samedi 22 août 2009

Cuzco, Pérou, par Ju

Cuzco est souvent considérée comme l'une des plus belles villes coloniales d'Amérique du sud. Capitale de l'empire inca, elle fut en grande partie détruite par les conquistadors espagnols en 1534 qui, en bons sauvages, reconstruisirent la ville selon leurs goûts. Le centre ville de Cuzco est ainsi une succession d'églises et d'hôtels particuliers, quadrillée par de grandes avenues pavées et de petites places qui permettent de prendre un peu de recul et donnent à cet ensemble de monuments imposants un aspect assez aéré. Cependant, certains vestiges de l'époque inca sont toujours visibles, en particulier de nombreux murs de pierre aux allures de puzzle géant que les espagnols ont conservés et sur lesquels repose la majorité des bâtiments de l'époque coloniale. A mesure que l'on s'éloigne du centre ville, les rues se rétrécissent, les pentes s'accentuent, les maisons se font plus basses, moins luxueuses et plus uniformes. Évidemment Cuzco est un lieu hautement touristique. D'une part parce que la ville est superbe du point de vue de l'architecture, d'autre part parce que la région de Cuzco regorge de richesses archéologiques. Heureusement la ville est tellement belle que l'on fait facilement abstraction des guignols qui se baladent dans les rues déguisés en inca, des lamas avec des pompons aux oreilles (que Nat a quand même trouvés mignons...), des centaines de magasins pour touristes qui proposent les mêmes produits artisanaux, des sollicitations incessantes pour des tours organisés ou des massages, des restos aux menus touristiques aux prix indécents, des touristes anglophones qui ne comprennent pas que l'anglais n'est pas la langue officielle du Pérou, des péruviens qui rentrent dans leur jeu et nous adressent la parole en anglais, de tous les touristes qui arborent les mêmes bonnets à pompons (ceux que l'on va nous aussi ramener du Pérou mais que l'on n'ose pas porter ici!). En revanche, les musées de Cuzco que nous avons visités nous ont laissé perplexes. Par exemple, le musée d'art contemporain de Cuzco est sans doute le seul musée au monde dont les quelques oeuvres sont en vente! A l'entrée de chacune de ses 2 uniques petites salles, un panneau indique la taille et le prix des oeuvres. Quand le musée devient un magasin de souvenirs haut de gamme! Quant aux musées d'histoire (musée d'histoire régional et musée du site de Qorikancha), non seulement les collections sont insignifiantes, ce que le prix d'entrée ne suggère pas, mais de nombreuses pièces sont exposées sans la moindre légende. Très frustrant! Il faut d'ailleurs avouer que de façon générale nous avons été extrêmement frustrés au Pérou du faible nombre d'objets exposés dans les musées. C'était le cas à Lima et ce fut le cas à Cuzco et sur tous les sites archéologiques que nous avons visités. Bien sûr les richesses des incas ont largement été pillées: par les espagnols d'abord, qui n'ont eu aucun remord à faire fondre tous les objets contenant de l'or et de l'argent pour récupérer les précieux métaux, par les trafiquants d'antiquités ensuite. Mais cela n'explique pas tout et il nous a semblé que peu d'effort était fait pour mettre en valeur les objets qui subsistent. Et puis petit à petit, au fur et à mesure que l'on visitait des sites archéologiques, un doute nous a assailli: l'institut national culturel du Pérou, l'organisme qui gère la grande majorité des sites archéologiques au Pérou, ne prendrait-il pas les touristes pour des vaches à lait? Car les sites archéologiques péruviens sont du point de vue des informations disponibles les pires sites que nous ayons jamais visités: malgré des prix d'entrée extrêmement élevés (32€ pour le Machu Picchu, 33€ pour le pass comprenant une dizaine de sites et musées de la région de Cuzco dont seuls 3 sont vraiment intéressants), pas de plan des sites à l'entrée (ni sur un panneau, ni sur un document papier), aucun panneau d'information, le nom des bâtiments ou des temples principaux ne sont mêmes pas indiqués! Quant aux guides qui proposent leurs services, l'étendue de leurs connaissances est malheureusement très aléatoire!

