jeudi 8 octobre 2009

Parcours Bolivie

Voici notre parcours en Bolivie:

dimanche 27 septembre 2009

Ascension du Huayna Potosi, 6088m, Bolivie, par Ju

Sur le papier, le Huayna Potosi est l'un des sommets de plus de 6000m les plus faciles. En fait c'est surtout sur le papier des agences de voyages de La Paz! Car l'ascension d'un 6000m ce n'est pas une petite balade dominicale de mamie! A La Paz nous avons retrouvé Joël, un français que nous avions rencontré à San Pedro de Atacama et avec qui nous avons fait plusieurs excursions depuis (Salta, Salar d'Uyuni). Nous avons fait équipe pour faire l'ascension. Celle-ci peut s'effectuer en 2 ou 3 jours (en 3 jours, le 1er jour est consacré à un entrainement à la marche et à l'escalade avec crampons et piolets). Comme nous n'avons peur de rien, nous signons pour 2 jours. Comme l'ascension semblait très facile, Nat et moi avons décidé de corser les choses: la veille nous avons donc ingurgité plusieurs saltenas (sorte d'empanadas) très piquantes dont la viande était certainement avariée. Du coup, le matin du départ, la sainte tourista était là avec nous, décidée à nous accompagner jusqu'au sommet! Bon en ce qui me concerne, après 9 mois de voyage, j'ai appris à vivre avec elle. Mais pour Nat c'est très rare. Du coup elle n'était vraiment pas en condition pour faire une telle ascension et a finalement sagement renoncé à prendre le départ le 2ème jour. Le premier jour a été assez tranquille. Nous n'avons marché qu'1h30 pour rejoindre le camps de base. Nat n'étant pas très en forme, j'ai du porter notre matériel à tous les 2 (pantalons, vestes, chaussures, crampons, harnais...) et ça fait du poids! Au refuge nous avons retrouvé d'autres touristes partis eux pour 3 jours. Le lendemain, réveil 0h30. Nous faisons une cordée de 3 avec notre guide Félix, Joël et moi. Partis les derniers un peu avant 2h du matin, nous dépassons plusieurs cordées. Bien que nous ayons passé plusieurs semaines autour de 4000m d'altitude, nous ressentons les effets de l'altitude: essoufflement et accélération du rythme cardiaque. Mais la tourista est toujours avec moi et j'ai beaucoup de mal à m'alimenter. Ce qui devait arriver arriva: après plus de 3h de marche, gros coup de fatigue. Les 2 dernières heures sont difficiles, surtout que les derniers 100m sont finalement assez techniques: une partie d'escalade sur du mixte glace/rocher, puis une longue crête vertigineuse. Un peu avant 7h nous sommes enfin au sommet. Vue superbe. Pas le temps de s'attarder, il faut redescendre avant que le soleil ne commence à ramollir la neige. Dans la descente nous découvrons de jour les paysages et l'environnement qui nous ont échappés à la montée, notamment les nombreuses crevasses qui nous entourent et qu'il faut parfois enjamber. 2h plus tard nous sommes de retour au refuge et retrouvons Nat blottie dans son sac de couchage. Finalement nous ne sommes que 4 sur 11 à avoir atteint le sommet ce jour là! Deux personnes, dont Nat, ne sont pas parties, les autres ont abandonné dans la montée.


Huayna Potosi

La Paz, Bolivie, par Ju

Après le lac Titicaca, nous voici à La Paz. La ville n'est pas spécialement belle mais nous y sommes restés assez longtemps. La principale raison est que nous avons attendu une fenêtre météo pour faire l'ascension du Huayna Potosi, un sommet de 6088m. La deuxième raison est que nous avons trouvé un hôtel qui incitait franchement à l'oisiveté: chambre spacieuse, propre et lumineuse, eau chaude, petit déjeuner monstrueux, TV cablé (et oui ça fait du bien des fois de regarder le TV!), internet. La troisième raison est que pour une fois nous avions envie de ne rien faire! La Paz est quand même une ville intéressante et quelques musées méritent le détour, notamment le musée de la coca. La ville ressemble à un chapeau melon renversé: au fond, la ville coloniale et la ville moderne se mélangent avec églises, bâtiments coloniaux et immeubles de verre, sur les parois abruptes les petites maisons des quartiers défavorisés s'agglutinent, débordent de la cuvette et s'étendent sur plusieurs dizaines de km à l'extérieur, formant un immense quartier (600 000 habitants) appelé El Alto.


