rejoindre le Brésil par le Pantanal. Le trajet depuis Sucre n'en est pas moins long mais notre guide de voyage ne fait aucune recommandation particulière pour ce trajet qui est emprunté quotidiennement par les bus (entre Sucre et Santa Cruz) et les trains (entre Santa Cruz et Quijarro à la frontière Bolivie/Brésil).

Nous décidons de quitter Sucre par un beau dimanche ensoleillé. Nous savons que les bus des multiples compagnies privées boliviennes partent tous en fin d'après midi mais il est déjà presque midi et nous n'avons pas encore réservé nos places pour le soir même. Nous filons à la gare routière et faisons la tournée des compagnies de bus. Les meilleures compagnies n'ont déjà plus de place, et nous devons nous rabattre sur une des compagnies les moins chères, pas vraiment synonyme de fiabilité! On se rassure en se disant que de tout le voyage nous n'avons connu qu'une seule panne de bus, en pleine nuit à Java (où nous n'avions attendu que 30 min le bus suivant), alors pourquoi s'inquiéter en imaginant une panne de bus tragique au milieu de nulle part? Nous avons notre petit pique-nique du soir et 3L d'eau. Ça devrait suffire puisque nous devons arriver en début de matinée à Santa-Cruz. Le bus démarre vers 18h et nous voilà partis pour 15h de trajet.

Le bus n'est pas très confortable, mais la première partie du trajet est sur route goudronnée et mis à part les nombreux virages qui donnent la nausée, notre dos est épargné. Il est déjà minuit et nous essayons de dormir tant bien que mal : le bitume a laissé place à une piste poussiéreuse en très mauvaise état et nos dos commencent à souffrir. Si ce n'était que cela... Le bus fait de nombreuses pauses et au cours de notre sommeil léger, du mien surtout, nous nous rendons compte que cette vieille carcasse de bus lâche des vrombissements depuis le fond de ses entrailles comme pour annoncer une mort certaine! A 2h du matin, alors que tous les passagers dorment, le bus s'arrête et pendant plus d'une demi-heure, le chauffeur tente en vain de le redémarrer. Tout d'un coup, les lumières du bus se rallument et nous entendons le chauffeur nous annoncer: « senores pasageros, este bus no puede salir de nuevo. Vamos a pedir un otro bus ». Nous aurions pu nous rendormir sereinement, mais pour moi impossible (pour Ju pas de problème): nous sommes tombés en panne au milieu de nulle part sur une piste pourrie à plus de 6h de Sucre et 8h de Santa-Cruz; nous étions le dernier bus de la journée à emprunter l'itinéraire dans ce sens là (les suivants passeront dans 24h) et tous les bus provenant de Santa-Cruz se sont à peine arrêtés pour nous venir en aide; la route est empruntée très rarement par quelques camions de travaux; le chauffeur ne peut pas appeler de secours car les téléphones portables ne captent aucun réseau; nous sommes à au moins 6h d'une ville qui peut nous envoyer un nouveau bus; le village le plus proche se trouve à au moins 1h de marche mais il est si petit qu'il ne possède ni téléphone ni magasin pour s'approvisionner en eau et nourriture... A 3h du matin, le chauffeur nous quitte, à pied, à la recherche d'une cabine téléphonique pour demander à la compagnie de nous envoyer un nouveau bus mais nous ne savons pas du tout s'il y parviendra et quand il reviendra.

Au lever du jour, à 5h30 du matin, nous n'avons toujours aucune nouvelle de notre chauffeur. Nous sommes 40 pauvres passagers abandonnés au milieu de nulle part et je commence très sincèrement à m'inquiéter quand je réalise qu'il ne nous reste plus qu'un petit pot de confiture à la pêche et 2L d'eau en guise de provisions. Mais qu'est ce qu'on va devenir? Pendant ce temps Ju dort paisiblement. Un groupe d'hommes assis dehors, à côté du bus, commence à réfléchir à comment faire du feu et fabriquer du pain... Pas très rassurant tout ça. Partie en quête d'informations auprès de certains passagers en colère, on me répond que non, aucun bus ne viendra nous chercher, les seuls bus qui pourraient nous prendre sont ceux de la nuit prochaine mais ils seront déjà pleins. Mais ça veut dire qu'on va moisir ici?