Voici la liste des sites que nous avons visité autour de Cuzco (le Machu Picchu fera l'objet d'un post à part):

- le site de Pisaq, citadelle spectaculaire construite sur des crêtes (à pied, il faut une bonne heure de marche sur un sentier très escarpé pour y accéder), célèbre pour ses cultures en terrasses et ses sépultures incas;

- le site de Tambomachay, petit, présente quelques fontaines et canaux hydrauliques, sans grand intérêt;

- le site de Puka Pukara, un ancien poste de garde qui domine la vallée;

- le site de Q'enqo, un sanctuaire où avait lieu des sacrifices rituels;

- le site de Saqsaywaman, une immense ruine sur les hauteurs de Cuzco, célèbre pour les immenses blocs de pierre dont sont constituées ses fortifications (certaines pierres pèsent plusieurs centaines de tonnes). Aujourd'hui il ne reste malheureusement que 20% de la structure d'origine, les conquistadors ayant utilisé les pierres pour construire de nombreux bâtiments de Cuzco. Le fort de
Saqsaywaman fut le théâtre de l'une des plus terribles batailles de la conquête espagnole. En 1536, un peu plus de 2 ans après la prise de Cuzco par Francisco Pizarro, Manco Inca se rebella, reprit le fort de Saqsaywaman et assiégea les conquistadors coincés dans Cuzco. Manco Inca était sur le point de vaincre les espagnols lorsque Juan Pizarro, un des frères de Francisco Pizarro et gouverneur de Cuzco, lança une dernière attaque désespérée avec une cinquantaine de cavaliers. Juan Pizarro fut tué lors de l'assaut, mais les espagnols parvinrent à reprendre Saqsaywaman, forçant Manco Inca et ses troupes à se replier à Ollantaytambo.

- le site d'Ollantaytambo, une imposante forteresse dominant un petit village datant de la période inca. Ollantaytambo fut l'un des rares endroits où les espagnols perdirent une bataille majeure. Après sa défaite à Saqsaywaman, Manco Inca se réfugia à Ollantaytambo. Hernando Pizarro, un des frères de Francisco Pizarro et nouveau gouverneur de Cusco après la mort de son frère Juan, lança une attaque afin de capturer l'Inca. Assaillis par une pluie de lances, de flèches et de rochers projetés du haut des terrasses de la forteresse, les hommes de Pizarro ne parvinrent pas à grimper jusqu'à la forteresse. Les incas inondèrent alors la plaine grâce à des canalisations et des réservoirs prévus à cet effet. Embourbés, les espagnols sonnèrent la retraite qui se transforma en déroute lorsque des milliers d'incas les poursuivirent dans la vallée. Mais la victoire des incas fut de courte durée, puisque peu de temps après les espagnols revinrent à l'attaque avec cette fois une cavalerie beaucoup plus importante et contraignirent Manco Inca à une nouvelle fuite.

- le site de Moray, fascinant. Il s'agit d'un ensemble de terrasses agricoles concentriques. Les incas auraient utilisé ses terrasses comme laboratoire pour déterminer les conditions optimales pour différentes cultures, chaque niveau de terrasse présentant un micro-climat particulier. Bon, nous on est sceptique sur cette théorie de laboratoire agronomique...

- les salines de Maras, spectaculaires. Des milliers de bassins tapissent une étroite vallée et permettent depuis l'époque inca l'extraction du sel. En amont, deux petits cours d'eau alimentent le réseau de bassins. Cette eau chaude s'est chargée en sel après une longue infiltration dans des couches sédimentaires riches en sel.


Cuzco

samedi 15 août 2009

Nazca, Pérou, par Ju

Ah les Nazcas! Qui n'est pas un jour tombé sur un reportage sur les énigmatiques et fascinants géoglyphes que les indiens nazcas ont tracés au milieu du désert?