La Paz

Lac Titicaca, Bolivie, par Ju

Après plusieurs jours dans le désert du salar d'Uyuni, nous voici au bord du lac Titicaca, dans le village de Copacabana. Copacabana est une station balnéaire très à la mode. A quelques heures à peine de La Paz, la ville est prise d'assaut tous les weekends par des familles aisées venues de la capitale. On peut se balader le long du lac, faire du pédalo, manger des truites arc-en-ciel (spécialité de la région, la truite arc-en-ciel a été introduite dans le lac en 1939), et éventuellement se baigner. Après avoir passé une journée à Copacabana, nous sommes partis sur l'Isla del Sol, à seulement quelques km de Copacabana mais à plus d'1h30 de bateau. Sur place, on est étonné par le paysage qui rappelle celui d'une île aride méditerranéenne: eau d'un bleu profond, criques eaux translucides, falaises blanches, sentiers rocailleux... Nous nous sommes faits déposer le matin dans le nord de l'île, et après avoir visité le site archéologique de chincana, nous avons traversé l'île à pied du nord au sud et nous avons passé la nuit dans un hôtel construit sur une crête (avec une vue imprenable sur les 2 côtés de l'île). Avec environ 10km de long, 4km de large et une altitude moyenne de 3900m, l'Isla del Sol est une petite île qui abrite environ 2500 habitants permanents répartis dans 3 petits villages, Cha'llapampa dans le nord, Cha'lla au centre et Yumani dans le sud. Le tourisme représente la principale source de revenus de l'île et chaque maison fait office d'hôtel, de restaurant ou d'épicerie. Mais la gestion de cette ressource laisse... songeur. La majorité des touristes effectuant le même trajet que nous, les revenus du tourisme sont très inégalement répartis. Le village qui en profite le plus est Yumani dans le sud, puisque beaucoup de touristes décident d'y passer une nuit. Il y a donc de très nombreux hôtels et restaurants. Comme cela ne suffit apparemment pas, un droit d'entrée au village a été institué ce qui permet de gagner de l'argent même avec les touristes pressés qui à peine arrivés dans le sud de l'île reprennent un bateau pour Copacabana. Cha'llapampa ne s'en tire pas trop mal non plus puisqu'elle possède le seul site archéologique vraiment intéressant de l'île, les ruines de Chincana, évidemment payantes. Mais craignant que certains touristes allergiques aux tas de pierres taillées ne visitent pas ce site, le village a lui aussi institué un droit d'entrée. Et de deux! Mais le village de Cha'lla est malheureusement le laissé pour compte. En contrebas du sentier qui traverse l'île du nord au sud, peu de touristes prennent le temps d'y descendre et d'y dépenser leurs deniers. Du coup, comment faire lorsque la poule aux œufs d'or passent devant votre porte mais qu'elle ne dépose ses précieux œufs que chez vos voisins? Et bien comme partout ailleurs, on taxe le passage de la poule! Du coup, des habitants du village font les hitistes sur le chemin et font payer un droit d'entrée sur le territoire du village. Pour résumer, il y a donc 3 péages pour piéton sur un sentier d'environ 6km! Et à chaque péage, il y a évidemment plusieurs préposés au péage: celui qui détache les tickets, celui qui récupère l'argent, celui qui compte l'argent, celui qui regarde le lac, celui qui voudrait bien un jour pouvoir lui-aussi avoir le privilège de détacher les tickets selon les pointillés, celui qui se gratte la tête... A côté, les femmes des préposés au péage vendent des tissus en vrai laine naturelle d'alpaga synthétique faits à la main à la machine... Mais ce n'est pas tout! Car il faut rajouter à cela les tensions géopolitiques entre les villages de Cha'llapampa et de Cha'lla qui se disputent les droits de propriété sur quelques objets exposés dans le minuscule musée archéologique de Cha'llapampa: certains auraient été trouvés sur le territoire du Cha'lla, mais Cha'lla ne touche rien sur les droits d'entrée au musée. Rappelons que l'île mesure moins de 10km de long! En ce qui concerne les droits d'entrée sur le territoire des villages, ceux-ci restent modérés, entre 5 et 10 BO (0.50 et 1€), mais ces sommes ne sont pas négligeables par rapport à d'autres dépenses plus légitimes (12 Bo pour un menu à midi, 40 Bo pour une chambre pour 2 dans un hôtel de Yumani). Lorsque le touriste agacé demande comment est géré cet argent et à qui il est reversé, il s'entend immanquablement répondre: pour l'école et la santé. Du coup, on est très étonné de voir les enfants trainer dans les rues à toute heure de la journée, attendant les touristes pour les conduire dans les hôtels du village et toucher une commission de l'ordre de 5 à 10% du prix de la chambre (10Bo pour une chambre de 50Bo, soit 1€). A ce prix là, on comprend pourquoi il est plus intéressant de pister les touristes que de faire ses devoirs.