A 7h du matin, alors que nous n'avons toujours pas de nouvelles de notre chauffeur, nous entendons le bruit d'un camion qui s'approche... De nombreux passagers se précipitent dehors, sacs à la main, prêts à sauter dans le camion. Nous les suivons, timidement. Lorsque le gros camion s'arrête (le seul qui soit passé durant les 4 dernières heures), le chauffeur du poids-lourd nous annonce qu'il n'y a qu'une seule place dans la cabine! Nous sommes 27 à vouloir partir avec lui. Nous sommes les 2 seuls touristes et nous laissons donc les boliviens négocier avec le chauffeur la possibilité de nous prendre tous dans la remorque. Le chauffeur accepte finalement, moyennant finance évidemment. Nous grimpons dans la remorque et nous installons confortablement sur des tonnes de sacs de ciment. Nous finissons par prendre l'expérience à la rigolade et profitons du paysage quand tout d'un coup la pluie se met à tomber. Il ne manquait plus que ça! Nous sommes assis sur des sacs de ciment qui ne doivent surtout pas être mouillés! Le camion s'arrête et le chauffeur nous enferme sous une grosse bâche bien serrée sous laquelle nous n'avons même pas la place de rester assis sans baisser la tête. Le trajet ne dure que 2h mais nous parait bien long même si la bonne humeur des voyageurs permet de garder le moral.

Il est 9h du matin et la faim nous tiraille quand nous arrivons enfin dans un petit village où l'on peut enfin acheter un peu de pain! Mais nous ne sommes toujours pas tirés d'affaire, Santa Cruz se trouve à encore 6h de route et l'unique compagnie de bus du petit village où nous nous trouvons refuse de nous affréter un bus pour un tarif raisonnable. Nous laissons une nouvelle fois nos compagnons d'infortune négocier sans nous (inutile de vous dire que si nous avions été seuls tous les 2, les tarifs auraient été astronomiques) pour finalement aboutir à un fiasco! Nos compagnons boliviens (qui pour la plupart font partie de la classe moyenne bolivienne) nous entraînent avec eux à la recherche d'un nouveau camion! Un gars du village qui doit livrer des patates à Santa-Cruz accepte de nous prendre, moyennant finance évidemment. Nous sommes plus de 20 à nous entasser dans un camion au milieu des sacs de patates et nous voilà partis, à 10h pour 6h de trajet! Nous sommes tous affamés et à 13h, alors que nous traversons un petit village, nos compagnons boliviens ordonnent au chauffeur de s'arrêter pour la pause repas! Très comique!

Nous arrivons à Santa Cruz vers 17h mais il nous faut encore prendre un taxi jusqu'à la gare routière/ferroviaire de Santa Cruz. Nous partageons le taxi avec 3 de nos compagnons boliviens dont une est professeur d'anglais à l'université de Santa Cruz. La professeur est très en colère car elle a manqué une journée de cours et connaissant le règlement des compagnies de bus sur le bout des doigts nous entraîne avec elle dans le but de nous faire rembourser le trajet. On n'avait même pas pensé que c'était possible. Après une longue discussion elle a finalement gain de cause, et nous voilà intégralement remboursés! C'est fort appréciable après toutes ces émotions. En revanche, ce retard nous a fait rater le dernier train pour Quijarro (à la frontière). Le train est le seul moyen de transport pour rejoindre Quijarro depuis Santa Cruz. Nous passons donc la nuit à Santa Cruz qui est une grande ville sans grand intérêt et nous partons dès le lendemain midi avec le premier train. Ce train est surnommé le train de la mort non seulement à cause de l'état des rails mais aussi à cause des nombreux accidents qu'il y a eu dans le passé alors qu'il était bondé. Ce n'est plus d'actualité mais il n'est pas très confortable et remue beaucoup au point de vous donner la nausée. Nous arrivons enfin à Quijarro le 30 septembre, à 7h du matin, à l'issue de 19h de train! Nous traversons la frontière et nous voilà enfin au Brésil. Quel soulagement! Il nous faut encore prendre un bus pour Campo Grande où nous arrivons le 30 septembre au soir à l'issue d'un nouveau trajet de bus de 8h. Nous prenons la première auberge et nous nous écroulons sur le lit!


Un long trajet