La civilisation nazca s'est développée entre 200 et 700 AD dans une région semi-désertique située entre la Cordillère des Andes et l'Océan Pacifique. Pour faire face aux conditions climatiques très difficiles de cette région et notamment au manque d'eau, les nazcas, qui étaient un peuple essentiellement agricole, ont développé un réseau d'aqueducs de plus de 200 km permettant d'acheminer de l'eau depuis les contreforts de la Cordillère des Andes jusque dans les plaines arides où ils cultivaient notamment des pommes de terre et du maïs. Les aqueducs étaient principalement sous-terrains, et des puits en forme de spirale espacés de quelques dizaines de mètres permettaient d'accéder aux canaux et d'assurer leur entretien. Ces structures ont résisté au temps et aux nombreux tremblements de terre qui secouent régulièrement la région et sont toujours utilisées aujourd'hui pour l'agriculture: ils alimentent des bassins qui permettent d'irriguer les cultures lorsque l'unique rivière de la vallée est à sec, c'est-à-dire presque 6 mois par an. Comme souvent lorsque des civilisations disparaissent brutalement peu de temps après leur apogée, les causes de leur disparition ne sont pas parfaitement identifiées et résultent certainement de la conjonction de plusieurs facteurs: sécheresse persistante, tremblement de terre, perte de confiance dans les classes dirigeantes, montée en puissance d'autres civilisations...

Mais revenons aux géoglyphes car ce sont eux qui font venir les foules du monde entier et enflamment l'imagination. Ces géoglyphes, qui mesurent de quelques dizaines de mètres à plusieurs centaines de mètres, représentent des animaux (condor, colibri, araignée, singe) ou des formes géométriques (spirale, triangle). On en a dénombré plus de 350. Les géoglyphes ont été réalisés en grattant le sol et en dégageant du sol sablonneux et clair des roches volcaniques plus sombres. L'absence de végétation et le fait que les roches sont suffisamment grosses pour ne pas être emportées par le vent expliquent pourquoi les dessins sont toujours visibles aujourd'hui, plus de 1500 ans après. Quant à leur fonction, de nombreuses théories ont été proposées, sans qu'aucune ne fasse vraiment l'unanimité. Celles-ci vont des plus farfelues (piste d'atterrissage d'extraterrestres) ou plus complexe (calendrier astronomique). La théorie du calendrier astronomique fut longtemps acceptée comme la plus probable. Cette théorie fut développée dans les années 30 par une mathématicienne allemande qui a consacré la majeure partie de sa vie à l'étude de la civilisation nazca. Les geoglyphes formeraient un immense calendrier astronomique, chaque dessin correspondant à une étoile ou une constellation. Aujourd'hui, cette théorie est contestée, et la théorie la plus largement acceptée est celle selon laquelle les géoglyphes servaient de terrains rituels pour des cérémonies de l'eau et de la fertilité. Les géoglyphes seraient des emplacements et non des images: les lignes des géoplyphes seraient des chemins que les nazcas parcouraient de façon rituelle au cours de cérémonies religieuses (les géoglyphes ne sont en effet constitués que d'une seule ligne). Quant à la réalisation de ces dessins, les Nazcas auraient utilisé des cordes comme instruments de mesure et des pieux comme point de repère.

Pour pouvoir admirer ces géoglyphes, une seule solution: le survol de la zone dans un avion. Une plateforme permettant de voir 3 geoglyphes a également été installée, mais la vue est décevante, sans comparaison avec celle que l'on a du ciel. Mais voilà, le survol des lignes de Nazca a récemment connu quelques « petits incidents »: des incidents techniques ont obligé à plusieurs reprises des avions à des atterrissages forcés et un appareil s’est écrasé en avril 2008, tuant ses cinq passagers. Suite à cet accident, différentes commissions d'enquête et d'inspections ont permis de pointer certaines défaillances dans la sécurité des vols et de faire des recommandations. Aujourd'hui il semble que les conditions de vol se soient améliorées (enfin, c'est ce que j'ai dit à Natacha). Arrivés à 4h du matin à Nazca (bus de nuit depuis Lima) nous avons eu le temps de cogiter avant de prendre une décision. Nazca est un parfait exemple de ville sous perfusion touristique: la majorité des habitants de la ville vivent du tourisme et celui-ci ne s'est malheureusement pas développé de façon intelligente. Les arnaques y sont légions et il est souvent préférable d'éviter de passer par une agence pour effectuer une excursion dans la région: pour une prestation identique les prix varient du simple au triple, un prix élevé n'étant pas systématiquement synonyme de qualité. Du coup, nous nous sommes rendus directement à l'aérodrome pour voir de nos propres yeux les fameux avions et comparer les différentes compagnies. Le survol des lignes nazcas dure en moyenne 30 min et coûte autour de 50 USD (70 USD minimum quand on passe par une agence du centre ville). Nous avons opté pour un tout petit avion (6 places dont celle du pilote; Nat me demande de préciser qu'il s'agit d'un cessna 206 pour ceux qui nous lisent et qui pilotent ce type d'avion): si l'on doit s'écraser autant que cela soit dans l'intimité! Alors là il faut que je vous explique un peu. Il est de notoriété publique que Nat n'est pas très à l'aise dans un avion. Ce sentiment d'insécurité a d'ailleurs empiré depuis qu'elle travaille dans le secteur de l'aéronautique... Bon alors imaginez dans quel état elle pouvait être au moment de se glisser dans un minuscule coucou avec l'accident d'avril 2008 en tête! J'ai du faire preuve d'une grande imagination pour avancer suffisamment d'arguments lénifiants pour la convaincre! Finalement tout s'est bien passé et la vue du ciel de ces immenses dessins au milieu du désert est spectaculaire.