Titicaca

Le salar d'Uyuni, Bolivie, par Nat

Après une petite semaine très sympathique dans la région de Salta, nous rendossons nos sacs à dos, et nous quittons l'Argentine pour rejoindre la Bolivie en bus de nuit. Nous arrivons à la frontière Bolivienne aux premières heures du jour dans le froid matinal. Nous sommes toujours en compagnie de Joël et nous prenons tous les 3 un bus pour Tupiza. 3 heures de bus pour faire moins de 100km sur une route en piteux état qui s'est carrément terminée dans le lit d'une rivière sur les derniers km! La ville de Tupiza ne présente pas un grand intérêt mais c'est un point de départ idéal pour les tours en 4x4 depuis le sud lipez jusqu'au salar d'Uyuni. Nous rencontrons 2 néerlandaises, Dominique et Eva et une australienne, Felicity et nous voilà au complet pour 4 jours d'excursions (du 8 au 11 septembre) à travers les beaux paysages du sud lipez et du salar d'Uyuni. De magnifiques paysages désertiques: gorges, cactus, volcans (dont le Licancabur que nous avions déjà vu depuis San Pedro de Atacama), lacs multicolores, dunes de sables, geysers, cours d'eau où viennent s'abreuver les animaux, désert de sels. Le temps est magnifique, il n'y a aucun nuage à l'horizon, mais le vent extrêmement fort nous empêche de profiter longtemps de nos différents arrêts. Heureusement, cela ne gâche pas pour autant l'excursion. Nous croisons quelques petits villages complètement isolés qui vivent de l'élevage de lamas, d'alpagas ou de l'exploitation de petites mines de zinc, cuivre ou du borax des salars ou encore de la culture de la quinoa. Nous passons nos 2 premières nuits dans des petites auberges rudimentaires, en plein désert entre 4000m et 5000m d'altitude. La nuit et au petit matin, il fait très froid et les températures minimales de -10deg sont pourtant bien loin des -30deg des mois de juillet et août. Les auberges ne sont pas chauffées (parfois un petit poële est allumé le temps du dîner) alors il est vital d'avoir un bon sac de couchage en plus des 2 ou 3 couvertures bien chaudes en laine d'alpaga qui sont déjà fournies. Le désert est un endroit propice pour l'observation des étoiles et c'est pourquoi Joël, Julien et moi, avons bravé le froid glacial de la nuit pour observer les étoiles et constellations de l'hémisphère sud: Croix du sud, Orion, Pégase et la grosse planète Jupiter visible à cette époque. Un vrai régal pour les yeux mais au bout de 30 minutes d'observation, le froid a eu raison de nous. Le dernier soir, nous avons dormi à l'orée du salar d'Uyuni dans un hôtel de sel. A l'exception des portes et du toit, tout est construit en bloc de sel du salar d'Uyuni: murs, tables, tabourets, lits. C'est un passage obligé de tous les tours organisés au salar d'Uyuni et c'est original et sympathique. Le dernier jour, nous nous réveillons vers 5h30 du matin pour découvrir l'immense salar d'Uyuni au lever du soleil. Le spectacle est insolite et enchanteur: une étendue blanche de sel compact s'étendant à l'infini et parsemée de rares îles rocheuses couvertes de grands cactus verts. A la saison des pluies en janvier et février, le salar a un tout autre aspect puisqu'il est inondé. Le processus de formation du salar est le même que celui d'Atacama (cf.post sur San Pedro de Atacama).