Nazca

Lima, Pérou, par Nat

Nous sommes arrivés à Lima très tôt le matin du 4 août. Lima se trouve en bord de mer et à cette période de l'année, la capitale nous offre son visage le plus maussade: un épais brouillard couvre la ville et empêche le moindre rayon de soleil de percer. Nous avons visité le centre historique autour de la Plaza Mayor, le quartier Barranco et le quartier huppé de Miraflores (dans lequel on trouve aussi de nombreuses auberges de jeunesse dont la nôtre, au milieu des hôtels de luxe). Nous n'avons pas trouvé la ville particulièrement agréable mais elle mérite le détour pour ses monuments d'architecture coloniale et ses quartiers très variés. Nous avons visité le musée de la nation dans l'espoir d'apprendre plein de choses sur les civilisations précolombiennes du Pérou (Inca, Nazca, Chimu, Moche etc.) mais nous avons été vraiment déçus: toute petite collection d'objets (poteries, tissus, bijoux) et presque aucune information sur l'organisation et le mode de vie des civilisations précolombiennes. Dommage! Par contre, au dernière étage du musée, une exposition assez bien faite mêlant récits, témoignages et photos retrace les évènements de la guerre civile du Pérou (1980 à 2000). En bref, la guerre a opposé les forces armées péruviennes à deux groupes dits subversifs, le Sendero Luminoso (groupe maoiste) et le Movimiento Revolucionario Tupac Amaru (groupe guévariste) qui luttaient pour un nouvel ordre social, économique et politique.


Lima

dimanche 9 août 2009

La Cordillère Blanche, Pérou, par Ju

Après une nouvelle nuit de bus assez fatigante (nous n'avions pas encore découvert les compagnies de bus haut de gamme comme Cial ou Cruz del Sur), nous arrivons à Huaraz vers 5h du matin. Il fait nuit et franchement froid. La ville de Huaraz n'a rien de très intéressant du point de vue de l'architecture mais c'est le point de départ de nombreuses excursions dans la Cordillère Blanche, réputée pour être l'une des plus belles zones de montagnes du Pérou. Avant d'attaquer un trek de plusieurs jours à des altitudes supérieures à 4000m, il est important de s'acclimater. Nous nous rappelons que nous étions anormalement essoufflés lors de nos premiers jours dans les Andes en Equateur et décidons d'attendre au moins 2 jours avant d'attaquer un trek. Nous nous reposons donc une journée puis, le lendemain, faisons une rando en solo sur les hauteurs de la ville jusqu'à un lac situé à 4450m d'altitude. Nos difficultés respiratoires de l'Equateur sont un mauvais souvenir: nos globules rouges semblent être en nombre suffisant! Nous partons donc le lendemain pour un trek de 4 jours et 3 nuits. Nous sommes un groupe de 5 (un couple de britannique, 1 néerlandais et nous) avec un guide, un muletier et 4 ânes qui vont transporter la nourriture et tout le matos de camping. Nous avons longtemps hésité entre faire le trek en solo ou dans un groupe. Finalement nous avons opté pour la 2ème solution, notre manque d'expérience à ces altitudes (les pyrénéens dépassent rarement les 3000m!) et l'aspect gastronomique ayant fait pencher la balance. Car en plus des paysages somptueux, nous nous sommes régalés avec la cuisine de notre guide. Dans les détails, les paysages ne sont pas vraiment différents de la haute montagne dans les Pyrénées ou les Alpes, mais les échelles spatiales sont spectaculaires: des vallées gigantesques et d'immenses plateaux perchés à plus de 4000m sont dominés par des falaises vertigineuses et des sommets enneigés de plus de 6000m. Le passage d'un col à 4750m d'altitude sera un moment fort de ce trek. Mais nous retiendrons également ces heures de marche sur le flanc des montagnes avec une vue imprenable sur des vallées encaissées longues de plusieurs dizaines de km. On vous laisse découvrir ça sur les photos.

A peine rentrés du trek, nous prenons le soir même un bus de nuit pour Lima (sur ce coup là nous avons été un peu ambitieux), mais nous choisissons une compagnie un peu plus haut de gamme: CIAL. Cette compagnie est pourtant loin d'être la plus cher (la référence Cruz del Sur coûte pratiquement 2 fois plus cher) mais nous sommes stupéfaits: salle d'attente avec TV, annonces des bus aux haut-parleurs, pesée et enregistrement des bagages de soute, service de sécurité avant l'entrée dans le bus avec fouille des bagages et prise des empreintes digitales. Une fois dans le bus, alors que nous sommes confortablement assis sur de gigantesques fauteuils en cuir qui se baissent en position horizontale, un membre de la sécurité passe dans le bus avec un caméscope et filme tous les passagers. Mais ce n'est pas terminé! Avant de démarrer, une hôtesse en tailleur prend un micro, présente la compagnie, décrit les procédures d'urgence et la position des sorties de sécurité et présente les pilote et co-pilote. Puis nous avons droit à un plateau repas et à un film récent avant l'extinction des lumières... Incroyable!


Huaraz

samedi 8 août 2009

Trujillo, Pérou, par Ju

Après un long trajet de nuit en bus ponctué par plusieurs barrages de police, nous arrivons à Trujillo tôt le matin. Le terminal de bus n'étant pas très loin du centre ville nous décidons de chercher un hôtel à pied. Après quelques minutes de marche nous nous apercevons qu'un policier en moto nous suit discrètement de l'autre côté de la rue. Voyant que nous l'avons repéré, il s'approche de nous et nous explique que nous sommes dans un quartier un peu dangereux et qu'il va nous escorter jusqu'au centre ville... Très bien, nous n'étions pas au courant! Nous prenons une chambre dans un hôtel proche de la place centrale de la ville, la Plaza de Armas.

Trujillo est la 3ème ville du Pérou avec environ 600 000 habitants, après Lima (8 000 000 habitants) et Arequipa (700 000 habitants). Le centre ville est assez joli, en particulier la Plaza des Armas qui est entourée de quelques beaux bâtiments de l'époque coloniale (cathédrale, hôtels particuliers). Mais le principal intérêt de Trujillo est la proximité de plusieurs sites archéologiques des civilisations Moche et Chimu, antérieures aux Incas.

Trujillo étant notre première étape au Pérou, c'est également à Trujillo que nous avons découvert la cuisine péruvienne. Et ce fut une très bonne surprise! Tout d'abord il y a des pâtisseries! Bon il n'y a pas une très grande variété, mais c'est déjà pas mal. En particulier, on trouve des crèmes renversées au caramel et des tartes au citron meringuées partout! Ensuite il y a quantité de petits restos où des menus du jour sont proposés à un prix très modique, 4 ou 6 SOL (1 ou 1,50 €). Le menu est généralement composé d'une soupe et d'un plat au choix (souvent du poulet, du boeuf ou du poisson avec du riz et des frites). Très bon et copieux! Et puis nous avons fait la connaissance de 3 français très sympas (Pierre, Aurélie et Cyril, un ingénieur et 2 profs, un classique!) qui nous ont fait découvrir les Chifas. Les Chifas sont des restos chinois que l'on trouve par dizaines un peu partout dans les villes péruviennes. Les plats y sont très copieux et à des prix défiants toute concurrence.