Le salar d'Uyuni (3650m d'altitude) avec ses 12500km2 est une des plus vastes étendues de sel du monde mais c'est avant tout un des principaux attraits touristiques de la Bolivie. Mais depuis ce mois de septembre, c'est pour une tout autre raison que le salar d'Uyuni se trouve au coeur de l'actualité internationale. Ce magnifique salar contiendrait plus de 40% des réserves mondiales de lithium. Une poule aux oeufs d'or pour la Bolivie lorsqu'on sait que le lithium est utilisé dans les batteries électriques notamment dans l'industrie automobile. Actuellement, le principal gisement de lithium est celui du salar d'Atacama (39,3% de la production mondiale et nous vous en avons déjà parlé) suivi par la Chine (13,3% de la production mondiale). Les réserves de lithium du salar d'Uyuni suscitent la convoitise de nombreuses grandes firmes internationales. Mais cette fois-ci, contrairement à ce qui s'est déjà passé dans le cadre de l'exploitation des minerais et du gaz naturel de la Bolivie, Evo Morales a lancé un appel d'offre pour l'exploitation du lithium du salar d'Uyuni en fixant des conditions très claires afin d'assurer de véritables retombées économiques pour la Bolivie. Notamment, Evo Morales exige que la multinationale qui sera en charge de l'extraction du lithium, établisse une véritable filière industrielle de fabrication de batteries électriques et de voitures électriques sur le sol bolivien. A ce jour, l'industriel français Bollore semblerait favori.


Uyuni

jeudi 17 septembre 2009

Salta, Argentine, par Ju

Après avoir passé quelques jours dans le nord du Chili, nous voici dans le nord de l'Argentine, à Salta, avant de remonter vers la Bolivie. Beaucoup de frontières en peu de temps! Salta est une grande ville très agréable qui présente quelques beaux bâtiments de l'époque coloniale et de jolies places et parcs. Un musée est particulièrement exceptionnel, le musée MAAM (Museo de Arqueologia de Alta Montana). En 1999, un site funéraire inca a été excavé au sommet du volcan Llullaillaco à plus de 6700m d'altitude. Trois momies ont été déterrées, deux filles de 6 et 15 ans et un garçon de 6 ans. Ces trois enfants incas ont été conduits il y a environ 500 ans au sommet du volcan au cours d'une importante cérémonie religieuse, où, après avoir été drogués, ils sont morts d'hypothermie. Ils ont ensuite été enterrés avec de nombreux objets (statuettes, bijoux, vêtements...). Leur état de conservation est remarquable et leur exposition au grand public a été une décision très controversée. Les momies sont exposées à tour de rôle tous les 6 mois.

A peine arrivés à Salta, nous avons rencontré 3 français (Joël, Anne et David) avec qui nous avons loué une voiture et visité la région de Cafayate pendant 3 jours. Cette région est réputée pour ses vignobles (il s'agit de la 2ème région viticole après la région de Mendoza plus au sud). Difficile d'imaginer que la vigne puisse pousser dans une telle région, le climat étant semi-désertique, mais apparemment il y a suffisamment d'eau pour la vigne, et en ce qui concerne l'ensoleillement, pas d'inquiétude! Les 180km qui séparent Cafayate de Salta sont une succession de vallées aux paysages très différents: falaises, gorges, dunes de sable blanc, terre rouge, zones agricoles, montagnes, désert, immense étendues planes couvertes de cactus, vignes... De rares villages semblent perdus au bord de pistes sablonneuses et cahoteuses. Autour de Cafayate, des dizaines de châteaux proposent des dégustations de vin. Malheureusement, nous sommes en saison basse, et peu de vins sont disponibles à la dégustation. Les vendanges ont lieu entre mars et avril et nous n'avons pu goûter que des vins très jeunes, de 2008 et de 2009, que nous n'avons pas trouvés particulièrement bons...


Salta