Mais revenons aux sites archéologiques. Nous n'avons visité que le site de Chan Chan. Il s'agit des ruines d'une cité construite entre les IXème et XVème siècles par les Chimus au bord de l'océan pacifique. Elle fut la capitale de l'Empire des Chimus jusqu'à ce qu'elle soit conquise par les Incas au XVème siècle. Les trois caractéristiques principales de Chan Chan sont le matériau de construction (l'adobe, des briques de terre obtenues après séchage au soleil d'un mélange d'argile, d'eau et de paille hachée), la taille (la cité s'étend sur une superficie d'environ 20 km2), et les bas-reliefs représentant des éléments faisant référence à la pêche en mer (poissons, pélicans, filets de pêches, vagues). La construction en adobe qui fait l'originalité de cette cité (par exemple, les cités Incas sont généralement en pierre) a eu en revanche pour conséquence une grande détérioration des constructions: l'essentiel des bas-reliefs visibles a ainsi été entièrement restauré (pour ne pas dire refait). La grande étendue de la cité s'explique en partie par le fait que chaque souverain se faisait construire une temple pour sa propre sépulture: la ville s'est donc étendue en raison de l'augmentation de sa population (maximum estimé à 30 000 habitants) et de la construction ininterrompue de chambres mortuaires!

Le lendemain de notre arrivée à Trujillo, le 28 juillet, c'est la fête nationale du Pérou, jour anniversaire de l'indépendance en 1821. Quelques cérémonies sur la Plaza de Armas mais rien d'extraordinaire.

Prochaine étape Huaraz dans la Cordillère blanche.


Trujillo

jeudi 30 juillet 2009

Puerto Lopez, Equateur, par Nat

Plus que pour ses paysages andins, l'Équateur est célèbre pour l'archipel des Galapagos qui se trouve à 500km des côtes équatoriennes. Ah les Galapagos! Les fous à pattes bleues, les frégates, les otaries, les tortues géantes, les iguanes mais surtout une faune qui n'est pas effrayée pas la présence humaine du fait de l'absence de prédateur. Mais voilà, les Galapagos se visitent en petit bateau de croisière et cela coûte très cher. Il faut bien compter 2000 euros par personne pour une semaine en comptant le vol aller/retour depuis l'Equateur + la croisière. Le petit détour aurait sa place dans un tour du monde mais finalement nous renonçons. Nous venons d'apprendre que le village de Puerto Lopez, sur la côte pacifique, propose non seulement des excursions en bateau pour aller voir les baleines à bosse (la pleine saison de reproduction s'étend de mi-juin à mi-septembre) mais aussi des excursions à la journée sur l'île de la Plata au large des côtes. L'île de la Plata abrite une très grande colonie de fous à pattes bleues, des fous à pattes rouges, des fous masqués, des frégates et quelques rares albatros et otaries. Ce n'est pas pour rien que l'île de la Plata est surnommée «les Galapagos du pauvre». En y réfléchissant: nous avons déjà vu plein de sortes d'iguanes, nous avons bien profité des otaries en Nouvelle-Zélande, et sur l'île de la Plata, nous pourrons voir presque tous les oiseaux marins des Galapagos. Et puis aux Galapagos, pas de baleines à bosse! Alors aller aux Galapagos uniquement pour les tortues géantes, cela ferait un peu cher les tortues non?

Nous voilà donc partis pour Puerto Lopez. Mais quel trajet! Partis de Latacunga à 6h30 du matin, il nous faudra 3 bus et 11h de route pour enfin arriver à Puerto Lopez sur le coup des 20h! Nous trouvons une auberge sympa et nous nous serions couchés immédiatement si le propriétaire de l'auberge ne nous avait pas dit de nous dépêcher de réserver les excursions qui se remplissent très vite. Nous réservons nos places pour une excursion d'observation des baleines le lendemain, et une excursion à l'île de la Plata le jour suivant. Mais, même s'il est quasiment assuré de voir des baleines à bosse, il n'est pas certain de les voir sauter. Il faut bien avouer que depuis notre arrivée en Australie, nous avons eu énormément de chance avec les animaux mais cela va-t-il durer?

Le 23 juillet, nous partons comme prévu pour une balade de 3h en mer à la recherche de ces grands mammifères marins. Pendant un peu plus d'une heure, nous ne croisons aucune baleine et la tension monte. Quand soudain, notre pilote est informé par téléphone qu'un groupe de baleines à bosse se trouve plus au sud. Changement de cap, on fonce vers le groupe de baleines en question près duquel il y a déjà 3 autres petits bateaux. Impressionnant, elles nagent comme des dauphins... c'est complètement différent des cachalots. Le groupe de baleines se divise et nous en suivons une partie pendant une bonne demi-heure jusqu'à ce que le spectacle commence enfin. Un festival de sauts (une dizaine) à quelques mètres du bateau! Ce sont les mâles, qui, en pleine parade nuptiale, font des bonds hors de l'eau pour impressionner les femelles. On vous laisse profiter des photos que Juju a eu du mal à prendre! Nous rentrons ravis de cette balade en mer exceptionnelle qui nous a rappelé bon nombre de documentaires animaliers!

Le soir, à l'auberge, nous faisons la connaissance de deux couples de français (d'ailleurs l'auberge est envahie par les français!) avec qui nous passons la soirée. L'un des deux couples, Théophile et Virginie, voyage pour 8 mois en Amérique du Sud. Et comme le monde est petit, il s'avère que Théophile est un copain de promo de certains de mes collègues (ensica, si vous nous lisez, c'est K-Phi et il vous transmet le bonjour!). Nous ne sommes pas les seuls à faire un long break pour voyager!

Le lendemain, nous partons pour l'ile de la Plata qui se trouve à 1h30 de bateau de Puerto Lopez. En chemin, nous croisons quelques baleines à bosse mais la mer est plus houleuse que la veille et le trajet est mouvementé. On a d'ailleurs très vite perdu un couple de jeunes russes de St Petersbourg: ils avaient un superbe appareil photo reflex avec un énorme zoom mais malheureusement pour eux, ils n'ont pas pu trop s'en servir tellement ils ont passé leur temps à vomir par dessus bord. Arrivés sur l'île de la Plata, on nous regroupe entre français avec une guide espagnol (les gringos n'alignent pas 3 mots en espagnol alors ils sont prioritaires pour le guide anglophone). On se retrouve à seulement 6, nous et une famille charmante de 4 français de Rennes avec qui nous passons une excellente après-midi au milieu des fous à pattes bleues, des fous à pattes rouges, des fous masqués et des frégates en pleine parade amoureuse!

Sur le chemin du retour, nous assistons à quelques petits sauts de baleines mais à notre grand regret nous n'avons pas pu les observer très longtemps: il était déjà temps de rentrer à Puerto Lopez.

Le dimanche 25 juillet, nous n'avions rien de prévu de particulier et c'est avec un immense plaisir que nous avons passé la journée en compagnie de Huguette, Patrice, Delphine et Raphaël (un petit coucou à tous les 4 si vous nous lisez), la famille rencontrée la veille durant notre excursion. Et ils nous ont fait le plus beau des cadeaux: une boîte de foie gras qu'il leur restait dans leurs bagages! On n'a plus qu'à trouver du bon pain (et visiblement ça se trouve au Pérou) pour faire honneur à ce beau cadeau!

Le lundi 26 juillet, nous quittons Puerto Lopez pour rejoindre le Pérou. Encore un très long trajet! Un premier bus à 4h du matin pour rejoindre Guayaquil (la plus grande ville d'Equateur), puis un autre pour aller jusqu'à Mancora, une petite ville sur la côte péruvienne. Après 12h de trajet, nous arrivons à 18h30 à Mancora. Complètement épuisés, nous comptons passer la nuit à Mancora avant de reprendre la route vers Trujillo, notre première étape au Pérou. Mais voilà, les chambres que nous visitons sont des taudis qui sont anormalement chers. Quitte à mal dormir autant dormir dans un bus! La décision est prise, nous enchaînons sur un bus de nuit pour Trujillo.


Puerto Lopez


Baleine à bosse:


Reception:


Fous à pattes bleues:


Frégates: